{"id":20271,"date":"2026-10-05T10:23:41","date_gmt":"2026-10-05T08:23:41","guid":{"rendered":"https:\/\/zawia3.com\/?p=20271"},"modified":"2026-10-22T21:04:52","modified_gmt":"2026-10-22T19:04:52","slug":"a-song-before-the-economic-court","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/a-song-before-the-economic-court\/","title":{"rendered":"\u00ab Je ne suis pas un dealer, gouvernement ! \u00bb : une chanson devant le tribunal \u00e9conomique"},"content":{"rendered":"<div lang=\"fr\" dir=\"ltr\">\n<p>Le 28 septembre 2026, la chambre criminelle d\u2019appel du tribunal \u00e9conomique du Caire a rejet\u00e9 l\u2019appel du chanteur de mahraganat Islam Magdy, connu sous le nom d\u2019\u00ab Islam Kabonga \u00bb, et <a href=\"https:\/\/gate.ahram.org.eg\/News\/5935449.aspx\">confirm\u00e9 sa condamnation \u00e0 six mois de prison et \u00e0 une amende de 100 000 livres<\/a>. La formation \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9e par le juge Mohamed Abou Isma\u00efl, assist\u00e9 des conseillers Maged Mostafa et Ahmed Khaled El-Chayeb. Le substitut du procureur g\u00e9n\u00e9ral Mina Qadri assistait \u00e0 l\u2019audience. Selon les \u00e9l\u00e9ments <a href=\"https:\/\/www.masrawy.com\/news\/news_cases\/details\/2026\/9\/28\/3055033\/%D8%AA%D8%A3%D9%8A%D9%8A%D8%AF-%D8%AD%D8%A8%D8%B3-%D8%A5%D8%B3%D9%84%D8%A7%D9%85-%D9%83%D8%A7%D8%A8%D9%88%D9%86%D8%AC%D8%A7-6-%D8%A3%D8%B4%D9%87%D8%B1-%D9%88%D8%AA%D8%BA%D8%B1%D9%8A%D9%85%D9%87-100-%D8%A3%D9%84%D9%81-%D8%AC%D9%86%D9%8A%D9%87-%D9%81%D9%8A-%D9%82%D8%B6%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%AD%D8%B1%D9%8A%D8%B6-%D8%B9%D9%84%D9%89\">publi\u00e9s par le site Masrawy<\/a>, le dossier comportait deux accusations principales : atteinte aux valeurs familiales et utilisation abusive des r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>L\u2019affaire porte sur des paroles de chansons et des vid\u00e9os. La plus c\u00e9l\u00e8bre de ces chansons a un titre qui ressemble \u00e0 un message adress\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00c9tat lui-m\u00eame : \u00ab Je ne suis pas un dealer, gouvernement ! \u00bb. Les enqu\u00eateurs ont vu dans les chansons de l\u2019artiste une incitation \u00e0 la violence de voyous, des r\u00e9f\u00e9rences aux stup\u00e9fiants et des propos contraires \u00e0 la pudeur. <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5740423\">Kabonga a d\u00e9clar\u00e9<\/a>, pour sa part, que les vid\u00e9os retenues dans l\u2019enqu\u00eate remontaient \u00e0 une p\u00e9riode ant\u00e9rieure et qu\u2019il avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 pour celles-ci.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La sanction ant\u00e9rieure qu\u2019il \u00e9voquait n\u2019avait pas \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e par un tribunal. Elle \u00e9manait du <a href=\"https:\/\/nabdapp.com\/t\/178671452-068c2b\">Syndicat des professions musicales<\/a>, qui l\u2019avait suspendu pendant six mois apr\u00e8s une enqu\u00eate sur les contenus qu\u2019il proposait. Un m\u00eame chanteur a ainsi d\u00fb r\u00e9pondre des m\u00eames chansons devant deux autorit\u00e9s : une autorit\u00e9 syndicale pouvant accorder et retirer l\u2019autorisation de chanter, et une autorit\u00e9 p\u00e9nale pouvant infliger une peine de prison et une amende.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le conflit autour des mahraganat a commenc\u00e9 il y a environ dix ans par une querelle sur le \u00ab go\u00fbt public \u00bb, dans les bureaux du syndicat et les \u00e9missions du soir, avant de gagner progressivement les proc\u00e8s-verbaux de police et les salles des tribunaux \u00e9conomiques. Quelques semaines apr\u00e8s le jugement, l\u2019Op\u00e9ra d\u2019\u00c9gypte ouvre le Festival de musique arabe d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire de Hani Chaker, le pr\u00e9sident du syndicat qui avait men\u00e9 les phases les plus virulentes de la guerre contre ce genre musical. Ces faits, consid\u00e9r\u00e9s ensemble, posent une question : qui d\u00e9cide de ce que les \u00c9gyptiens ont le droit de chanter, et avec quel instrument juridique ?<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>De la publication du pr\u00e9sident du syndicat \u00e0 la prison du 15-Mai<\/h2>\n<p>Kabonga a sorti \u00ab Je ne suis pas un dealer, gouvernement ! \u00bb le <a href=\"https:\/\/www.shazam.com\/en-us\/song\/1787550851\/d8a7d986d8a7-d985d8b4-d8afd98ad984d8a7d8b1-d98ad8a7-d8add983d988d985d987\">26 d\u00e9cembre 2024<\/a>, sur des paroles de Mano El-Gahed et une musique de Figo El-Dakhlawi. La chanson a d\u00e9pass\u00e9 les <a href=\"https:\/\/kalimat.anghami.com\/lyrics\/1193008626\">dix millions d\u2019\u00e9coutes sur la seule plateforme Anghami<\/a>. Elle \u00e9volue dans un univers familier aux mahraganat : rivalit\u00e9s de quartier, d\u00e9monstrations de force et d\u00e9fis lanc\u00e9s aux concurrents. Premier paradoxe : son vers central nie l\u2019accusation de trafic de drogue. Le chanteur s\u2019y pr\u00e9sente comme un homme pr\u00e9occup\u00e9 par ses rivalit\u00e9s, non par le commerce. Or ce m\u00eame vers est devenu l\u2019embl\u00e8me d\u2019une affaire comprenant une accusation de promotion des stup\u00e9fiants.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le journaliste Mohamed Chamis lit la chanson autrement que les enqu\u00eateurs. Il explique \u00e0 Zawia3 qu\u2019elle ne pose aucun probl\u00e8me moral et que, comme beaucoup d\u2019autres chansons, elle exprime la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue d\u2019un jeune homme qui se disculpe d\u2019une accusation fabriqu\u00e9e contre lui : des informateurs de son quartier le guettent et divulguent \u00e0 son sujet des renseignements personnels, m\u00eame inexacts. Chamis refuse par principe de soumettre l\u2019art \u00e0 une appr\u00e9ciation morale, puisqu\u2019il exprime son public.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les poursuites ont commenc\u00e9 au syndicat, et non au parquet. En novembre 2025, l\u2019artiste Mostafa Kamel, pr\u00e9sident du Syndicat des professions musicales, a \u00e9crit sur Facebook que <a href=\"https:\/\/al-ain.com\/article\/musicians-syndicate-suspends-kabonga-singing\">\u00ab cette personne n\u2019a pas sa place parmi nous \u00bb<\/a>. Il a annonc\u00e9 la suspension de son autorisation trimestrielle et la consultation de la commission du travail sur sa radiation d\u00e9finitive, affirmant que le syndicat l\u2019avait averti \u00e0 plusieurs reprises. Dans cette m\u00eame publication, il a ajout\u00e9 une observation qui semble aujourd\u2019hui \u00eatre la cl\u00e9 de toute l\u2019affaire : autoriser les paroles des chansons, les contr\u00f4ler et les approuver rel\u00e8ve du minist\u00e8re de la Culture et de la Direction g\u00e9n\u00e9rale du contr\u00f4le des \u0153uvres artistiques, et non du syndicat.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Kabonga a comparu devant l\u2019instance d\u2019enqu\u00eate syndicale le 23 novembre 2025. Il s\u2019est excus\u00e9 pour les propos des vid\u00e9os, les a pr\u00e9sent\u00e9es comme anciennes et a dit qu\u2019il les supprimerait int\u00e9gralement, promettant au public et au pr\u00e9sident du syndicat que cela ne se reproduirait pas. L\u2019enqu\u00eate a abouti \u00e0 une suspension de chant de six mois. Par cette d\u00e9cision, le syndicat avait presque \u00e9puis\u00e9 son instrument professionnel le plus s\u00e9v\u00e8re. Mais le dossier n\u2019\u00e9tait pas clos.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019aube du 6 janvier 2026, quelques semaines apr\u00e8s le d\u00e9but de la sanction syndicale, une unit\u00e9 de la direction de la s\u00fbret\u00e9 de Gizeh a arr\u00eat\u00e9 Kabonga <a href=\"https:\/\/www.masrawy.com\/news\/news_cases\/details\/2026\/1\/6\/2920969\/%D8%A5%D8%AE%D9%84%D8%A7%D8%A1-%D8%B3%D8%A8%D9%8A%D9%84-%D8%A5%D8%B3%D9%84%D8%A7%D9%85-%D9%83%D8%A7%D8%A8%D9%88%D9%86%D8%AC%D8%A7-%D8%A8%D8%B9%D8%AF-%D8%A7%D9%84%D8%AA%D8%AD%D9%82%D9%8A%D9%82-%D9%85%D8%B9%D9%87-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D8%AA%D9%87%D8%A7%D9%85%D9%87-%D8%A8%D8%A7%D9%84%D8%A5%D8%B3%D8%A7%D8%A1%D8%A9-%D9%84%D9%82%D9%8A%D9%85-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AC%D8%AA%D9%85%D8%B9\">dans son appartement de la rue de la Ligue arabe<\/a>, \u00e0 Mohandessine. L\u2019arrestation faisait suite \u00e0 des <a href=\"https:\/\/elbaladtv.net\/%D8%A8%D9%83%D9%81%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D8%A3%D9%84%D9%81-%D8%AC%D9%86%D9%8A%D9%87-%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%8A%D8%A7%D8%A8%D8%A9-%D8%AA%D8%AE%D9%84%D9%8A-%D8%B3%D8%A8%D9%8A%D9%84-%D9%85%D8%B7%D8%B1%D8%A8\">plaintes d\u00e9pos\u00e9es par plusieurs avocats<\/a>, qui l\u2019accusaient de glorifier la violence de voyous, de promouvoir les stup\u00e9fiants et de menacer la jeunesse. Un <a href=\"https:\/\/khalfelhadth.com\/139692\">r\u00e9cit ult\u00e9rieur de source polici\u00e8re<\/a> a affirm\u00e9 que la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la protection des bonnes m\u0153urs avait rep\u00e9r\u00e9 ses vid\u00e9os et qu\u2019il avait reconnu les publier pour accro\u00eetre les vues et en tirer des b\u00e9n\u00e9fices.<\/p>\n<p>L\u2019interrogatoire au parquet d\u2019Agouza, dirig\u00e9 par le conseiller Hossam Nassar, a dur\u00e9 cinq heures. <a href=\"https:\/\/al-ain.com\/article\/prosecution-investigations-islam-kabonga\">Le parquet lui a reproch\u00e9 deux faits<\/a> : l\u2019atteinte aux principes et valeurs familiales de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9gyptienne, et l\u2019exercice du chant sans inscription aux registres du syndicat. Il a reconnu le premier, disant qu\u2019il r\u00e9p\u00e9tait effectivement des paroles incorrectes dans ses chansons. Il a ni\u00e9 le second, expliquant que son dossier \u00e9tait enregistr\u00e9 au syndicat depuis environ deux ans, qu\u2019il obtenait une autorisation pour chaque concert ou mariage et que sa carte d\u2019inscription n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e. Son avocat a fourni une preuve d\u2019inscription porteuse d\u2019un paradoxe particulier : une copie de la d\u00e9cision de suspension du syndicat, puisque celui-ci ne suspend que les personnes qui lui sont affili\u00e9es.<\/p>\n<p>Le parquet l\u2019a remis en libert\u00e9 sous une caution de 1 000 livres (20,70 dollars), a transmis son t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 la Direction g\u00e9n\u00e9rale des technologies de l\u2019information pour en examiner le contenu et a officiellement demand\u00e9 au syndicat de pr\u00e9ciser son statut d\u2019inscription. <a href=\"https:\/\/egykwt.com\/%D8%AA%D8%A3%D9%8A%D9%8A%D8%AF-%D8%AD%D8%A8%D8%B3-%D8%A5%D8%B3%D9%84%D8%A7%D9%85-%D9%83%D8%A7%D8%A8%D9%88%D9%86%D8%AC%D8%A7-6-%D8%A3%D8%B4%D9%87%D8%B1-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D8%AA%D9%87%D8%A7%D9%85%D9%87\/\">Le parquet des affaires \u00e9conomiques l\u2019a ensuite renvoy\u00e9<\/a> devant le tribunal \u00e9conomique, qui l\u2019a <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5684112\">condamn\u00e9, le 29 juin 2026<\/a>, \u00e0 six mois de prison et \u00e0 une amende de 100 000 livres.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le 28 septembre 2026, la juridiction d\u2019appel \u00e9conomique du Caire a rejet\u00e9 son recours et <a href=\"https:\/\/www.caravannews.net\/16829\">confirm\u00e9 le jugement de premi\u00e8re instance dans son int\u00e9gralit\u00e9<\/a>, y compris l\u2019amende de 100 000 livres, soit cent fois la caution vers\u00e9e en janvier. Le quotidien <a href=\"https:\/\/www.dostor.org\/5617315\">Al-Dostour<\/a> avait annonc\u00e9, le jour du premier jugement, une amende de 20 000 livres. Mais ce chiffre ne figurait que dans un seul article et contredisait l\u2019ensemble des couvertures ult\u00e9rieures, y compris le propre r\u00e9cit d\u2019Al-Dostour lors du d\u00e9but de l\u2019ex\u00e9cution de la peine. Il est aussi inf\u00e9rieur au minimum de l\u2019amende pr\u00e9vu par l\u2019article 25. Le texte du jugement et ses motifs n\u2019avaient pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s au moment de la r\u00e9daction de ce reportage.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le lendemain du jugement, le 29 septembre, les services de s\u00e9curit\u00e9 l\u2019ont de nouveau arr\u00eat\u00e9 \u00e0 Mohandessine et <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5741556\">transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 la prison du 15-Mai<\/a> pour ex\u00e9cuter la condamnation devenue ex\u00e9cutoire. Environ vingt et un mois se sont \u00e9coul\u00e9s entre la publication et la prison. Pendant cette p\u00e9riode, la m\u00eame chanson est pass\u00e9e par le bureau du pr\u00e9sident du syndicat, la police des m\u0153urs, le parquet local, le parquet \u00e9conomique, puis les deux degr\u00e9s de juridiction.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>Un article con\u00e7u pour la vie priv\u00e9e devenu un instrument de jugement de l\u2019art<\/h2>\n<p>L\u2019affaire repose sur <a href=\"https:\/\/www.youm7.com\/story\/2023\/2\/3\/%D8%AA%D8%B9%D8%B1%D9%81-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%B9%D9%82%D9%88%D8%A8%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%B9%D8%AA%D8%AF%D8%A7%D8%A1-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%A8%D8%A7%D8%AF%D8%A6-%D8%A3%D9%88-%D8%A7%D9%84%D9%82%D9%8A%D9%85-%D8%A7%D9%84%D8%A3%D8%B3%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%A8%D8%B9%D8%AF\/6069299\">l\u2019article 25 de la loi n\u00b0 175 de 2018<\/a> relative \u00e0 la lutte contre les infractions li\u00e9es aux technologies de l\u2019information. Celui-ci punit quiconque porte atteinte \u00e0 un principe ou \u00e0 une valeur familiale de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9gyptienne d\u2019au moins six mois de prison et d\u2019une amende comprise entre 50 000 livres (1 035 dollars) et 100 000 livres (2 070 dollars), ou de l\u2019une de ces deux peines. Le jugement a donc cumul\u00e9 le minimum de la peine d\u2019emprisonnement et le maximum de l\u2019amende, alors que le texte permettait au tribunal de ne retenir qu\u2019une seule des deux sanctions.<\/p>\n<blockquote>\n<p>La loi ne d\u00e9finit pas les \u00ab valeurs familiales \u00bb et ne pr\u00e9cise pas les actes qui constituent une atteinte \u00e0 celles-ci. Fait notable, l\u2019article figure au troisi\u00e8me chapitre de la loi, consacr\u00e9 aux infractions relatives \u00e0 l\u2019inviolabilit\u00e9 de la vie priv\u00e9e, aux c\u00f4t\u00e9s de faits tels que l\u2019envoi massif de messages \u00e9lectroniques sans l\u2019accord du destinataire ou la publication de donn\u00e9es personnelles et d\u2019images portant atteinte \u00e0 la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es. \u00c0 l\u2019inverse, \u00e0 l\u2019article 26 de la m\u00eame loi, le l\u00e9gislateur a employ\u00e9 une expression pr\u00e9cise : \u00ab contenu contraire aux bonnes m\u0153urs \u00bb. Cette observation constitue le fondement du m\u00e9moire pr\u00e9sent\u00e9 par <a href=\"https:\/\/masaar.net\/ar\/%D9%85%D8%B3%D8%A7%D8%B1-%D8%AA%D8%AF%D9%81%D8%B9-%D8%A8%D8%B9%D8%AF%D9%85-%D8%AF%D8%B3%D8%AA%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%AC%D8%B1%D9%8A%D9%85%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D8%A7%D8%B9%D8%AA%D8%AF%D8%A7%D8%A1\/\">la Fondation Masar pour la technologie et le droit<\/a>, le 17 ao\u00fbt 2020, \u00e0 la chambre correctionnelle d\u2019appel du tribunal \u00e9conomique du Caire, pour soulever l\u2019inconstitutionnalit\u00e9 du texte.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00e9moire s\u2019appuyait sur l\u2019article 95 de la Constitution de 2014, qui pose le principe de l\u00e9galit\u00e9 des infractions et des peines, et sur l\u2019article 96, qui prot\u00e8ge la pr\u00e9somption d\u2019innocence. Il rappelait que le rapport de la commission parlementaire conjointe ayant pr\u00e9par\u00e9 l\u2019adoption de la loi, en mai 2018, promettait de d\u00e9finir pr\u00e9cis\u00e9ment les actes punissables et d\u2019\u00e9viter les expressions ambigu\u00ebs. Il \u00e9voquait un pr\u00e9c\u00e9dent l\u00e9gislatif inverse : la loi n\u00b0 147 de 2006, qui avait supprim\u00e9 du Code p\u00e9nal des expressions telles que \u00ab paix sociale \u00bb et \u00ab approbation \u00bb, parce qu\u2019elles permettaient de criminaliser des actes que le l\u00e9gislateur n\u2019avait pas vis\u00e9s. Depuis, le texte est rest\u00e9 inchang\u00e9 et son champ d\u2019application s\u2019est \u00e9largi.<\/p>\n<p>Ce m\u00e9moire avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 au plus fort des affaires dites des \u00ab filles de TikTok \u00bb. Depuis avril 2020, les autorit\u00e9s avaient arr\u00eat\u00e9 environ neuf femmes et jeunes filles pour des contenus de divertissement publi\u00e9s sur les plateformes et les avaient renvoy\u00e9es devant les tribunaux sous la m\u00eame accusation. Parall\u00e8lement, l\u2019unit\u00e9 de veille et d\u2019analyse du bureau du procureur g\u00e9n\u00e9ral publiait des communiqu\u00e9s sur la lutte contre les contenus contraires aux \u00ab valeurs et traditions de la famille \u00bb. Dans l\u2019affaire Kabonga, la cat\u00e9gorie cibl\u00e9e a chang\u00e9 : le m\u00eame instrument est pass\u00e9 des cr\u00e9atrices de contenus num\u00e9riques \u00e0 un chanteur diffusant ses chansons sur les m\u00eames plateformes, autrement dit du divertissement num\u00e9rique \u00e0 l\u2019art lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Le parcours judiciaire ajoute un autre paradoxe. Les tribunaux \u00e9conomiques sont des juridictions sp\u00e9cialis\u00e9es cr\u00e9\u00e9es pour traiter les affaires de march\u00e9s, d\u2019entreprises, de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle et de t\u00e9l\u00e9communications. Leur comp\u00e9tence en mati\u00e8re d\u2019infractions informatiques en a ensuite fait le lieu o\u00f9 sont examin\u00e9es les chansons de mahraganat et les vid\u00e9os TikTok. Kabonga s\u2019est ainsi retrouv\u00e9 devant la juridiction charg\u00e9e des manipulations boursi\u00e8res, non pour avoir commis une infraction \u00e9conomique, mais parce que sa chanson \u00e9tait parvenue \u00e0 son public par Internet.<\/p>\n<p>La seconde accusation, celle d\u2019exercer le chant sans inscription syndicale, est rest\u00e9e absente des comptes rendus publi\u00e9s des deux jugements, qui mentionnaient seulement l\u2019atteinte aux valeurs familiales et l\u2019utilisation abusive des plateformes. Ni le texte du jugement ni ses motifs n\u2019avaient \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s au moment de la r\u00e9daction de ce reportage. La question centrale reste donc en suspens : \u00e0 quelle valeur familiale pr\u00e9cise une chanson sur des rivalit\u00e9s de quartier a-t-elle port\u00e9 atteinte, et qui l\u2019a d\u00e9finie en l\u2019absence de d\u00e9finition l\u00e9gislative ?<\/p>\n<p>Pour Mokhtar Mounir, avocat d\u00e9fenseur des droits humains \u00e0 l\u2019Association pour la libert\u00e9 de pens\u00e9e et d\u2019expression, cette ambigu\u00eft\u00e9 est au c\u0153ur du probl\u00e8me. Il explique \u00e0 Zawia3 que les termes retenus par la justice dans les infractions informatiques restent \u00ab \u00e9lastiques \u00bb et mal d\u00e9limit\u00e9s, et que n\u2019importe quel contenu publi\u00e9 peut facilement relever de l\u2019incrimination d\u2019atteinte aux valeurs familiales. Plusieurs organisations de d\u00e9fense des droits humains ont signal\u00e9 cette difficult\u00e9 d\u00e8s l\u2019adoption de la loi en 2018, ajoute-t-il. Pourtant, l\u2019article 25 continue de toucher les artistes et les cr\u00e9ateurs de contenus et ouvre la voie \u00e0 des plaintes malveillantes contre quiconque fait l\u2019objet d\u2019un diff\u00e9rend, pouvant aboutir \u00e0 des poursuites p\u00e9nales, un proc\u00e8s et une condamnation. \u00c0 ses yeux, la seule existence d\u2019un texte permettant ces poursuites r\u00e9v\u00e8le une tendance \u00e0 restreindre l\u2019espace de cr\u00e9ation.<\/p>\n<blockquote>\n<p>N\u2019ayant pas consult\u00e9 les motifs du jugement, Mounir ne peut expliquer pourquoi le tribunal a cumul\u00e9 prison et amende et renvoie \u00e0 son pouvoir d\u2019appr\u00e9ciation. Il s\u2019oppose toutefois, par principe, aux poursuites judiciaires contre tout contenu cr\u00e9atif : le destinataire peut regarder un contenu, mais aussi l\u2019\u00e9viter et s\u2019en d\u00e9tourner. \u00ab Il n\u2019est pas normal de poursuivre continuellement les cr\u00e9ateurs, qu\u2019il s\u2019agisse d\u2019\u0153uvres artistiques comme le chant ou de cr\u00e9ateurs de contenus sur les r\u00e9seaux sociaux comme TikTok. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019avocat distingue les deux accusations. Exercer la profession sans inscription syndicale constitue \u00e0 la base une infraction administrative, qui ne devrait devenir ni un pr\u00e9texte \u00e0 des poursuites p\u00e9nales ni une sanction privative de libert\u00e9. En revanche, selon lui, le fait que le chanteur ait d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 sanctionn\u00e9 par le syndicat pour le m\u00eame contenu n\u2019emp\u00eache pas sa responsabilit\u00e9 p\u00e9nale : les sanctions syndicales et administratives n\u2019interdisent pas au tribunal, s\u2019il consid\u00e8re les faits comme une infraction, d\u2019appliquer la peine pr\u00e9vue par la loi. Apr\u00e8s avoir \u00e9puis\u00e9 les deux degr\u00e9s ordinaires de juridiction, Kabonga conserve la possibilit\u00e9 de se pourvoir en cassation.<\/p>\n<p>Concernant le m\u00e9moire de Masar, Mounir pr\u00e9cise que l\u2019article 25 n\u2019a toujours pas \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9 \u00e0 la Haute Cour constitutionnelle. Le m\u00e9moire constituait une d\u00e9marche juridique r\u00e9unissant des moyens auxquels les avocats peuvent se r\u00e9f\u00e9rer dans les affaires d\u2019infractions informatiques. Mounir pr\u00e9f\u00e8re la diversit\u00e9 des contenus, musicaux ou autres, \u00e0 la multiplication des instances de contr\u00f4le surveillant toute publication, car auditeurs et spectateurs savent distinguer les contenus et \u00e9carter ceux qui leur paraissent inconvenants : \u00ab Nous ne devons pas imposer des restrictions ni interdire l\u2019espace de cr\u00e9ation. \u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>Un syndicat ma\u00eetre des autorisations, mais pas des paroles<\/h2>\n<p>Le Syndicat des professions musicales n\u2019a pas besoin d\u2019un tribunal pour emp\u00eacher un chanteur de travailler. Il d\u00e9tient la cl\u00e9 m\u00eame de son gagne-pain : l\u2019adh\u00e9sion pour ceux qui r\u00e9ussissent ses \u00e9preuves, l\u2019autorisation trimestrielle ou <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5742437\">l\u2019autorisation pour un seul concert<\/a> pour ceux qui ne sont pas membres. C\u2019est par cette voie que la plupart des chanteurs de mahraganat travaillent dans les mariages et les concerts publics. Cet instrument a servi au syndicat dans sa longue guerre contre les mahraganat avant l\u2019intervention du parquet.<\/p>\n<p>La vague la plus s\u00e9v\u00e8re a commenc\u00e9 le 17 f\u00e9vrier 2020. Quelques jours plus t\u00f4t, Hassan Chakouch et Omar Kamal avaient interpr\u00e9t\u00e9 \u00ab Bent El-Giran \u00bb lors du concert de la Saint-Valentin au stade du Caire. La chanson comportait une phrase \u00e9voquant l\u2019alcool et le haschisch. <a href=\"https:\/\/www.skynewsarabia.com\/varieties\/1321401-%D9%85%D8%B5%D8%B1-%D9%82%D8%B1%D8%A7%D8%B1-%D8%A8%D9%85%D9%86%D8%B9-%D9%85%D8%B7%D8%B1%D8%A8%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%87%D8%B1%D8%AC%D8%A7%D9%86%D8%A7%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%BA%D9%86%D8%A7%D8%A1\">Le d\u00e9funt pr\u00e9sident du syndicat Hani Chaker a pris<\/a> une d\u00e9cision qu\u2019il qualifiait de d\u00e9finitive, adress\u00e9e aux \u00e9tablissements touristiques, bateaux du Nil, discoth\u00e8ques et caf\u00e9s, leur interdisant de travailler avec les chanteurs de mahraganat. Le porte-parole du syndicat, Tarek Mortada, a pr\u00e9cis\u00e9 que l\u2019acteur Mohamed Ramadan \u00e9tait \u00e9galement concern\u00e9. <a href=\"https:\/\/www.filfan.com\/news\/details\/112404\">La liste publi\u00e9e<\/a> comportait notamment Oka, Ortega, Hassan Chakouch, Hamo Bika, Ali Samara et Omar Kamal, ainsi que les groupes El-Madfagia, El-Dakhlawia et Welad Selim.<\/p>\n<p>Chaker a expliqu\u00e9 son raisonnement lors d\u2019une intervention dans l\u2019\u00e9mission d\u2019Amr Adib sur MBC Masr : les mahraganat <a href=\"https:\/\/www.shorouknews.com\/news\/view.aspx?cdate=17022020&amp;id=92e8645d-d3b4-42e3-930a-812375ce0614\">ne sont pas dignes du nom de l\u2019\u00c9gypte<\/a>, et leurs chanteurs n\u2019auraient pas de succ\u00e8s s\u2019ils en retiraient l\u2019alcool et les stup\u00e9fiants, comme le montrerait leur refus de modifier les paroles malgr\u00e9 les avertissements du syndicat. Dans la m\u00eame intervention, il a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019approbation du contr\u00f4le des \u0153uvres artistiques comme crit\u00e8re d\u2019autorisation des chansons d\u2019Oka et Ortega. Cinq ans plus tard, son successeur Mostafa Kamel a fait le m\u00eame renvoi dans le dossier Kabonga. Le syndicat sanctionne les paroles, tout en r\u00e9p\u00e9tant que leur approbation ne rel\u00e8ve pas de sa comp\u00e9tence.<\/p>\n<blockquote>\n<p>La d\u00e9cision \u00ab d\u00e9finitive \u00bb n\u2019a pas tenu longtemps. Chakouch est revenu au syndicat. En juin 2022, une altercation a \u00e9clat\u00e9 lors d\u2019une <a href=\"https:\/\/www.aljazeera.net\/arts\/2022\/6\/28\/%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D9%82%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D9%87%D8%A7%D9%86%D9%8A-%D8%B4%D8%A7%D9%83%D8%B1-%D9%85%D9%86-%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%A8%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%87%D9%86\">conf\u00e9rence de presse<\/a> organis\u00e9e par celui-ci pour qu\u2019il pr\u00e9sente ses excuses aux percussionnistes. Chaker s\u2019est retir\u00e9 puis a annonc\u00e9 sa d\u00e9mission. Il y \u00e9crivait avoir constat\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.masrawy.com\/arts\/music\/details\/2022\/7\/5\/2254026\/%D8%A7%D8%B3%D8%AA%D9%82%D8%A7%D9%84%D8%A9-%D9%87%D8%A7%D9%86%D9%8A-%D8%B4%D8%A7%D9%83%D8%B1-%D9%85%D8%AA%D9%89-%D9%8A%D8%AD%D8%B3%D9%85%D9%87%D8%A7-%D9%85%D8%AC%D9%84%D8%B3-%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%A8%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%88%D8%B3%D9%8A%D9%82%D9%8A%D9%8A%D9%86-%D8%AE%D8%A7%D8%B5-\">\u00ab une grande contradiction entre la responsabilit\u00e9 de cette fonction et la pr\u00e9servation de l\u2019affection des gens \u00e0 mon \u00e9gard \u00bb<\/a>. D\u00e8s son premier jour en fonction, <a href=\"https:\/\/www.skynewsarabia.com\/varieties\/1563533-%D9%86%D9%82%D8%A7%D8%A8%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%88%D8%B3%D9%8A%D9%82%D9%8A%D9%8A%D9%86-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B5%D8%B1%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D9%88%D9%82%D9%81-%D9%85%D8%B7%D8%B1%D8%A8%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%85%D9%87%D8%B1%D8%AC%D8%A7%D9%86%D8%A7%D8%AA-%D9%85%D9%88%D9%94%D9%82%D8%AA%D8%A7\">le nouveau pr\u00e9sident Mostafa Kamel a suspendu<\/a> provisoirement les autorisations des chanteurs de mahraganat, le temps qu\u2019une commission de \u00ab figures de la profession \u00bb \u00e9tudie leur dossier afin de prot\u00e9ger ce que le communiqu\u00e9 syndical appelait \u00ab la valeur artistique de l\u2019\u00c9gypte \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pr\u00e9sident a chang\u00e9, les instruments sont rest\u00e9s. Pour la saison estivale de 2026, <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5667151\">le syndicat a averti<\/a> qu\u2019aucun chanteur ne devait monter sur sc\u00e8ne sans un ensemble musical pour l\u2019accompagner. Cette r\u00e8gle vise les chanteurs de mahraganat, qui se produisent sur de la musique enregistr\u00e9e, et donc le mode de production m\u00eame de ce genre, n\u00e9 d\u2019un ordinateur domestique et d\u2019un haut-parleur dans un mariage populaire. Juste apr\u00e8s le jugement Kabonga, il a <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5740598\">adress\u00e9 des avertissements<\/a> aux chanteurs de mahraganat, les appelant \u00e0 revoir les paroles avant leur diffusion et mena\u00e7ant de sanctions allant au-del\u00e0 de la suspension.<\/p>\n<p>Chamis juge cette r\u00e8gle illogique et d\u00e9pourvue d\u2019objectivit\u00e9, car de nombreux chanteurs font du playback dans de nombreux concerts depuis des ann\u00e9es. Il va plus loin : selon lui, le pr\u00e9sident du syndicat Mostafa Kamel chante lui-m\u00eame dans les m\u00eames lieux que Kabonga, touche le m\u00eame cachet et y fr\u00e9quente les chanteurs de mahraganat ; ses chansons ne diff\u00e9reraient pas, par leur genre, de celui qu\u2019il critique.<\/p>\n<p>Les faits r\u00e9v\u00e8lent un sch\u00e9ma qui se r\u00e9p\u00e8te depuis six ans : interdiction g\u00e9n\u00e9rale, puis exceptions, int\u00e9gration partielle de ceux qui se conforment aux r\u00e8gles, puis nouvelle interdiction. La nouveaut\u00e9 dans le cas Kabonga est que la sanction syndicale n\u2019est plus l\u2019aboutissement, mais une premi\u00e8re \u00e9tape suivie du parquet. Une question demeure, \u00e0 laquelle aucune autorit\u00e9 officielle n\u2019a publiquement r\u00e9pondu jusqu\u2019ici : si l\u2019approbation des paroles rel\u00e8ve du contr\u00f4le des \u0153uvres artistiques, comme l\u2019ont dit les deux pr\u00e9sidents, \u00ab Je ne suis pas un dealer, gouvernement ! \u00bb lui a-t-elle \u00e9t\u00e9 soumise avant sa diffusion sur les plateformes, et quelle a \u00e9t\u00e9 sa d\u00e9cision ?<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>La soir\u00e9e Hani Chaker et la soir\u00e9e Sayed Darwich<\/h2>\n<p>Le 20 octobre, l\u2019Op\u00e9ra d\u2019\u00c9gypte ouvre la 34e \u00e9dition du Festival et Congr\u00e8s de musique arabe, sous le patronage du ministre de la Culture par int\u00e9rim Abdel Aziz Konsowa. Le pr\u00e9sident de l\u2019Op\u00e9ra, Reda El-Wakil, a annonc\u00e9 <a href=\"https:\/\/www.elwatannews.com\/news\/details\/8368699\">un programme de onze jours<\/a> comprenant 22 concerts, environ 70 artistes \u00e9gyptiens et arabes et 35 communications au congr\u00e8s scientifique. L\u2019\u00e9dition est d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Hani Chaker, <a href=\"https:\/\/arabic.cnn.com\/entertainment\/article\/2026\/05\/03\/artist-hani-shaker-passed-away-at-the-age-of-74\">d\u00e9c\u00e9d\u00e9 le 3 mai 2026<\/a> apr\u00e8s de longs probl\u00e8mes de sant\u00e9. Le concert d\u2019ouverture commence par un documentaire sur sa carri\u00e8re r\u00e9alis\u00e9 par Samer Madi, suivi d\u2019une \u00ab soir\u00e9e Hani Chaker \u00bb avec la chanteuse Nadia Mostafa, membre du conseil du Syndicat des professions musicales, et Mohamed Tharwat.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Un chanteur dont la carri\u00e8re a dur\u00e9 plus de cinq d\u00e9cennies m\u00e9rite qu\u2019une \u00e9dition de festival lui soit d\u00e9di\u00e9e, et le paradoxe ne diminue pas ce droit. Mais le festival ne rend pas seulement hommage \u00e0 un artiste : chaque ann\u00e9e, il dessine la carte de ce que l\u2019institution officielle consid\u00e8re comme la \u00ab musique arabe \u00bb. Les noms annonc\u00e9s en conf\u00e9rence de presse, d\u2019Amal Maher et Ali El-Haggar \u00e0 Medhat Saleh et Omar Khairat, appartiennent au tarab et au chant classique. Les soir\u00e9es de la grande sc\u00e8ne portent les noms de Baligh Hamdi, Mohamed Abdel Wahab, Mohamed El-Mougi, Sayed Darwich et Riad El-Sonbati. Durant ces m\u00eames semaines, un chanteur de mahraganat purge sa peine \u00e0 la prison du 15-Mai.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chamis ne voit pas dans cette absence une position de classe. Selon lui, le Festival de musique arabe s\u2019int\u00e9resse aux chansons li\u00e9es \u00e0 cette musique, tandis que les mahraganat sont un genre moderne encore en pleine \u00e9mergence, qu\u2019il n\u2019est pas possible d\u2019\u00e9valuer aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Or l\u2019\u00e9valuation que Chamis juge pr\u00e9matur\u00e9e est toujours arriv\u00e9e tard dans l\u2019histoire du chant \u00e9gyptien. La soir\u00e9e portant le nom de Sayed Darwich en t\u00e9moigne \u00e0 elle seule. En 1919, ann\u00e9e de la r\u00e9volution, Darwich a mis en musique des paroles de Badie Khairi dans la pi\u00e8ce \u00ab Renn \u00bb de la troupe de Naguib El-Rihani. Parmi ses m\u00e9lodies figurent <a href=\"https:\/\/www.shorouknews.com\/news\/view.aspx?cdate=20032019&amp;id=f7cafa40-fe6d-47f3-a38a-e4afd78a1719\">\u00ab Al-Tahfagia \u00bb, connue sous le nom d\u2019\u00ab Al-Hachachine \u00bb (\u00ab Les fumeurs de haschisch \u00bb)<\/a>, et <a href=\"https:\/\/tarabmasry.wordpress.com\/2015\/03\/18\/%D8%B7%D8%B1%D8%A8_%D9%85%D8%B5%D8%B1%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D9%83%D9%88%D9%83%D8%A7%D9%8A%D9%8A%D9%86-%D8%A8%D9%8A%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%B4%D9%8A%D8%AE-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%B3%D9%84%D8%B7%D8%A7%D9%86\/\">\u00ab Al-Coca\u00efne \u00bb<\/a>, qui fait parler des consommateurs d\u00e9fendant leur plaisir. Certains contemporains ont accus\u00e9 ces chansons de vulgarit\u00e9 en raison de leur audace. Leur auteur a ensuite donn\u00e9 son nom aux soir\u00e9es officielles de l\u2019Op\u00e9ra. La distance entre \u00ab Les fumeurs de haschisch \u00bb et \u00ab Je ne suis pas un dealer, gouvernement ! \u00bb ne tient pas au sujet, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, au support et \u00e0 la place du chanteur vis-\u00e0-vis de l\u2019institution.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Le pr\u00e9c\u00e9dent le plus proche est celui d\u2019Ahmed Adawiya. Dans les ann\u00e9es 1970, <a href=\"https:\/\/www.masrawy.com\/arts\/zoom\/details\/2024\/12\/30\/2700244\/-%D8%A2%D8%AF%D9%8A-%D8%AF%D9%82%D9%86%D9%8A-%D9%88-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%AD-%D8%A7%D9%84%D8%AF%D8%AD-%D8%A5%D9%85%D8%A8%D9%88-%D8%A3%D8%A8%D8%B1%D8%B2%D9%87%D8%A7-%D8%A3%D8%B2%D9%85%D8%A7%D8%AA-%D9%88%D8%A7%D8%AC%D9%87%D8%AA-%D8%A3%D8%BA%D8%A7%D9%86%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B1%D8%A7%D8%AD%D9%84-%D8%A3%D8%AD%D9%85%D8%AF-%D8%B9%D8%AF%D9%88%D9%8A%D8%A9-\">la radio a interdit<\/a> ses chansons apr\u00e8s \u00ab El-Sah El-Dah Embou \u00bb, certains responsables les jugeant vulgaires. La censure a refus\u00e9 d\u2019en autoriser certaines. La radio n\u2019a lib\u00e9r\u00e9 des titres tels qu\u2019\u00ab Om Abdo Fein \u00bb qu\u2019en 2014, sur Chaabiat FM, apr\u00e8s quarante ans d\u2019interdiction. Selon une <a href=\"https:\/\/www.ajnet.me\/doc\/2024\/12\/31\/%D8%A3%D8%AD%D9%85%D8%AF-%D8%B9%D8%AF%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D9%85%D8%B7%D8%B1%D8%A8-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%A7%D8%AF%D8%A7%D8%AA-%D9%88%D9%85%D8%AD%D8%A8%D9%88%D8%A8\">biographie publi\u00e9e par Al-Jazeera Net<\/a>, la police des m\u0153urs s\u2019\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9e, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1970, \u00e0 l\u2019arr\u00eater dans une discoth\u00e8que de la rue Al-Haram \u00e0 cause de ses paroles, alors que des responsables le d\u00e9crivaient comme un danger pour la soci\u00e9t\u00e9. \u00c0 sa mort, le 29 d\u00e9cembre 2024, le milieu artistique et les m\u00e9dias officiels l\u2019ont salu\u00e9 comme une ic\u00f4ne populaire. Beaucoup ont rappel\u00e9 la formule de Naguib Mahfouz, qui le qualifiait de <a href=\"https:\/\/www.majalla.com\/node\/324060\/%D8%AB%D9%82%D8%A7%D9%81%D8%A9-%D9%88%D9%85%D8%AC%D8%AA%D9%85%D8%B9\/%D8%A3%D8%AD%D9%85%D8%AF-%D8%B9%D8%AF%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D8%B5%D9%88%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D9%87%D8%A7%D9%85%D8%B4-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AF%D8%A7%D9%81%D8%B9-%D8%B9%D9%86-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D9%82-%D9%81%D9%8A-%D8%A7%D9%84%D8%B3%D8%B9%D8%A7%D8%AF%D8%A9\">\u00ab dispensateur de bonheur \u00bb<\/a>.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette succession r\u00e9sume une constante de l\u2019histoire du chant \u00e9gyptien : ce que l\u2019institution interdit au nom du go\u00fbt \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration, elle le reprend au nom du patrimoine \u00e0 la suivante. Seuls les instruments d\u2019interdiction ont chang\u00e9. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de Sayed Darwich, c\u2019\u00e9tait l\u2019accusation de vulgarit\u00e9 ; dans les ann\u00e9es 1970, le micro ferm\u00e9 de la radio ; en 2026, c\u2019est une cellule dans une prison publique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>Des plaintes sans noms<\/h2>\n<blockquote>\n<p>Les comptes rendus \u00e9gyptiens s\u2019accordent tous \u00e0 dire que l\u2019affaire a commenc\u00e9 par des plaintes \u00e9manant d\u2019<a href=\"https:\/\/www.cairo24.com\/2348311\">\u00ab un certain nombre d\u2019avocats \u00bb<\/a>, sans qu\u2019aucun ne cite un seul nom. Nous ignorons qui ils sont, quand ils ont d\u00e9pos\u00e9 leurs plaintes et s\u2019ils sont li\u00e9s \u00e0 un organisme quelconque. Seul le contenu de leur demande est certain : examiner des chansons dont ils affirmaient qu\u2019elles glorifiaient la violence de voyous, \u00e9voquaient les stup\u00e9fiants et mettaient la jeunesse en danger. Ce sch\u00e9ma est connu en \u00c9gypte \u00e0 travers les affaires de hisba et les actions visant des films ou des livres : l\u2019avocat y passe du r\u00f4le de d\u00e9fenseur d\u2019un client \u00e0 celui de repr\u00e9sentant de toute la \u00ab soci\u00e9t\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 des plaintes, le r\u00e9cit policier pr\u00e9sente un deuxi\u00e8me moteur : la Direction g\u00e9n\u00e9rale de la protection des bonnes m\u0153urs, au sein du secteur de la police sp\u00e9cialis\u00e9e, qui a d\u00e9clar\u00e9 avoir rep\u00e9r\u00e9 elle-m\u00eame les vid\u00e9os. Avant ces deux acteurs, les <a href=\"https:\/\/www.vetogate.com\/5567649\">\u00ab commissions de suivi \u00bb du Syndicat des professions musicales<\/a> avaient d\u00e9j\u00e0 rep\u00e9r\u00e9 le contenu et recommand\u00e9 la suspension. Le conseil du syndicat, pr\u00e9sid\u00e9 par Mostafa Kamel, avait rejet\u00e9 le recours du chanteur. Trois instances de contr\u00f4le distinctes ont examin\u00e9 le m\u00eame contenu, et chaque examen a d\u00e9bouch\u00e9 sur une sanction ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>La couverture journalistique a contribu\u00e9 \u00e0 alourdir l\u2019accusation. En janvier, <a href=\"https:\/\/www.elbalad.news\/6825902\">le site Sada El-Balad<\/a> a \u00e9crit que le chanteur risquait cinq ans de prison en se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 l\u2019article 174 du Code p\u00e9nal, qui concerne l\u2019incitation au renversement du r\u00e9gime. <a href=\"https:\/\/arabic.rt.com\/culture\/1745982-%D8%A3%D9%86%D8%A7-%D9%85%D8%B4-%D8%AF%D9%8A%D9%84%D8%B1-%D9%8A%D8%A7-%D8%AD%D9%83%D9%88%D9%85%D8%A9-%D8%AD%D8%A8%D8%B3-%D9%85%D8%B7%D8%B1%D8%A8-%D9%85%D9%87%D8%B1%D8%AC%D8%A7%D9%86%D8%A7%D8%AA-%D9%81%D9%8A-%D9%85%D8%B5%D8%B1-%D8%A8%D8%B3%D8%A8%D8%A8-%D8%A3%D8%BA%D9%86%D9%8A%D8%A9-%D8%AA%D8%B4%D8%AC%D8%B9-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%A8%D9%84%D8%B7%D8%AC%D8%A9\/\">RT Arabic<\/a> a pr\u00e9sent\u00e9 l\u2019arrestation comme une \u00e9tape d\u2019une campagne plus vaste contre les chanteurs de mahraganat et les cr\u00e9ateurs de contenus sur TikTok et YouTube, au motif de \u00ab prot\u00e9ger le go\u00fbt public \u00bb. L\u2019expression \u00ab chanteur de chansons vulgaires \u00bb s\u2019est r\u00e9pandue dans les titres de presse avant qu\u2019un juge ait prononc\u00e9 la moindre condamnation.<\/p>\n<p>Derri\u00e8re ces strates se trouve un tr\u00e8s jeune homme. Selon des <a href=\"https:\/\/www.almashhad.com\/article\/459217420284850-entertainment\/756840978442682-%D8%AA%D9%87%D9%85%D8%A9-%D8%B5%D8%A7%D8%AF%D9%85%D8%A9-%D9%85%D8%A7-%D8%B3%D8%A8%D8%A8-%D8%AD%D8%A8%D8%B3-%D8%A5%D8%B3%D9%84%D8%A7%D9%85-%D9%83%D8%A7%D8%A8%D9%88%D9%86%D8%AC%D8%A7-6-%D8%A3%D8%B4%D9%87%D8%B1\/\">journaux locaux<\/a>, Kabonga est n\u00e9 en 2006 : il avait donc dix-huit ans \u00e0 la sortie de la chanson et vingt ans \u00e0 son entr\u00e9e en prison. Devant le syndicat et le parquet, il a reconnu que certaines paroles \u00e9taient incorrectes, s\u2019est excus\u00e9 et s\u2019est engag\u00e9 \u00e0 supprimer les vid\u00e9os. Les excuses n\u2019ont rien chang\u00e9 au parcours de l\u2019affaire, car les trois instances ne mettent en commun ni leurs sanctions ni les excuses re\u00e7ues.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>La musique des mariages accus\u00e9e de porter atteinte \u00e0 la famille<\/h2>\n<p>Les mahraganat sont n\u00e9s au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000 dans les mariages populaires des quartiers pauvres, lorsque les DJ ont commenc\u00e9 \u00e0 m\u00e9langer rythmes populaires, musique \u00e9lectronique et techniques de modification de la voix. <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Mahraganat\">L\u2019histoire document\u00e9e de ce genre<\/a> rattache ses d\u00e9buts \u00e0 des noms tels qu\u2019Ahmed Figo, El-Sadat, Filo et Alaa Fifty d\u00e8s 2004, et retrace sa large diffusion avec la r\u00e9volution de janvier 2011. Cette musique n\u2019est pass\u00e9e ni par la radio ni par les grandes maisons de production : elle est mont\u00e9e directement des haut-parleurs de rue aux plateformes.<\/p>\n<p>Chamis explique la diffusion des mahraganat par leur langue : c\u2019est, selon lui, celle que comprennent les quartiers populaires et les quartiers informels \u00e0 forte densit\u00e9 de population. Elle repr\u00e9sente leurs habitants et transmet leur r\u00e9alit\u00e9. Il estime donc que la continuit\u00e9 de ce genre d\u00e9passe le divertissement : elle r\u00e9v\u00e8le des probl\u00e8mes r\u00e9els et des transformations des comportements de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9gyptienne, particuli\u00e8rement chez les jeunes. Lorsque les sociologues l\u2019\u00e9tudient et l\u2019analysent, elle met l\u2019\u00c9tat en rapport avec cette r\u00e9alit\u00e9, au lieu de r\u00e9duire l\u2019art \u00e0 un instrument d\u2019anesth\u00e9sie de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Pourtant, le chanteur accus\u00e9 de porter atteinte aux \u00ab valeurs familiales \u00bb a dit au parquet qu\u2019il obtenait une autorisation syndicale pour chaque concert et chaque mariage o\u00f9 il chantait. Les chansons que l\u2019\u00c9tat juge au nom de la famille sont, dans la r\u00e9alit\u00e9 sociale, la musique qui accompagne la formation de nouvelles familles dans les quartiers du Caire et de Gizeh et les villages du Delta. L\u2019interdiction prise par Hani Chaker en 2020 s\u2019adressait aux \u00e9tablissements touristiques, bateaux, discoth\u00e8ques et caf\u00e9s. Les mariages populaires, o\u00f9 ce genre vit r\u00e9ellement, sont rest\u00e9s plus difficiles \u00e0 contr\u00f4ler que n\u2019importe quel \u00e9tablissement autoris\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 17 f\u00e9vrier 2020, jour m\u00eame de l\u2019interdiction, \u00ab Bent El-Giran \u00bb avait <a href=\"https:\/\/arabic.cnn.com\/entertainment\/article\/2020\/02\/17\/egypt-bent-eljeran-song-goes-viral-youtube-soundcloud\">d\u00e9pass\u00e9 les 102 millions de vues<\/a> sur YouTube et occupait la premi\u00e8re place du classement hebdomadaire mondial de SoundCloud. Le lendemain, des avocats ont d\u00e9pos\u00e9 contre Hassan Chakouch <a href=\"https:\/\/www.youm7.com\/story\/2020\/2\/18\/%D8%AD%D8%B3%D9%86-%D8%B4%D8%A7%D9%83%D9%88%D8%B4-%D8%A8%D9%86%D8%AA-%D8%A7%D9%84%D8%AC%D9%8A%D8%B1%D8%A7%D9%86-%D8%B1%D9%82%D9%85-1-%D9%81%D9%89-%D8%A7%D9%84%D8%B9%D8%A7%D9%84%D9%85-%D8%B9%D9%84%D9%89-%D8%B3%D8%A7%D9%88%D9%86%D8%AF\/4637102\">la plainte n\u00b0 10066 au registre des requ\u00eates du procureur g\u00e9n\u00e9ral<\/a>, en invoquant des articles du Code p\u00e9nal, de la loi contre la prostitution et de la loi interdisant l\u2019alcool. La crise Chakouch s\u2019est concr\u00e8tement achev\u00e9e avec une seconde version de la chanson, d\u00e9barrass\u00e9e de la phrase sur l\u2019alcool et le haschisch, qui a r\u00e9colt\u00e9 plus d\u2019un million de vues en une journ\u00e9e. Celle de Kabonga s\u2019est achev\u00e9e dans une cellule.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9cart entre ces deux parcours ne tient pas \u00e0 une diff\u00e9rence fondamentale entre les chansons. Il tient d\u2019abord au texte devenu disponible : en f\u00e9vrier 2020, l\u2019article 25 n\u2019avait pas encore \u00e9t\u00e9 largement \u00e9prouv\u00e9 ; la vague des affaires TikTok a commenc\u00e9 deux mois plus tard. Il tient ensuite \u00e0 la distance entre les artistes et l\u2019institution : Chakouch a obtenu par la suite son adh\u00e9sion au syndicat, tandis que Kabonga, selon sa d\u00e9claration au parquet, attendait toujours une carte d\u2019inscription jamais d\u00e9livr\u00e9e. Au chanteur qui dispose d\u2019une porte vers l\u2019institution, on demande de modifier une phrase. \u00c0 celui qui reste dehors, on ouvre d\u2019autres portes.<\/p>\n<p>Le \u00ab go\u00fbt public \u00bb reste la justification commune \u00e0 toutes ces d\u00e9cisions. Mais les chiffres montrent que le go\u00fbt public r\u00e9el, mesur\u00e9 par les millions d\u2019auditeurs et les demandes pour les mariages, se situe \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 de la d\u00e9finition officielle. Lorsque l\u2019\u00e9cart entre les deux go\u00fbts devient si grand, la loi ambigu\u00eb devient un outil imposant la d\u00e9finition d\u2019une minorit\u00e9 \u00e0 une majorit\u00e9, plut\u00f4t qu\u2019un instrument prot\u00e9geant la famille d\u2019une atteinte pr\u00e9cise.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Chamis va dans le m\u00eame sens lorsqu\u2019il affirme que c\u2019est le public qui d\u00e9finit le go\u00fbt public par les chiffres : plus un artiste est \u00e9cout\u00e9, plus il exprime son public. Il cite le chanteur de mahraganat Essam Sasa qui, selon lui, a obtenu en un an davantage de vues qu\u2019Amr Diab. Chamis ne dispose pas d\u2019informations pr\u00e9cises sur d\u2019\u00e9ventuelles modifications des paroles par les chanteurs apr\u00e8s le jugement, mais il ne consid\u00e8re pas que leur production ait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9e : \u00ab Ils continuent tous \u00e0 produire, Hamo Bika et Enaba. \u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"><div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\u00a0<\/span><\/p>\n<h2>Ce \u00e0 quoi le tribunal n\u2019a pas r\u00e9pondu<\/h2>\n<p>Si la peine est ex\u00e9cut\u00e9e int\u00e9gralement \u00e0 compter de son arrestation le 29 septembre, Islam Kabonga sortira de la prison du 15-Mai vers la fin mars 2027. Mais sa sortie ne refermera pas les questions ouvertes par son affaire, auxquelles aucune autorit\u00e9 officielle n\u2019a encore r\u00e9pondu.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re concerne le jugement lui-m\u00eame : les motifs des deux d\u00e9cisions n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s, et le public ignore quelle phrase pr\u00e9cise le tribunal a consid\u00e9r\u00e9e comme une atteinte aux valeurs familiales, ou pourquoi il a cumul\u00e9 la prison et le maximum de l\u2019amende au lieu de ne retenir qu\u2019une seule peine. La deuxi\u00e8me concerne la censure : Mostafa Kamel, pr\u00e9sident du Syndicat des professions musicales, a d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019approbation des paroles relevait de la Direction g\u00e9n\u00e9rale du contr\u00f4le des \u0153uvres artistiques. Mais celle-ci, rattach\u00e9e \u00e0 un minist\u00e8re de la Culture dirig\u00e9 depuis juillet 2026 par un <a href=\"https:\/\/arabic.cnn.com\/middle-east\/article\/2026\/07\/07\/egypt-culture-minister-resigns-after-final-ruling-in-intellectual-property-case\">ministre par int\u00e9rim<\/a>, n\u2019a donn\u00e9 aucune pr\u00e9cision sur la chanson : lui a-t-elle \u00e9t\u00e9 soumise, et l\u2019a-t-elle approuv\u00e9e ou refus\u00e9e ?<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me concerne les plaintes : qui sont les avocats \u00e0 l\u2019origine de l\u2019affaire, et pourquoi leurs noms sont-ils absents de toutes les publications tandis que le visage de l\u2019accus\u00e9 fait les gros titres ? La quatri\u00e8me concerne la loi : l\u2019article 25 reste en vigueur dans la m\u00eame r\u00e9daction que celle dont Masar a contest\u00e9 la constitutionnalit\u00e9 six ans plus t\u00f4t. Le Parlement n\u2019a pas entrepris de d\u00e9finir les \u00ab valeurs familiales \u00bb, laissant cette d\u00e9finition aux personnes qui r\u00e9digent les plaintes et \u00e0 celles qui instruisent les dossiers.<\/p>\n<p>La chanson, elle, n\u2019est pas entr\u00e9e en prison avec son auteur. Sa page Anghami affichait toujours plus de dix millions d\u2019\u00e9coutes, un chiffre que le tribunal \u00e9conomique ne peut enfermer. Pendant les semaines o\u00f9 l\u2019Op\u00e9ra illumine une soir\u00e9e au nom de Sayed Darwich, auteur des \u00ab Fumeurs de haschisch \u00bb et de \u00ab La Coca\u00efne \u00bb, un chanteur de vingt ans purge une peine pour une chanson sur des rivalit\u00e9s de quartier. Si Sayed Darwich publiait aujourd\u2019hui \u00ab Les fumeurs de haschisch \u00bb sur TikTok, quelle soir\u00e9e l\u2019attendrait : une soir\u00e9e sur la grande sc\u00e8ne, ou une nuit au commissariat d\u2019Agouza ?<\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Condamn\u00e9 \u00e0 six mois de prison, Islam Kabonga r\u00e9v\u00e8le les limites floues des \u00ab valeurs familiales \u00bb et du contr\u00f4le de la musique en \u00c9gypte.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":20273,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"footnotes":""},"categories":[20600],"tags":[20695,20697,20696,20699,20698],"kateb":[20636,20629],"class_list":["post-20271","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-culture-fr","tag-islam-kabonga","tag-liberte-de-creation","tag-mahraganat","tag-musique-egyptienne","tag-valeurs-familiales","kateb-ahmed-gamal-ziada-fr","kateb-marwa-mohey-eldin-fr"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/\u0625\u0633\u0644\u0627\u0645-\u0643\u0627\u0628\u0648\u0646\u062c\u0627-1.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20271","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=20271"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20271\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20274,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/20271\/revisions\/20274"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20273"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=20271"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=20271"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=20271"},{"taxonomy":"kateb","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/kateb?post=20271"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}