{"id":21001,"date":"2025-10-14T18:09:59","date_gmt":"2025-10-14T16:09:59","guid":{"rendered":"https:\/\/zawia3.com\/cotton-season\/"},"modified":"2025-10-14T18:09:59","modified_gmt":"2025-10-14T16:09:59","slug":"cotton-season","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/cotton-season\/","title":{"rendered":"Les pertes du coton en \u00c9gypte\u00a0: qui prot\u00e8ge le paysan du gouvernement\u00a0?"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pendant de longues ann\u00e9es, <\/span><b>Sami El-Toukhi<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> a cultiv\u00e9 du coton sur sa terre, dans le village de Chabas El-Melh, rattach\u00e9 au district de Dessouk, dans le gouvernorat de Kafr El-Cheikh (delta du Nil), en le semant chaque ann\u00e9e de la mi-avril jusqu\u2019\u00e0 la fin du mois de mai\u00a0; en octobre et en novembre venait la saison de la r\u00e9colte, o\u00f9 il \u00e9tait cens\u00e9 recueillir les fruits des efforts et de l\u2019argent investis au cours des mois pr\u00e9c\u00e9dents. Mais les choses ont mal tourn\u00e9 pour lui et pour d\u2019autres cultivateurs de coton au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Sous l\u2019effet du changement climatique et de la hausse des temp\u00e9ratures, de nouveaux ravageurs et insectes sont apparus, comme l\u2019aleurode (la \u00ab\u00a0mouche blanche\u00a0\u00bb), nouvel ennemi qui s\u2019attaque au coton\u00a0: l\u2019insecte laisse sur les feuilles une couche collante qui se transforme rapidement en une noirceur intense, ruinant la production. Dans le m\u00eame temps, les coop\u00e9ratives agricoles ne fournissent plus de pi\u00e8ges pour la combattre, laissant le paysan l\u2019affronter seul.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Avec amertume, le cultivateur Sami El-Toukhi raconte \u00e0 Zawia3 que, pour le paysan, les probl\u00e8mes du coton s\u2019\u00e9tendent d\u00e9sormais du moment o\u00f9 la graine est mise en terre jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9colte\u00a0: les semences fournies par les coop\u00e9ratives agricoles sont de mauvaise qualit\u00e9, ce qui entra\u00eene une croissance irr\u00e9guli\u00e8re des plants de coton dans le champ. Il indique que les coop\u00e9ratives agricoles ne jouent plus leur r\u00f4le de fourniture de pesticides ou de suivi des champs comme par le pass\u00e9, sans compter ce qu\u2019il qualifie de corruption et de vols d\u2019engrais au sein des coop\u00e9ratives.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mais ce qui p\u00e8se le plus sur le c\u0153ur du cultivateur, plus encore que la faiblesse des semences et les ravageurs, c\u2019est sa crainte de ce qui l\u2019attend apr\u00e8s la r\u00e9colte\u00a0: l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re (en 2024), il a \u00e9t\u00e9 contraint de remettre sa r\u00e9colte au \u00ab\u00a0syst\u00e8me de commercialisation du coton\u00a0\u00bb et de la laisser vendre lors d\u2019ench\u00e8res auxquelles il n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 invit\u00e9, alors que les prix variaient tous les quelques jours au gr\u00e9 de l\u2019offre et de la demande.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">\u00ab\u00a0Comment un cultivateur peut-il vendre le qintar [unit\u00e9 \u00e9gyptienne \u00e9quivalant \u00e0 157,5 kg de coton-graine] \u00e0 7\u202f000 livres et un autre \u00e0 13\u202f000, alors qu\u2019ils se tiennent dans des champs voisins\u00a0? Et comment \u00e9value-t-on ma r\u00e9colte sans que j\u2019assiste aux ench\u00e8res\u00a0?\u00a0\u00bb s\u2019interroge Sami.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Sami El-Toukhi explique que \u00ab\u00a0la Banque agricole est l\u2019organisme effectivement charg\u00e9 de la r\u00e9ception et de la commercialisation de la r\u00e9colte\u00a0: le paysan paie 100 livres par sac lors de sa remise aux centres de collecte, puis les quantit\u00e9s sont regroup\u00e9es et mises aux ench\u00e8res g\u00e9r\u00e9es par ce qu\u2019on appelle le \u201csyst\u00e8me de commercialisation du coton\u201d\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le cultivateur affirme que trois grandes entreprises seulement accaparent le commerce du coton en \u00c9gypte, et il estime que les ench\u00e8res de vente du coton manquent de transparence et que leurs employ\u00e9s fixent des prix diff\u00e9rents selon les int\u00e9r\u00eats des grandes entreprises\u00a0: un cultivateur vend le qintar \u00e0 6\u202f000 livres, tandis qu\u2019un autre, quelques jours plus tard, le vend \u00e0 9\u202f000 ou 12\u202f000 livres, ce qui suscite un sentiment de frustration chez les paysans.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Le plus p\u00e9nible pour lui, c\u2019est qu\u2019il n\u2019a re\u00e7u son d\u00fb que des mois apr\u00e8s avoir remis sa r\u00e9colte au syst\u00e8me qui la vend aux ench\u00e8res publiques\u00a0: il faisait la queue devant les banques, abandonnant sa terre et son travail pour se presser au milieu de centaines d\u2019autres cultivateurs, recevant des promesses de paiement r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, pour ne toucher finalement qu\u2019une partie de son argent. Il accuse la Banque du cr\u00e9dit agricole de retenir pendant plusieurs mois les sommes d\u00e9pos\u00e9es par les entreprises pour l\u2019achat du coton aux ench\u00e8res, afin d\u2019en tirer des int\u00e9r\u00eats, ce qui plonge les paysans dans des difficult\u00e9s financi\u00e8res et les emp\u00eache de subvenir \u00e0 leurs besoins quotidiens et aux d\u00e9penses de leur famille, si bien qu\u2019ils sont contraints d\u2019emprunter \u00e0 des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0Le paysan est oblig\u00e9 de remettre sa r\u00e9colte, puis il attend cinq \u00e0 six mois avant de percevoir son d\u00fb\u00a0; au d\u00e9but, il ne touche que 70\u00a0% de la somme, apr\u00e8s une longue attente devant les banques, au milieu d\u2019une foule dense et de disputes quotidiennes, et certains cultivateurs n\u2019ont toujours pas re\u00e7u le reste de ce qui leur est d\u00fb pour les saisons pr\u00e9c\u00e9dentes.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Lors de la saison de r\u00e9colte de l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, se souvient Sami, lorsque le prix officiel de l\u2019ench\u00e8re a \u00e9t\u00e9 fix\u00e9 \u00e0 9\u202f000 livres le qintar, des cultivateurs ont constat\u00e9 que la somme ne suffirait pas \u00e0 couvrir les co\u00fbts de production et de r\u00e9colte\u00a0: un ouvrier touche 250 livres par jour et un feddan (environ 0,42 hectare) n\u00e9cessite de cinquante \u00e0 soixante ouvriers, sans parler du prix des pesticides que le paysan pulv\u00e9rise tous les dix jours, pour un co\u00fbt de pr\u00e8s de mille livres \u00e0 chaque fois. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Sami El-Toukhi ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Le co\u00fbt d\u2019un feddan atteint 26\u202f000 livres, alors que la r\u00e9colte ne le couvre pas. Certains cultivateurs n\u2019ont alors eu d\u2019autre choix que de laisser le coton s\u00e9cher dans les champs, et nous en avons br\u00fbl\u00e9 des quantit\u00e9s dans les centres de collecte des coop\u00e9ratives agricoles pour protester contre la faiblesse des prix et le non-paiement de ce qui nous \u00e9tait d\u00fb\u00a0\u00bb, soulignant que le co\u00fbt de culture d\u2019un feddan de coton varie entre 25\u202f000 et 26\u202f000 livres, alors que le prix du qintar, compris entre 9\u202f000 et 12\u202f000 livres, ne couvre pas les co\u00fbts, d\u2019autant que le rendement de certaines terres est tomb\u00e9 \u00e0 4 ou 5 qintars seulement par feddan, sans compter la hausse du co\u00fbt de la main-d\u2019\u0153uvre agricole et des pulv\u00e9risations de pesticides. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">De Dessouk, \u00e0 Kafr El-Cheikh, jusqu\u2019au c\u0153ur de la campagne de Mansoura, dans le gouvernorat de Dakahlia, le cultivateur <\/span><b>Zeidan Mohamed, <\/b><span style=\"font-weight: 400;\">pour la premi\u00e8re fois de sa vie, n\u2019attend pas la saison de la r\u00e9colte du coton, apr\u00e8s la grande d\u00e9ception qu\u2019il a subie l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, lorsqu\u2019il a plant\u00e9 du coton sur sa terre de 16 qirats (deux tiers de feddan, soit environ 2\u202f800 m\u00e8tres carr\u00e9s).<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Zeidan se souvient avec amertume que sa terre produisait habituellement environ huit qintars de coton par r\u00e9colte, mais que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re elle en a \u00e0 peine produit un et quart, en raison des ravageurs, des changements climatiques et des pesticides frelat\u00e9s, en l\u2019absence totale de soutien gouvernemental.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le choc du cultivateur ne venait pas seulement de la faiblesse de la production, qui l\u2019a \u00e9puis\u00e9, mais aussi de la confusion dans la fixation des prix\u00a0: son qintar a \u00e9t\u00e9 compt\u00e9 \u00e0 seulement dix mille livres, tandis que celui de son cousin, qui avait livr\u00e9 sa r\u00e9colte avec lui au m\u00eame moment, l\u2019a \u00e9t\u00e9 \u00e0 12\u202f000 livres, selon son r\u00e9cit. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0Le gouvernement nous avait promis que le prix du qintar de coton serait de 12\u202f000 livres, dont 2\u202f000 livres de subvention, mais ce qui s\u2019est pass\u00e9, c\u2019est que nous avons \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s \u00e0 des prix diff\u00e9rents, et apr\u00e8s de longs mois d\u2019attente, nous avons touch\u00e9 le reste de notre d\u00fb \u00e0 la mi-ao\u00fbt [2025].\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Zeidan, qui garde au c\u0153ur ses souvenirs d\u2019enfance de l\u2019\u00ab\u00a0or blanc\u00a0\u00bb qui remplissait autrefois les villages de vie et de joie, se rappelle qu\u2019il y avait jadis des ing\u00e9nieurs agronomes qui surveillaient les champs chaque jour, des cultivateurs qui respectaient des consignes strictes, et une production abondante vendue \u00e0 un prix qui couvrait les co\u00fbts et d\u00e9gageait un b\u00e9n\u00e9fice. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0La culture du coton en \u00c9gypte traverse l\u2019une de ses pires p\u00e9riodes, en raison de l\u2019absence de contr\u00f4le gouvernemental et du recul de l\u2019int\u00e9r\u00eat officiel pour une culture historiquement connue comme l\u2019\u201cor blanc\u201d\u00a0\u00bb, critiquant l\u2019absence de r\u00f4le des coop\u00e9ratives agricoles et expliquant que le cultivateur est aujourd\u2019hui responsable de tout, sans aucun soutien ni encadrement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il affirme que la hausse des co\u00fbts de production et des loyers, conjugu\u00e9e \u00e0 la faiblesse du rendement par feddan et \u00e0 la d\u00e9gradation de la qualit\u00e9 des semences et des pesticides, fait que le revenu ne couvre m\u00eame plus les d\u00e9penses de base, et il conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Le coton \u00e9gyptien, qui \u00e9tait autrefois une question de s\u00e9curit\u00e9 nationale pour le pays, est en r\u00e9alit\u00e9 fini, sous le poids de la n\u00e9gligence et de l\u2019absence de contr\u00f4le.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Le gouvernement s\u2019\u00e9tait engag\u00e9, lors de la saison pr\u00e9c\u00e9dente, \u00e0 appliquer un <a href=\"https:\/\/share.google\/lazPRX2WqYrztCBCd\">prix garanti<\/a> pour la livraison du coton de la campagne agricole 2024\/2025, annonc\u00e9 lors de la r\u00e9union du Conseil des ministres n\u00b0 277, le 15 f\u00e9vrier 2024, et pr\u00e9voyant un <a href=\"https:\/\/cabinet.gov.eg\/News\/Details\/75161\">prix<\/a> garanti de 10\u202f000 livres le qintar pour le coton \u00e0 fibres moyennes de Haute-\u00c9gypte, et de 12\u202f000 livres le qintar pour le coton \u00e0 fibres longues de Basse-\u00c9gypte.<\/p>\n<p>Le 17 avril 2025, le Conseil des ministres <a href=\"https:\/\/cabinet.gov.eg\/News\/Details\/81075#:~:text=%D8%AE%D9%84%D8%A7%D9%84%20%D8%A7%D8%AC%D8%AA%D9%85%D8%A7%D8%B9%20%D9%85%D8%AC%D9%84%D8%B3%20%D8%A7%D9%84%D9%88%D8%B2%D8%B1%D8%A7%D8%A1%20%D8%A7%D9%84%D9%8A%D9%88%D9%85,%D8%A7%D9%84%D9%82%D8%B7%D9%86%20%D8%A7%D9%84%D8%B0%D9%8A%D9%86%20%D9%82%D8%A7%D9%85%D9%88%D8%A7%20%D8%A8%D8%AA%D9%88%D8%B1%D9%8A%D8%AF%20%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%AD%D8%B5%D9%88%D9%84\">a annonc\u00e9<\/a> que le minist\u00e8re des Finances verserait la semaine suivante aux cultivateurs de coton ayant livr\u00e9 leur r\u00e9colte les sommes qui leur \u00e9taient dues, d\u2019un montant de 3 milliards de livres.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi\u00a0: <a href=\"https:\/\/zawia3.com\/en\/tomato-harvest\/\">\u00ab\u00a0R\u00e9colte am\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0: les tomates inondent le march\u00e9 et le paysan se noie dans les pertes<\/a><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10310\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/%D8%AE%D8%B7-%D9%81%D8%A7%D8%B5%D9%84-%D8%B2%D8%A7%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9.png\" alt=\"\" width=\"4269\" height=\"376\" \/><\/p>\n<h1><span style=\"font-weight: 400;\"> <\/span><b>Le recul des surfaces cultiv\u00e9es en coton<\/b><\/h1>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Depuis qu\u2019il \u00e9tait tout petit, <\/span><b>Mohamed Farag<\/b><span style=\"font-weight: 400;\"> accompagnait son p\u00e8re, ing\u00e9nieur agronome, dans les vastes champs de coton de la campagne d\u2019El-Mahalla El-Kubra\u00a0; il y apprenait comment on s\u00e8me la plante et comment on la soigne, comme un enfant qui a besoin d\u2019une attention particuli\u00e8re et d\u2019une longue patience. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au fil des ann\u00e9es, Mohamed est devenu cultivateur de coton et marchand de pesticides, mais il a continu\u00e9 \u00e0 regarder la culture avec les yeux de quelqu\u2019un qui en conna\u00eet la valeur \u00e9conomique et historique, ainsi que la place qu\u2019elle occupe dans le c\u0153ur du paysan \u00e9gyptien. Quant \u00e0 ce qu\u2019il voit aujourd\u2019hui, ce n\u2019est plus pour lui qu\u2019une image p\u00e2lie d\u2019une culture qui faisait autrefois la fiert\u00e9 de l\u2019\u00c9gypte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a plus de dix ans, le gouvernement a commenc\u00e9 \u00e0 distribuer par l\u2019interm\u00e9diaire des coop\u00e9ratives agricoles ce qu\u2019on appelle les pesticides p\u00e9riodiques, trois types qui sont pulv\u00e9ris\u00e9s par \u00e9tapes pendant la saison du coton, et dont le co\u00fbt est factur\u00e9 au paysan, qu\u2019il les re\u00e7oive ou non. Mais le probl\u00e8me, c\u2019est que certains d\u2019entre eux provoquent d\u00e9sormais la chute des capsules de coton ou br\u00fblent ses boutons floraux, et pourtant personne ne revoit ni ne corrige cette erreur.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le probl\u00e8me ne s\u2019arr\u00eate pas aux pesticides peu efficaces ou qu\u2019il juge non conformes aux normes\u00a0: Mohamed raconte qu\u2019autrefois, l\u2019ing\u00e9nieur agronome \u00e9tait pr\u00e9sent dans presque chaque champ, alors qu\u2019aujourd\u2019hui, le cultivateur assume seul la responsabilit\u00e9, et le coton, une culture qui demande des soins particuliers, est laiss\u00e9 sans v\u00e9ritable suivi.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il poursuit\u00a0: \u00ab\u00a0Le coton n\u2019est pas une culture sujette \u00e0 de nombreux ravageurs, mais les mauvaises pratiques ont multipli\u00e9 ses probl\u00e8mes. Beaucoup de paysans ne cultivent plus de la bonne mani\u00e8re\u00a0: il faut laisser un seul plant dans chaque trou, \u00e0 un demi-m\u00e8tre d\u2019intervalle, mais ils laissent cinq ou six plants coll\u00e9s les uns aux autres\u00a0; la lumi\u00e8re et l\u2019air ne leur parviennent pas, et les trois quarts de la r\u00e9colte pourrissent.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors que la productivit\u00e9 recule, les prix fluctuent d\u2019une mani\u00e8re qui d\u00e9route les cultivateurs\u00a0: il y a quelques ann\u00e9es, le qintar valait 3\u202f500 livres, puis il est brusquement mont\u00e9 \u00e0 17\u202f000, avant de se stabiliser l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re \u00e0 12\u202f000 livres, se souvient Mohamed, qui juge ce prix \u00e9quitable, mais sans valeur si les paysans n\u2019am\u00e9liorent pas leurs m\u00e9thodes de culture. Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Si le feddan donnait dix qintars, le revenu serait de 120\u202f000 livres. Mais aujourd\u2019hui, le feddan donne \u00e0 peine un ou deux qintars, qui ne couvrent m\u00eame pas les frais de cueillette.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le marchand de pesticides et jeune cultivateur explique que certains marchands de pesticides sans scrupules aggravent les pertes en faisant courir la rumeur qu\u2019il faut pulv\u00e9riser le coton tous les quatre ou cinq jours, pr\u00e9cisant qu\u2019\u00ab\u00a0une seule pulv\u00e9risation co\u00fbte 500 ou 600 livres par feddan\u00a0; si le paysan pulv\u00e9rise \u00e0 ce rythme pendant toute la saison, il ne fera jamais aucun b\u00e9n\u00e9fice\u2026 Moi, je ne pulv\u00e9rise que tous les 15 jours, et c\u2019est suffisant\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">M\u00eame les changements climatiques ne sont plus sa principale source d\u2019inqui\u00e9tude, car une bonne pr\u00e9paration peut en r\u00e9duire les effets\u00a0: \u00ab\u00a0Quand je pr\u00e9vois une vague de chaleur, j\u2019utilise des acides amin\u00e9s et de l\u2019ac\u00e9tate de calcium pour r\u00e9duire le stress thermique de la plante. Le probl\u00e8me, c\u2019est que cette conscience n\u2019existe pas dans les coop\u00e9ratives agricoles, qui ne se soucient que de vendre les pesticides qu\u2019elles ont en stock\u00a0\u00bb, dit Mohamed.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Mohamed estime que ce qu\u2019on appelait l\u2019\u00ab\u00a0or blanc\u00a0\u00bb recule d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e, entre d\u00e9faillances officielles, ignorance agricole, cupidit\u00e9 des marchands et absence d\u2019un v\u00e9ritable syst\u00e8me prot\u00e9geant \u00e0 la fois le cultivateur et la r\u00e9colte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La crise du coton en \u00c9gypte remonte \u00e0 des accumulations de plusieurs d\u00e9cennies, dues \u00e0 l\u2019absence d\u2019une politique agricole et industrielle claire et stable pour cette culture. R\u00e9cemment, sous l\u2019effet des changements climatiques, plus de 60\u00a0% des surfaces de coton sont sem\u00e9es tardivement, entre la fin mai et juin, alors que la p\u00e9riode optimale se termine d\u00e9but mai, ce qui rend la r\u00e9colte tributaire de la longueur ou de la bri\u00e8vet\u00e9 de la saison estivale, affirme l\u2019ing\u00e9nieur agronome <\/span><b>Mohamed Khedr<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, ancien pr\u00e9sident de l\u2019Autorit\u00e9 d\u2019arbitrage du coton et ancien repr\u00e9sentant du gouvernement aupr\u00e8s de l\u2019Union des exportateurs de coton, pr\u00e9cisant que le cultivateur ne re\u00e7oit aucun soutien, contrairement \u00e0 ce qui se passe dans la plupart des pays producteurs de coton, en l\u2019absence du r\u00f4le des coop\u00e9ratives agricoles et de la vulgarisation agricole, autrefois efficace. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat a lanc\u00e9 la Campagne nationale pour la relance de la culture et de l\u2019industrie du coton en 2017, mais elle n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 men\u00e9e \u00e0 son terme avec les changements de ministres de l\u2019Agriculture\u00a0; quant au syst\u00e8me de commercialisation du coton, qui devait \u00eatre g\u00e9r\u00e9 par l\u2019\u00c9tat de mani\u00e8re transitoire avant d\u2019\u00eatre transf\u00e9r\u00e9 au secteur priv\u00e9, il s\u2019est transform\u00e9 en un syst\u00e8me limit\u00e9 \u00e0 la seule commercialisation de la r\u00e9colte, sans parvenir \u00e0 la neutralit\u00e9 et \u00e0 la transparence esp\u00e9r\u00e9es.\u00a0\u00bb <\/span><\/p>\n<blockquote><p>La Campagne nationale pour la relance de la culture et de l\u2019industrie du coton est une initiative gouvernementale lanc\u00e9e en 2017 par le docteur Abdel Moneim El-Banna, ancien ministre de l\u2019Agriculture et de la Bonification des terres, afin d\u2019am\u00e9liorer la productivit\u00e9 et la qualit\u00e9 du coton en Basse et en Haute-\u00c9gypte et de d\u00e9velopper l\u2019industrie de la filature et du tissage qui lui est li\u00e9e, en fournissant un soutien technique et de vulgarisation aux cultivateurs, en s\u00e9lectionnant de nouvelles vari\u00e9t\u00e9s \u00e0 haut rendement, en am\u00e9liorant les infrastructures des \u00e9greneuses et des filatures et en activant les m\u00e9canismes de commercialisation, pour garantir un revenu r\u00e9mun\u00e9rateur au paysan et atteindre les objectifs de l\u2019\u00c9tat visant \u00e0 rendre au coton \u00e9gyptien sa place dans le monde.<\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019expert explique que le syst\u00e8me repose sur la collecte du coton aupr\u00e8s des paysans et sa mise aux ench\u00e8res aupr\u00e8s des entreprises, mais que ces entreprises font face \u00e0 de lourdes charges financi\u00e8res, dont la hausse des taux d\u2019int\u00e9r\u00eat bancaires, ce qui les pousse parfois \u00e0 renoncer \u00e0 acheter, tandis que le paysan refuse de vendre \u00e0 des prix qui ne couvrent pas ses co\u00fbts.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Mohamed Khedr pr\u00e9cise que le gouvernement est intervenu l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re en annon\u00e7ant des prix garantis, mais que ceux-ci n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9s avec souplesse\u00a0: le versement des sommes dues aux cultivateurs a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 de plusieurs mois, et beaucoup n\u2019ont toujours pas per\u00e7u l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de ce qui leur est d\u00fb, ce qui a entra\u00een\u00e9 un recul des surfaces cultiv\u00e9es en coton cette ann\u00e9e (2025) \u00e0 environ 195\u202f000 feddans, contre plus de 314\u202f000 feddans l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Les usines de filature et de tissage, qui devaient fonctionner \u00e0 pleine capacit\u00e9 d\u2019ici fin 2024, ne sont entr\u00e9es en service que dans deux usines d\u2019El-Mahalla, ce qui a r\u00e9duit la consommation locale de coton.\u00a0\u00bb Il affirme que le coton \u00e0 fibres longues ne repr\u00e9sente que 3\u00a0% de la production mondiale et qu\u2019il est consid\u00e9r\u00e9 comme un coton de luxe, alors que l\u2019industrie mondiale repose essentiellement sur les cotons \u00e0 fibres courtes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019expert avertit que la consommation locale de l\u2019\u00c9gypte ne d\u00e9passe pas 400\u202f000 qintars, alors que la production peut atteindre 2 ou 2,5 millions de qintars, ce qui rend le pays largement d\u00e9pendant de l\u2019exportation, indiquant que la d\u00e9cision de fixer un quota d\u2019exportation il y a deux saisons a \u00e9t\u00e9 catastrophique, puisqu\u2019elle a provoqu\u00e9 l\u2019accumulation des stocks et la perte de confiance dans le coton \u00e9gyptien sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs, les importateurs s\u2019\u00e9tant tourn\u00e9s vers d\u2019autres solutions.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il affirme que la solution consiste \u00e0 acc\u00e9l\u00e9rer la modernisation des filatures locales pour augmenter la consommation locale et cr\u00e9er de la valeur ajout\u00e9e, tout en facilitant les exportations, notamment en ce qui concerne le taux d\u2019int\u00e9r\u00eat des pr\u00eats destin\u00e9s \u00e0 l\u2019achat de la r\u00e9colte, insistant sur le fait que continuer \u00e0 faire peser de lourdes charges financi\u00e8res sur le coton pousse le cultivateur \u00e0 abandonner cette culture au profit d\u2019autres, comme le riz, ce qui constitue une menace \u00e0 la fois pour l\u2019agriculture et pour l\u2019\u00e9conomie.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Le gouvernement avait oblig\u00e9 les exportateurs de coton, l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, \u00e0 ne pas exporter plus de 40\u00a0% de la production locale, afin de fournir de plus grandes quantit\u00e9s aux usines locales, en particulier publiques, dans le cadre d\u2019un plan de r\u00e9habilitation des soci\u00e9t\u00e9s affili\u00e9es \u00e0 la Holding du coton, de la filature et du tissage. Mais le gouvernement <a href=\"https:\/\/share.google\/KmVz6DpHRtRrm3fio\">a d\u00e9cid\u00e9<\/a>, en janvier 2025, d\u2019autoriser les soci\u00e9t\u00e9s d\u2019exportation de coton \u00e0 exporter la r\u00e9colte \u00e0 pleine capacit\u00e9, apr\u00e8s avoir supprim\u00e9 le plafond d\u2019exportation qu\u2019il avait instaur\u00e9.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\u00c0 lire aussi\u00a0: <a href=\"https:\/\/zawia3.com\/en\/child-labor\/\">\u00ab\u00a0La r\u00e9colte mortelle\u00a0\u00bb\u00a0: les enfants travailleurs agricoles d\u2019\u00c9gypte \u00e0 la merci des interm\u00e9diaires et des vides juridiques<\/a><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10310\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/%D8%AE%D8%B7-%D9%81%D8%A7%D8%B5%D9%84-%D8%B2%D8%A7%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9.png\" alt=\"\" width=\"4269\" height=\"376\" \/><\/p>\n<h1><b>Les changements climatiques<\/b><\/h1>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le coton a subi des catastrophes successives, et l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re en particulier a connu une crise sans pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0: certains cultivateurs ont laiss\u00e9 la r\u00e9colte dans les champs sans la cueillir, et d\u2019autres l\u2019ont m\u00eame utilis\u00e9e comme fourrage pour les moutons, faute de rentabilit\u00e9 de la r\u00e9colte, en raison d\u2019une part de la baisse des prix, et d\u2019autre part des attaques d\u2019insectes, de champignons et de virus, sans compter l\u2019impact des changements climatiques et la faiblesse de certaines vari\u00e9t\u00e9s cultiv\u00e9es, affirme le docteur <\/span><b>Tarek Abou Moussa<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, professeur d\u2019\u00e9conomie agricole au Centre de recherche agricole.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il explique que la crise du coton s\u2019est aggrav\u00e9e avec les m\u00e9canismes de commercialisation actuels, fond\u00e9s sur les ench\u00e8res depuis la lib\u00e9ralisation de la commercialisation des r\u00e9coltes\u00a0: le secteur priv\u00e9 est entr\u00e9 en force et s\u2019est mis \u00e0 concurrencer l\u2019\u00c9tat, ce qui a d\u00e9sorganis\u00e9 le march\u00e9 et nui aux cultivateurs. Cela s\u2019est clairement manifest\u00e9 lors de la saison \u00e9coul\u00e9e, lorsque les entreprises priv\u00e9es ont refus\u00e9 le prix garanti fix\u00e9 par le gouvernement, soit 10\u202f000 livres le qintar pour le coton de Haute-\u00c9gypte et 12\u202f000 livres pour le coton de Basse-\u00c9gypte, bien que ce prix soit in\u00e9quitable au regard des estimations de rendement et des co\u00fbts r\u00e9els de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente, ce qui a contraint l\u2019Autorit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale du coton \u00e0 acheter le coton pour son propre compte.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\"> Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0Jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent, le reste du prix du coton n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 vers\u00e9 aux cultivateurs. En raison de cette confusion et de l\u2019absence d\u2019une politique agricole claire pour la production et la commercialisation du coton, la surface cultiv\u00e9e se r\u00e9duit d\u2019ann\u00e9e en ann\u00e9e\u00a0: nous cultivions un million de feddans de coton dans les ann\u00e9es 1980\u00a0; la surface est tomb\u00e9e \u00e0 500\u202f000 feddans au d\u00e9but des ann\u00e9es 2000, puis \u00e0 200\u202f000 feddans en 2024.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Tarek Abou Moussa indique que les cultures agricoles en \u00c9gypte font face \u00e0 une crise majeure, en particulier les cultures strat\u00e9giques comme le bl\u00e9, le coton, le ma\u00efs et le soja, ainsi que les cultures mara\u00eech\u00e8res, expliquant que ces cultures n\u2019assurent pas au cultivateur une marge b\u00e9n\u00e9ficiaire \u00e9quitable qui l\u2019encourage \u00e0 continuer \u00e0 les cultiver, malgr\u00e9 leur importance capitale pour l\u2019\u00e9conomie et la s\u00e9curit\u00e9 alimentaire.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le professeur d\u2019\u00e9conomie agricole souligne que les changements climatiques ont provoqu\u00e9 l\u2019apparition et la propagation de nouveaux ravageurs et de maladies fongiques et virales, comme la cicadelle (\u00ab\u00a0jassid\u00a0\u00bb), qui a endommag\u00e9 l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re la r\u00e9colte de coton, expliquant que l\u2019absence de contr\u00f4le suffisant du march\u00e9 des pesticides et des engrais a aggrav\u00e9 la crise, car on vend aux cultivateurs des produits inefficaces ou frelat\u00e9s, ce qui leur cause de lourdes pertes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">S\u2019agissant des semences, il explique que la plupart des semences mara\u00eech\u00e8res utilis\u00e9es en \u00c9gypte sont import\u00e9es, ce qui est inacceptable compte tenu des charges \u00e9conomiques, mais il affirme que le Centre de recherche agricole a commenc\u00e9, sur instruction du pr\u00e9sident Abdel Fattah al-Sissi, \u00e0 travailler \u00e0 la production de vari\u00e9t\u00e9s locales de semences mara\u00eech\u00e8res, indiquant que ce projet demandera du temps pour r\u00e9duire l\u2019\u00e9cart et la d\u00e9pendance aux importations.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Tarek Abou Moussa insiste sur le fait que l\u2019\u00c9tat doit intervenir pour r\u00e9guler le march\u00e9 agricole, en utilisant ses outils politiques, \u00e9conomiques et financiers pour prot\u00e9ger le cultivateur des fluctuations du march\u00e9 et de la cupidit\u00e9 de certains marchands, en fournissant les intrants de production \u00e0 des prix appropri\u00e9s et en garantissant l\u2019achat de la r\u00e9colte \u00e0 un prix \u00e9quitable, afin que le cultivateur ne soit pas laiss\u00e9 seul face aux crises.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">De son c\u00f4t\u00e9, l\u2019expert en environnement, le docteur <\/span><b>Magdy Allam<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, conseiller du Fonds pour l\u2019environnement mondial (FEM), explique que les changements climatiques p\u00e8sent sur l\u2019agriculture \u00e9gyptienne, mais que leur impact n\u2019est pas n\u00e9cessairement n\u00e9gatif pour toutes les cultures, pr\u00e9cisant que certaines cultures profitent des temp\u00e9ratures \u00e9lev\u00e9es et que le paysan \u00e9gyptien est capable de s\u2019adapter \u00e0 ces changements gr\u00e2ce aux serres, qui permettent de contr\u00f4ler l\u2019environnement int\u00e9rieur pour cultiver diff\u00e9rentes plantes dans des conditions climatiques vari\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au sujet des ravageurs, Magdy Allam indique que la hausse des temp\u00e9ratures entra\u00eene une augmentation de la reproduction des insectes de toutes sortes, des moustiques jusqu\u2019aux cafards, et que d\u2019autres cr\u00e9atures, comme des reptiles tels que les serpents, apparaissent parfois, tout en insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9server l\u2019\u00e9quilibre \u00e9cologique, chaque cr\u00e9ature apparaissant pour freiner la prolif\u00e9ration d\u2019une autre, ce qui pr\u00e9serve la biodiversit\u00e9.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0Historiquement, l\u2019\u00c9gypte s\u2019est appuy\u00e9e sur la culture du coton et de la canne \u00e0 sucre, cultures strat\u00e9giques qui assuraient au paysan un revenu annuel stable. Mais la carte de la production agricole a chang\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1970, avec l\u2019ouverture de l\u2019\u00e9conomie \u00e9gyptienne et l\u2019arriv\u00e9e de soci\u00e9t\u00e9s internationales, ce qui a conduit \u00e0 l\u2019expansion de cultures de substitution comme l\u2019olivier et les fruits destin\u00e9s \u00e0 l\u2019exportation, des secteurs qui contribuent pour plus de 1,9 milliard de dollars aux recettes des exportations agricoles.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">S\u2019agissant du coton, Magdy Allam estime que les derni\u00e8res ann\u00e9es ont vu un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour sa culture avec l\u2019am\u00e9lioration de ses prix mondiaux, soulignant que le coton \u00e9gyptien conserve toujours sa place sur les march\u00e9s ext\u00e9rieurs gr\u00e2ce \u00e0 sa qualit\u00e9 naturelle, qui le rend privil\u00e9gi\u00e9 dans la confection de v\u00eatements.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>La production de <a href=\"https:\/\/idsc.gov.eg\/upload\/DocumentLibraryIssues\/AttachmentA\/10214\/223.pdf\">coton<\/a> de l\u2019\u00c9gypte pour la campagne 2024\/2025 a atteint environ 107\u202f800 tonnes, soit l\u2019\u00e9quivalent de 2,15 millions de qintars, sur fond de recul des surfaces cultiv\u00e9es par rapport aux saisons pr\u00e9c\u00e9dentes. Selon l\u2019Agence centrale pour la mobilisation publique et les <a href=\"https:\/\/www.facebook.com\/100064573935950\/posts\/1112618977567223\/?mibextid=rS40aB7S9Ucbxw6v\">statistiques<\/a> (CAPMAS), la production totale de coton-fibre a atteint 2,48 millions de qintars m\u00e9triques en 2024, contre 2,47 millions de qintars m\u00e9triques en 2023.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u00c0 lire aussi\u00a0: <\/b><a href=\"https:\/\/zawia3.com\/fr\/upper-egypt-women\/\"><b>Les femmes rurales en \u00c9gypte\u00a0: du ch\u00f4mage au march\u00e9 mondial gr\u00e2ce aux produits s\u00e9ch\u00e9s<\/b><\/a><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10310\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/%D8%AE%D8%B7-%D9%81%D8%A7%D8%B5%D9%84-%D8%B2%D8%A7%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9.png\" alt=\"\" width=\"4269\" height=\"376\" \/><\/p>\n<h1><b>Une culture aux usages multiples<\/b><\/h1>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Pour sa part, le docteur <\/span><b>Khaled Fathi Salem<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, professeur de biotechnologie et d\u2019am\u00e9lioration des grandes cultures strat\u00e9giques \u00e0 l\u2019Institut de g\u00e9nie g\u00e9n\u00e9tique et de biotechnologie de l\u2019universit\u00e9 de la ville de Sadate, attribue le recul de la culture du coton en \u00c9gypte \u00e0 un ensemble de causes imbriqu\u00e9es, au premier rang desquelles la politique des prix\u00a0: le paysan cherche toujours la culture la plus rentable, alors que l\u2019absence de prix indicatifs \u00e9quitables et annonc\u00e9s avant le d\u00e9but de la saison agricole a conduit de nombreux cultivateurs \u00e0 renoncer au coton, exactement comme cela s\u2019\u00e9tait produit auparavant avec le bl\u00e9 et la betterave sucri\u00e8re.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable soutien qui parvienne au cultivateur pour les travaux d\u2019entretien et la fourniture d\u2019engrais et de pesticides au moment o\u00f9 la culture en a besoin\u00a0; les coop\u00e9ratives agricoles ne fournissent plus les pesticides ni les engrais comme auparavant, et le cultivateur ach\u00e8te d\u00e9sormais ses pesticides dans des boutiques priv\u00e9es, o\u00f9 ils ne sont pas forc\u00e9ment efficaces.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Concernant les ravageurs, l\u2019expert en biotechnologie explique que les changements climatiques et la hausse des temp\u00e9ratures ont provoqu\u00e9 la prolif\u00e9ration de ravageurs dangereux comme la l\u00e9gionnaire d\u2019automne et l\u2019aleurode, ce qui a multipli\u00e9 les pertes des cultivateurs, r\u00e9v\u00e9lant qu\u2019un tiers des co\u00fbts de production du coton est consacr\u00e9 aux pulv\u00e9risations de pesticides, ce qui rend la culture non rentable. Il appelle donc \u00e0 introduire des vari\u00e9t\u00e9s de coton g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es contenant des g\u00e8nes de r\u00e9sistance aux ravageurs, de sorte que la plante s\u00e9cr\u00e8te des substances naturelles mortelles pour les insectes, ce qui permettrait d\u2019\u00e9conomiser une grande partie des co\u00fbts de production et de renforcer la comp\u00e9titivit\u00e9 du coton \u00e9gyptien sur les march\u00e9s mondiaux. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Le coton \u00e9gyptien se distingue par le fait qu\u2019il s\u2019agit d\u2019une culture aux usages multiples\u00a0: il ne se limite pas \u00e0 la production de fibres utilis\u00e9es dans la confection de v\u00eatements et de textiles m\u00e9dicaux\u00a0; ses graines fournissent une huile alimentaire de grande qualit\u00e9, et il en r\u00e9sulte aussi le \u201ctourteau\u201d, utilis\u00e9 comme aliment pour le b\u00e9tail riche en prot\u00e9ines\u00a0; les tiges de coton peuvent en outre servir \u00e0 fabriquer des panneaux de bois agglom\u00e9r\u00e9, utilis\u00e9s dans l\u2019ameublement et la d\u00e9coration, comme le fait la Chine, qui exporte vers l\u2019\u00c9gypte des produits fabriqu\u00e9s \u00e0 partir de r\u00e9sidus v\u00e9g\u00e9taux.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Khaled Fathi Salem indique que la concurrence entre les cultures est aussi un facteur d\u00e9terminant\u00a0: le riz est devenu le principal concurrent du coton dans les r\u00e9gions du nord du Delta, ce qui a r\u00e9duit les surfaces cultiv\u00e9es en coton, soulignant que le coton \u00e9tait autrefois une culture essentielle de l\u2019assolement triennal et que son absence de la terre du paysan repr\u00e9sentait une perte importante, car c\u2019est une culture d\u2019exportation et une culture industrielle qui procure des devises au pays, mais le gouvernement a abandonn\u00e9 son soutien avec le recul du r\u00f4le des usines textiles et l\u2019essor des fibres synth\u00e9tiques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">L\u2019expert agricole estime que le retour \u00e0 l\u2019assolement triennal, avec l\u2019affectation d\u2019environ trois millions de feddans par an \u00e0 la culture du coton, r\u00e9tablira l\u2019\u00e9quilibre agricole, am\u00e9liorera les propri\u00e9t\u00e9s des sols et garantira la r\u00e9gularit\u00e9 des cultures strat\u00e9giques.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Khaled Fathi Salem appelle \u00e0 cultiver 3 millions de feddans de coton afin que l\u2019\u00c9gypte atteigne l\u2019autosuffisance en huiles et en fibres v\u00e9g\u00e9tales, tout en \u00e9conomisant les devises n\u00e9cessaires aux importations, et en comblant aussi le d\u00e9ficit en aliments pour le b\u00e9tail gr\u00e2ce au tourteau de graines de coton, riche en prot\u00e9ines.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il conclut en affirmant que la revalorisation du coton contribuera \u00e0 r\u00e9duire les importations \u00e9gyptiennes d\u2019huiles v\u00e9g\u00e9tales et de fibres, \u00e0 relancer les industries textiles \u00e0 forte intensit\u00e9 de main-d\u2019\u0153uvre et \u00e0 fournir des aliments pour b\u00e9tail bon march\u00e9 aux cultivateurs, ce qui en fait une culture strat\u00e9gique indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9conomie \u00e9gyptienne.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Les <a href=\"https:\/\/www.shorouknews.com\/mobile\/news\/view.aspx?cdate=24082025&amp;id=63020b9f-43fc-41a7-b781-432fc3ecfef2\">exportations<\/a> \u00e9gyptiennes de coton ont baiss\u00e9 de 22\u00a0% lors de la campagne 2024-2025, \u00e0 38\u202f800 tonnes, contre environ 50\u202f000 tonnes la saison pr\u00e9c\u00e9dente, et la valeur totale des exportations de coton \u00e9gyptien a atteint environ 128,6 millions de dollars.<\/p><\/blockquote>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><b>\u00c0 lire aussi\u00a0: <\/b><a href=\"https:\/\/zawia3.com\/en\/farmers-leave-farming\/\"><b>Entre la hausse des prix des engrais et des semences\u00a0: pourquoi les paysans quittent-ils la terre en silence\u00a0?<\/b><\/a><\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-10310\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/%D8%AE%D8%B7-%D9%81%D8%A7%D8%B5%D9%84-%D8%B2%D8%A7%D9%88%D9%8A%D8%A9-%D8%AB%D8%A7%D9%84%D8%AB%D8%A9.png\" alt=\"\" width=\"4269\" height=\"376\" \/><\/p>\n<h1><b>La suppression du prix garanti<\/b><\/h1>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Dans le m\u00eame contexte, plusieurs cultivateurs de coton ont indiqu\u00e9 \u00e0 Zawia3 avoir appris la suppression du prix garanti pour la livraison du coton de la campagne agricole en cours, ce qui leur fait craindre une chute brutale des prix du coton, \u00e0 un niveau qui ne couvrirait m\u00eame pas les co\u00fbts de production et de r\u00e9colte. Certains ont affirm\u00e9 que le qintar serait fix\u00e9 entre 6\u202f000 et 7\u202f000 livres, ce qu\u2019aucune instance officielle n\u2019a annonc\u00e9, tandis que d\u2019autres se sont dits soulag\u00e9s d\u2019apprendre la suppression, estimant qu\u2019ils doivent \u00eatre pay\u00e9s selon les cours mondiaux.<\/span><\/p>\n<blockquote><p>Dans le m\u00eame temps, les <a href=\"https:\/\/ar.tradingeconomics.com\/commodity\/cotton\">prix<\/a> mondiaux du coton sont en baisse\u00a0: le cours du coton est tomb\u00e9 \u00e0 64,95 cents de dollar la livre (environ 450 grammes) le 29 ao\u00fbt 2025, en baisse de 1,55\u00a0% par rapport \u00e0 la veille, et au cours du mois de juillet 2025, il avait recul\u00e9 de 1,43\u00a0%.<\/p><\/blockquote>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Zawia3 a contact\u00e9 <\/span><b>Walid El-Saadany<\/b><span style=\"font-weight: 400;\">, pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019organisation du commerce int\u00e9rieur du coton, qui a confirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe plus ce qu\u2019on appelle le \u00ab\u00a0prix garanti\u00a0\u00bb pour la livraison du coton, indiquant que la fixation du prix de la r\u00e9colte repose d\u00e9sormais enti\u00e8rement sur le m\u00e9canisme de l\u2019offre et de la demande, en fonction des cours mondiaux, actuellement en baisse.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Walid El-Saadany d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0Ce m\u00e9canisme ressemble aux transactions sur les Bourses mondiales, comme l\u2019or, dont le prix change d\u2019un jour \u00e0 l\u2019autre, et il est normal que les prix pay\u00e9s diff\u00e8rent d\u2019un paysan \u00e0 l\u2019autre\u00a0: l\u2019un peut vendre le qintar \u00e0 dix mille livres, tandis qu\u2019un autre le vend le lendemain \u00e0 11\u202f000, voire \u00e0 huit mille livres, selon l\u2019\u00e9volution du march\u00e9.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au sujet des craintes des paysans que les cours mondiaux ne couvrent pas les co\u00fbts de production, Walid El-Saadany a indiqu\u00e9 que des demandes ont \u00e9t\u00e9 adress\u00e9es au gouvernement pour mettre en place des garanties concr\u00e8tes afin de pr\u00e9server la strat\u00e9gie de relance de la culture et de l\u2019industrie du coton, soulignant que les prochaines ench\u00e8res offriront des prix raisonnables, de nature \u00e0 couvrir le co\u00fbt de production et \u00e0 d\u00e9gager une marge b\u00e9n\u00e9ficiaire pour les paysans.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le pr\u00e9sident du Comit\u00e9 d\u2019organisation du commerce int\u00e9rieur du coton explique que les \u00e9carts de prix d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre ou d\u2019une semaine \u00e0 l\u2019autre tiennent \u00e0 la nature du march\u00e9 mondial du coton, qui ressemble aux march\u00e9s de l\u2019or par la variation continue des prix quotidiens, ce qui explique que certains cultivateurs obtiennent des prix diff\u00e9rents pour une m\u00eame r\u00e9colte \u00e0 des p\u00e9riodes rapproch\u00e9es.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Concernant les sommes dues aux cultivateurs de coton, Walid El-Saadany affirme que le syst\u00e8me de paiement a radicalement chang\u00e9, de sorte que le cultivateur per\u00e7oit l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de son d\u00fb dans les 20 jours suivant la date de vente, afin d\u2019\u00e9viter les pr\u00e9judices subis lors des saisons pr\u00e9c\u00e9dentes en raison des retards de paiement.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Le pr\u00e9sident du comit\u00e9 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les surfaces cultiv\u00e9es en coton ont recul\u00e9 cette ann\u00e9e de 35\u00a0%, passant de 311\u202f000 feddans la saison derni\u00e8re \u00e0 environ 195\u202f000 feddans seulement, attribuant cette baisse \u00e0 l\u2019absence de \u00ab\u00a0prix garanti\u00a0\u00bb cette saison, contrairement \u00e0 la saison pr\u00e9c\u00e9dente, qui avait connu une forte expansion des cultures d\u00e8s l\u2019annonce du prix.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Le gouvernement a enti\u00e8rement lib\u00e9ralis\u00e9 le commerce du coton, qu\u2019il s\u2019agisse de la fixation des prix ou des quotas d\u2019exportation et d\u2019importation, ce qui permettra d\u2019accro\u00eetre les exportations de coton au cours de la nouvelle saison.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">S\u2019agissant des changements climatiques, Walid El-Saadany a expliqu\u00e9 que l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re avait connu de fortes perturbations climatiques qui ont affect\u00e9 la productivit\u00e9, mais que cette ann\u00e9e, des solutions partielles ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 la fourniture de compos\u00e9s qui aident la plante \u00e0 supporter le stress thermique, ce qui att\u00e9nue l\u2019effet des conditions climatiques instables.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">De son c\u00f4t\u00e9, une source responsable au sein du syst\u00e8me de commercialisation du coton a indiqu\u00e9 \u00e0 Zawia3 qu\u2019aucun d\u00e9tail n\u2019avait encore \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 sur le nouveau syst\u00e8me de commercialisation du coton ni sur le prix d\u2019ouverture de la saison, d\u00e9mentant les chiffres qui circulent sur un prix du qintar fix\u00e9 entre 6\u202f000 et 7\u202f000 livres, qu\u2019elle juge \u00ab\u00a0sans aucun fondement\u00a0\u00bb, et expliquant que m\u00eame si le march\u00e9 repose sur le m\u00e9canisme de l\u2019offre et de la demande et sur les cours mondiaux, il est peu probable que les prix tombent \u00e0 ce niveau.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La source responsable a indiqu\u00e9 que le recul des surfaces cultiv\u00e9es en coton au cours de la saison actuelle s\u2019explique par les probl\u00e8mes qu\u2019a connus la saison pr\u00e9c\u00e9dente, au premier rang desquels la fixation d\u2019un prix garanti qui a conduit les entreprises \u00e0 s\u2019abstenir d\u2019acheter, affirmant que l\u2019\u00c9tat \u00e9tait alors intervenu et avait respect\u00e9 les prix annonc\u00e9s (12\u202f000 livres pour la Basse-\u00c9gypte et 10\u202f000 livres pour la Haute-\u00c9gypte), le minist\u00e8re des Finances prenant en charge la diff\u00e9rence de prix et r\u00e9ceptionnant l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 des quantit\u00e9s restantes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Au sujet du retard de paiement des sommes dues aux paysans, le responsable gouvernemental, qui a requis l\u2019anonymat, explique que la r\u00e9ception du coton par l\u2019\u00c9tat n\u2019a eu lieu qu\u2019en mai 2025, alors que les paysans avaient remis leurs r\u00e9coltes aux centres de collecte bien avant, affirmant que, malgr\u00e9 la pol\u00e9mique soulev\u00e9e autour de certaines sp\u00e9cifications, l\u2019\u00c9tat a tenu \u00e0 verser \u00e0 tous le prix annonc\u00e9, et que les paiements ont \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9s successivement selon l\u2019ordre de r\u00e9ception des quantit\u00e9s, tandis que le versement de la derni\u00e8re tranche (30\u00a0%) a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 pour certaines r\u00e9gions comme Dakahlia.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">La source a \u00e9galement comment\u00e9 les \u00e9carts de prix lors des ench\u00e8res, expliquant qu\u2019ils sont li\u00e9s au m\u00e9canisme du march\u00e9 et \u00e0 la demande\u00a0: un prix d\u2019ouverture est fix\u00e9 pour l\u2019ench\u00e8re, puis la vente se fait aux prix les plus \u00e9lev\u00e9s. Elle a pr\u00e9cis\u00e9 que les \u00e9carts de prix tiennent aussi aux diff\u00e9rences de qualit\u00e9 du coton d\u2019une r\u00e9gion \u00e0 l\u2019autre, ainsi qu\u2019aux variations du taux de change, le coton \u00e9tant vendu en dollars, ce qui se r\u00e9percute sur sa valeur en livres \u00e9gyptiennes.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Concernant les exportations, la source a affirm\u00e9 qu\u2019il n\u2019existe aucune restriction sur les exportations de coton pour la saison actuelle ou la pr\u00e9c\u00e9dente, indiquant que le probl\u00e8me rencontr\u00e9 la saison derni\u00e8re n\u2019\u00e9tait pas d\u00fb \u00e0 des restrictions gouvernementales, mais au refus de certaines entreprises d\u2019acheter afin de faire pression sur les prix, et pr\u00e9cisant que la limitation des quotas \u00e9tait appliqu\u00e9e auparavant, mais qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e depuis l\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, le commerce restant libre et sans restrictions.<\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Alors que les cultivateurs de coton souffrent de la faiblesse de la production et de l\u2019absence de soutien, ainsi que de la confusion des politiques de prix et des m\u00e9canismes de commercialisation, l\u2019\u00ab\u00a0or blanc\u00a0\u00bb, qui \u00e9tait il y a quelques d\u00e9cennies un pilier de l\u2019\u00e9conomie nationale, vacille d\u00e9sormais entre les fluctuations du march\u00e9 mondial et les cons\u00e9quences des changements climatiques, sur fond d\u2019appels croissants \u00e0 une strat\u00e9gie claire qui rende \u00e0 cette culture sa place historique. <\/span><\/p>\n<p><span style=\"font-weight: 400;\">Et tandis que des cultivateurs affirment que la poursuite de la situation actuelle pourrait les pousser \u00e0 abandonner cette culture, les experts estiment que le sauvetage du coton est possible gr\u00e2ce \u00e0 un v\u00e9ritable soutien, \u00e0 la garantie de prix \u00e9quitables pour la r\u00e9colte et \u00e0 la modernisation du syst\u00e8me de transformation et de commercialisation.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans plusieurs villages \u00e9gyptiens, notamment \u00e0 Kafr El-Cheikh et Mansoura, des cultivateurs de coton disent avoir subi de lourdes pertes lors de la saison 2025, et se plaignent de l\u2019absence de soutien gouvernemental, de la d\u00e9gradation de la production et des difficult\u00e9s de commercialisation de la r\u00e9colte, sur fond de hausse des co\u00fbts de culture et de baisse des recettes de vente.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":14188,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"footnotes":""},"categories":[20602],"tags":[],"kateb":[20634],"class_list":["post-21001","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-economie","kateb-aya-yasser-fr"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/10\/\u0646\u0633\u062e\u0629-\u0645\u0646-\u0627\u0644\u0642\u0637\u0646.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21001","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=21001"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/21001\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14188"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=21001"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=21001"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=21001"},{"taxonomy":"kateb","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/kateb?post=21001"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}