{"id":24401,"date":"2025-11-25T18:09:52","date_gmt":"2025-11-25T16:09:52","guid":{"rendered":"https:\/\/zawia3.com\/?p=24401"},"modified":"2026-10-26T15:43:34","modified_gmt":"2026-10-26T13:43:34","slug":"psychotherapy-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/psychotherapy-2\/","title":{"rendered":"En \u00c9gypte, l\u2019internement forc\u00e9 : quand les soins psychiatriques deviennent un outil de vengeance familiale"},"content":{"rendered":"<p>Il y a quatre ans, les premi\u00e8res \u00e9preuves de <strong>Chadi Hussein<\/strong> (nom d\u2019emprunt), un trentenaire originaire de Mansoura, ont commenc\u00e9 par une nuit sombre. Un soir de 2021, il a vu avec stupeur des inconnus faire irruption dans la maison familiale : trois hommes, tandis qu\u2019une femme les attendait en bas. Il a appris plus tard qu\u2019elle \u00e9tait m\u00e9decin stagiaire. Ils l\u2019ont frapp\u00e9 et ligot\u00e9. Il a essay\u00e9 d\u2019appeler la police. Sa m\u00e8re \u00e2g\u00e9e s\u2019est alors r\u00e9veill\u00e9e, terrifi\u00e9e, sans comprendre ce qui se passait. Ils lui ont dit que \u00ab son fils \u00e9tait atteint d\u2019une maladie psychique et qu\u2019elle devait signer les documents d\u2019admission dans la clinique psychiatrique o\u00f9 ils travaillaient \u00bb. Elle a obtemp\u00e9r\u00e9 et sign\u00e9. Ils lui ont ensuite inject\u00e9 un anesth\u00e9siant : il a perdu connaissance, puis ils l\u2019ont emmen\u00e9 vers une destination inconnue.<\/p>\n<p>\u00c0 son r\u00e9veil, Chadi s\u2019est retrouv\u00e9 dans un endroit inconnu, entour\u00e9 de personnes qu\u2019il ne connaissait pas. On lui a dit qu\u2019il \u00e9tait dans un centre de traitement des addictions et que sa famille l\u2019y avait fait admettre. Il a rapidement d\u00e9couvert que son fr\u00e8re avait fait appel \u00e0 un ami qui recrutait des patients pour un centre priv\u00e9 de sant\u00e9 mentale \u00e0 Mansoura. Son fr\u00e8re lui avait donn\u00e9 la cl\u00e9 du domicile familial pour qu\u2019il utilise ses relations afin de se d\u00e9barrasser de son a\u00een\u00e9, qui faisait obstacle \u00e0 son mariage avec une femme rencontr\u00e9e sur Internet, et de mettre fin aux diff\u00e9rends familiaux. Ceux-ci avaient commenc\u00e9 apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de leur p\u00e8re en 2020, lorsque Chadi avait pris en charge la gestion des biens de la famille, disposant d\u2019une procuration g\u00e9n\u00e9rale du d\u00e9funt, raconte-t-il.<\/p>\n<p>Chadi a cri\u00e9 pour protester, mais ses objections n\u2019ont fait qu\u2019accro\u00eetre son isolement et l\u2019administration forc\u00e9e de s\u00e9datifs et de m\u00e9dicaments psychiatriques. Il raconte \u00e0 Zawia3 : \u00ab J\u2019ai pass\u00e9 quinze jours enferm\u00e9, sans accusation ni diagnostic de maladie. Je n\u2019avais jamais consomm\u00e9 de drogue, ni m\u00eame fum\u00e9. Je payais simplement le prix d\u2019un conflit familial, d\u2019un r\u00e9seau d\u2019int\u00e9r\u00eats et d\u2019une faille juridique qui avait permis mon enfermement. J\u2019ai demand\u00e9 \u00e0 appeler ma m\u00e8re, mais on me l\u2019a refus\u00e9, en pr\u00e9tendant que c\u2019\u00e9tait un droit r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 ceux qui \u00e9taient admis volontairement, pas \u00e0 ceux qui l\u2019\u00e9taient sous contrainte. Une m\u00e9decin m\u2019a dit que mon cas relevait simplement d\u2019un diff\u00e9rend familial et que ma sortie serait d\u00e9cid\u00e9e apr\u00e8s un entretien avec le directeur du centre. Cet entretien n\u2019a jamais eu lieu. \u00bb<\/p>\n<p>Pendant son s\u00e9jour, Chadi a appris qu\u2019une loi \u00e9gyptienne sur les patients en psychiatrie lui garantissait des droits fondamentaux, notamment celui de contacter sa famille, de contester les d\u00e9cisions d\u2019admission sous contrainte et d\u2019obtenir une copie de son dossier m\u00e9dical. Aucun de ces droits n\u2019a \u00e9t\u00e9 respect\u00e9. Les psychiatres ont r\u00e9dig\u00e9 un rapport affirmant qu\u2019il souffrait d\u2019un <a href=\"https:\/\/www.mayoclinic.org\/ar\/diseases-conditions\/intermittent-explosive-disorder\/symptoms-causes\/syc-20373921\">trouble explosif<\/a> intermittent (TEI). Ce trouble se caract\u00e9rise par des \u00e9pisodes r\u00e9p\u00e9t\u00e9s de comportement agressif ou de col\u00e8re excessive, disproportionn\u00e9s par rapport \u00e0 la situation qui les d\u00e9clenche. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-5) le classe parmi les troubles du contr\u00f4le des impulsions. Ses sympt\u00f4mes comprennent des crises de cris, des menaces, des agressions physiques et des destructions de biens. Le traitement comprend des antid\u00e9presseurs, des stabilisateurs de l\u2019humeur et une psychoth\u00e9rapie pour ma\u00eetriser ces impulsions. Le centre a envoy\u00e9 au conseil r\u00e9gional de sant\u00e9 mentale un rapport de complaisance affirmant que son admission sous contrainte \u00e9tait justifi\u00e9e, sans m\u00eame que le m\u00e9decin mandat\u00e9 l\u2019ait vu.<\/p>\n<p>Trois jours apr\u00e8s son enfermement, son cousin, fils de sa tante paternelle, et son avocat ont retrouv\u00e9 la clinique et tent\u00e9 d\u2019obtenir sa lib\u00e9ration. Mais sa m\u00e8re, sous la pression des \u00e9v\u00e9nements, avait sign\u00e9 les documents d\u2019admission sans en comprendre les d\u00e9tails. Le centre refusait de le laisser sortir, en connivence avec son fr\u00e8re, qui s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 le lendemain de son enl\u00e8vement au domicile familial. Quand sa m\u00e8re a ensuite essay\u00e9 de le faire sortir, on lui a r\u00e9pondu qu\u2019il repr\u00e9sentait un danger pour lui-m\u00eame et pour autrui. La clinique a ainsi continu\u00e9 \u00e0 percevoir de l\u2019argent de son fr\u00e8re. Lorsque son avocat a d\u00e9pos\u00e9 un recours, le conseil r\u00e9gional de sant\u00e9 mentale l\u2019a inform\u00e9 qu\u2019une commission de trois membres avait estim\u00e9 que son \u00e9tat n\u00e9cessitait des soins sous contrainte. Pourtant, aucun m\u00e9decin ind\u00e9pendant ne l\u2019avait effectivement examin\u00e9 : l\u2019\u00e9valuation reposait uniquement sur les documents du centre priv\u00e9.<\/p>\n<p>Au milieu de cette situation, sa m\u00e8re \u00e9tait d\u00e9sempar\u00e9e. Elle avait sign\u00e9, dans un moment de panique, des documents dont elle n\u2019avait pas lu le contenu. Elle se retrouvait \u00e0 la fois t\u00e9moin et partie adverse, entre son fils a\u00een\u00e9 qui s\u2019\u00e9puisait \u00e0 d\u00e9montrer son innocence et son fils cadet qui voulait poursuivre sa vie avec sa nouvelle \u00e9pouse. \u00ab Quand ma m\u00e8re est venue \u00e0 la clinique, ils ne l\u2019ont m\u00eame pas autoris\u00e9e \u00e0 me voir. Ils lui ont dit que j\u2019\u00e9tais malade et dangereux pour moi-m\u00eame et pour les autres. Quand l\u2019avocat est venu et a pris connaissance de la situation, il a contact\u00e9 ma m\u00e8re. Cette fois, ils l\u2019ont laiss\u00e9e me voir, mais lorsqu\u2019elle a demand\u00e9 ma sortie, ils ont refus\u00e9 \u00bb, raconte Chadi.<\/p>\n<p>Au bout de quinze jours, il a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 \u00e0 quitter le centre. Chadi a alors entam\u00e9 un combat judiciaire pour tenter de r\u00e9tablir sa r\u00e9putation. Il a demand\u00e9 son dossier m\u00e9dical et d\u00e9pos\u00e9 des plaintes aupr\u00e8s du parquet. Il a rapidement d\u00e9couvert que chaque proc\u00e9dure engag\u00e9e contre lui avait \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue pour le maintenir enferm\u00e9, et qu\u2019il \u00e9tait victime de failles dans une loi destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger les patients, exploit\u00e9es par certains centres priv\u00e9s.<\/p>\n<p>Il raconte : \u00ab Ils m\u2019ont laiss\u00e9 sortir en disant que je devais continuer \u00e0 les consulter, sous pr\u00e9texte de traitement. Ils m\u2019ont fait signer un formulaire normalement remis au patient lors de son admission, qui pr\u00e9sente ses droits au titre de la loi sur les soins psychiatriques. J\u2019ai ensuite demand\u00e9 une copie de mon dossier m\u00e9dical. \u00bb Apr\u00e8s avoir lu la loi, il a d\u00e9cid\u00e9 de poursuivre les d\u00e9marches de plainte et de recours et a saisi le parquet. Mais il a \u00e9t\u00e9 surpris de constater que de nombreux avocats connaissaient mal la nouvelle l\u00e9gislation sur la sant\u00e9 mentale. Le fait d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 admis dans un centre psychiatrique amenait le parquet \u00e0 le regarder avec suspicion, d\u2019autant que, selon lui, ses membres ne comprenaient pas les termes m\u00e9dicaux tels que \u00ab trouble explosif intermittent \u00bb.<\/p>\n<p>Chadi r\u00e9v\u00e8le avoir demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre examin\u00e9 par la m\u00e9decine l\u00e9gale ou dans n\u2019importe quel h\u00f4pital public, ce qui lui a \u00e9t\u00e9 refus\u00e9. Apr\u00e8s de longues d\u00e9marches, il a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9 comme un \u00ab accus\u00e9 \u00bb alors qu\u2019il \u00e9tait la \u00ab victime \u00bb. Il explique que le parquet a appliqu\u00e9 \u00e0 son affaire les proc\u00e9dures r\u00e9serv\u00e9es aux personnes mises en cause, en contactant le service de psychiatrie l\u00e9gale par l\u2019interm\u00e9diaire du bureau de la coop\u00e9ration internationale, une proc\u00e9dure qu\u2019il juge complexe et injustifi\u00e9e dans son cas.<\/p>\n<p>Zawia3 s\u2019est entretenue avec l\u2019avocat charg\u00e9 du dossier de Chadi Hussein. Il nous a confirm\u00e9 que son client avait subi une nouvelle tentative d\u2019internement \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique d\u2019Abbassia, apr\u00e8s qu\u2019un m\u00e9decin avait r\u00e9dig\u00e9, sans l\u2019examiner, un rapport affirmant qu\u2019il pr\u00e9sentait des sympt\u00f4mes psychotiques graves. L\u2019absence du directeur de l\u2019h\u00f4pital ce jour-l\u00e0 a emp\u00each\u00e9 l\u2019admission et entra\u00een\u00e9 son report. L\u2019avocat ajoute qu\u2019en soumettant ensuite l\u2019affaire au parquet, il a d\u00e9couvert une note affirmant que Chadi \u00e9tait \u00ab malade \u00bb, sur la base des documents du centre priv\u00e9, et recommandant son placement dans un \u00e9tablissement psychiatrique. Il y voit une falsification des faits. Il souligne que le bureau de la coop\u00e9ration internationale n\u2019a pas davantage compris sa situation de victime et l\u2019a trait\u00e9 comme un accus\u00e9.<\/p>\n<p>Il r\u00e9v\u00e8le qu\u2019apr\u00e8s un an, l\u2019affaire a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e, avant d\u2019\u00eatre rouverte par le parquet d\u2019appel. Chadi a alors \u00e9t\u00e9 de nouveau examin\u00e9 en psychiatrie l\u00e9gale. Le m\u00e9decin auteur du premier rapport a affirm\u00e9 devant le parquet l\u2019avoir vu \u00ab agit\u00e9 et en train de crier \u00bb, ce que Chadi conteste, assurant que des t\u00e9moins peuvent attester du contraire. Il \u00e9voque des conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats et de la corruption dans l\u2019affaire : la directrice du centre priv\u00e9 o\u00f9 il avait \u00e9t\u00e9 enferm\u00e9 dirigeait \u00e9galement le service de protection des droits des patients du conseil r\u00e9gional num\u00e9ro trois et occupait un poste au Conseil national de sant\u00e9 mentale. Il consid\u00e8re que ce r\u00e9seau d\u2019int\u00e9r\u00eats a influenc\u00e9 le d\u00e9roulement de sa proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui, Chadi cherche moins \u00e0 se venger qu\u2019\u00e0 faire reconna\u00eetre l\u2019injustice qu\u2019il a subie et \u00e0 emp\u00eacher qu\u2019un autre vive la m\u00eame exp\u00e9rience. \u00ab Au d\u00e9part, je voulais seulement sortir de la clinique. Maintenant, je veux que les gens sachent que ce qui m\u2019est arriv\u00e9 peut leur arriver \u00e0 tout moment \u00bb, dit-il.<\/p>\n<blockquote>\n<p>Selon la loi n\u00b0 71 de 2009 relative aux soins aux patients en psychiatrie, toute personne qui fait admettre frauduleusement un patient dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9 mentale, notamment en retenant une personne comme malade psychique hors des lieux ou des circonstances pr\u00e9vus par la loi, ou en adressant de mauvaise foi un signalement mensonger aux autorit\u00e9s comp\u00e9tentes, commet une infraction passible de sanctions. La <a href=\"https:\/\/www.youm7.com\/story\/2025\/2\/20\/%D9%85%D8%AE%D8%A7%D9%84%D9%81%D8%A7%D8%AA-%D8%A8%D9%82%D8%A7%D9%86%D9%88%D9%86-%D8%B1%D8%B9%D8%A7%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B1%D9%8A%D8%B6-%D8%A7%D9%84%D9%86%D9%81%D8%B3%D9%89-%D8%B9%D9%82%D9%88%D8%A8%D8%AA%D9%87%D8%A7-%D8%A7%D9%84%D8%AD%D8%A8%D8%B3-%D9%88%D8%A7%D9%84%D8%BA%D8%B1%D8%A7%D9%85%D8%A9\/6889339\">loi<\/a> punit \u00e9galement ces actes d\u2019un emprisonnement de six mois au maximum et d\u2019une amende maximale de 3 000 livres, ou de l\u2019une de ces deux peines.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Une loi sur les soins psychiatriques qui ouvre la voie aux manipulations<\/h2>\n<p>Certaines familles exploitent les failles dans l\u2019application de la loi sur les soins psychiatriques et le manque de contr\u00f4le des cliniques priv\u00e9es, en particulier celles qui ne sont pas agr\u00e9\u00e9es, pour faire enfermer leurs proches contre leur gr\u00e9, souvent pour des motifs financiers li\u00e9s \u00e0 l\u2019h\u00e9ritage. Un r\u00e9seau d\u2019int\u00e9r\u00eats entre m\u00e9decins, cliniques et autorit\u00e9s de contr\u00f4le offre une couverture permettant de l\u00e9gitimer cette violation et de transformer certains \u00e9tablissements psychiatriques et centres priv\u00e9s de traitement des addictions, notamment non agr\u00e9\u00e9s, en instruments de chantage et de domination, selon des sources interrog\u00e9es par Zawia3.<\/p>\n<p>\u00c0 Mansoura \u00e9galement, <strong>Mohamed Hassan<\/strong> (nom d\u2019emprunt), un homme au d\u00e9but de la trentaine, a v\u00e9cu une \u00e9preuve qui a boulevers\u00e9 sa vie : il s\u2019est retrouv\u00e9 enferm\u00e9 dans un centre priv\u00e9 de sant\u00e9 mentale et de traitement des addictions \u00e0 la suite de diff\u00e9rends avec sa m\u00e8re au sujet de l\u2019h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Mohamed s\u2019\u00e9tait mari\u00e9 et avait eu un enfant, mais son union n\u2019a pas dur\u00e9. Sa m\u00e8re, n\u00e9e en 1959 et titulaire d\u2019une procuration g\u00e9n\u00e9rale de ses quatre enfants, deux gar\u00e7ons et deux filles, d\u00e9sapprouvait le mode de vie de sa femme et a fait pression sur lui pour qu\u2019il divorce. Apr\u00e8s la s\u00e9paration, leur conflit s\u2019est envenim\u00e9 autour de l\u2019h\u00e9ritage et du logement destin\u00e9 \u00e0 la m\u00e8re gardienne de l\u2019enfant : sa m\u00e8re refusait que son ex-femme reste dans l\u2019appartement litigieux.<\/p>\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements ont pris une tournure plus dure lorsque sa m\u00e8re a eu recours \u00e0 un stratag\u00e8me cruel. Elle a fait venir des employ\u00e9s d\u2019une clinique priv\u00e9e et, en plein jour, sous les yeux des voisins et des passants, Mohamed a \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 pieds et poings li\u00e9s, tandis qu\u2019il criait \u00e0 l\u2019aide. La sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 film\u00e9e par des cam\u00e9ras de surveillance dont Zawia3 a consult\u00e9 les enregistrements.<\/p>\n<p>La m\u00e8re a fait enfermer son fils \u00e0 trois reprises pour qu\u2019il cesse de r\u00e9clamer sa part d\u2019h\u00e9ritage. Lorsque son autre fils a protest\u00e9 et s\u2019est joint \u00e0 cette revendication, il a subi des menaces similaires puis a, \u00e0 son tour, \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 de force dans la clinique. Contrairement \u00e0 son fr\u00e8re, son d\u00e9pistage de stup\u00e9fiants s\u2019est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 positif au cannabis. Finalement, les deux fr\u00e8res n\u2019ont vu d\u2019autre issue que de renoncer \u00e0 r\u00e9clamer leur h\u00e9ritage. Mohamed a d\u00fb \u00e9tablir un contrat de location de l\u2019appartement au nom de son ex-femme pour \u00e9chapper \u00e0 cette situation humiliante, rapporte leur avocat.<\/p>\n<p>L\u2019avocat <strong>Ahmed Bayoumi Abdel Karim<\/strong> explique que le secteur priv\u00e9 de la sant\u00e9 mentale est rempli de failles : \u00ab Il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable contr\u00f4le des centres priv\u00e9s. Des dizaines de cliniques non agr\u00e9\u00e9es sont ferm\u00e9es chaque ann\u00e9e, mais d\u2019autres continuent \u00e0 fonctionner sans rendre de comptes. Les rapports m\u00e9dicaux sont fabriqu\u00e9s et les m\u00e9dicaments distribu\u00e9s de mani\u00e8re anarchique pour maintenir la personne enferm\u00e9e dans un \u00e9tat de confusion et de somnolence. Plus grave encore, certains m\u00e9decins se couvrent mutuellement pour \u00e9chapper \u00e0 toute responsabilit\u00e9 juridique, ce qui rend difficile la preuve d\u2019une faute ou d\u2019un abus. \u00bb<\/p>\n<p>Il nous explique que la loi actuelle, n\u00b0 71 de 2009 relative aux soins aux patients en psychiatrie, ouvre la voie aux manipulations : il suffit qu\u2019un parent au premier degr\u00e9 signe un signalement affirmant que le patient est \u00ab en \u00e9tat d\u2019agitation \u00bb pour que son admission soit enregistr\u00e9e comme une \u00ab urgence \u00bb et qu\u2019il soit enferm\u00e9 contre son gr\u00e9. Certains m\u00e9dicaments psychiatriques, tels que la D\u00e9pakine, sont aussi prescrits de mani\u00e8re routini\u00e8re et ont de graves effets secondaires sur l\u2019humeur et le comportement, ce qui renforce une image erron\u00e9e du patient.<\/p>\n<p>\u00ab Tout repose sur des rapports de complaisance. L\u2019une des failles les plus graves est le conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats : les psychiatres des conseils r\u00e9gionaux de sant\u00e9 mentale, qui sont les instances de contr\u00f4le, rejoignent directement des cliniques priv\u00e9es \u00e0 leur retraite. Les relations entre coll\u00e8gues et les int\u00e9r\u00eats communs r\u00e9duisent ainsi le contr\u00f4le \u00e0 une formalit\u00e9. C\u2019est un r\u00e9seau ferm\u00e9 qui se prot\u00e8ge : le m\u00e9decin qui enqu\u00eatait sur les infractions des centres se retrouve, le lendemain, employ\u00e9 par l\u2019un d\u2019eux \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Pour l\u2019avocat, la loi n\u00b0 71 de 2009 \u00ab prot\u00e8ge davantage le m\u00e9decin qu\u2019elle ne prend soin des patients en psychiatrie. Aucun m\u00e9canisme ne permet de demander des comptes aux m\u00e9decins pour les abus graves, et aucune garantie r\u00e9elle ne prot\u00e8ge les droits des patients. Ceux qui sortent de cette exp\u00e9rience en ressortent souvent bris\u00e9s, priv\u00e9s de confiance et parfois soumis \u00e0 la personne responsable de leur enfermement \u00bb.<\/p>\n<p>Les \u00e9preuves v\u00e9cues par Chadi et Mohamed r\u00e9v\u00e8lent une faille juridique et une trag\u00e9die humaine : l\u2019admission sous contrainte dans des cliniques psychiatriques et des centres de traitement des addictions peut devenir une arme pour r\u00e9gler des comptes familiaux. Un rapport m\u00e9dical devient alors la cl\u00e9 d\u2019une privation simultan\u00e9e de libert\u00e9 et d\u2019h\u00e9ritage, faute de contr\u00f4le efficace, sous couvert d\u2019une loi qui laisse les plus faibles sans protection.<\/p>\n<p>Abdel Karim souligne que le probl\u00e8me ne r\u00e9side pas seulement dans les textes, mais aussi dans l\u2019application de la loi n\u00b0 71 de 2009 et dans la corruption institutionnelle au sein du syst\u00e8me de sant\u00e9. Des autorit\u00e9s cens\u00e9es assurer le contr\u00f4le, comme les membres du parquet, connaissent mal les droits des patients en psychiatrie, ce qui permet d\u2019exploiter la loi au d\u00e9triment des droits individuels et de la dignit\u00e9 humaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p>L\u2019article 14 de la <a href=\"https:\/\/share.google\/ZasqTvu0mIosioG8j\">loi<\/a> n\u00b0 71 de 2009 pr\u00e9voit qu\u2019un psychiatre exer\u00e7ant dans l\u2019un des \u00e9tablissements de sant\u00e9 mentale vis\u00e9s par la loi peut, dans les cas et suivant les dispositions de l\u2019article pr\u00e9c\u00e9dent, admettre un patient contre son gr\u00e9, \u00e0 condition d\u2019en informer la police dans les 24 heures. L\u2019admission doit reposer sur une demande \u00e9crite adress\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement par l\u2019une des personnes suivantes : un parent du patient jusqu\u2019au deuxi\u00e8me degr\u00e9, un responsable de l\u2019administration locale, un officier de police judiciaire, le directeur d\u2019un \u00e9tablissement de sant\u00e9 mentale, un travailleur social ou un m\u00e9decin non sp\u00e9cialis\u00e9 en psychiatrie. La demande doit pr\u00e9ciser le lien entre son auteur et le patient, exposer les motifs de l\u2019admission et \u00eatre accompagn\u00e9e d\u2019un certificat \u00e9tabli par un m\u00e9decin n\u2019ayant aucun lien de parent\u00e9 ou d\u2019alliance jusqu\u2019au deuxi\u00e8me degr\u00e9 avec le patient ou le directeur de l\u2019\u00e9tablissement. L\u2019affaire doit \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e au parquet dans un d\u00e9lai maximal de 24 heures afin qu\u2019il prenne les mesures n\u00e9cessaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Des rapports non reconnus par la justice<\/h2>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, le docteur <strong>Badr Abbas<\/strong>, consultant en neurologie, psychiatrie et traitement des addictions, explique que les rapports d\u00e9livr\u00e9s par une clinique psychiatrique, publique ou priv\u00e9e agr\u00e9\u00e9e et soumise au contr\u00f4le du Conseil national de sant\u00e9 mentale, ne sont que des pi\u00e8ces pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 la justice par un avocat. Le juge peut en tenir compte ou non. S\u2019il doute de la capacit\u00e9 mentale du demandeur ou du d\u00e9fendeur, il transmet l\u2019affaire au service de m\u00e9decine l\u00e9gale du Conseil national de sant\u00e9 mentale, \u00e0 Abbassia. Une commission de trois \u00e0 cinq psychiatres consultants, qualifi\u00e9s en psychiatrie l\u00e9gale, proc\u00e8de alors \u00e0 un examen approfondi pendant quinze jours. Cette p\u00e9riode est renouvelable pour une dur\u00e9e \u00e9quivalente et peut atteindre quarante-cinq jours ou davantage. La commission peut entendre les proches du patient et effectuer les examens n\u00e9cessaires avant d\u2019aboutir \u00e0 une d\u00e9cision ou \u00e0 un rapport d\u00e9finitif transmis au service de m\u00e9decine l\u00e9gale.<\/p>\n<p>Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3 : \u00ab Le tribunal examine le rapport, que le juge consid\u00e8re comme consultatif et non contraignant. La d\u00e9cision ou le jugement d\u00e9finitif rel\u00e8ve de la conscience du juge. Cela vaut m\u00eame pour les rapports \u00e9manant d\u2019organismes publics, car la r\u00e9f\u00e9rence ultime n\u2019est pas seulement le rapport de m\u00e9decine l\u00e9gale, mais la conscience du juge. Tout jugement contraire \u00e0 cela, si le juge ne suit pas l\u2019avis du rapport de m\u00e9decine l\u00e9gale, doit \u00eatre cass\u00e9 d\u00e8s la premi\u00e8re audience. La loi ne permet pas \u00e0 une clinique priv\u00e9e de d\u00e9livrer des rapports concernant un patient tant que celui-ci jouit de ses capacit\u00e9s mentales. Personne, ni sa famille ni son \u00e9pouse, n\u2019a l\u00e9galement le droit de les obtenir, sauf s\u2019il existe une d\u00e9cision de tutelle concernant un mineur de moins de dix-huit ans : son repr\u00e9sentant l\u00e9gal en est alors responsable conform\u00e9ment \u00e0 l\u2019article 12 de la loi. Il en va de m\u00eame en cas de proc\u00e9dure d\u2019interdiction judiciaire ou de tutelle sur la gestion des biens. Si une personne fait l\u2019objet d\u2019un jugement d\u2019interdiction, m\u00eame \u00e0 soixante et un ou soixante-dix ans, il est possible d\u2019obtenir un rapport m\u00e9dical la concernant. \u00bb<\/p>\n<p>Il explique que l\u2019admission sous contrainte est pr\u00e9vue par l\u2019article 13 de la loi sur les soins psychiatriques. Le psychiatre peut faire hospitaliser un patient contre son gr\u00e9 si celui-ci repr\u00e9sente un danger pour lui-m\u00eame ou pour autrui, ou si son maintien hors de l\u2019\u00e9tablissement risque d\u2019entra\u00eener une d\u00e9gradation grave et imminente de son \u00e9tat de sant\u00e9. Une proc\u00e9dure compl\u00e9mentaire pr\u00e9voit qu\u2019un m\u00e9decin ind\u00e9pendant, sans lien de parent\u00e9 avec le propri\u00e9taire de l\u2019\u00e9tablissement ou le patient, r\u00e9alise dans les 48 heures une \u00ab \u00e9valuation psychiatrique ind\u00e9pendante \u00bb. Il signale l\u2019existence d\u2019un protocole selon lequel la famille devait appeler une ambulance pour transporter le patient en coordination avec l\u2019h\u00f4pital psychiatrique le plus proche. Ce dispositif n\u2019a toutefois pas \u00e9t\u00e9 mis en \u0153uvre, et les proches restent g\u00e9n\u00e9ralement charg\u00e9s de transporter eux-m\u00eames le patient. De grands h\u00f4pitaux disposent de v\u00e9hicules propres, avec une \u00e9quipe m\u00e9dicale et infirmi\u00e8re et des agents de s\u00e9curit\u00e9, qui assurent officiellement ce transport. Une notification est envoy\u00e9e sous 24 heures au Conseil national de sant\u00e9 mentale, qui mandate un m\u00e9decin ind\u00e9pendant sous 48 \u00e0 72 heures pour \u00e9valuer le cas et approuver ou refuser la proc\u00e9dure.<\/p>\n<p>Il souligne que les h\u00f4pitaux agr\u00e9\u00e9s sont inspect\u00e9s par le Conseil national, qui v\u00e9rifie la conformit\u00e9 des formulaires et des proc\u00e9dures, et que toute infraction expose l\u2019h\u00f4pital \u00e0 des poursuites. Quant au rapport du Conseil national et du service de m\u00e9decine l\u00e9gale, il reste consultatif et ne s\u2019impose pas au juge, dont la conscience demeure d\u00e9terminante. Des commissions ind\u00e9pendantes ont parfois \u00e9t\u00e9 sollicit\u00e9es, comme dans l\u2019affaire d\u2019un chanteur c\u00e9l\u00e8bre en 2023 : le juge n\u2019a pas retenu le rapport du Conseil et a renvoy\u00e9 le dossier devant une commission universitaire, qui a confirm\u00e9 un trouble psychotique et ordonn\u00e9 son placement dans le service de m\u00e9decine l\u00e9gale d\u2019Abbassia jusqu\u2019\u00e0 sa gu\u00e9rison.<\/p>\n<p>Il ajoute : \u00ab La loi pr\u00e9cise que la famille ne d\u00e9tient pas le pouvoir de faire admettre le patient. Son r\u00f4le se limite \u00e0 exposer les sympt\u00f4mes au psychiatre sp\u00e9cialis\u00e9, qui prend la d\u00e9cision. Dans les affaires de placement de mineurs, une preuve peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9e dans une proc\u00e9dure de tutelle, comme l\u2019indique le texte n\u00b0 71 de 2009. Tout h\u00f4pital psychiatrique qui d\u00e9livre un rapport est n\u00e9cessairement agr\u00e9\u00e9. Un h\u00f4pital non agr\u00e9\u00e9 n\u2019en d\u00e9livrerait pas, car il enfreindrait alors la loi et s\u2019exposerait \u00e0 des poursuites. \u00bb<\/p>\n<p>Le consultant conclut ses d\u00e9clarations en insistant sur la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9tudier chaque cas s\u00e9par\u00e9ment et en mettant en garde contre les g\u00e9n\u00e9ralisations : un patient peut sembler se comporter normalement tout en \u00e9tant domin\u00e9 par des id\u00e9es d\u00e9lirantes dangereuses. Il souligne \u00e9galement l\u2019importance de lire la loi n\u00b0 71 et son r\u00e8glement d\u2019application, notamment les dispositions relatives aux droits des patients et aux proc\u00e9dures d\u2019admission, pour mieux comprendre les enjeux.<\/p>\n<blockquote>\n<p>L\u2019article 13 de la loi n\u00b0 71 de 2009 pr\u00e9voit qu\u2019un patient ne peut \u00eatre admis sous contrainte dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9 mentale qu\u2019apr\u00e8s une nouvelle \u00e9valuation psychiatrique par un m\u00e9decin diff\u00e9rent du premier, \u00e0 condition qu\u2019une maladie psychique grave le n\u00e9cessite dans l\u2019un des deux cas suivants : une d\u00e9gradation imminente de son \u00e9tat ou une menace grave et imminente pour sa s\u00e9curit\u00e9 ou celle d\u2019autrui. La commission de suivi et d\u2019\u00e9valuation, le directeur de l\u2019\u00e9tablissement et le parquet doivent \u00eatre inform\u00e9s dans des d\u00e9lais respectifs de 24 et 48 heures, avec \u00e9tablissement d\u2019un rapport sur le cas.<\/p>\n<p>Les conditions d\u2019admission sous contrainte comprennent une nouvelle \u00e9valuation psychiatrique ind\u00e9pendante de celle qui a conduit \u00e0 la d\u00e9cision initiale. L\u2019article d\u00e9finit deux situations m\u00e9dicales : des signes clairs de maladie psychique grave faisant craindre une d\u00e9gradation imminente de la sant\u00e9 physique ou mentale du patient, ou des sympt\u00f4mes constituant une menace grave et imminente pour sa s\u00e9curit\u00e9, sa sant\u00e9 ou sa vie, ou pour la vie d\u2019autrui. Le patient doit refuser d\u2019\u00eatre admis dans l\u2019\u00e9tablissement de soins. La commission de suivi et d\u2019\u00e9valuation et le directeur de l\u2019\u00e9tablissement doivent \u00eatre inform\u00e9s dans les 24 heures suivant l\u2019admission. Un rapport comportant une \u00e9valuation initiale doit \u00eatre \u00e9tabli, puis l\u2019affaire pr\u00e9sent\u00e9e au parquet sous 48 heures afin qu\u2019il prenne les mesures n\u00e9cessaires.<\/p>\n<\/blockquote>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Un contr\u00f4le insuffisant des centres priv\u00e9s<\/h2>\n<p>Les patients sont admis dans les \u00e9tablissements de sant\u00e9 mentale et de traitement des addictions selon trois modalit\u00e9s principales : l\u2019admission volontaire, l\u2019admission sous contrainte et l\u2019admission sur d\u00e9cision de justice. Chacune est soumise \u00e0 des conditions clairement d\u00e9finies par la loi n\u00b0 71 de 2009. L\u2019admission volontaire d\u00e9pend de la volont\u00e9 du patient. L\u2019admission sous contrainte n\u2019est autoris\u00e9e que si la personne repr\u00e9sente un danger imminent pour la soci\u00e9t\u00e9 ou pour elle-m\u00eame, par exemple en pr\u00e9sence de tendances suicidaires ou agressives. Elle doit reposer sur un rapport m\u00e9dical valid\u00e9 par un organisme public officiel, et non sur la seule volont\u00e9 de la famille, explique le docteur <strong>Ayman Attia<\/strong>, conseiller m\u00e9dico-juridique sp\u00e9cialis\u00e9 en d\u00e9ontologie.<\/p>\n<p>Attia souligne que la loi ne donne pas une d\u00e9finition indiff\u00e9renci\u00e9e du patient en psychiatrie, mais distingue les situations : un patient agressif peut repr\u00e9senter une menace pour autrui ; un autre peut n\u2019\u00eatre dangereux que pour lui-m\u00eame, notamment en cas de tentative de suicide li\u00e9e \u00e0 une d\u00e9pression ; d\u2019autres maladies psychiques ne pr\u00e9sentent aucun danger direct. Il indique qu\u2019une grande partie de la population, entre 60 % et 70 %, peut souffrir \u00e0 des degr\u00e9s divers de troubles psychiques, sans que cela signifie que tous doivent \u00eatre qualifi\u00e9s de malades ou d\u2019atteints d\u2019une affection mentale.<\/p>\n<p>Il explique \u00e0 Zawia3 : \u00ab Toute personne accus\u00e9e malicieusement d\u2019\u00eatre atteinte d\u2019une maladie psychique peut se rendre dans un h\u00f4pital public sp\u00e9cialis\u00e9, comme Abbassia, pour obtenir un rapport officiel attestant de sa sant\u00e9 mentale et psychique. Elle peut m\u00eame parfois recourir \u00e0 des moyens indirects, par exemple demander un certificat d\u2019aptitude \u00e0 un emploi, qui constitue une preuve de son \u00e9tat de sant\u00e9. Cette voie l\u00e9gale est la garantie fondamentale contre les rapports inexacts ou trompeurs de certaines cliniques priv\u00e9es, que la justice ne reconna\u00eet d\u2019ailleurs pas. \u00bb<\/p>\n<p>Attia pr\u00e9cise que lorsqu\u2019un centre ou une clinique priv\u00e9e non agr\u00e9\u00e9e d\u00e9livre un rapport affirmant qu\u2019une personne en bonne sant\u00e9 est malade, il s\u2019agit d\u2019une violation explicite de la loi. Il souligne que la sant\u00e9 mentale est l\u2019un des domaines les plus sensibles et les plus risqu\u00e9s en \u00c9gypte, car elle peut \u00eatre exploit\u00e9e dans des affaires p\u00e9nales en invoquant la folie pour \u00e9chapper \u00e0 une sanction.<\/p>\n<p>Il ajoute : \u00ab Le contr\u00f4le de ces centres est faible. Leurs responsables ne sont mis en cause que si quelqu\u2019un d\u00e9pose une plainte officielle, \u00e0 la suite de laquelle interviennent des autorit\u00e9s comme le parquet ou le Conseil national de sant\u00e9 mentale. Les minist\u00e8res de l\u2019Int\u00e9rieur et de la Sant\u00e9 d\u00e9couvrent r\u00e9guli\u00e8rement des cliniques et des centres non agr\u00e9\u00e9s. \u00bb Il cite la fermeture r\u00e9cente de 17 centres \u00e0 Alexandrie et de 13 autres \u00e0 Gizeh.<\/p>\n<p>L\u2019expert souligne que le droit \u00e9gyptien insiste sur les droits des patients en psychiatrie, notamment la confidentialit\u00e9 de leurs donn\u00e9es, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 leurs rapports et l\u2019interdiction de les retenir ou de les traiter sans justification m\u00e9dicale claire ni document officiel. Il pr\u00e9voit aussi des peines d\u2019emprisonnement et des amendes en cas de violation de ces r\u00e8gles.<\/p>\n<blockquote>\n<p>L\u2019article 24 de la loi n\u00b0 71 de 2009 dispose que, lorsqu\u2019une d\u00e9cision du parquet ou un jugement ordonne le placement d\u2019un accus\u00e9 dans un \u00e9tablissement de sant\u00e9 mentale, une commission de trois psychiatres du conseil r\u00e9gional de sant\u00e9 mentale doit \u00e9valuer son \u00e9tat psychique et sa dangerosit\u00e9 dans la semaine suivant la d\u00e9cision ou le jugement. L\u2019autorit\u00e9 judiciaire doit \u00eatre inform\u00e9e de la d\u00e9cision sur l\u2019\u00e9tat de la personne dans la semaine suivant son adoption, dans le d\u00e9lai fix\u00e9 par la d\u00e9cision judiciaire. Un d\u00e9lai suppl\u00e9mentaire peut \u00eatre demand\u00e9 si n\u00e9cessaire. Le rapport doit pr\u00e9ciser si l\u2019accus\u00e9 \u00e9tait atteint d\u2019une maladie psychique au moment des faits, au regard de ses capacit\u00e9s de discernement ou de libre choix, son \u00e9tat psychique au moment de l\u2019examen et le programme de soins propos\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><strong>Mahmoud Fouad<\/strong>, pr\u00e9sident de l\u2019Association pour le droit aux m\u00e9dicaments et ancien membre du conseil d\u2019administration de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Khanka, explique que les grands \u00e9tablissements publics de sant\u00e9 mentale et de traitement des addictions relevant du Secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de la sant\u00e9 mentale, tels que Khanka et Abbassia, disposent d\u2019un service r\u00e9serv\u00e9 aux personnes condamn\u00e9es p\u00e9nalement. Appel\u00e9 \u00ab service des personnes plac\u00e9es \u00bb, il accueille une centaine de patients, voire davantage, faisant l\u2019objet de d\u00e9cisions judiciaires. Ils sont maintenus en observation pendant des p\u00e9riodes pouvant aller d\u2019un \u00e0 deux ans. Leur situation est r\u00e9guli\u00e8rement r\u00e9examin\u00e9e par des commissions communes aux minist\u00e8res de la Justice et de la Sant\u00e9 et au Conseil g\u00e9n\u00e9ral de sant\u00e9 mentale, afin d\u2019\u00e9valuer leur r\u00e9ponse au traitement ou de confirmer l\u2019existence d\u2019une maladie chronique incurable. Il souligne que ce service est plac\u00e9 sous une garde stricte du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur : on ne peut y entrer sans autorisation de s\u00e9curit\u00e9, et m\u00eame le directeur de l\u2019h\u00f4pital doit obtenir l\u2019accord de l\u2019officier responsable.<\/p>\n<p>Fouad ajoute \u00e0 Zawia3 qu\u2019un autre service destin\u00e9 aux condamn\u00e9s se trouve dans la partie la plus \u00e9loign\u00e9e de l\u2019h\u00f4pital. Il rel\u00e8ve enti\u00e8rement des minist\u00e8res de la Justice et de l\u2019Int\u00e9rieur, le r\u00f4le du minist\u00e8re de la Sant\u00e9 se limitant aux examens m\u00e9dicaux p\u00e9riodiques, tous les trois ou six mois. Il pr\u00e9cise que l\u2019id\u00e9e selon laquelle une d\u00e9cision judiciaire de placement en h\u00f4pital psychiatrique implique une lib\u00e9ration apr\u00e8s traitement est erron\u00e9e : le condamn\u00e9 continue \u00e0 purger la totalit\u00e9 de sa peine \u00e0 l\u2019h\u00f4pital si n\u00e9cessaire. M\u00eame si son \u00e9tat s\u2019am\u00e9liore, il est renvoy\u00e9 en prison pour accomplir la dur\u00e9e restante.<\/p>\n<p>\u00ab Le v\u00e9ritable probl\u00e8me appara\u00eet dans les conflits familiaux malveillants. Certaines familles cherchent \u00e0 exploiter les failles de la loi pour priver un de leurs membres de son h\u00e9ritage ou pour \u00e9chapper \u00e0 une responsabilit\u00e9 p\u00e9nale, en le faisant admettre dans une clinique psychiatrique et en manipulant les rapports m\u00e9dicaux. Cela arrive souvent dans de grandes affaires concernant des familles socialement influentes, o\u00f9 l\u2019influence et la corruption servent \u00e0 peser sur les proc\u00e9dures \u00bb, explique-t-il.<\/p>\n<p>Il ajoute : \u00ab La justice ne tient absolument pas compte des rapports d\u00e9livr\u00e9s par les h\u00f4pitaux priv\u00e9s, m\u00eame dans les cas m\u00e9dicaux ordinaires. Les juges pr\u00e9f\u00e8rent orienter le patient vers un h\u00f4pital universitaire public, afin de garantir la neutralit\u00e9 du rapport et de pouvoir demander des comptes \u00e0 ses auteurs en cas de manipulation. \u00bb<\/p>\n<p>Concernant les cliniques priv\u00e9es, Fouad souligne leurs graves difficult\u00e9s, li\u00e9es \u00e0 l\u2019absence de protocoles th\u00e9rapeutiques clairs, surtout dans le traitement des addictions. Nombre d\u2019entre elles fonctionnent avec des agr\u00e9ments de fa\u00e7ade, en louant le nom de m\u00e9decins contre des paiements mensuels. Le personnel g\u00e8re ensuite le centre de mani\u00e8re non professionnelle, allant parfois jusqu\u2019\u00e0 attacher les patients \u00e0 leur lit et leur administrer de fortes doses de somnif\u00e8res ou de s\u00e9datifs pour les maintenir sous contr\u00f4le, ce qui provoque de graves dommages physiques et psychiques.<\/p>\n<p>Il affirme que certaines de ces cliniques ne respectent pas les proc\u00e9dures d\u2019admission sous contrainte pr\u00e9vues par la loi. Celles-ci exigent l\u2019\u00e9tablissement d\u2019un proc\u00e8s-verbal de police attestant que le patient repr\u00e9sente un danger pour lui-m\u00eame ou pour la soci\u00e9t\u00e9 avant son admission \u00e0 l\u2019h\u00f4pital. Il estime que toute admission sans cette \u00e9tape est ill\u00e9gitime et r\u00e9v\u00e8le des lacunes dans le contr\u00f4le du secteur priv\u00e9. Il souligne aussi que la soci\u00e9t\u00e9 aggrave le probl\u00e8me par la stigmatisation de la maladie psychique, qui renforce l\u2019isolement des patients et leur privation de droits fondamentaux.<\/p>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Contourner la loi, une violation des droits humains<\/h2>\n<p>L\u2019admission sous contrainte dans une clinique psychiatrique doit respecter la loi sur les soins aux patients en psychiatrie. Tout manquement constitue une violation explicite des droits humains, puisque la loi est la seule r\u00e9f\u00e9rence dans ces situations. Sa mauvaise application ouvre la voie \u00e0 des pratiques ill\u00e9gales portant atteinte \u00e0 la dignit\u00e9 des patients et \u00e0 leurs droits fondamentaux, affirme le docteur <strong>Alaa Ghannam<\/strong>, responsable de l\u2019unit\u00e9 du droit \u00e0 la sant\u00e9 \u00e0 l\u2019Initiative \u00e9gyptienne pour les droits personnels.<\/p>\n<p>Il explique \u00e0 Zawia3 que les rapports des m\u00e9decins sont la base sur laquelle repose l\u2019\u00e9valuation de l\u2019\u00e9tat psychique. Il n\u2019existe pas de \u00ab preuve \u00bb ou d\u2019\u00ab absence de preuve \u00bb absolue de la sant\u00e9 psychique d\u2019une personne, car tout individu peut traverser des troubles \u00e0 diff\u00e9rents moments de sa vie puis s\u2019en remettre. Le rapport m\u00e9dical valid\u00e9 constitue donc la v\u00e9ritable r\u00e9f\u00e9rence devant les autorit\u00e9s judiciaires.<\/p>\n<p>Ghannam estime que le c\u0153ur du probl\u00e8me est le manque de qualit\u00e9 et de contr\u00f4le rigoureux des cliniques et des centres psychiatriques. Le respect des normes professionnelles par ces \u00e9tablissements, associ\u00e9 au contr\u00f4le de l\u2019organisme charg\u00e9 de leur agr\u00e9ment, permettrait de garantir que les proc\u00e9dures de placement restent dans le cadre l\u00e9gal.<\/p>\n<p>Le docteur <strong>Ayman Saba<\/strong>, chercheur sur les questions du droit \u00e0 la sant\u00e9, partage cet avis : toute admission d\u2019un patient en psychiatrie ou en traitement des addictions, volontaire ou sous contrainte, dans un \u00e9tablissement public, priv\u00e9 ou un centre de traitement des addictions, doit respecter la loi n\u00b0 71 de 2009 et ses modifications introduites par la loi n\u00b0 210 de 2020.<\/p>\n<p>Il souligne \u00e0 Zawia3 que tout abus ou toute atteinte aux droits du patient contraire \u00e0 la loi et \u00e0 son r\u00e8glement d\u2019application permet \u00e0 la personne l\u00e9s\u00e9e de d\u00e9poser plainte aupr\u00e8s du Conseil national de sant\u00e9 mentale. Cet organisme public a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 par la d\u00e9cision n\u00b0 104 de 2010 pour appliquer la loi et suivre sa mise en \u0153uvre.<\/p>\n<p>Il explique que le Conseil enqu\u00eate sur les plaintes re\u00e7ues et, si elles sont fond\u00e9es, prend imm\u00e9diatement des mesures contre l\u2019\u00e9tablissement fautif, pouvant aller jusqu\u2019\u00e0 la fermeture de la clinique ou du centre de traitement des addictions. Si l\u2019\u00e9tablissement n\u2019est pas agr\u00e9\u00e9 et a admis de force le patient ou la personne l\u00e9s\u00e9e, la voie l\u00e9gale consiste \u00e0 saisir le parquet et \u00e0 engager une action judiciaire pour demander des comptes aux responsables de cette violation.<\/p>\n<p>Les histoires de Chadi et de Mohamed, ainsi que des dizaines de cas similaires, montrent comment la loi n\u00b0 71 de 2009, cens\u00e9e prot\u00e9ger les patients en psychiatrie et garantir leurs droits, est devenue une faille exploit\u00e9e pour r\u00e9gler des comptes familiaux ou financiers, dans un contexte de contr\u00f4le insuffisant des centres priv\u00e9s et de conflits d\u2019int\u00e9r\u00eats au sein du syst\u00e8me. Alors que des experts estiment n\u00e9cessaire de r\u00e9examiner attentivement la loi et d\u2019activer rigoureusement ses m\u00e9canismes de contr\u00f4le, ces r\u00e9cits humains t\u00e9moignent des souffrances de personnes priv\u00e9es de leur libert\u00e9 et de leurs droits fondamentaux au nom du \u00ab traitement \u00bb.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En \u00c9gypte, des familles exploitent les failles du contr\u00f4le psychiatrique pour faire enfermer leurs proches lors de conflits d\u2019h\u00e9ritage.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":24402,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"footnotes":""},"categories":[20601,20605],"tags":[],"kateb":[20634],"class_list":["post-24401","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-enquetes","category-societe","kateb-aya-yasser-fr"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2026\/10\/forced-psychiatric-admission-2025.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24401","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24401"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24401\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24403,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24401\/revisions\/24403"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24402"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24401"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24401"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24401"},{"taxonomy":"kateb","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/kateb?post=24401"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}