{"id":24468,"date":"2025-08-23T17:01:30","date_gmt":"2025-08-23T15:01:30","guid":{"rendered":"https:\/\/zawia3.com\/?p=24468"},"modified":"2026-10-26T16:55:13","modified_gmt":"2026-10-26T14:55:13","slug":"dar-el-salam-axis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/dar-el-salam-axis\/","title":{"rendered":"L\u2019axe de Dar Al-Salam \u00e0 Sohag, en \u00c9gypte : des maisons d\u2019une vie aux cabanes de roseaux"},"content":{"rendered":"<p>La famille de Mohamed Sheiba menait une vie stable dans sa grande maison du village d\u2019Awlad Khalaf, dans le district de Dar Al-Salam, au sein du gouvernorat de Sohag. Le p\u00e8re l\u2019avait construite en 2011 sur une superficie de quatre qirats, avec un jardin de deux qirats, pour un co\u00fbt d\u00e9passant 3,7 millions de livres. Mais cette propri\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9molie il y a deux ans, parmi vingt maisons d\u00e9truites pour r\u00e9aliser l\u2019<a href=\"https:\/\/www.presidency.eg\/ar\/%D8%A7%D9%84%D9%85%D8%B4%D8%A7%D8%B1%D9%8A%D8%B9-%D8%A7%D9%84%D9%82%D9%88%D9%85%D9%8A%D8%A9\/project-2552024-2\/\">axe Dr Mohamed Sayed Tantawi<\/a>, dit de Dar Al-Salam. Ce projet routier national relie les gouvernorats de Sohag et de Qena sur 28 kilom\u00e8tres et comprend un pont de 1,3 kilom\u00e8tre sur le Nil. Il vise \u00e0 r\u00e9duire la distance entre les axes traversant le fleuve et \u00e0 favoriser le d\u00e9veloppement urbain, l\u2019investissement et le commerce entre ses deux rives.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les indemnisations vers\u00e9es alors par le gouvernement, vingt familles, dont celle de Mohamed, compos\u00e9e des deux parents, de six fils et d\u2019une fille, ont \u00e9t\u00e9 confront\u00e9es \u00e0 de grandes difficult\u00e9s apr\u00e8s la perte de leur maison. Trouver un autre logement dans le village, \u00e0 louer ou \u00e0 acheter, est devenu difficile : les prix immobiliers d\u00e9passent le montant des indemnit\u00e9s, et les terrains comme les maisons, transmis d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration \u00e0 l\u2019autre, sont rares.<\/p>\n<p>La famille s\u2019est d\u2019abord h\u00e9berg\u00e9e provisoirement chez un proche. Mais elle a ensuite d\u00fb partir et a construit une cabane de roseaux sur une parcelle agricole achet\u00e9e en dehors du p\u00e9rim\u00e8tre urbain du village. Depuis, elle vit dans des conditions extr\u00eamement dures, sans eau, sans \u00e9lectricit\u00e9 ni assainissement, sous un toit de roseaux laissant passer la pluie en hiver et les vents charg\u00e9s de poussi\u00e8re. Deux de ses jeunes fils n\u2019ont pas pu se marier, faute de logement convenable.<\/p>\n<p>Mohamed explique \u00e0 Zawia3 que les indemnisations ne correspondent en rien \u00e0 la valeur r\u00e9elle des terres. Le qirat co\u00fbte environ 750 000 livres dans son village, alors que l\u2019indemnisation n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 200 000 livres par qirat. Il ajoute avoir d\u00fb acheter un nouveau terrain \u00e0 720 000 livres le qirat, une lourde charge financi\u00e8re qui a affect\u00e9 la vie de sa famille. Selon lui, le gouverneur de Sohag, le g\u00e9n\u00e9ral Tarek Al-Fiqi, avait promis aux habitants des permis de construire sur d\u2019autres sites, les encourageant ainsi \u00e0 d\u00e9molir volontairement leurs maisons. Ces promesses n\u2019ont cependant toujours pas \u00e9t\u00e9 tenues, deux ans apr\u00e8s le d\u00e9but des d\u00e9molitions, le 1er septembre 2023. Des dizaines de familles se sont retrouv\u00e9es sans abri, vivant dans des cabanes de roseaux \u00e0 la merci de l\u2019hiver et de la pluie.<\/p>\n<p>Sheiba souligne que ses d\u00e9marches r\u00e9p\u00e9t\u00e9es aupr\u00e8s des d\u00e9put\u00e9s n\u2019ont d\u00e9bouch\u00e9 sur aucune solution, bien qu\u2019ils connaissent parfaitement la situation des habitants et leurs souffrances quotidiennes. Il affirme que tous les documents officiels, les plans et les rapports des commissions ayant inspect\u00e9 les terrains de remplacement attestent de promesses officielles qui restent sans suite.<\/p>\n<p>Selon son t\u00e9moignage, le gouverneur de Sohag a adress\u00e9 au ministre de l\u2019Agriculture plus de six demandes de d\u00e9rogation pour autoriser la construction sur des terrains de remplacement situ\u00e9s hors du p\u00e9rim\u00e8tre urbain. Le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture continue pourtant de bloquer les permis, alors que le minist\u00e8re des Transports \u00e9tait charg\u00e9 d\u2019ex\u00e9cuter les d\u00e9cisions de d\u00e9molition.<\/p>\n<p>Sheiba d\u00e9clare \u00e0 Zawia3 : \u00ab Les habitants, parmi lesquels des familles comptant des m\u00e9decins, des pharmaciens, des \u00e9tudiants et des lyc\u00e9ens, vivent dans des conditions inhumaines depuis les d\u00e9molitions. Nous demandons une intervention urgente pour r\u00e9soudre la crise et nous accorder une d\u00e9rogation officielle pour construire. Les promesses des responsables n\u2019ont toujours pas \u00e9t\u00e9 tenues, et la poursuite de cette situation menace la stabilit\u00e9 de centaines de familles de Dar Al-Salam. \u00bb<\/p>\n<figure style=\"max-width:800px;margin:24px auto;text-align:center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/1-e1755960488851.png\" alt=\"\u00c0 droite, une plainte adress\u00e9e par les habitants au gouverneur de Sohag ; \u00e0 gauche, une autre adress\u00e9e au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, au Premier ministre et \u00e0 plusieurs responsables. Documents obtenus par Zawia3.\" style=\"display:block;width:100%;height:auto;margin:auto;\" \/><figcaption style=\"font-size:0.85em;line-height:1.5;\">\u00c0 droite, une plainte adress\u00e9e par les habitants au gouverneur de Sohag ; \u00e0 gauche, une autre adress\u00e9e au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, au Premier ministre et \u00e0 plusieurs responsables. Documents obtenus par Zawia3.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Son fils, Osama Mohamed, \u00e9tudiant et lui-m\u00eame touch\u00e9 par les d\u00e9molitions li\u00e9es \u00e0 l\u2019axe de Dar Al-Salam, explique que celles-ci ont contredit les annonces initiales de permis pour construire des logements de remplacement. L\u2019ex\u00e9cution a pourtant eu lieu d\u00e8s le lendemain, avec la participation de forces de l\u2019arm\u00e9e, sans qu\u2019aucune promesse ult\u00e9rieure ne soit concr\u00e9tis\u00e9e. Il confirme que la maison familiale occupait quatre qirats, auxquels s\u2019ajoutait un jardin de deux qirats. Les propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9molies de son p\u00e8re et de son oncle couvraient environ 33 qirats et comprenaient deux villas. Selon lui, l\u2019indemnisation totale re\u00e7ue par sa famille n\u2019a pas d\u00e9pass\u00e9 850 000 livres, une somme tr\u00e8s inf\u00e9rieure au co\u00fbt r\u00e9el de construction, qui d\u00e9passait 3,7 millions de livres en 2011.<\/p>\n<p>Il dit \u00e0 Zawia3 : \u00ab Les prix de l\u2019immobilier dans le village sont tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9s et il est difficile de trouver des maisons \u00e0 vendre. Le prix d\u2019une maison peut atteindre quatre millions de livres. Les terrains expropri\u00e9s \u00e9taient enregistr\u00e9s avec des contrats officiels. Nous n\u2019avons re\u00e7u d\u2019indemnisation \u00e9quitable ni pour ces terrains ni pour les cultures : ils se sont limit\u00e9s aux constructions. \u00bb<\/p>\n<p>Osama estime que le conseil local et le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture entravent les tentatives de reconstruction : toute tentative de poser de nouvelles fondations est d\u00e9truite, alors que les habitants ont propos\u00e9 de construire \u00e0 leurs frais. Il indique que leurs d\u00e9marches aupr\u00e8s des d\u00e9put\u00e9s de leur circonscription ont \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<figure style=\"max-width:800px;margin:24px auto;text-align:center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/2-e1755960553900.png\" alt=\"Deux demandes de permis de construire d\u00e9pos\u00e9es par Ahmed Mahmoud Sheiba et Ashour Mohamed aupr\u00e8s des autorit\u00e9s locales de Dar Al-Salam. Documents obtenus par Zawia3.\" style=\"display:block;width:100%;height:auto;margin:auto;\" \/><figcaption style=\"font-size:0.85em;line-height:1.5;\">Deux demandes de permis de construire d\u00e9pos\u00e9es par Ahmed Mahmoud Sheiba et Ashour Mohamed aupr\u00e8s des autorit\u00e9s locales de Dar Al-Salam. Documents obtenus par Zawia3.<\/figcaption><\/figure>\n<p>La famille d\u2019Ashour Mohamed, qui r\u00e9side au hameau d\u2019Al-Aqoula dans le village d\u2019Awlad Touq Gharb, dans le district de Dar Al-Salam, subit la m\u00eame \u00e9preuve depuis la d\u00e9molition de sa maison construite sur des terres agricoles, dans le cadre de l\u2019\u00e9largissement de l\u2019axe. L\u2019indemnisation re\u00e7ue \u00e0 l\u2019\u00e9poque ne correspondait pas aux prix de l\u2019immobilier et des terrains dans le district. La famille avait n\u00e9anmoins accept\u00e9 de partir, les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes lui ayant promis un permis pour reconstruire sur les m\u00eames terres agricoles.<\/p>\n<p>Il y a deux ans, Ashour a entam\u00e9 les d\u00e9marches pour obtenir le permis, faisant tamponner les cartes et les plans par tous les organismes concern\u00e9s. Il ne lui restait que l\u2019accord de la direction de l\u2019agriculture, qui a emp\u00each\u00e9 la d\u00e9livrance du permis. C\u2019est alors que la famille a \u00e9t\u00e9 surprise par la d\u00e9molition de sa maison et s\u2019est retrouv\u00e9e sans abri, tandis que le chantier de l\u2019axe de Dar Al-Salam avan\u00e7ait \u00e0 plein r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Ashour raconte \u00e0 Zawia3 que la souffrance des habitants touch\u00e9s par les d\u00e9molitions \u00e0 Sohag remonte \u00e0 environ deux ans, au d\u00e9but des travaux, lorsqu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 inform\u00e9s que leurs maisons se trouvaient dans le p\u00e9rim\u00e8tre de l\u2019\u00e9largissement. Il affirme que les organismes concern\u00e9s avaient promis une indemnisation comprenant des solutions de remplacement pour les b\u00e2timents d\u00e9molis, en plus d\u2019une compensation financi\u00e8re pour les constructions, sous r\u00e9serve de pr\u00e9senter les titres de propri\u00e9t\u00e9, les contrats des terrains et les plans.<\/p>\n<p>Il explique que sa famille, comme les autres, a pr\u00e9par\u00e9 les documents et les plans, valid\u00e9s par plusieurs services, notamment le cadastre, le drainage et l\u2019irrigation, les services v\u00e9t\u00e9rinaires et l\u2019\u00e9lectricit\u00e9, avant leur envoi au minist\u00e8re de l\u2019Agriculture au Caire. Les familles ont d\u00e9pens\u00e9 des sommes importantes pour ces d\u00e9marches pendant toute la dur\u00e9e des travaux. Mais, une fois les \u00e9tapes achev\u00e9es, elles ont d\u00e9couvert une d\u00e9cision minist\u00e9rielle suspendant la d\u00e9livrance de leurs permis.<\/p>\n<p>\u00ab Dix-sept familles sont concern\u00e9es : quatorze du village d\u2019Awlad Khalaf et trois d\u2019Al-Aqoula, dont celles d\u2019Ashour Mohamed Moussa Mohamed, de Khaled Kulaib Mohamed Radwan et de Younis Fawzi Moussa Mohamed. Nous vivons actuellement chez des proches en attendant un autre logement. Il est difficile de louer dans les villages et les hameaux, faute d\u2019offres, et les loyers sont \u00e9lev\u00e9s dans les centres urbains \u00bb, dit-il.<\/p>\n<figure style=\"max-width:800px;margin:24px auto;text-align:center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/3.png\" alt=\"Plainte de l\u2019\u00e9pouse d\u2019Ashour Mohamed au Conseil des ministres et r\u00e9ponse officielle. Documents obtenus par Zawia3.\" style=\"display:block;width:100%;height:auto;margin:auto;\" \/><figcaption style=\"font-size:0.85em;line-height:1.5;\">Plainte de l\u2019\u00e9pouse d\u2019Ashour Mohamed au Conseil des ministres et r\u00e9ponse officielle. Documents obtenus par Zawia3.<\/figcaption><\/figure>\n<p>Ashour se souvient que la proc\u00e9dure d\u2019indemnisation a commenc\u00e9 par la venue d\u2019un expert du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture pour estimer le prix du qirat. L\u2019\u00e9valuation a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e selon l\u2019emplacement du terrain, sans intervention des habitants. Il indique que sa maison, b\u00e2tie sur un qirat, devait donner lieu \u00e0 une compensation portant sur une superficie de 90 m\u00e8tres carr\u00e9s selon le permis. Il n\u2019a pourtant re\u00e7u que 60 000 livres pour le b\u00e2timent en briques de terre crue qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9moli. Parall\u00e8lement, les autorit\u00e9s ont expropri\u00e9 deux qirats et treize sahms de ses terres agricoles, alors que le prix du qirat \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9poque \u00e0 environ 120 000 livres. Si la compensation des terres agricoles \u00e9tait relativement acceptable, le principal probl\u00e8me reste, selon lui, l\u2019absence de concr\u00e9tisation des promesses de permis de construire gratuits.<\/p>\n<p>Il ajoute : \u00ab Les prix des maisons ont \u00e9norm\u00e9ment augment\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du p\u00e9rim\u00e8tre urbain des villages. Une maison sur un demi-qirat co\u00fbte par exemple 400 000 livres. Pour construire une maison semblable \u00e0 celle qui a \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite, il me faudrait environ 800 000 livres. Nous avons sollicit\u00e9 le gouverneur, les conseils municipaux, la plateforme gouvernementale des plaintes et le service aux citoyens du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, sans aucune r\u00e9ponse concr\u00e8te. Les plaintes d\u00e9pos\u00e9es aupr\u00e8s du gouverneur ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 renvoy\u00e9es au conseil du district de Dar Al-Salam, qui n\u2019est pas comp\u00e9tent, ce qui a compliqu\u00e9 la crise au lieu de la r\u00e9soudre. \u00bb<\/p>\n<p>Il affirme avoir contact\u00e9 le service aux citoyens du minist\u00e8re de l\u2019Agriculture en mars 2025. L\u2019ing\u00e9nieure Hanan lui avait alors indiqu\u00e9 que les plans se trouvaient toujours aupr\u00e8s de l\u2019organisme charg\u00e9 des avis juridiques et de la l\u00e9gislation. Lors d\u2019un \u00e9change ult\u00e9rieur, elle lui a confirm\u00e9 que le minist\u00e8re les avait approuv\u00e9s et qu\u2019un ing\u00e9nieur de l\u2019agriculture se rendrait \u00e0 Sohag sous deux semaines pour rencontrer le directeur de la protection des terres et examiner le probl\u00e8me. Elle lui a demand\u00e9 de reprendre contact au sujet de sa plainte apr\u00e8s vingt jours. Ashour estime que la crise exige d\u00e9sormais une intervention politique ou parlementaire et s\u2019interroge sur l\u2019absence des d\u00e9put\u00e9s pour d\u00e9fendre le droit des habitants \u00e0 construire sur des terres dont l\u2019\u00c9tat a d\u00e9j\u00e0 tir\u00e9 b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n<p>Alors qu\u2019environ vingt familles du district de Dar Al-Salam subissent encore les cons\u00e9quences des d\u00e9molitions, des habitants du gouvernorat de Qena ont d\u00e9couvert ces derni\u00e8res semaines une nouvelle d\u00e9cision du ministre des Transports, le g\u00e9n\u00e9ral Kamel Al-Wazir, pr\u00e9voyant l\u2019expropriation de 194 autres parcelles pour le m\u00eame projet.<\/p>\n<p>Le Journal officiel a ainsi publi\u00e9 la d\u00e9cision n\u00b0 423 de 2025 du g\u00e9n\u00e9ral ing\u00e9nieur Kamel Abdel-Hadi Al-Wazir, vice-Premier ministre et ministre des Transports, expropriant 194 biens immobiliers et terrains dans le gouvernorat de Qena pour la r\u00e9alisation de l\u2019axe de Dar Al-Salam sur le Nil. Le texte pr\u00e9cise que l\u2019expropriation intervient faute d\u2019accord amiable avec les propri\u00e9taires et que les terrains concern\u00e9s se trouvent \u00e0 Al-Amra, Abou Shousha et Al-Bahri Samhoud, dans le ressort de la direction du cadastre de Qena.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9cision applique le d\u00e9cret du Premier ministre n\u00b0 3873 de 2022 d\u00e9clarant le projet d\u2019utilit\u00e9 publique. Elle pr\u00e9voit \u00e9galement sa publication dans Al-Waqa\u2019i Al-Misriyya et le d\u00e9p\u00f4t d\u2019une copie aupr\u00e8s du bureau comp\u00e9tent de la publicit\u00e9 fonci\u00e8re. Elle prend effet \u00e0 compter de son \u00e9mission, le 16 juillet 2025.<\/p>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Une crise d\u2019indemnisation ou de permis ?<\/h2>\n<p>Commentant la crise, le d\u00e9put\u00e9 Ahmed Abdel-Salam Qoura estime que l\u2019\u00c9tat a vers\u00e9 des indemnit\u00e9s \u00ab g\u00e9n\u00e9reuses \u00bb aux citoyens touch\u00e9s par les travaux d\u2019ach\u00e8vement de l\u2019axe de Dar Al-Salam. Selon lui, elles repr\u00e9sentaient le double de la valeur marchande des terrains expropri\u00e9s. Il explique que certains habitants ont pu acheter d\u2019autres terrains et que plusieurs se sont m\u00eame d\u00e9clar\u00e9s pleinement satisfaits, au point que certains auraient souhait\u00e9 voir davantage de leurs propri\u00e9t\u00e9s d\u00e9molies, apr\u00e8s avoir constat\u00e9 le b\u00e9n\u00e9fice obtenu.<\/p>\n<p>Concernant les maisons d\u00e9truites dans le village d\u2019Awlad Khalaf, Qoura explique \u00e0 Zawia3 que les propri\u00e9taires d\u2019environ dix-sept \u00e0 vingt maisons ont effectivement re\u00e7u des indemnisations financi\u00e8res et la promesse de pouvoir reconstruire sur des terres agricoles, sur des superficies identiques \u00e0 celles perdues. Il ajoute que ce dossier fait toujours l\u2019objet d\u2019un suivi entre le minist\u00e8re de l\u2019Agriculture, le Conseil des ministres et d\u2019autres organismes. Il assure que le Parlement le remettra sur la table au d\u00e9but de sa prochaine session, au moyen de demandes d\u2019information : \u00ab Les habitants ont sacrifi\u00e9 leurs maisons pour un projet national. Ils ont droit \u00e0 un logement convenable parmi leurs proches et dans leurs villages. \u00bb<\/p>\n<p>Pour la phase suivante, Qoura pr\u00e9cise que l\u2019axe de Dar Al-Salam n\u2019est pas encore achev\u00e9. La deuxi\u00e8me phase comprendra de nouvelles expropriations, dont les propri\u00e9taires seront indemnis\u00e9s selon le m\u00eame m\u00e9canisme, en application des instructions du pr\u00e9sident Abdel Fattah Al-Sissi, notamment pour les habitants de Haute-\u00c9gypte, selon ses propos.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, la d\u00e9put\u00e9e Abla Al-Hawari affirme conna\u00eetre les d\u00e9tails de la crise \u00e0 Awlad Khalaf et \u00e0 Awlad Touq. Elle explique que les terrains sur lesquels les habitants demandent \u00e0 construire se situent hors du p\u00e9rim\u00e8tre cadastral agricole et du p\u00e9rim\u00e8tre urbain, ce qui rendrait ill\u00e9gale la d\u00e9livrance de permis. Si les habitants demandaient \u00e0 construire au sein de la zone b\u00e2tie, sur des terrains affect\u00e9s \u00e0 l\u2019habitation, les permis seraient possibles et disponibles, pr\u00e9cise-t-elle. Mais elle souligne que les demandes actuelles sont contraires aux lois applicables.<\/p>\n<p>Au sujet des familles vivant dans des cabanes ou chez des proches, Al-Hawari dit \u00e0 Zawia3 : \u00ab Il n\u2019existe pas de projets de logements publics dans le village d\u2019Awlad Khalaf dont on pourrait leur attribuer des unit\u00e9s. Ceux qui ont re\u00e7u une indemnisation peuvent acheter un terrain dans le p\u00e9rim\u00e8tre autoris\u00e9 et y construire, au lieu de r\u00e9clamer de b\u00e2tir en zone agricole ou en dehors du p\u00e9rim\u00e8tre urbain. \u00bb Elle insiste sur le fait que le probl\u00e8me fondamental tient \u00e0 l\u2019absence d\u2019affectation r\u00e9sidentielle des terrains concern\u00e9s.<\/p>\n<p>R\u00e9pondant aux affirmations de certains habitants sur l\u2019absence d\u2019indemnisation ou la d\u00e9molition de maisons luxueuses, Al-Hawari les d\u00e9ment. Elle assure que toutes les personnes touch\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 indemnis\u00e9es et que les propos sur la destruction de villas ne correspondent pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 : \u00ab Il n\u2019y a pas de villas dans le village d\u2019Awlad Khalaf. \u00bb<\/p>\n<p>Concernant la derni\u00e8re d\u00e9cision publi\u00e9e au Journal officiel sur de nouvelles expropriations pour achever l\u2019axe entre Sohag et Qena, la d\u00e9put\u00e9e explique que le projet est encore en cours de r\u00e9alisation. Les expropriations sont effectu\u00e9es conform\u00e9ment \u00e0 la loi n\u00b0 10 de 1990, qui pr\u00e9voit l\u2019indemnisation des citoyens par des commissions comp\u00e9tentes. Elle assure que leur objectif est d\u2019achever le projet national, et non de s\u2019emparer de terrains sans raison.<\/p>\n<figure style=\"max-width:800px;margin:24px auto;text-align:center;\"><img decoding=\"async\" class=\"aligncenter\" src=\"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/WhatsApp-Image-2022-05-24-at-5.10.53-PM-2.jpeg\" alt=\"Trac\u00e9 de l\u2019axe de Dar Al-Salam. Source : site officiel du d\u00e9put\u00e9 Ahmed Qoura.\" style=\"display:block;width:100%;height:auto;margin:auto;\" \/><figcaption style=\"font-size:0.85em;line-height:1.5;\">Trac\u00e9 de l\u2019axe de Dar Al-Salam. Source : site officiel du d\u00e9put\u00e9 Ahmed Qoura.<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>Les Transports poursuivent les expropriations<\/h2>\n<p>La d\u00e9cision d\u2019expropriation \u00e0 Qena <a href=\"https:\/\/diwanalomran.com\/%D9%82%D8%B1%D8%A7%D8%B1-393-%D9%84%D8%B3%D9%86%D8%A9-2025-%D8%A8%D9%86%D8%B2%D8%B9-%D9%85%D9%84%D9%83%D9%8A%D8%A9-%D8%A7%D8%B1%D8%A7%D8%B6-%D9%84%D8%A7%D9%86%D8%B4%D8%A7%D8%A1-%D9%83%D8%A8%D8%A7\/\">prise<\/a> par le ministre des Transports, le g\u00e9n\u00e9ral Kamel Al-Wazir, n\u2019est pas la seule de ce type dans la p\u00e9riode r\u00e9cente. Quelques jours plus t\u00f4t, le Journal officiel avait publi\u00e9 une d\u00e9cision similaire, n\u00b0 393 de 2025, expropriant environ 85 parcelles et biens immobiliers dans le gouvernorat de Daqahleya, dans le cadre du d\u00e9veloppement de la route Mansoura-Gamasa, dite acc\u00e8s de Gamasa, qui traverse les gouvernorats de Daqahleya et de Damiette.<\/p>\n<p>La d\u00e9cision concerne des terrains et biens immobiliers \u00e0 Al-Manial, Mit Antar, Orman Talkha, dans la ville de Talkha, \u00e0 Abou Madi, Kafr Demalash, Mit Zinqir et Al-Rawda, apr\u00e8s l\u2019impossibilit\u00e9 d\u2019obtenir la signature des propri\u00e9taires ou des int\u00e9ress\u00e9s sur les formulaires de transfert de propri\u00e9t\u00e9. \u00c9mise le 10 juillet 2025, elle pr\u00e9voit sa publication dans Al-Waqa\u2019i Al-Misriyya et le d\u00e9p\u00f4t d\u2019une copie aupr\u00e8s du bureau comp\u00e9tent de la publicit\u00e9 fonci\u00e8re, avec une entr\u00e9e en vigueur \u00e0 sa date d\u2019\u00e9mission.<\/p>\n<p>Elle s\u2019inscrit dans l\u2019application de la d\u00e9cision du Premier ministre n\u00b0 3877 de 2022 d\u00e9clarant le projet d\u2019utilit\u00e9 publique. Celui-ci comprend quatre ponts sur\u00e9lev\u00e9s \u00e0 Gamasa, Ammar, Damira et Al-Rawda, ainsi que deux postes de contr\u00f4le de s\u00e9curit\u00e9 et de p\u00e9age \u00e0 Zayan et Sharnqash.<\/p>\n<p>Ibrahim Ezzeldin, chercheur principal et cofondateur de Diwan Al-Omran pour les \u00e9tudes urbaines, estime que les d\u00e9cisions d\u2019expropriation se sont acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es depuis 2014, au point de devenir, selon ses termes, une d\u00e9marche syst\u00e9matique de l\u2019\u00c9tat \u00e9gyptien pour s\u2019emparer de terrains priv\u00e9s sous pr\u00e9texte d\u2019utilit\u00e9 publique. Il ajoute que cet instrument sert \u00e0 r\u00e9aliser des projets d\u2019investissement et des axes de circulation, en l\u2019absence d\u2019un cadre juridique clair d\u00e9finissant l\u2019utilit\u00e9 publique. Chaque citoyen se trouve ainsi expos\u00e9 \u00e0 une expropriation sans r\u00e8gles pr\u00e9cises.<\/p>\n<p>Ezzeldin dit \u00e0 Zawia3 : \u00ab L\u2019expression \u201cutilit\u00e9 publique\u201d est utilis\u00e9e comme pr\u00e9texte juridique, tandis que l\u2019\u00c9tat contr\u00f4le l\u2019ensemble du processus, de la d\u00e9cision aux conditions, aux modalit\u00e9s d\u2019ex\u00e9cution et \u00e0 l\u2019indemnisation. Cette structure ferm\u00e9e provoque une perte de confiance et sape ce qui reste du contrat social entre le citoyen et le gouvernement, cens\u00e9 prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des gens plut\u00f4t que les ignorer. \u00bb<\/p>\n<p>Il met en garde contre les cons\u00e9quences \u00e9conomiques de ces politiques, citant l\u2019expropriation de 31 feddans dans le quartier d\u2019Al-Salam II pour le projet Ahalina 6. L\u2019\u00c9tat y a fix\u00e9 l\u2019indemnisation \u00e0 7 700 livres le m\u00e8tre carr\u00e9, tandis que les logements du m\u00eame projet sont vendus jusqu\u2019\u00e0 20 000 livres le m\u00e8tre carr\u00e9. \u00ab Avec un \u00e9cart aussi important, le citoyen ne pourra pas acheter un logement sur le terrain m\u00eame qui lui a \u00e9t\u00e9 pris \u00bb, affirme-t-il.<\/p>\n<p>Sur les plans urbain et environnemental, le chercheur critique la multiplication des axes et des ponts, qui, selon lui, isolent socialement les quartiers et sont r\u00e9alis\u00e9s sans \u00e9tudes suffisantes de planification ou d\u2019impact environnemental. Il ajoute : \u00ab Certains de ces ponts se sont effondr\u00e9s d\u00e8s leur premi\u00e8re ann\u00e9e, ce qui soul\u00e8ve de v\u00e9ritables questions sur l\u2019utilit\u00e9 de ces projets et leur durabilit\u00e9. \u00bb<\/p>\n<p>Il \u00e9voque des solutions plus durables que le gouvernement a n\u00e9glig\u00e9es : am\u00e9liorer les transports publics, d\u00e9velopper les infrastructures pour les pi\u00e9tons et les v\u00e9los, et construire des communaut\u00e9s urbaines int\u00e9gr\u00e9es offrant de v\u00e9ritables emplois et services, plut\u00f4t que des solutions rapides fond\u00e9es sur des d\u00e9molitions massives.<\/p>\n<p>Sur le plan juridique, Ezzeldin estime que les pratiques de l\u2019\u00c9tat ne sont conformes ni \u00e0 la Constitution \u00e9gyptienne ni aux conventions internationales, comme le Pacte international relatif aux droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels. Il souligne que les personnes concern\u00e9es ne participent pas \u00e0 la prise de d\u00e9cision : les citoyens sont simplement inform\u00e9s une fois les expropriations d\u00e9cid\u00e9es.<\/p>\n<p>Concernant les recours des personnes touch\u00e9es, il explique que la loi permet de formuler une objection dans les quinze jours suivant l\u2019affichage des plans et des listes, et de contester le montant de l\u2019indemnisation devant le tribunal de premi\u00e8re instance dans les quatre mois. Il ajoute cependant : \u00ab Quand l\u2019indemnisation est injuste et que le pouvoir ex\u00e9cutif contr\u00f4le tous les d\u00e9tails, ces droits deviennent pratiquement inefficaces. \u00bb<\/p>\n<p>Ezzeldin conclut en soulignant que l\u2019absence d\u2019une vision globale de la planification urbaine et le recours de l\u2019\u00c9tat aux axes et aux ponts comme solutions rapides ont de profondes cons\u00e9quences n\u00e9gatives sur l\u2019avenir des villes et la solidit\u00e9 de leurs infrastructures. Il appelle \u00e0 revoir les politiques urbaines \u00e0 la racine.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame contexte, le Journal officiel a publi\u00e9 une d\u00e9cision de la ministre du D\u00e9veloppement local, Manal Awad, expropriant plusieurs biens immobiliers importants pour am\u00e9nager l\u2019entr\u00e9e d\u2019H\u00e9liopolis : l\u2019immeuble n\u00b0 85 de la rue Al-Horreya \u00e0 Almaza, l\u2019immeuble et le restaurant situ\u00e9s au croisement des rues Mohib et Hussein Kamel, ainsi que la parcelle n\u00b0 2 bis, bloc n\u00b0 435 bis, rue Fanatis Al-Miyah.<\/p>\n<p>Selon Diwan Al-Omran, l\u2019\u00c9tat a accord\u00e9 une indemnisation de 7 700 livres le m\u00e8tre carr\u00e9 dans le quartier d\u2019Al-Salam, tandis que le cahier des charges du projet pr\u00e9voyait la vente de ce m\u00eame m\u00e8tre carr\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 20 000 livres. Pour le centre, cela illustre clairement le foss\u00e9 entre l\u2019indemnisation et le prix du march\u00e9 au sein m\u00eame des projets publics.<\/p>\n<div class=\"z3-article-separator\" role=\"separator\" aria-label=\"S\u00e9parateur de section\"><svg xmlns=\"http:\/\/www.w3.org\/2000\/svg\" viewBox=\"0 140 4269 130\" preserveAspectRatio=\"xMidYMid meet\" aria-hidden=\"true\" focusable=\"false\"><path d=\"M120 211H4149\" fill=\"none\" stroke=\"#7e7e7e\" stroke-width=\"10\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1718\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"1930\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2142\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2354\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"211\" r=\"56\" fill=\"#fafafa\" stroke=\"#9c9c9c\" stroke-width=\"3\"\/><circle cx=\"2566\" cy=\"202\" r=\"50\" fill=\"#647580\" stroke=\"#4e5962\" stroke-width=\"4\"\/><\/svg><\/div>\n<h2>L\u2019expropriation pour la stricte n\u00e9cessit\u00e9 ?<\/h2>\n<p>Le docteur Abbas Al-Zaafarani, ancien doyen de la facult\u00e9 de planification r\u00e9gionale et urbaine de l\u2019universit\u00e9 du Caire, estime que l\u2019expropriation ne devrait \u00eatre utilis\u00e9e qu\u2019en cas de stricte n\u00e9cessit\u00e9. Il souligne que l\u2019indemnisation doit \u00eatre plus qu\u2019\u00e9quitable et couvrir non seulement le prix du bien, mais aussi le co\u00fbt du d\u00e9m\u00e9nagement, la rupture des liens sociaux qui en d\u00e9coule et l\u2019\u00e9loignement des lieux de travail. Il affirme qu\u2019augmenter les indemnit\u00e9s oblige les organismes publics \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir et \u00e0 examiner soigneusement ces d\u00e9cisions avant de les prendre.<\/p>\n<p>Al-Zaafarani rel\u00e8ve que certains projets de ces derni\u00e8res ann\u00e9es ont apport\u00e9 une am\u00e9lioration tangible, comme l\u2019axe Jihane Al-Sadate, qui a r\u00e9duit les temps de trajet entre Nasr City et les zones ext\u00e9rieures, et qu\u2019il d\u00e9crit comme un exemple r\u00e9ussi. \u00c0 l\u2019inverse, il critique d\u2019autres ponts qu\u2019il juge \u00ab inutiles \u00bb, soulignant l\u2019absence de b\u00e9n\u00e9fice r\u00e9el dans certains cas.<\/p>\n<p>Il d\u00e9clare \u00e0 Zawia3 : \u00ab Je ne vois aucune justification \u00e0 la d\u00e9molition de logements existants pour cr\u00e9er de nouveaux projets r\u00e9sidentiels. L\u2019expropriation n\u2019est acceptable que si elle r\u00e9pond \u00e0 une v\u00e9ritable utilit\u00e9 publique, comme un axe routier facilitant les d\u00e9placements. En revanche, supprimer des logements ouvriers dans le sixi\u00e8me quartier, ou des zones habit\u00e9es qui ne sont pas des quartiers informels, est une mauvaise d\u00e9cision. Ce que nous voyons dans ces cas, c\u2019est la d\u00e9molition des logements des pauvres pour construire des logements destin\u00e9s \u00e0 des cat\u00e9gories \u00e9conomiques plus ais\u00e9es. \u00bb<\/p>\n<p>Il ajoute que l\u2019\u00c9gypte conna\u00eet ce qu\u2019il appelle une \u00ab saturation immobili\u00e8re \u00bb, avec d\u2019\u00e9normes quantit\u00e9s de logements invendus. L\u2019\u00c9tat devrait orienter ses investissements vers des secteurs productifs essentiels comme l\u2019agriculture, l\u2019industrie, les mines et l\u2019\u00e9nergie. Il appelle, dans ce contexte, \u00e0 privil\u00e9gier les projets solaires pour r\u00e9duire la d\u00e9pendance \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Il affirme que la mise en valeur et la culture des terres agricoles procurent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 des b\u00e9n\u00e9fices \u00e9conomiques et alimentaires plus utiles que des investissements immobiliers immobilis\u00e9s.<\/p>\n<p>En conclusion, Al-Zaafarani insiste sur la priorit\u00e9 \u00e0 donner aujourd\u2019hui au d\u00e9veloppement durable dans l\u2019alimentation et l\u2019\u00e9nergie, plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 la poursuite de nouveaux projets r\u00e9sidentiels ou \u00e0 la multiplication injustifi\u00e9e des ponts et des routes dans des zones denses comme Nasr City.<\/p>\n<p>L\u2019ing\u00e9nieur Mohamed Abdel-Rahman, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Association des experts en \u00e9valuation immobili\u00e8re, estime que les r\u00e9centes d\u00e9cisions minist\u00e9rielles d\u2019expropriation ne constituent pas une exception. Elles prolongent une d\u00e9marche amorc\u00e9e avec la loi n\u00b0 10 de 1990 sur l\u2019expropriation pour utilit\u00e9 publique. Les modifications introduites par la loi n\u00b0 187 de 2020 ont cependant profond\u00e9ment transform\u00e9 les m\u00e9canismes d\u2019adoption et d\u2019ex\u00e9cution de ces d\u00e9cisions.<\/p>\n<p>Parmi les principales modifications figure l\u2019obligation, pour l\u2019organisme demandant l\u2019expropriation, de d\u00e9poser une indemnisation provisoire sur un compte bancaire public dans le mois suivant la d\u00e9claration d\u2019utilit\u00e9 publique, puis la totalit\u00e9 du montant dans les trois mois sur un compte r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Les propri\u00e9taires ont droit \u00e0 des int\u00e9r\u00eats de retard. La dur\u00e9e de validit\u00e9 de la d\u00e9claration d\u2019utilit\u00e9 publique a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 port\u00e9e de deux \u00e0 trois ans, mais elle devient caduque pour les biens \u00e0 l\u2019\u00e9gard desquels aucune proc\u00e9dure n\u2019a \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e dans ce d\u00e9lai.<\/p>\n<p>Abdel-Rahman explique \u00e0 Zawia3 que ces modifications ont conf\u00e9r\u00e9 de larges pouvoirs aux responsables de l\u2019ex\u00e9cutif. L\u2019adoption des d\u00e9cisions d\u2019expropriation ne serait plus r\u00e9serv\u00e9e au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique comme auparavant : tout responsable administratif pourrait d\u00e9sormais d\u00e9cider directement. Cela a conduit, selon lui, \u00e0 un usage extensif de la notion d\u2019\u00ab utilit\u00e9 publique \u00bb, parfois \u00e0 des fins financi\u00e8res propres aux minist\u00e8res plut\u00f4t qu\u2019au service des citoyens.<\/p>\n<p>Abdel-Rahman critique le d\u00e9lai insuffisant laiss\u00e9 pour pr\u00e9venir les citoyens avant l\u2019ex\u00e9cution, ainsi que l\u2019insuffisance des indemnisations. Il affirme que l\u2019\u00e9valuation \u00e0 la valeur marchande, major\u00e9e de 20 % au titre du pr\u00e9judice moral, n\u2019est pas appliqu\u00e9e dans de nombreux cas. Les organismes publics font en effet appel \u00e0 leurs propres employ\u00e9s plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des experts ind\u00e9pendants enregistr\u00e9s aupr\u00e8s de l\u2019Autorit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale de supervision financi\u00e8re.<\/p>\n<p>Il ajoute : \u00ab Les experts en \u00e9valuation immobili\u00e8re travaillent selon des normes agr\u00e9\u00e9es depuis 2015, conformes aux standards internationaux. Elles imposent que les \u00e9valuations soient r\u00e9serv\u00e9es aux personnes inscrites aupr\u00e8s de l\u2019Autorit\u00e9, afin de garantir la neutralit\u00e9 et la transparence. \u00bb<\/p>\n<p>Il attire aussi l\u2019attention sur une grave faille juridique : seuls les d\u00e9tenteurs d\u2019un titre enregistr\u00e9 \u00e0 la publicit\u00e9 fonci\u00e8re peuvent pr\u00e9tendre \u00e0 une indemnisation ou la contester, alors que les biens enregistr\u00e9s ne d\u00e9passent pas 10 % de l\u2019ensemble des propri\u00e9t\u00e9s en \u00c9gypte. Cela prive la majorit\u00e9 des propri\u00e9taires de leurs droits et les place hors du champ de la protection juridique. Il affirme qu\u2019une indemnisation \u00e0 la juste valeur marchande, avec la majoration pour pr\u00e9judice moral, aurait donn\u00e9 aux citoyens une v\u00e9ritable possibilit\u00e9 de trouver un autre logement dans le m\u00eame secteur ou \u00e0 proximit\u00e9. Il appelle \u00e0 appliquer strictement cette disposition.<\/p>\n<p>Abdel-Rahman conclut en insistant sur l\u2019importance d\u2019un large dialogue public avant les grandes d\u00e9cisions d\u2019expropriation, particuli\u00e8rement celles qui touchent la vie des citoyens ou transforment des quartiers patrimoniaux. Il souligne la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019associer les sp\u00e9cialistes pour \u00e9quilibrer les besoins du d\u00e9veloppement, les droits des habitants et le patrimoine urbain.<\/p>\n<p>Au terme de cette enqu\u00eate, le projet de l\u2019axe de Dar Al-Salam appara\u00eet comme un exemple aigu d\u2019un conflit complexe entre les objectifs de d\u00e9veloppement de l\u2019\u00c9tat et la r\u00e9alit\u00e9 des citoyens qui ont perdu leur maison sans solution concr\u00e8te.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les assurances officielles sur le respect de la loi et le versement d\u2019indemnit\u00e9s sup\u00e9rieures \u00e0 la valeur marchande, les t\u00e9moignages des habitants dessinent une autre image : des compensations insuffisantes pour acheter un logement de remplacement, des promesses non tenues depuis deux ans et des familles vivant dans des cabanes provisoires sans eau ni \u00e9lectricit\u00e9.<\/p>\n<p>Entre les justifications des responsables, les textes de loi et les analyses des experts, l\u2019\u00e9quation de l\u2019\u00ab utilit\u00e9 publique \u00bb reste ouverte \u00e0 de vastes interpr\u00e9tations. Pendant ce temps, dans leurs villages, leurs cabanes et leur longue attente, les citoyens esp\u00e8rent que l\u2019\u00c9tat prendra parti non seulement pour les projets, mais aussi pour leur droit au logement, \u00e0 la justice et \u00e0 la dignit\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c0 Dar Al-Salam, des familles vivent dans des cabanes apr\u00e8s la d\u00e9molition de leurs maisons, faute de permis pour reconstruire.<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":24469,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"footnotes":""},"categories":[20601],"tags":[],"kateb":[20634],"class_list":["post-24468","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-enquetes","kateb-aya-yasser-fr"],"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/zawia3.com\/wp-content\/uploads\/2025\/08\/\u0645\u062d\u0648\u0631-\u062f\u0627\u0631-\u0627\u0644\u0633\u0644\u0627\u0645.png","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24468","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=24468"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24468\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":24474,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/24468\/revisions\/24474"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/24469"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=24468"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=24468"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=24468"},{"taxonomy":"kateb","embeddable":true,"href":"https:\/\/zawia3.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/kateb?post=24468"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}