Des centaines de déplacés de la frontière du Sinaï réclament le « droit au retour » dans leurs villages

Des centaines de déplacés de la frontière du Sinaï réclament le « droit au retour » dans leurs villages

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Des centaines de déplacés, habitants des zones frontalières de Rafah et de Cheikh Zouweid, se sont rassemblés depuis ce lundi matin à Murabba’at al-Foul, située entre les villages d’Al-Hussainat et d’Al-Mitla à l’ouest de Rafah, pour réclamer le retour dans leurs villages, dont ils ont été déplacés il y a des années en raison de la guerre contre le terrorisme, selon ce qu’a rapporté la Fondation Sinaï pour les droits humains.

Avant le début de la guerre menée par l’armée d’occupation israélienne contre Gaza, et plus précisément en août 2023, les forces de l’armée égyptienne tentaient d’empêcher l’extension des manifestations des déplacés dans le gouvernorat du Nord-Sinaï, dans l’est du pays. Les manifestations, interrompues en raison de la guerre contre Gaza, s’étaient répétées : des centaines d’Égyptiens déplacés de Rafah et de Cheikh Zouweid sortaient pour proclamer leur volonté de retourner dans leurs villages, qu’ils avaient été contraints de quitter en raison de la guerre contre le terrorisme ; mais les forces de l’armée n’ont pas eu recours à la violence contre eux et ont préféré le dialogue et les tentatives d’apaisement. Avant la guerre contre Gaza, les habitants avaient décidé de répéter les manifestations quotidiennement dans différentes zones du Sinaï.

L’armée égyptienne avait affirmé auparavant que toutes les maisons de la zone frontalière de Rafah situées à moins de 500 mètres de la ligne de frontière internationale seraient rasées, et que toute maison abritant un tunnel serait dynamitée et son propriétaire déféré devant un tribunal militaire d’urgence. Selon les autorités égyptiennes, ces opérations visaient à lutter contre le terrorisme.

Les habitants de la ville égyptienne de Rafah, au nombre d’environ 70 000, ont été entièrement déplacés. Les opérations de déplacement systématique ont commencé après la décision de l’ancien Premier ministre égyptien Ibrahim Mahlab d’entériner la décision d’évacuer Rafah de ses habitants au Journal officiel, décision portant le numéro 1957 de 2014, bien que le gouverneur du Sinaï ait nié, la veille de la décision, que les habitants de Rafah seraient déplacés, affirmant que l’évacuation ne concernerait que 1 000 mètres afin de détruire les tunnels ; mais le déplacement, après la décision de Mahlab, a alors couvert une bande de 5 kilomètres le long de la frontière avec Gaza.

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