Repas, transports et thé : quelle part de leur salaire les Égyptiens paient-ils pour travailler ?

Transports, repas et boissons : Zawia3 examine les dépenses de travail qui absorbent les salaires en Égypte et les aides possibles.
Collage d’un salarié à son bureau, d’un autobus, d’un repas et de thé, illustrant les coûts liés au travail
Image de Ibrahim Elhady Issa

Ibrahim Elhady Issa

À neuf heures du matin, Mohamed Ghaith commence sa journée dans la rédaction d’un site d’information égyptien. Il travaille huit heures par jour, cinq jours par semaine, pour un salaire mensuel de 7 000 livres. Sur le papier, sa journée s’achève à dix-sept heures. La réalité est différente.

La pression de l’actualité, l’enchaînement des commandes et la nécessité de terminer les sujets avant leur publication rendent les départs à l’heure peu fréquents. Le travail se prolonge au-delà de l’horaire prévu, et Mohamed se retrouve parfois devant un choix simple : partir en laissant son travail ou rester pour le terminer.

Ghaith doit commander à manger pendant qu’il travaille, et parfois des boissons supplémentaires, café ou thé, pour rester concentré, ce qui pèse sur son maigre salaire. Le jeune journaliste raconte à Zawia3 que se rendre au travail et en revenir entraîne des frais de transport, auxquels s’ajoutent les besoins liés à sa présence sur place : eau potable, recharge du forfait téléphonique et connexion internet pour communiquer avec ses sources.

Le salaire commence parfois à être entamé avant même l’arrivée au bureau : un trajet à payer à l’aller, un autre au retour, puis un petit-déjeuner pendant les premières heures de travail, une boisson chaude ou une bouteille d’eau, voire un repas supplémentaire lorsque la journée se prolonge jusqu’au soir. Chaque poste peut sembler modeste pris isolément, mais sa répétition quotidienne en fait une facture mensuelle fixe prélevée sur le salaire. Le salarié ne peut pas consacrer l’intégralité de son revenu à ses besoins et à ceux de sa famille : il doit en affecter une partie au financement de sa présence au travail.

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Chaque poste peut sembler modeste pris isolément, mais sa répétition quotidienne en fait une facture mensuelle prélevée sur le salaire.

L’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) souligne la longueur des horaires de travail en Égypte par rapport aux niveaux internationaux : une part importante des salariés travaille au-delà des durées habituelles. Cet allongement augmente aussi leurs dépenses. Rester plus longtemps au travail réduit les possibilités de manger des plats préparés à la maison et pousse à acheter des repas et des boissons supplémentaires, alourdissant les dépenses alimentaires liées au travail. Le manque de temps et la fatigue peuvent aussi conduire certains salariés à choisir des transports plus rapides ou plus coûteux pour raccourcir le trajet et en atténuer la pénibilité.

Un salaire qui finance l’accès à l’emploi

Les frais nécessaires pour rejoindre son lieu de travail et y rester sont particulièrement visibles dans les grandes villes, où les zones résidentielles sont éloignées des pôles d’emploi du Cinquième District, de Sheikh Zayed, du Smart Village et de la ville du 6 Octobre. La localisation devient ainsi un facteur déterminant du revenu disponible, explique l’économiste Hany Tawfik. Le coût quotidien des déplacements représente, ajoute-t-il, une part importante du revenu des salariés peu rémunérés, contrairement à ceux qui disposent de revenus élevés.

La question ne se limite pas aux transports : elle englobe aussi les repas et les boissons dont le salarié a besoin pendant ses heures de travail, poursuit Tawfik auprès de Zawia3. Répétées tout au long du mois, ces dépenses réduisent la marge disponible pour le loyer, les factures et les autres besoins familiaux.

Une loi qui fixe les horaires sans prendre en compte le coût de la présence

La loi sur le travail n° 14 de 2025 limite le travail effectif à huit heures par jour ou 48 heures par semaine, selon l’article 117, sans compter les pauses et les repas. L’article 118 prévoit des pauses totalisant au moins une heure et interdit de travailler plus de cinq heures consécutives, sous réserve des exceptions fixées par le ministre. L’article 119 fixe une durée générale maximale de dix heures entre le début et la fin de la journée, pouvant atteindre douze heures pour certains travaux de nature particulière. Les heures supplémentaires imposées par des nécessités inhabituelles ou des circonstances exceptionnelles sont régies par l’article 121, qui interdit de dépasser douze heures de présence dans l’établissement. Cette disposition se distingue de l’article 122, consacré à l’affichage des horaires de travail et de repos.

La présence dans l’établissement peut dépasser la durée du travail effectif : les pauses et les repas font partie du temps pendant lequel le salarié doit financer ses besoins quotidiens. La loi n’instaure pas d’indemnité générale uniforme de repas et de transport pour tous les emplois. Elle impose toutefois à l’employeur, selon l’article 271, de prendre en charge le transport lorsque les moyens ordinaires ne desservent pas le lieu de travail, ainsi que la nourriture et le logement dans les zones éloignées des agglomérations, conformément aux règles applicables. L’article 112 interdit aussi d’obliger le travailleur à acheter des aliments, des biens ou des services auprès de commerces déterminés ou parmi ceux proposés par l’employeur. Les contrats de travail ou les accords collectifs peuvent prévoir des avantages supplémentaires.

Le repas au travail devient une facture mensuelle

Dans de nombreux emplois, les transports et les repas restent donc à la charge du salarié. La pression du temps modifie ses dépenses alimentaires et réduit les possibilités de cuisiner chez lui. Une étude publiée en 2022, par exemple, s’appuie sur les données de 14 807 participants en Australie et observe un lien entre le temps consacré au travail et aux déplacements et la fréquence des achats de nourriture préparée hors du domicile. Dans un modèle suivant l’évolution des mêmes personnes, chaque heure supplémentaire était associée à une hausse d’environ 0,6 % de la fréquence d’achat, soit environ 6 % pour dix heures de plus. La mesure porte conjointement sur le temps de travail et de déplacement. Elle ne prouve pas que l’allongement des horaires provoque, à lui seul, le même changement chez chaque salarié, ni que ce pourcentage s’applique à l’Égypte.

Les données officielles sur l’inflation ne mesurent pas précisément le prix du repas du salarié, mais les pressions qui l’entourent. L’inflation annuelle pour l’ensemble du pays atteignait 12,7 % en août 2026, tandis que les prix de la catégorie restaurants et hôtels augmentaient de 13,4 % sur un an, contre 6,5 % pour l’alimentation et les boissons. Ces données diffèrent de l’inflation urbaine. Les indices agrégés ne déterminent pas non plus la hausse d’un repas particulier, mais aident à comprendre les différences de pression entre les personnes qui achètent des plats préparés et celles qui cuisinent à domicile.

Le graphique présente des fourchettes de prix recueillies par le journaliste dans les archives de presse, et non des moyennes nationales ou une série portant sur un produit de taille constante dans un même commerce. Les prix peuvent donc varier selon les périodes, les boutiques et la taille des portions.

Parmi les prix relevés dans le reportage en 2026, un sandwich ordinaire au foul commence à environ dix livres avec les ingrédients les plus simples et atteint vingt livres avec certains suppléments. Une portion individuelle de koshari coûte environ 35 à 80 livres selon sa taille et le commerce. Ce sont des exemples tirés d’observations journalistiques, et non une moyenne statistique pour toutes les régions d’Égypte. Chaque dépense quotidienne supplémentaire de dix livres sur 22 jours de travail représente 220 livres par mois, soit 3,1 % d’un salaire de 7 000 livres.

Zawia3 a analysé plusieurs scénarios de dépenses en repas et boissons au travail, sur la base de 22 jours et d’un salaire mensuel de 7 000 livres. Dépenser cinquante livres par jour pour un petit-déjeuner et une boisson revient à 1 100 livres par mois, soit 15,7 % du salaire. Si la journée se prolonge jusqu’à près de douze heures et qu’un autre repas, comme du koshari, s’ajoute, la dépense peut atteindre cent livres par jour, soit 2 200 livres par mois ou 31,4 % du salaire. Ces calculs illustratifs reposent sur les prix et les choix supposés et ne signifient pas que tous les salariés dépensent les mêmes sommes.

Dans les emplois abordés par le reportage, la présence peut durer de huit à douze heures selon l’organisation des services. Cela ne fait pas de toutes les heures de présence des heures de travail effectif légalement autorisées sans condition. Dans les cas d’heures supplémentaires régis par l’article 121, la rémunération doit au moins correspondre au salaire horaire ordinaire majoré de 35 % le jour et de 70 % la nuit. Les règles générales des huit heures effectives par jour ou 48 heures par semaine, ainsi que les pauses et les repas, restent essentielles pour distinguer la durée de présence dans l’établissement des heures supplémentaires ouvrant droit à rémunération.

Qui prend en charge les repas et les déplacements ?

En France, l’employeur n’est généralement pas obligé de fournir des titres-restaurant et peut soutenir les repas par différents moyens. Lorsqu’il utilise ces titres, il finance entre 50 % et 60 % de leur valeur nominale, le salarié payant le reste. L’employeur fixe la valeur du titre, tandis que les 25 euros correspondent au plafond d’utilisation quotidien, et non à une valeur maximale par titre. Cette distinction est importante pour comparer cet avantage français à ceux dont peut bénéficier un salarié égyptien.

La réglementation française impose également un espace adapté pour manger. Les établissements de moins de cinquante salariés doivent permettre de prendre les repas dans des conditions saines et sûres. À partir de cinquante salariés, ils doivent disposer d’un lieu équipé pour conserver, réfrigérer et réchauffer les aliments, avec de l’eau potable, des tables et des sièges. L’existence de cet espace ne signifie pas nécessairement que le repas lui-même est gratuit.

En Inde, le code de 2020 sur la sécurité, la santé et les conditions de travail, entré en vigueur dans le cadre de l’ensemble des codes du travail en novembre 2025, prévoit des installations de restauration dans les établissements employant au moins cent travailleurs, y compris les travailleurs sous contrat, conformément aux règles applicables. Cette disposition traduit une volonté d’inclure l’accès à l’alimentation dans les responsabilités des entreprises, sans signifier que tous les repas sont fournis gratuitement.

Le Brésil applique le programme d’alimentation des travailleurs « PAT », qui encourage les entreprises à fournir des repas ou des avantages alimentaires grâce à des incitations fiscales, en priorité pour les faibles revenus. La loi sur l’allocation de transport organise également la prise en charge des transports publics entre le domicile et le travail : le salarié contribue à hauteur de 6 % au maximum de son salaire de base, l’employeur payant la part des frais admissibles qui dépasse cette contribution. Ce dispositif concerne les transports et les conditions d’éligibilité définis par la loi et ne constitue pas un remboursement illimité de tout moyen choisi par le salarié.

En France, l’employeur prend en charge au moins la moitié du coût des abonnements de transports publics éligibles utilisés entre le domicile et le travail. Cela peut comprendre plusieurs moyens nécessaires au trajet. L’obligation porte sur les abonnements, selon les conditions applicables, et non sur le remboursement automatique de la moitié de chaque billet individuel.

Du salaire annoncé au revenu disponible

Le revenu du salarié passe par trois étapes avant de déterminer la somme disponible pour les dépenses, explique l’économiste Hassan Al-Sadi. La première est le salaire brut avant retenues, puis le travailleur reçoit le salaire net après déduction des impôts et, le cas échéant, des cotisations sociales, avant de payer lui-même les déplacements, les repas et les boissons liés à sa présence au travail.

Comparer les salaires annoncés ne donne pas nécessairement une image complète de la situation financière des travailleurs, ajoute Al-Sadi auprès de Zawia3. Les frais pour rejoindre le lieu de travail et les repas et boissons nécessaires pendant la journée montrent, selon lui, que le salaire minimum ne suffit pas à couvrir les besoins du salarié et de sa famille, puisqu’une partie doit tout simplement être consacrée aux trajets et aux repas quotidiens.

Comparer les salaires annoncés ne donne pas nécessairement une image complète des ressources disponibles pour les travailleurs.

Une hausse des salaires ne se traduit donc pas par une amélioration équivalente du revenu, estime Al-Sadi. Il l’explique par le fait qu’en Égypte, les augmentations s’accompagnent de politiques économiques qui absorbent ce gain illusoire, comme la hausse des carburants ou la suppression des subventions en nature. Les transports et les repas augmentent alors à leur tour, et la hausse se perd entre « les minibus et les restaurants », selon ses mots.

Un exemple illustre la nécessité de distinguer l’annonce de l’application : en avril 2026, le relèvement du minimum des agents de l’État à 8 000 livres a été annoncé, soit une hausse d’environ 14,3 % par rapport à 7 000 livres. L’application a toutefois commencé le 1er juillet 2026, selon la décision du Premier ministre n° 2170 de 2026, et non le 1er avril. L’annonce avait été précédée, le 10 mars, d’une hausse des prix des carburants et du gaz automobile d’environ 14 % à 30 % selon le produit. Cette décision ne relève pas automatiquement le minimum du privé au même niveau : la décision propre à ce secteur l’avait porté à 7 000 livres à compter de mars 2025.

Al-Sadi évoque le « salaire de réserve », c’est-à-dire le salaire le plus bas auquel une personne accepte un emploi, une notion économique distincte du minimum légal obligatoire. « Quand les frais pour aller travailler et le coût de la vie augmentent, la valeur de l’offre d’emploi diminue, car le travailleur n’est pas indemnisé pour le temps, l’effort et les coûts supportés », explique-t-il. Il estime qu’il faut mesurer le revenu en partant des retenues légales, impôts et cotisations, puis des dépenses quotidiennes de travail. Le reportage donne un exemple approximatif de 880 livres de retenues sur un salaire de 7 000 livres. Il ne s’agit toutefois pas d’un prélèvement uniforme obligatoire sur tous les salaires de ce montant : le résultat varie selon le salaire soumis à cotisations, les exonérations et les composantes de rémunération. Les pourcentages des scénarios sont donc calculés ici par rapport à un salaire de référence de 7 000 livres, sans prétendre représenter le bulletin de paie réel de chaque travailleur. Distinguer ces étapes aide à comprendre le revenu disponible dans un système salarial qu’Al-Sadi qualifie de fragile.

Les transports peuvent absorber plus d’un huitième du salaire

Le coût des trajets vers le travail n’est pas marginal dans le budget du salarié, particulièrement après la hausse des prix des carburants en mars 2026 et le relèvement des tarifs des transports et des déplacements collectifs qui a suivi. Les tarifs de certains modes de transport, ainsi que des transports publics, ont par exemple augmenté : le prix du billet d’autobus ordinaire a atteint 13 livres et celui du minibus ordinaire 19 livres. Les prix du métro ont aussi progressé, à 10 livres jusqu’à 9 stations, 12 livres jusqu’à 16 stations, 15 livres jusqu’à 23 stations et 20 livres pour les distances supérieures. Le billet d’autobus électrique, par exemple entre Becho et Imbaba, coûte 25 livres par trajet.

Le calcul de Zawia3, fondé sur 22 jours de travail et deux trajets quotidiens, montre qu’un tarif de 25 livres par direction représente 1 100 livres par mois, soit 15,7 % d’un salaire de 7 000 livres. L’exemple concerne le moyen de transport dont le billet coûte ce montant et ne correspond pas à la dépense moyenne de tous les usagers des transports publics. Les calculs supposent un seul moyen de transport dans chaque sens, sans correspondance ni trajet supplémentaire depuis des quartiers éloignés. À l’autre extrémité, dix livres par trajet représentent 440 livres par mois, soit environ 6,3 % du salaire de référence.

Un document de recherche du Bureau du recensement américain souligne l’importance de déduire les dépenses professionnelles des ressources des ménages dans le calcul de l’indicateur complémentaire de pauvreté, car l’argent dépensé pour accéder à l’emploi et l’exercer n’est plus disponible pour d’autres besoins. Appliquée aux estimations de 2015, l’actualisation de ces dépenses à partir de données d’enquête plus récentes a entraîné une hausse de 0,3 point de pourcentage du taux de pauvreté. Ce chiffre correspond à l’effet de l’actualisation par rapport à l’estimation précédente, et non à l’effet total de toutes les dépenses professionnelles. Le document montre comment une différence de méthode de calcul peut modifier l’image des ressources disponibles du ménage.

Le coût des déplacements professionnels ne se limite pas aux sommes payées pour le transport : il comprend aussi la valeur économique du temps passé en route. Une étude publiée en 2009, fondée sur des données néerlandaises relatives à la recherche d’emploi et aux déplacements, évaluait à environ 17 euros le coût marginal moyen d’une heure supplémentaire de trajet. Ce chiffre dépend du contexte de l’étude et de ses hypothèses sur le temps et le coût. Il ne constitue pas une estimation actuelle d’une heure de déplacement d’un salarié en Égypte, mais montre que la seule facture monétaire du transport occulte une partie de la charge.

Les avantages en nature changent la valeur d’un emploi

Les emplois n’imposent pas tous le même coût pour s’y rendre et y rester, même à salaire monétaire égal. Mayar Hassan travaille chez Concentrix, une entreprise étrangère implantée en Égypte. Celle-ci fournit un transport et des boissons gratuits, ainsi que les repas du souhour et de l’iftar pendant tout le ramadan, raconte-t-elle à Zawia3.

La valeur économique d’un emploi ne dépend pas du seul salaire monétaire, mais comprend les avantages fournis aux salariés, comme le transport, les repas et les soins de santé, explique Mohamed Salem, spécialiste des ressources humaines. Ces services diminuent les dépenses supportées par le salarié sans nécessairement se traduire par une hausse directe du salaire versé.

Ces avantages revêtent une importance particulière dans les secteurs employant beaucoup de personnel ou fonctionnant par services, comme les centres d’appels, car le transport vers le lieu de travail constitue une dépense récurrente du budget du salarié, ajoute Salem auprès de Zawia3.

Les dépenses quotidiennes liées à l’emploi influent sur la décision de le conserver, estime Salem, surtout lorsque les coûts de transport et de repas s’accumulent avec l’allongement des horaires. Selon son appréciation professionnelle, plus de 90 % des emplois en Égypte nécessitent d’intégrer les avantages en nature au coût total de l’emploi. Le reportage ne présente pas ce pourcentage comme le résultat d’une enquête statistique sur le marché du travail. Il indique que des transports collectifs ou des repas à faible coût peuvent contribuer à réduire l’absentéisme et les départs.

Chaque heure supplémentaire passée au travail ajoute une dépense pour Ghaith. Le repas et les boissons ne relèvent pas de son budget quotidien ordinaire : ce sont des frais parce qu’il est encore au travail. Au fil des jours, le sandwich au foul et la portion de koshari deviennent des postes fixes d’un budget mensuel ne dépassant pas 7 000 livres, comme une taxe imposée pour accomplir son travail.

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Ibrahim Elhady Issa
Journaliste qui s’intéresse aux questions économiques et à leurs croisements avec la justice sociale et les histoires humaines.

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