Après trois années de tentatives infructueuses pour trouver un travail qui lui permette de faire vivre sa famille, Moamen Ibrahim, 32 ans, originaire du gouvernorat d’Assiout, n’a vu d’autre choix que de quitter le pays. N’ayant pas les moyens de payer un voyage légal vers l’un des pays du Golfe, il a décidé de passer clandestinement en Libye avec un groupe de jeunes, par les routes de la migration irrégulière, dans l’espoir de rejoindre ensuite l’Europe. Mais son rêve s’est terminé en tragédie : le bateau qui le transportait de la Libye vers l’Italie a fait naufrage, avant qu’il ne soit intercepté par les garde-côtes près de la frontière tunisienne. Après trois mois d’enquête, les autorités tunisiennes l’ont libéré, mais il est resté dans le pays sans papiers, caché, de peur d’être expulsé vers l’Égypte.
Moamen nous explique que l’émigration n’a pas été un libre choix, mais une nécessité, après avoir été escroqué par un habitant de son village qui lui avait fait croire qu’il pourrait obtenir un visa de travail pour un pays du Golfe contre 60 000 livres égyptiennes, qu’il avait empruntées à une association. Quand il a découvert l’escroquerie et que ses dettes se sont accumulées, il a été contraint en 2018 de partir en Libye, après avoir payé 20 000 livres à un passeur, et il y a travaillé environ un an dans le bâtiment. Il espérait quitter Tripoli pour l’Europe, mais le bateau qu’il avait pris a fait naufrage au large des côtes tunisiennes.
Moamen raconte que la petite embarcation ne pouvait contenir que cinquante personnes, alors qu’elle en transportait environ 200, pour la plupart de nationalités africaines. Malgré leurs demandes au passeur de réduire la charge, il a refusé d’obtempérer. En pleine mer, l’embarcation est tombée en panne et a coulé : des dizaines de personnes se sont noyées et quelques-unes seulement ont survécu. Ce n’était pas seulement parce que la plupart ne savaient pas nager, mais aussi parce que l’embarcation n’était équipée d’aucun moyen de sauvetage : même les gilets de sauvetage étaient inutilisables.
Le 10 juin 2025, dix corps de migrants irréguliers, dont huit Égyptiens, ont été retrouvés sur la plage de « Baq Baq », dans la ville de Sidi Barrani, à l’ouest de Marsa Matrouh ; on pense qu’ils étaient partis de Libye lors de traversées irrégulières de la Méditerranée. L’Organisation internationale pour les migrations (OIM) a affirmé que ce drame constitue « un sombre rappel du coût exorbitant de la migration irrégulière » et a appelé à une coordination internationale urgente pour mettre en place des voies sûres et régulières, avertissant que plus de 32 000 personnes ont péri en Méditerranée depuis 2014.

Tout le monde cherche à s’en sortir
Moamen raconte que des dizaines de jeunes de son village envisagent et préparent leur départ à l’étranger pour fuir la pauvreté et le chômage, qui s’est établi à 6,3 % au premier trimestre 2025, selon les données de l’Agence centrale pour la mobilisation publique et les statistiques (CAPMAS). Les estimations les plus récentes indiquent par ailleurs que les taux de pauvreté en Égypte ont nettement augmenté ces dernières années, atteignant environ 32,5 % de la population selon un rapport de la Banque mondiale publié en 2022, contre 29,7 % annoncés par la CAPMAS lors de la dernière enquête officielle, en 2020. Selon la Commission économique et sociale des Nations unies pour l’Asie occidentale (CESAO), le taux de pauvreté atteignait environ 34,3 % en 2023, ce qui reflète l’aggravation des pressions sur le niveau de vie dans un contexte de crises économiques successives.
L’histoire de Moamen rejoint celle de dizaines de jeunes, dont nous avons interrogé un certain nombre, ainsi que leurs familles, et qui ont raconté leur expérience de la migration irrégulière. Ahmed Saad, 23 ans, originaire d’un village du gouvernorat de Kafr el-Cheikh, voulait trouver un travail stable pour subvenir aux besoins de sa mère après la mort de son père. Il travaillait dans un atelier de réparation de téléphones pour un revenu qui ne couvrait même pas ses besoins personnels. Un ami l’a convaincu de partir en Libye, puis de là en Italie par la mer, en lui disant que c’était une chance de changer de vie et de s’en sortir. Il a payé tout ce qu’il possédait et emprunté le reste.
Il nous raconte : « Le trajet jusqu’en Libye a été épuisant et plein d’humiliations. Nous sommes restés retenus dans une ferme près de Benghazi pendant plus d’un mois, à attendre notre “tour”. La nuit du départ, la mer était démontée, et quelques minutes avant d’embarquer, nous avons été arrêtés par les garde-côtes libyens. J’ai été renvoyé en Égypte, j’ai été interrogé par les services de sécurité, et ensuite je n’ai trouvé ni travail, ni argent, ni aucun soutien psychologique. Je ne regrette pas d’avoir essayé, mais j’ai compris que mon pays m’a poussé à parier ma vie sur un bateau qui ne transporte que du désespoir. »
Naglaa El-Sayegh, 26 ans, originaire du gouvernorat de Minya, raconte de son côté l’histoire de son jeune frère Mohamed, qui a quitté l’Égypte à l’été 2023 : « Il rêvait de partir en Europe depuis des années, mais son ambition s’est heurtée au mur du chômage et de la pauvreté. Diplômé de la faculté de commerce avec la mention bien, il a cherché un emploi sans succès, jusqu’à être obligé de travailler dans une usine de plastique pour un salaire dérisoire qui ne lui permettait même pas de payer ses transports quotidiens. » Elle ajoute : « Un jour, un habitant du village, parti avant lui, est venu et l’a tenté avec l’idée du départ. Mohamed a vendu son téléphone et est parti en Libye en traversant le désert de Matrouh. Il nous a contactés pour la dernière fois depuis le téléphone d’un passeur, dans un camp de détention près de Tripoli, en disant qu’il allait payer 3 000 dollars pour passer en Italie. » Elle poursuit avec amertume : « Des mois ont passé, et nous n’avons plus eu de nouvelles. Après une longue recherche par l’intermédiaire de médiateurs et d’organisations, nous avons appris que le bateau qui le transportait avait fait naufrage au large des côtes italiennes. Son corps n’a toujours pas été retrouvé. »

Une réalité qui contredit les déclarations du gouvernement
Les chiffres publiés par des organisations internationales et européennes montrent une augmentation continue du nombre de migrants irréguliers en provenance d’Égypte, ce qui contredit les déclarations officielles affirmant le succès des efforts du gouvernement pour mettre fin à la crise. En 2022, le nombre d’Égyptiens ayant traversé illégalement la Méditerranée vers l’Europe a dépassé 21 700, ce qui a placé l’Égypte parmi les dix premiers pays d’origine des migrants irréguliers, selon l’agence européenne Frontex et les données du ministère italien de l’Intérieur.
De son côté, le gouvernement égyptien affirme avoir éradiqué le phénomène. En avril dernier (avril 2025), le ministre des Affaires étrangères et de l’Émigration, Badr Abdelatty, a assuré que le pays avait réussi à mettre fin à la migration illégale depuis ses côtes, soulignant que l’État ne s’en était pas contenté, mais avait aussi ouvert ses portes pour accueillir ceux qui fuient les crises et les guerres en quête de sécurité. Dans une déclaration commune faite par la ministre de la Planification, Rania Al-Mashat, lors d’une session de dialogue avec la Commission européenne, le gouvernement a souligné que l’Égypte avait réussi à empêcher tout départ de bateau de migration illégale depuis ses côtes depuis près de huit ans, tout en poursuivant des programmes de sensibilisation des jeunes et de promotion d’une « migration sûre ».
De même, lors d’une réunion entre le ministre des Affaires étrangères et de l’Émigration, Badr Abdelatty, et la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Ylva Johansson, en septembre 2024, Le Caire a réaffirmé son engagement à coordonner ses efforts avec l’Union européenne dans le cadre de la « stratégie nationale de lutte contre la migration illégale (2016-2026) ». L’Égypte avait adopté une loi en 2016 (la loi n° 82) durcissant les peines contre les passeurs de migrants, renforcée par des amendements en 2022, et a créé un fonds national dédié, par décret du Premier ministre en 2023, pour renforcer la lutte contre la migration irrégulière et soutenir les migrants.
La relation entre l’Égypte et l’Union européenne constitue un axe central de la gestion de la migration irrégulière à travers la Méditerranée. En mars 2024, l’Égypte a signé avec l’Union européenne un accord global de 7,4 milliards d’euros, répartis entre prêts à conditions préférentielles, investissements et subventions, dont 200 millions d’euros consacrés au soutien de la gestion des migrations et des frontières. Cet accord finance le renforcement des capacités des garde-côtes et des gardes-frontières égyptiens par l’achat d’équipements de surveillance sophistiqués et de drones, et la formation des agents aux opérations de surveillance et de sauvetage selon des normes humanitaires. En plus du soutien financier, une coordination sécuritaire et des échanges d’informations sont menés par des canaux officiels et informels entre les agences de sécurité européennes, comme Frontex et Europol, et leurs homologues égyptiennes, pour tenter de fermer la route aux bateaux en direction de l’Europe. Ce partenariat sécuritaire fait toutefois l’objet de critiques de la part des défenseurs des droits humains.
Pour sa part, Halim Heneish, consultant à la Plateforme des réfugiés en Égypte, estime que la migration irrégulière depuis l’Égypte ne s’est jamais arrêtée et fait partie d’une réalité qui s’est prolongée ces dernières années. Il affirme à Zawia3 qu’elle est étroitement liée aux conditions politiques et économiques qui poussent de nombreux Égyptiens à chercher une chance à l’étranger. Selon Heneish, l’environnement en Égypte est devenu répulsif pour les jeunes, qu’ils aient un niveau d’enseignement secondaire ou même universitaire : il ne s’agit pas seulement de ceux qui émigrent par la mer de manière irrégulière, mais même des diplômés de facultés comme la médecine et l’ingénierie, qui, comme le montrent les rapports des ordres professionnels, partent chercher du travail à l’étranger dès la fin de leurs études.
Heneish ajoute : « Ici, l’émigration n’est pas seulement un choix individuel, c’est l’expression d’une perte d’espoir dans le pays, surtout avec l’effondrement continu de la situation économique. Quant aux routes migratoires, l’itinéraire a changé depuis 2017 environ : les bateaux ne partent plus des côtes égyptiennes comme auparavant, en raison de la militarisation des frontières et des zones de pêche et de campagnes sécuritaires renforcées, mais cela n’a pas empêché les Égyptiens de continuer à partir. Seul l’itinéraire a changé : aujourd’hui, la plupart des Égyptiens qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer partent de Libye, ce qui accroît les risques auxquels ils sont exposés, compte tenu de l’instabilité qui y règne. » Il évoque des rapports qui ont documenté la découverte de migrants retenus dans des entrepôts en vue de traversées clandestines, parmi lesquels se trouvaient des Égyptiens. Ces faits confirment que l’interdiction sécuritaire ne suffit pas à elle seule, car la principale motivation de l’émigration, purement politique et économique, demeure.
Le consultant spécialiste des questions de migration et d’asile estime que « le gouvernement égyptien se vante d’avoir réussi à empêcher les bateaux de quitter les côtes, mais il a totalement échoué à supprimer les causes qui poussent les jeunes à prendre la mer. En chiffres, l’Égypte et la Tunisie figurent en tête des nationalités qui arrivent en Europe par la mer, ce qui signifie que le problème persiste malgré les mesures sécuritaires ». Il souligne que le gouvernement n’a pas seulement échoué, mais persiste à raisonner de la même façon erronée, en traitant le phénomène sous un angle purement sécuritaire : campagnes d’arrestation contre les pêcheurs, poursuites pénales contre les personnes soupçonnées d’aider les migrants. Mais aucune de ces mesures n’a traité la cause profonde : l’absence d’espoir dans le pays.
Selon Heneish, la solution n’est pas d’empêcher les bateaux de partir, mais de créer un environnement politique et économique qui convainque les jeunes de rester, en offrant de véritables perspectives et en sensibilisant les gens aux dangers de l’émigration. Les ressources doivent être consacrées à la construction d’un système qui permette une vie digne en Égypte, et pas seulement à empêcher les gens de partir. Quant à l’affirmation selon laquelle le gouvernement a « arrêté la migration », c’est un discours vide de sens, car arrêter les départs de bateaux ne signifie pas arrêter la migration : les Égyptiens continuent d’émigrer, d’être exploités par les passeurs et de subir des violations qui commencent par la violence, les coups et la torture, et ne s’arrêtent pas à la traite des êtres humains.

Le gouvernement n’a réussi qu’à changer l’itinéraire
Les propos de Heneish rejoignent ceux de rapports qui confirment que le territoire libyen est devenu l’itinéraire privilégié des migrants égyptiens cherchant à rejoindre l’Europe, en particulier les côtes italiennes. Au cours du seul premier semestre 2022, ont été enregistrées environ 3 935 arrivées d’Égyptiens en Italie, pour la plupart par la migration irrégulière depuis les côtes libyennes, et Frontex a indiqué que plus de 90 % des tentatives de franchissement illégal des Égyptiens pendant cette période étaient passées par la « route de la Méditerranée centrale », ce qui révèle l’existence de réseaux de passeurs organisés actifs sur la frontière occidentale de l’Égypte.
En 2023, le rythme de la migration irrégulière depuis l’Égypte n’a pas ralenti, il a même augmenté : selon les estimations, environ 22 000 migrants égyptiens sont entrés illégalement en Europe au cours de l’année, ce qui a placé l’Égypte en tête des pays d’origine des migrants irréguliers, devant des pays en guerre comme la Syrie et l’Afghanistan. En 2024, l’Égypte s’est classée au deuxième rang mondial pour le nombre de migrants irréguliers vers l’Europe, malgré les mesures sécuritaires intensives et les lois dissuasives adoptées par l’État en coopération avec l’Union européenne, comme la loi contre la migration irrégulière promulguée en 2016 et amendée en 2022.
L’avocat Yasser Saad, spécialiste des droits économiques et sociaux, estime que la question de la migration irrégulière en Égypte est liée à plusieurs causes imbriquées, mais que, selon son appréciation personnelle, la cause fondamentale est l’extension de la pauvreté, conséquence directe de politiques économiques adoptées par l’État qui ont entamé la confiance des citoyens dans le marché du travail local. Le citoyen n’a plus le sentiment d’être réellement protégé, avec des lois du travail qui ne garantissent pas ses droits et le placent en position de faiblesse face aux employeurs, sans organisations syndicales fortes pour défendre ses intérêts et lui garantir un minimum de sécurité de l’emploi.
Saad ajoute, dans ses propos à Zawia3, que « l’absence de cette protection pousse beaucoup de gens, surtout parmi les jeunes, à chercher n’importe quelle chance à l’étranger, tout en étant conscients des risques que cela comporte. Ils ne fuient pas seulement la gêne financière, mais aussi l’absence de perspectives dans leur pays. Parallèlement, le monde extérieur n’est plus non plus ce qu’il était. La montée des courants d’extrême droite en Europe, par exemple, a engendré des politiques migratoires restrictives, et la route vers l’étranger est désormais semée de conditions impossibles, tant en termes de coût financier que de qualifications et de conditions que beaucoup d’Égyptiens ne remplissent pas. Même les titulaires d’un diplôme universitaire se voient parfois refuser un visa en raison de leur origine géographique, voire à cause de politiques discriminatoires envers les ressortissants de certains pays, au premier rang desquels ceux de notre région ».
Saad évoque aussi une crise plus profonde, liée au désengagement de l’État de l’investissement dans l’humain. Autrefois, l’État soutenait l’enseignement technique et les métiers artisanaux en créant des écoles et des instituts qui formaient les jeunes et leur donnaient les compétences dont le marché avait besoin. Aujourd’hui, l’enseignement technique a été largement marginalisé et il est perçu comme inférieur à l’enseignement académique ; certaines professions, comme le journalisme et le barreau, dressent même des obstacles à l’entrée des diplômés de ces instituts dans leurs ordres professionnels. Il souligne que ces politiques ont entraîné une érosion des compétences professionnelles des Égyptiens, si bien que le jeune qui cherche à émigrer n’a rien entre les mains qui le rende recherché à l’étranger. « Tout simplement, si un jeune n’a rien qui le distingue sur le plan professionnel, comment pourrait-il être considéré comme une valeur ajoutée sur le marché du travail à l’étranger ? La réalité, c’est que nous avons gaspillé des richesses humaines qui auraient pu être un véritable levier économique, et aujourd’hui nous récoltons les fruits de cette négligence. »
Karim El-Omda, professeur d’économie politique, estime que la migration irrégulière s’est largement répandue en Afrique, non seulement pour des raisons économiques, mais aussi à cause des guerres, des tensions politiques et des persécutions sous toutes leurs formes, autant de facteurs qui poussent les individus à tenter l’aventure par des voies illégales.
Il déclare à Zawia3 : « Si l’on se concentre sur l’Égypte, la situation économique actuelle n’offre pas de solutions rapides, et la rareté des opportunités et la pression de la vie font du départ une option qui trotte dans la tête des jeunes Égyptiens. Les recherches internationales ont montré que les Égyptiens représentent une part considérable de ceux qui traversent la Méditerranée, notamment depuis les côtes libyennes, ce qui indique que les motivations économiques et sociales continuent de les pousser vers ces risques. »
El-Omda affirme que les solutions sécuritaires ne suffisent pas à elles seules : lorsque les institutions de l’État resserrent leur étau sécuritaire sur les réseaux de passeurs, arrêtent les passeurs et les traduisent en justice, la migration irrégulière tend à reculer temporairement. Mais dès que ces efforts se relâchent ou s’arrêtent, les vagues reviennent. Ce qui signifie que le traitement ne s’attaque pas aux racines : la crise économique et l’absence d’horizon, puis l’absence de véritable développement et de protection juridique, tout cela renforce les passeurs et rend le phénomène enraciné et insoluble.
Enfin, malgré les efforts sécuritaires et législatifs déployés par le gouvernement égyptien pour limiter la migration irrégulière, les faits sur le terrain et les témoignages directs confirment que le phénomène n’a pas reculé, mais a seulement changé d’itinéraire. Les côtes égyptiennes ont été fermées, mais les portes ouvertes sur la Libye voient toujours affluer des jeunes en quête de salut, même si cette voie est semée de mort. La question essentielle demeure : suffit-il d’empêcher les bateaux de partir pour arrêter l’hémorragie de vies humaines ? Ou bien la véritable solution commence-t-elle à l’intérieur, là où la pauvreté, le chômage et l’absence de perspectives continuent d’alimenter ce phénomène ?
