Égypte : des centaines d’ouvriers protestent contre les licenciements et les salaires impayés devant l’usine Hela à Alexandrie

À Alexandrie, des centaines d’ouvriers de Hela protestent contre les licenciements et les salaires impayés.
Collage photographique des ouvriers de Hela manifestant à Alexandrie contre les licenciements et les salaires impayés

Zawia3

Des centaines d’ouvriers et d’ouvrières se sont rassemblés devant l’usine Baby Coca–Hela, à Abis, pour protester contre des licenciements soudains et des salaires impayés. Zawia3 remonte aux origines de la crise : un groupe sri-lankais a demandé sa liquidation judiciaire, après avoir confié deux mois auparavant la gestion de son usine égyptienne à une autre société. Les dirigeants de sa filiale sri-lankaise font, eux, l’objet d’accusations de banques créancières sur lesquelles la justice ne s’est pas encore prononcée.

Le dimanche 1er novembre 2026 au matin, des centaines d’ouvriers et d’ouvrières ont manifesté devant l’usine Baby Coca–Hela, dans le quartier d’Abis à Alexandrie, contre des décisions qu’ils qualifient d’arbitraires à leur encontre. L’usine se trouve au kilomètre 11 de la route agricole reliant Alexandrie au Caire, près de la porte d’Abis.

Les témoignages des travailleurs révèlent que les manifestants se répartissent en deux catégories sur un même site. L’usine était à l’origine gérée par la société égyptienne Baby Coca, dont l’annuaire du Conseil des exportateurs de vêtements donne comme présidents du conseil d’administration Sherine Eleish et Amr Aboul Ela. Un investisseur étranger est ensuite arrivé ces dernières années, et de nouveaux ouvriers ont été recrutés sous le nom de Hela, tout en travaillant au même endroit. Les travailleurs affirment que la direction de Hela a retardé le paiement de leurs salaires, puis décidé, quelques jours avant la manifestation, de se séparer de l’ensemble de ses ouvriers, leur demandant de signer des démissions sous prétexte de renouveler leurs contrats. La direction de Baby Coca a, quant à elle, placé ses ouvriers en congé pour une durée indéterminée, dans l’attente d’un examen de leur situation.

Les travailleurs assurent que les licenciements sont intervenus sans préavis, que les personnes licenciées n’avaient toujours pas reçu leur salaire le jour de la manifestation et qu’elles ignoraient leur avenir après des années passées dans l’entreprise. Selon leurs témoignages, les représentants de la société ont refusé de leur parler ou de discuter de leurs revendications, et ont fermé l’usine dans l’attente de nouvelles décisions. Les manifestants ont demandé au ministre du Travail d’intervenir, d’examiner leur plainte et d’obliger l’entreprise à leur verser les sommes dues. Ils ont menacé de saisir le bureau du travail et la justice si leurs revendications n’étaient pas rapidement satisfaites.

Les travailleurs réclament le versement des salaires en retard et de toutes les sommes dues, l’arrêt des licenciements et le réexamen des décisions de rupture des contrats, une enquête sur les démissions signées sous promesse de renouvellement, la clarification de leur situation juridique après le changement de direction, l’ouverture de négociations directes entre leurs représentants et la direction, ainsi que l’intervention du ministère du Travail et du bureau du travail compétent.

Ces faits reposent toujours sur les témoignages des travailleurs. Aucun procès-verbal officiel ni aucune décision écrite de licenciement précisant le nombre de personnes concernées ou le nombre de mois de salaires impayés n’a été publié à ce jour. Au matin du 2 novembre, ni l’entreprise ni le ministère du Travail n’avaient rendu public de communiqué sur la crise.

Lors de la manifestation des ouvriers de l’usine Hela à Alexandrie, on entend le slogan : « Où est l’armée égyptienne ? » Un manifestant a publié cette vidéo sur X. Nous la republions sans modification pour préserver sa sécurité.

Une usine en difficulté rachetée par Hela

En septembre 2021, le groupe sri-lankais Hela Apparel Holdings a annoncé son entrée sur le marché égyptien, se présentant comme le premier grand fabricant de vêtements sri-lankais implanté en Égypte. Son directeur général, Dilanka Jinadasa, expliquait alors que l’Égypte offrait un accès plus rapide aux marchés européens et américains et réduisait les délais d’approvisionnement. Dans son annonce, la société indiquait avoir acquis un « actif en difficulté » : une usine de vêtements à Alexandrie employant 1 000 personnes, auparavant gérée par une société d’Extrême-Orient, sur une surface de 220 000 pieds carrés, avec des installations de fabrication de tissus et d’accessoires.

En janvier 2022, Jinadasa a annoncé que l’usine égyptienne entrerait en activité dans les semaines suivantes, après l’obtention par l’entreprise d’une licence d’importation et d’exportation. Le groupe a ensuite officiellement inauguré une installation de 275 000 pieds carrés, soit environ 25 500 mètres carrés, pouvant accueillir jusqu’à 2 500 travailleurs par équipe. En février 2022, Sanath Amaratunga, directeur général de Hela Kidswear, déclarait que le groupe visait à moyen terme 100 millions de dollars d’exportations depuis l’Égypte. Le choix de ce pays était lié aux dispositifs des zones industrielles qualifiées (QIZ), qui permettent d’exporter vers les États-Unis en franchise de droits de douane sous certaines conditions de contenu local.

L’annuaire du Conseil égyptien des exportateurs de vêtements éclaire une partie de l’histoire du site : Baby Coca for Wears & Textiles y est répertoriée à la même adresse depuis 1994, avec une capacité de 250 000 pièces par mois et environ 1 850 travailleurs. Sur son site, Hela indique que son usine égyptienne emploie environ 2 000 personnes et se spécialise dans les vêtements pour enfants. Les documents publiés ne précisent pas le lien entre l’usine Baby Coca et l’établissement dont Hela affirme qu’il était exploité par « une société d’Extrême-Orient ». L’annuaire du Conseil mentionne une surface ne dépassant pas 3 720 mètres carrés, tandis que Hela évoque entre 220 000 et 276 000 pieds carrés. Une évaluation de la Société financière internationale précise que Hela loue l’établissement égyptien et n’en est pas propriétaire. Cela soulève une question juridique centrale : quel lien unit le propriétaire du terrain et des bâtiments, la société exploitante et l’employeur inscrit dans les contrats de chaque catégorie de travailleurs ?

Des vêtements pour Calvin Klein et Tommy Hilfiger

Hela fabrique des sous-vêtements, des vêtements de sport et des vêtements pour enfants destinés à des marques internationales. Elle s’est présentée comme fournisseur de Tommy Hilfiger, Calvin Klein, Michael Kors et VF Corp. Les données d’un prestataire d’informations sur le transport maritime font apparaître des exportations attribuées à Hela Clothing Egypt, depuis son adresse d’Abis vers des acheteurs aux États-Unis, dont Br Intimates à New York, jusqu’en juin 2025. Il s’agit de données commerciales, non de registres douaniers, et Zawia3 n’a pas vérifié l’identité des acheteurs de l’usine durant la période de nouvelle gestion.

Jusqu’en 2023, le groupe exploitait six établissements au Sri Lanka, un au Kenya, deux en Éthiopie et un en Égypte, ainsi que quatre centres de conception, avec plus de 18 000 travailleurs, dont 70 % de femmes. Cet effectif est tombé à environ 12 400 personnes selon des articles sri-lankais, un chiffre également enregistré dans le rapport annuel du groupe à la fin de mars 2025.

En février 2022, le groupe a introduit ses actions à la Bourse de Colombo, lors de la plus importante introduction en Bourse qu’ait connue ce marché depuis plusieurs années. Trois ans plus tard, l’auditeur indépendant a refusé d’exprimer une opinion sur ses états financiers pour l’exercice clos le 31 mars 2025. Ses actions ont donc été placées sous surveillance à compter du 12 décembre 2025. La Bourse l’a ensuite averti d’une suspension des échanges à partir du 18 juin 2026, faute d’avoir achevé la restructuration de sa dette. Les échanges de ses actions étaient suspendus au moment de l’annonce de la liquidation.

Au cours des neuf mois achevés en décembre 2025, le groupe a enregistré des pertes nettes de 7,59 milliards de roupies sri-lankaises, contre 6,46 milliards durant la période correspondante. Son chiffre d’affaires a reculé d’environ 29 %, à 43,95 milliards de roupies, tandis que ses capitaux propres s’établissaient à moins 18,8 milliards de roupies et ses pertes cumulées à environ 31,6 milliards, selon un résumé de ses communications financières. Ces chiffres concernent l’ensemble du groupe, et non la seule usine égyptienne.

Le 4 août 2026, le conseil d’administration a décidé de demander la liquidation judiciaire. Le 5 août, la société a informé la Bourse du dépôt de requêtes en liquidation devant la Haute Cour commerciale de la province de l’Ouest, à Colombo, concernant la société mère et ses deux filiales Hela Clothing (Private) Limited et Foundation Garments (Private) Limited. Le conseil a déclaré n’avoir recouru à la liquidation qu’après avoir épuisé les solutions de restructuration, de rééchelonnement des dettes et d’investissement stratégique. Une demande de liquidation ne signifie pas qu’un jugement définitif l’a prononcée. Les requêtes concernent en outre des entités immatriculées au Sri Lanka et ne constituent pas une décision liquidant la société égyptienne Hela Clothing Egypt S.A.E.

Une banque accuse les dirigeants de détourner des recettes d’exportation

Le 13 octobre 2026, le juge Chamath Madanayake, de la Haute Cour commerciale de Colombo, a confirmé une ordonnance provisoire restreignant les déplacements à l’étranger des cinq dirigeants de Hela Clothing, tout en autorisant des voyages pour des périodes déterminées sur autorisation préalable du tribunal. Les dirigeants concernés sont Dilanka Jinadasa, Albert Rasakantha Rasiah, Gayan Priyanka Gunawardana, Ranjith Sanath Perera Amaratunga et Aruna de Silva Muthumuni.

L’ordonnance repose sur une requête de la Commercial Bank of Ceylon visant à rendre les dirigeants personnellement responsables des dettes de l’entreprise. La banque affirme avoir accordé à Hela Clothing des facilités de crédit allant jusqu’à un million de dollars, et à Foundation Garments des facilités de trois millions de dollars, à condition que les recettes d’exportation transitent par ses comptes. Elle accuse les dirigeants de ne pas avoir fait transiter ces recettes et d’avoir dissimulé des exportations, et affirme que la société mère a cherché à vendre des filiales sans l’accord des créanciers. Elle les accuse aussi d’avoir utilisé huit millions de dollars reçus d’Emerald Investments sans les déclarer dans la demande de liquidation. Une communication de Hela à la Bourse de Colombo précise toutefois que les sommes effectivement reçues de la transaction Focus Brands à cette date ne dépassaient pas 2,016 millions de dollars. Le compte rendu judiciaire indique que DFCC Bank a déposé une requête similaire, qui n’a pas encore été examinée, et que d’autres banques envisagent de faire de même. La justice n’a pas tranché ces accusations : il s’agit d’allégations d’une banque dans un contentieux, non de faits établis par un jugement.

Emerald : gérer sans posséder

Deux mois avant la demande de liquidation, précisément le 7 juin 2026, Hela Investment Holdings a signé un accord de services de gestion avec Emerald Investments. Une communication de Hela publiée le 9 juillet a révélé que la société égyptienne faisait face à des contraintes de fonds de roulement et qu’Emerald gérerait les opérations de fabrication et le personnel de l’usine jusqu’au 31 décembre 2026, afin de maintenir la production et les livraisons aux clients étrangers. L’accord accorde à Emerald une option d’achat de la société égyptienne à des conditions convenues entre les parties et les créanciers. Hela Investment Holdings en détenait 99 % au moment de l’annonce. La communication qualifiait les opérations menées dans l’usine de « programme de stabilisation », destiné à protéger les recettes et à maintenir la production.

L’usine d’Abis se divise ainsi en plusieurs niveaux qui ne coïncident pas : une gestion opérationnelle transférée à Emerald, une propriété demeurée, selon les annonces, entre les mains de la branche d’investissement de Hela, des locaux loués à un autre propriétaire et des contrats de travail enregistrés au nom d’une entité dont les ouvriers ignorent la capacité à les payer. Au 2 novembre, aucune annonce publiée ne confirmait l’exercice de l’option d’achat ni la résiliation anticipée de l’accord.

Emerald apparaît dans plusieurs opérations de démantèlement des actifs de Hela en 2026. Le 14 avril, Hela Brands, immatriculée à Maurice, a vendu l’intégralité de sa participation dans la société britannique Focus Brands à Mohamed Saleem Sahardeen et Mohamed Saleh Fazledeen, actionnaires d’Emerald, pour huit millions de dollars. Selon la communication officielle relative à l’opération, deux millions de dollars doivent être versés selon un mécanisme lié aux performances futures. Hela a reçu 1,5 million de dollars en espèces lors du transfert des actions, et les acheteurs ont versé 516 000 dollars pour son compte afin de financer les salaires d’avril 2026, laissant un solde de 3,984 millions de dollars. La communication ne désignait pas cette somme destinée aux salaires comme des sommes dues aux ouvriers d’Alexandrie. Toujours en avril, Emerald Clothing a repris l’exploitation des usines de Thihariya et de Palapathwala, au Sri Lanka, ainsi que les fonctions de conception en Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Les travailleurs sri-lankais transférés avec leurs droits

La comparaison avec le Sri Lanka révèle une différence de traitement au sein du même groupe. Deux jours après la demande de liquidation, le Conseil sri-lankais de l’investissement a annoncé le transfert à Emerald Clothing de 3 674 travailleurs, dont 251 cadres dirigeants, 393 employés et 3 030 ouvriers des chaînes de production. Le transfert s’est déroulé en deux étapes : 2 504 travailleurs le 1er mai 2026 et 1 170 le 1er juin, avec maintien de leur ancienneté, de leurs salaires et de leurs droits aux conditions des contrats existants. Le Conseil a confirmé avoir supervisé l’opération par l’intermédiaire de son département des relations professionnelles, précisant que la liquidation n’affectait pas ces travailleurs.

À l’inverse, la presse sri-lankaise a relevé l’absence de toute clarification officielle sur l’avenir des salariés du groupe hors du Sri Lanka. Ni le ministère égyptien du Travail ni l’Autorité générale pour l’investissement n’ont annoncé de dispositif préservant l’ancienneté des travailleurs d’Abis ou garantissant leurs salaires après le transfert de gestion. Cette comparaison ne prouve pas à elle seule une violation du droit en Égypte, mais elle pose une question directe : pourquoi les travailleurs sri-lankais ont-ils bénéficié d’une procédure annoncée de transfert de leurs contrats, tandis que ceux d’Alexandrie se voyaient proposer des démissions présentées comme des renouvellements ?

Le même scénario au Kenya

Le Kenya a connu cette situation avant l’Égypte. Le 1er mai 2026, jour de la fête du Travail, des ouvriers de Hela Intimates EPZ, à Athi River, ont manifesté, accusant l’entreprise d’avoir rompu leurs contrats sans procédure légale et de ne pas avoir payé leurs salaires. L’Autorité kényane des zones franches d’exportation a déclaré que l’entreprise s’était engagée à régler les indemnités de fin de contrat avant le 30 avril et que les travailleurs syndiqués avaient reçu leurs salaires de mars. Deux jours plus tard, le gouvernement kényan a exprimé son inquiétude face au retard des sommes dues à plus de 3 000 ouvriers licenciés après la fermeture de l’entreprise. Le directeur général de l’Autorité, Richard Ibero Omelo, a appelé les travailleurs au calme.

Il ne s’agissait pas de la première plainte dans l’usine kényane. En février 2022, des travailleurs avaient accusé la direction de les avoir transférés illégalement à un nouvel employeur et d’avoir licencié certains de leurs collègues. L’ouvrière Nancy Akoth affirmait que la direction recourait à l’intimidation et imposait des heures supplémentaires non rémunérées. Auparavant, en novembre 2018, un syndicat kényan avait engagé une action contre Hela Intimates devant le tribunal du travail de Nairobi, l’accusant d’avoir licencié des ouvrières enceintes ayant demandé un congé maternité et de refuser de respecter la convention collective signée par Alltex EPZ, l’entreprise qu’elle avait rachetée.

En avril 2023, la Société financière internationale, membre du Groupe de la Banque mondiale, a publié le dossier du projet 47052, portant sur un prêt proposé de 20 millions de dollars au maximum à Hela Investment Holdings, immatriculée à Maurice, pour financer le fonds de roulement et l’expansion de la production. Le dossier indique une approbation le 18 janvier 2024, mais le projet est « en suspens » depuis sa dernière mise à jour, le 30 octobre 2024. Aucun élément ne confirme le décaissement du prêt.

L’évaluation environnementale et sociale, réalisée après une visite de l’usine égyptienne en novembre 2022, indique qu’en février 2023 l’établissement employait environ 1 989 personnes, dont 1 080 femmes et 909 hommes. Les femmes représentaient donc 54,3 % des effectifs. L’entreprise louait 77 autobus pour transporter les travailleurs et l’usine était inscrite au programme Better Work de l’Organisation internationale du travail. Le rapport annuel 2024/2025 du groupe précise que les effectifs égyptiens représentaient 18 % de ses travailleurs de production à la fin de mars 2025.

Dans le plan d’action joint au projet, Hela avait pris des engagements touchant au cœur des plaintes des travailleurs d’Abis : modifier les contrats des salariés en Égypte pour préciser les horaires, les congés, les salaires, les heures supplémentaires et les avantages avant le 30 septembre 2023 ; élaborer une politique de réduction des effectifs et la déployer dans l’usine égyptienne avant le 27 février 2024 ; renforcer le mécanisme de réclamation par une interdiction explicite des représailles et la possibilité de plaintes anonymes avant le 31 décembre 2023 ; et consolider le conseil des représentants des travailleurs, élu tous les deux ans et rencontrant chaque mois la direction. Le Bureau du conseiller-médiateur pour l’application des directives (CAO) permet aux personnes affectées par les projets de la Société financière internationale de déposer des plaintes indépendantes. Ce document ne suffit pas à prouver des manquements en novembre 2026, mais les licenciements sans préavis et les démissions signées sous promesse de renouvellement concernent directement les engagements du groupe.

Une vague de protestations

La mobilisation d’Abis s’inscrit dans une vague de protestations dans les usines textiles et de confection en 2026. À la mi-septembre, environ 1 200 travailleurs d’Arab and Polvara Spinning and Weaving Company, à Alexandrie, ont organisé un sit-in contre des salaires qui, selon eux, ne dépassaient pas 2 500 livres égyptiennes par mois (45,07 dollars), la non-application du salaire minimum et le non-versement de leurs cotisations sociales. Le minimum officiel du secteur privé est pourtant fixé à 7 000 livres (126,20 dollars) depuis mars 2025. Le même mois, environ 550 ouvrières du département habillement de Samannoud Weaving Company, à Gharbia, ont repris leur grève après que la direction n’eut versé que 900 livres (16,23 dollars) sur les 3 100 livres (55,89 dollars) de leurs salaires d’août, selon le même article. Des rapports de suivi de janvier 2026 avaient également recensé des rassemblements similaires à Alexandrie, conclus par des promesses de la direction.

La crise de Hela constitue l’une des premières mises à l’épreuve de la loi sur le travail no 14 de 2025, entrée en vigueur en septembre 2025 et abrogeant la loi de 2003. L’article 4 de ses dispositions de promulgation interdit de porter atteinte aux droits et avantages antérieurement acquis par les travailleurs au titre des salaires, règlements et accords. L’identification de l’employeur responsable des salaires dépend toujours de l’accord de gestion signé le 7 juin, des contrats individuels et de l’identité de l’employeur enregistré auprès de l’Organisation nationale d’assurance sociale : s’agit-il de Hela Clothing Egypt S.A.E., d’Emerald en tant que gestionnaire du personnel, ou de la société d’origine employant les ouvriers de Baby Coca ?

La crise soulève des questions auxquelles aucune partie n’a répondu publiquement. Combien de travailleurs ont effectivement été licenciés et combien de mois de salaires sont impayés ? L’accord de gestion comprend-il une obligation de paiement des salaires, ou se limite-t-il au fonctionnement des chaînes de production ? Qui a décidé des licenciements : Emerald ou la société égyptienne ? Les engagements relatifs aux contrats et aux réductions d’effectifs présentés par Hela à la Société financière internationale ont-ils été mis en œuvre ? Qui perçoit les recettes d’exportation de la société égyptienne pendant cette période de nouvelle gestion ? Et quel sera le sort des travailleurs si l’accord expire le 31 décembre sans exercice de l’option d’achat ?

Ajoutez Zawia3 à vos sources préférées sur Google

Search