Rester à la rue avec deux enfants, dont la plus jeune, Mariam, a deux ans, n’était pas ce qu’attendait la jeune Soudanaise Fatima Mohamed, 33 ans, lorsqu’elle a franchi la frontière égypto-soudanaise lors d’un voyage clandestin, qu’elle espérait être la dernière chose qui la lierait au danger.
Fatima a vécu la même histoire que des centaines de milliers de déplacés soudanais depuis le déclenchement du conflit armé, à la mi-avril 2023, entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapide.
Tout a commencé par le déplacement de Khartoum vers la région de Wad Madani, ville sûre du centre du Soudan, dans l’État d’Al-Jazira, où un demi-million de citoyens se sont réfugiés au début du conflit. En quittant Khartoum, elle a perdu son mari en chemin. Elle raconte à « Zawia3 » : « Je ne l’ai pas retrouvé. Nous avons essayé de l’appeler au téléphone, mais il n’a pas répondu, et nous ne savons pas s’il est vivant ou mort. »
À Wad Madani, Fatima a vécu dix mois, interrompus par l’entrée de la ville dans le cercle du conflit. En décembre 2023, les Forces de soutien rapide sont entrées dans la ville, et les civils l’ont quittée, parmi eux Fatima, partie en février dernier.
Cette fois, son déplacement s’est fait vers la frontière : elle a rejoint un groupe de 16 personnes qui ont entrepris un voyage clandestin vers l’Égypte. En chemin, leur voiture est tombée en panne : « Nous sommes restés 15 jours sans nourriture. »
Fatima est arrivée à Assouan début mars dernier ; là, les 3 000 livres égyptiennes, tout ce qu’elle avait emporté pour son voyage, ont été épuisées. Bien qu’elle n’ait plus d’argent, elle devait se rendre dans la capitale, Le Caire, où se trouve le siège du Haut-Commissariat aux réfugiés : pour sa sécurité, il ne suffisait pas d’être loin du bruit des bombardiers et de la guerre, il fallait aussi être hors de portée de la sécurité égyptienne. Elle devait entamer le parcours de la régularisation.
La régularisation
Contrairement aux Syriens arrivés en Égypte pendant la guerre en Syrie, les Soudanais qui ont fui vers l’Égypte depuis avril 2023 ont trouvé une décision de « régularisation de la situation et de légalisation du séjour » des étrangers résidant illégalement.
La décision a été prise par le Premier ministre, Moustafa Madbouly, fin août 2023 ; elle exigeait la présence d’un hôte de nationalité égyptienne et le paiement de frais administratifs équivalant à 1 000 dollars américains, dans un délai de trois mois. Le délai a été prolongé deux fois : en décembre pour trois mois, et en mars dernier pour six mois.
Bien que la décision ne mentionne pas spécifiquement les Soudanais, elle a été prise alors que ceux-ci empruntaient des voies irrégulières vers l’Égypte. Dans un rapport publié le 3 avril dernier, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés en Égypte estime le nombre d’arrivées irrégulières à « près des deux tiers des nouveaux arrivants (72 %) », et le nombre d’arrivées en provenance du Soudan entre avril 2023 et mars 2024 à environ 508 827 personnes, dont 500 000 Soudanais.
Le rapport attribue l’intensité des voyages irréguliers à des « restrictions d’entrée en juin 2023 », c’est-à-dire à la décision du gouvernement égyptien d’exiger un visa d’entrée pour des catégories qui pouvaient auparavant entrer sans visa, à partir du 10 juin 2023.
Le responsable du dossier des réfugiés à la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, Mohamed Saeed, décrit dans ses déclarations à « Zawia3 » l’effet de la décision des 1 000 dollars sur les migrants soudanais irréguliers : « Il n’y a pas d’autre solution pour régulariser sa situation que de payer ces sommes ou de s’enregistrer auprès du Haut-Commissariat aux réfugiés. »
Cette situation n’existait pas à l’époque de l’enregistrement des Syriens auprès du Haut-Commissariat, selon Mohamed Saeed, qui explique que les Syriens disposaient d’une autre option, l’enregistrement via le séjour touristique.
Il en a résulté l’afflux quotidien de milliers de Soudanais vers le siège du Haut-Commissariat, dans le septième quartier de la ville du 6-Octobre, comme nous l’avons constaté lors d’une visite au siège, où nous avons trouvé un encombrement dans la rue et des rendez-vous d’enregistrement lointains.
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Aux portes du Haut-Commissariat
Dans une aire d’attente ombragée et divisée en dix couloirs, Fatima a fait de longues files d’attente devant le siège du Haut-Commissariat, pour parvenir jusqu’à un employé qui lui fixe un rendez-vous d’entretien pour l’ouverture d’un dossier, avant d’obtenir le statut de « demandeuse d’asile » qui lui permet d’accéder aux aides.
Le Haut-Commissariat applique un mécanisme de rendez-vous préalables pour l’enregistrement. Le rendez-vous est fixé soit par téléphone, soit en se présentant au siège, mais obtenir un rendez-vous par téléphone est devenu quasiment impossible, comme nous le raconte Amr Osman (pseudonyme), étudiant en quatrième année à la faculté d’ingénierie, qui a préféré taire son nom.
Amr Osman raconte : « J’ai téléchargé une application de rappel automatique et j’ai appelé 1 200 fois, mais les numéros étaient indisponibles. J’insistais pour appeler, car je savais, par l’expérience d’autres réfugiés, que se présenter en personne au Haut-Commissariat est une véritable épreuve. »
Parmi des centaines de personnes qui attendaient, Fatima et Amr ont tous deux réussi à parvenir jusqu’à l’employé du Haut-Commissariat, qui a fixé pour chacun d’eux un rendez-vous au 22 septembre prochain. Aucun des deux n’a caché son étonnement face à ce rendez-vous, qu’ils ont jugé extrêmement tardif.
Tous deux partagent des réserves sur ce rendez-vous : Fatima, qui vit dans la rue en face du Haut-Commissariat, où nous l’avons trouvée, explique qu’elle restera six mois sans aucune aide financière ni logement, car le Haut-Commissariat exige l’enregistrement pour accéder à ses services. Amr, lui, retournera dans son logement récent du quartier de Faisal, où il passera sa période d’attente sans papiers officiels, donc sans virements bancaires, sans ligne téléphonique à son nom, et sans même pouvoir sortir de chez lui.

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Une vie d’attente… expulsion ou absence de services
Dès qu’un Soudanais reçoit le document fixant son entretien, il est placé sous la protection du Haut-Commissariat : le document indique que son titulaire « a exprimé son besoin de protection internationale » et qu’il « doit donc être protégé contre le refoulement vers son pays d’origine ou vers tout pays où il risquerait d’être indirectement refoulé ».
En vertu de cela, l’arrestation du titulaire du document au motif qu’il réside illégalement est exclue, ce qui, selon Nour Khalil, directeur exécutif de la Plateforme des réfugiés en Égypte, ne se vérifie pas dans la réalité.
Il poursuit : « Ces derniers mois, la Plateforme des réfugiés en Égypte a documenté différentes opérations d’expulsion forcée de Soudanais et de Soudanaises d’Égypte vers le Soudan, par les points de passage terrestres avec le Soudan. » Il précise que ces expulsions « ont concerné des réfugiés et des demandeurs d’asile enregistrés auprès du Haut-Commissariat, des personnes ayant obtenu un rendez-vous d’enregistrement et attendant leur entretien, et des personnes ayant traversé de manière informelle sans avoir pu déposer de demande d’asile ».
Il souligne que la méthode des autorités égyptiennes dans ces cas est la suivante : « Les décisions d’expulsion ne sont pas remises aux personnes concernées, qui ne peuvent pas non plus les contester ; et lorsqu’elles parviennent à le faire, les expulsions forcées ont lieu avant la fin de l’examen des recours. »
C’est ainsi que s’enfermer chez soi jusqu’au rendez-vous de l’entretien, en se limitant à des déplacements précis pour « acheter de la nourriture et l’essentiel », est devenu le choix d’Amr Osman et de milliers de Soudanais qui attendent leur entretien.
La vice-présidente de l’Association des avocats du Darfour, Nafisa Hajar, critique cette situation dans ses déclarations à « Zawia3 » : « Les rendez-vous sont devenus un moyen d’enfermer le demandeur d’asile pendant des mois, ce qui contrevient aux mesures et aux droits garantis au demandeur de protection en vertu des systèmes de protection établis par les Nations unies. »
Le directeur exécutif de la Plateforme des réfugiés, Nour Khalil, partage son avis : il voit dans l’arrestation par les autorités égyptiennes de demandeurs d’asile et de personnes ayant traversé par des voies irrégulières une violation « quotidienne » des « conventions et traités internationaux que l’Égypte a signés et ratifiés à cet égard et qui l’engagent au niveau international, et qui obligent les États à faciliter et à permettre aux personnes de demander l’asile, à ne pas les détenir en raison d’une entrée irrégulière et à interdire l’expulsion forcée et l’éloignement ».
Selon l’article 31 de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, que l’Égypte a signée, « les États contractants n’appliqueront pas de sanctions pénales, du fait de leur entrée ou de leur séjour irréguliers, aux réfugiés qui, arrivant directement du territoire où leur vie ou leur liberté était menacée […], entrent ou se trouvent sur leur territoire sans autorisation ».
La deuxième partie du même article garantit le droit des réfugiés à se déplacer et leur accorde « un délai raisonnable ainsi que toutes facilités nécessaires pour obtenir l’autorisation d’entrer dans un autre pays ».
Outre la traque sécuritaire et la limitation des déplacements imposées à ceux qui attendent leur rendez-vous d’enregistrement, Nour Khalil affirme que même si le demandeur d’asile échappe à la sécurité, il vivra sa période d’attente sans services complets, comme « l’éducation, la santé, la sécurité sociale, les vaccinations, l’accès aux services de communication et à Internet ».
Nour Khalil indique que sa plateforme a documenté « l’obtention par certaines personnes de rendez-vous en 2025 », ce qui signifie que les intéressés resteront sans sécurité ni services jusqu’à l’année prochaine.

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Après l’enregistrement
Les files d’attente du Haut-Commissariat et ses rendez-vous lointains ne sont pas les seuls problèmes du parcours d’asile. Après l’enregistrement vient l’étape du contact avec les organisations partenaires du Haut-Commissariat, au nombre de 13, qui travaillent dans le Grand Caire, à Assouan, sur la côte nord et dans le Nord-Sinaï. Elles fournissent des services variés, allant de la protection et de l’aide juridique à la santé mentale, au soutien psychosocial, aux soins de santé et à l’éducation.
Malgré l’organisation apparente, la situation n’a pas été exempte de certains retards, comme l’a raconté Safaa Abou Bakr, une Soudanaise qui a accouché en avril dernier sans aucune aide pour s’occuper de son nouveau-né et de ses cinq autres enfants, dont l’aîné a 12 ans.
Safaa est arrivée en Égypte le 29 novembre 2023 après une traversée irrégulière, et a obtenu sa carte du Haut-Commissariat le 3 janvier dernier ; depuis, elle tente en vain d’obtenir une aide financière.
Elle raconte qu’à son arrivée au Caire, elle était dans ses premiers mois de grossesse : « Je suis allée au Haut-Commissariat, et ils m’ont dit que toute plainte serait reçue après la remise de la carte. » Elle poursuit : « Après avoir reçu la carte, je leur ai dit que j’étais enceinte et que je ne pouvais pas travailler, et ils m’ont orientée vers l’organisation Caritas », l’un des principaux partenaires du Haut-Commissariat, qui fournit un soutien dans des domaines comme la protection, les soins de santé et le soutien psychosocial.
Le 7 janvier, Safaa a passé un entretien chez Caritas pour évaluer son droit à une aide, les aides financières étant limitées aux cas les plus nécessiteux, « en raison de la limitation des ressources, mais aussi du recul des sources de financement dû à de nombreuses crises internationales et régionales, alors que le nombre d’arrivées en provenance du Soudan augmente », selon Ibrahim Nagy, directeur général des programmes stratégiques de Caritas, dans ses déclarations à « Zawia3 ».
Bien que Safaa estime appartenir à ces catégories prioritaires, cela ne lui a pas encore permis d’obtenir une aide : « Certains Soudanais ont déjà reçu des aides, mais moi je n’ai encore rien reçu », explique-t-elle.
Ibrahim Nagy reconnaît l’existence de difficultés dans la fourniture des services, qu’il explique par « des ressources limitées face à l’ampleur des besoins ».
Taux de financement selon les rapports du Haut-Commissariat
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Une migration massive
Si l’enregistrement auprès du Haut-Commissariat, considéré comme la première étape pour construire une vie stable pour ceux qui fuient les guerres, se heurte à tous ces obstacles dans le cas des Soudanais en Égypte, il n’est pas le seul problème. À côté viennent les décisions prises par le gouvernement égyptien depuis le milieu de l’année dernière, interprétées comme montrant que le gouvernement ne traite pas le dossier des réfugiés sous un « angle humanitaire ou d’engagement international », mais en fonction de ce qui « profite à ses caisses », selon le rapport « À la recherche du dollar : l’impact de la crise économique sur les réfugiés et les migrants en Égypte », publié par la Commission égyptienne pour les droits et les libertés.
Les choses ne se sont pas arrêtées là : les Soudanais ont dû faire face, au sein de la société, à un discours qui les rend responsables de la hausse des prix.
Tout cela a provoqué une « migration massive » des Soudanais hors d’Égypte, selon Salah El-Din Mohamed, leader communautaire au sein de la communauté des réfugiés soudanais en Égypte, dans des déclarations à « Zawia3 ».
Il affirme que « de janvier dernier à mars, plus de 150 familles sont parties, en Libye précisément », soulignant que la situation y est meilleure pour les réfugiés et que « la plupart ont quitté l’Égypte clandestinement ».
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Le Haut-Commissariat
Le bureau du Haut-Commissariat au Caire ne nie pas la crise de l’entassement des Soudanais et les problèmes d’enregistrement, mais il les aborde dans ses rapports mensuels sous l’angle de ses efforts face à l’explosion des chiffres.
Dans son rapport de septembre 2023, il estime l’augmentation du total des opérations d’enregistrement à 470 %, indiquant avoir augmenté ses effectifs pour faire face aux chiffres. Selon le rapport de janvier dernier, le nombre d’employés s’élève à 424.
Pour absorber les chiffres, le Haut-Commissariat a travaillé pendant les week-ends, selon le rapport de janvier dernier, et s’est employé à « améliorer les infrastructures et élargir la ligne d’information ainsi que les canaux de communication », signalant qu’il étudie avec le gouvernement égyptien « la possibilité de délivrer les rendez-vous via Internet ».
Fort de ses relations avec le Haut-Commissariat en tant que leader communautaire au sein de la communauté des réfugiés soudanais, Salah El-Din Mohamed estime que les efforts du Haut-Commissariat pour absorber le problème des chiffres sont « insuffisants » : « Le changement est lent et minime : il recevait chaque jour entre 200 et 300 familles, il en reçoit actuellement 400, et l’entassement persiste. »
Il met en doute les chiffres annoncés par le Haut-Commissariat concernant le nombre de personnes qu’il reçoit chaque jour, entre 1 000 et 2 000 : « Devant la porte du Haut-Commissariat, il y a entre 500 et 600 personnes assises, et vous n’arrivez pas à les enregistrer ; comment pourriez-vous enregistrer 2 000 personnes par jour ? »
C’est ce que confirme le récit d’Aya Khogali, 20 ans, arrivée en Égypte à la mi-mars dernier. Elle nous raconte que, bien qu’elle ait passé une nuit devant le siège du Haut-Commissariat pour être sûre d’entrer le lendemain matin, elle a échoué. Elle explique : « Ils ont commencé à travailler à huit heures, et à neuf heures du matin, ils avaient terminé : ils n’ont ouvert la prise de rendez-vous que pendant une heure. »
Salah El-Din qualifie la gestion de la crise par le Haut-Commissariat de « mauvaise », attribuant les causes au faible nombre d’employés du Haut-Commissariat par rapport au nombre de demandeurs d’asile. Revenant à la période antérieure à la crise, il affirme que la « lenteur » est un trait fondamental du Haut-Commissariat au Caire, exprimant son mécontentement face à son « traitement lent » de la détention par les services de sécurité de certains titulaires de ses cartes, malgré la protection que leur offrent ces cartes.
Il souligne que les problèmes des réfugiés et des demandeurs d’asile avec le bureau du Haut-Commissariat au Caire sont anciens et ne se limitent pas à la crise actuelle, évoquant les doutes des réfugiés envers le Haut-Commissariat quant à l’utilisation des financements qu’il reçoit pour eux des pays donateurs, et leurs plaintes quant à la difficulté de le contacter : « Les numéros d’urgence sont toujours occupés. »
Pour sa part, la vice-présidente de l’Association des avocats du Darfour, Nafisa Hajar, a rejeté le discours du Haut-Commissariat, qui impute la crise aux chiffres et au manque de financement, précisant que l’association a préparé une plainte et compte rencontrer la représentante du Haut-Commissaire pour les réfugiés en Égypte et auprès de la Ligue arabe, Hanan Hamdan : « Nous tenons à la rencontrer personnellement pour lui faire porter la responsabilité ; si cela s’avère impossible, nous enverrons alors la plainte par les voies habituelles. »
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Une défaillance ?
Entre le discours du Haut-Commissariat, qui impute dans ses rapports la crise à l’augmentation des chiffres, et celui de Salah El-Din, qui rapporte le regard de la communauté des réfugiés sur un Haut-Commissariat jugé « défaillant », nous avons tenté de contacter le Haut-Commissariat pour obtenir une réponse, qui ne nous était pas parvenue au moment de la rédaction de ce rapport ; nous nous sommes donc tournés vers ses chiffres.
Nous avons comparé l’action du bureau du Haut-Commissariat en Égypte depuis le début du conflit soudanais en avril 2023 jusqu’en mai 2024, et celle du bureau du Haut-Commissariat au Liban pendant la guerre en Syrie, sur une période similaire, d’avril 2013 à mai 2014, en nous appuyant sur les rapports mensuels publiés par les deux bureaux pendant la période de comparaison.
Comparaison des taux d’enregistrement mensuels des deux bureaux
Total des personnes enregistrées à ce jour
Il apparaît que le nombre de Soudanais enregistrés auprès du Haut-Commissariat au 31 mai dernier s’élevait à 367 147, alors que le nombre d’enregistrés juste avant le début du conflit soudanais, en mars 2023, était de 60 779 ; cela signifie que le total des personnes enregistrées depuis le début du conflit jusqu’à fin mai dernier s’élève à 306 368 Soudanais.
En revanche, le nombre de Syriens enregistrés au Liban en avril 2013 était d’environ 343 843, et il a atteint 1 030 413 en mai 2014 ; cela signifie que le total des personnes enregistrées au cours de cette période dépasse 686 000 Syriens enregistrés auprès du Haut-Commissariat.
Alors que les chiffres montrent la faiblesse des taux d’enregistrement du bureau du Caire, par rapport aux enregistrements du bureau du Liban, qui l’a dépassé de 380 202 opérations d’enregistrement au cours de la période mentionnée, il ne reste aux migrants soudanais que deux options : continuer à venir en Égypte, aux conditions de son gouvernement et avec l’action du bureau du Haut-Commissariat, ou chercher un autre pays.
