Gagner son pain sous le soleil : des risques sans protection pour les livreurs en Égypte

Les livreurs en Égypte souffrent de l’absence de protection juridique et sociale, et sont privés de la création d’un syndicat malgré sa légalité, ce qui les expose à de grands risques et à une exploitation continue
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Moataz Abboudy

La rue s’est arrêtée, et des passants se sont rassemblés autour d’un motocycliste tombé à terre après avoir perdu connaissance ; l’un d’eux lui a retiré son casque, et un bénévole a examiné la tête de l’homme inconscient, constatant que le livreur avait une température élevée. C’était logique, car le livreur travaillait depuis le petit matin par une température qui dépasse parfois 45 degrés Celsius à l’ombre, d’autant que Le Caire connaît un abattage continu des arbres, ce qui prive les rues de zones et d’espaces ombragés qui atténuent la sensation de chaleur. Quelques minutes seulement plus tard, Ahmed Hussein, âgé d’une trentaine d’années selon sa carte d’identité, arrivait à l’hôpital général Oum El-Masryeen de Gizeh pour y recevoir les premiers soins nécessaires.

Khaled Abdel Aziz, employé de l’Autorité égyptienne des ambulances, déclare à Zawia3 que le cas de Hussein n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan, puisqu’il s’agit de l’un des dizaines de cas quotidiens que reçoit l’Autorité parmi les conducteurs de motos et de vélos. Abdel Aziz qualifie les livreurs de « victimes », car, selon ses termes, ils « brûlent à cause des vagues de chaleur extrêmement dures que subit l’Égypte depuis la mi-mai dernier ».

La révolution des technologies modernes a entraîné l’essor du métier de livreur à vélo ou à moto. Avec la diffusion des applications de livraison de colis et de commandes en ligne, la demande pour leurs services a augmenté : ils sillonnent désormais les rues des villes égyptiennes pour livrer des repas, des colis postaux urgents, et jusqu’aux besoins quotidiens en épicerie et en produits de première nécessité. Leurs missions ne se sont pas limitées à cela, mais se sont étendues aux services de livraison des produits des plateformes de commerce électronique, faisant d’eux une artère vitale qui alimente la roue du commerce électronique à l’ère numérique.

Les « pilotes », livreurs à moto ou à vélo, font face à de nombreux défis qui s’ajoutent à la difficulté de leur travail sous des températures élevées : les agressions contre eux se répètent, et nous entendons parler de leurs souffrances croissantes dues à des conditions de travail dures, dépourvues des droits les plus élémentaires d’un travail décent. Selon des experts des droits, cette catégorie relève du « travail au noir », puisqu’ils ne bénéficient d’aucune garantie sociale ni de contrats officiels encadrant leur travail. S’y ajoute la difficulté de les recenser, puisqu’ils font partie des catégories de « travailleurs informels » que les ministères du Travail et de la Solidarité sociale cherchent à recenser depuis des années (selon les données de l’Agence centrale des statistiques pour 2022, leur nombre a atteint environ 11,8 millions de personnes).

 

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Une catégorie marginalisée

Dans l’une des rues latérales de la rue El-Eshreen, dans le quartier de Faisal rattaché au district d’El-Haram à Gizeh, Hussein Farid est sorti en hâte pour livrer des commandes du quartier de Kafr Ghattati, dans le district d’El-Haram, à un client de Nasr City : il devait livrer un sac à un magasin. Bien que le coût indiqué dans l’application n’ait pas dépassé 150 livres égyptiennes, il a été surpris par la grande générosité du client. Quelques jours plus tard, passant par hasard devant ce magasin, il l’a trouvé fermé ; en se renseignant, il a appris que son propriétaire faisait du trafic de drogue et avait été arrêté deux jours plus tôt.

Farid, âgé d’une vingtaine d’années, déclare à Zawia3 : « J’ai été terrifié, d’autant que nous avons entendu des dizaines d’histoires de personnes qui font le même travail que moi et qui ont connu des situations similaires ; beaucoup ont passé du temps dans des commissariats pour diverses raisons, notamment le cambriolage d’un logement où un livreur avait livré une commande quelque temps auparavant, ou un meurtre. Bref, nous travaillons sur la paume d’un démon, comme dit le proverbe égyptien. »

Selon les témoignages de nombreux travailleurs de ce métier avec qui nous avons parlé, ils sont constamment exposés au risque de licenciement, à la suite de plaintes de clients ou pour toute autre raison, en plus des dangers de la route, dont les accidents de la circulation dus à l’absence de voies aménagées en Égypte pour les deux-roues motorisés, ainsi que les températures élevées, les longues heures de travail à travers les quartiers et les zones, et la vitesse excessive due à l’obligation de livrer les commandes en moins de 45 minutes, quelles que soient les conditions de circulation. À cela s’ajoutent les vols, de plus en plus fréquents sous l’effet des fortes pressions économiques : nombre d’entre eux sont exposés au danger de bandes qui sévissent sur les routes pour voler leur véhicule, selon ceux avec qui nous avons parlé.

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6 millions de travailleurs

La croissance des entreprises de services logistiques qui s’appuient sur les applications pour smartphones (livraison de commandes en ligne) a contribué à l’augmentation rapide de leur nombre ces dernières années. La seule estimation du nombre de livreurs, ou « pilotes », est apparue avec l’annonce par le ministère de la Solidarité sociale de l’initiative « Ta route est sûre » : Mervat Sabreen, assistante de la ministre de la Solidarité sociale chargée de la protection et des filets de sécurité sociale, a estimé le volume de l’activité dans ce domaine à 2,5 milliards de dollars, et le nombre de personnes exerçant ce métier, dans ses différentes activités, à six millions de jeunes hommes et femmes. Selon le ministère de la Solidarité sociale, le marché de la livraison de commandes en Égypte a progressé d’environ 8 % en 2021.

L’initiative, lancée en 2022, visait à élaborer un protocole destiné à intégrer les travailleurs des services de livraison sous l’égide de la protection sociale, et à contribuer à la création d’une association de services pour les travailleurs de ce secteur ; mais selon ce qu’a déclaré l’assistante de la ministre de la Solidarité chargée de la protection et de la sécurité sociale, le ministère a distribué un certain nombre de casques aux travailleurs de ce métier affiliés à l’application « Mrsool », l’une des applications de livraison célèbres ; par la suite, pendant deux ans, aucune donnée n’a été publiée sur cette initiative.

« C’est la catastrophe du travail au noir », déclare l’avocat des droits humains Malek Adly, directeur du réseau des avocats du Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, qui ajoute : « Ce sont des travailleurs liés par des relations de travail à d’autres individus, et aucun cadre, juridique ou d’assurance, ne les régit ; c’est pourquoi on parle de travail au noir. Ils sont comme les ouvriers des ateliers de briques et de carrelage ou les vendeurs ambulants, et ils diffèrent des travailleurs réguliers et des travailleurs irréguliers, puisqu’ils échappent au regard de l’État. Ce travail au noir est presque une forme d’esclavage, car rien n’oblige les employeurs à signer des contrats avec cette catégorie de travailleurs. »

Adly explique qu’il n’existe aucun lien entre l’ensemble des travailleurs du secteur de la livraison, ou « pilotes », et l’État : pas d’assurances, ni de documents attestant de leur emploi. Il affirme : « Nous avons en Égypte un grave déséquilibre dans les rapports de travail, et ces travailleurs vivent une réalité misérable : ils font face aux employeurs en dehors de la loi et sont exposés à de grands risques, dont le stress thermique et les accidents de la route. Cette catégorie comprend les travailleurs des applications pour smartphones, qui travaillent sous leur propre responsabilité, sans aucune protection contre les risques du métier : c’est une personne qui accomplit un travail au moment de son accident, et cela ne peut être prouvé ; c’est pourquoi nous la décrivons comme un degré d’asservissement des êtres humains. »

L’avocat des droits humains attribue nombre des crises que vit cette catégorie à l’absence de sanctions dissuasives contre les employeurs qui l’emploient dans des conditions difficiles, sans contrat garantissant ses droits, dans un contexte d’absence totale des bureaux d’inspection du travail. De même, l’absence de syndicats ouvriers capables de faire face aux crises de cette catégorie constitue le principal facteur de la persistance de ces souffrances, alors qu’ils sont la seule solution radicale à cette crise, car les travailleurs sont les mieux placés pour s’organiser et défendre leurs droits ; mais cela est presque impossible dans le contexte sécuritaire que vit l’Égypte.

Un document de recherche récent publié sur la plateforme Al-Ishtiraki au sujet des livreurs conclut à la nécessité d’organisations syndicales et de négociations collectives, comme moyen de combler les lacunes en matière de droits et de protection de ces travailleurs, parallèlement à des efforts multidimensionnels comprenant l’amélioration des conditions de travail et la mise en place d’un filet de sécurité sociale pour réduire l’isolement et la dureté auxquels ils sont confrontés, en particulier avec la dépendance croissante aux technologies logistiques.

Le document explique que de nombreuses entreprises de livraison s’appuient sur ce que l’on appelle le modèle de sous-traitance, qui se caractérise par la dissolution du lien traditionnel entre le travailleur et l’entreprise à laquelle il fournit ses services. Ces entreprises recourent à l’externalisation : elles passent des contrats avec des agences de recrutement qui, à leur tour, recrutent les livreurs et les emploient sous leur bannière, ce qui permet aux entreprises de livraison de se soustraire aux obligations liées à l’emploi direct, comme la protection sociale ou la sécurité de l’emploi.

Il en a résulté de nombreux problèmes, dont les plus importants sont l’absence de sécurité de l’emploi ou contractuelle et l’absence d’assurance sociale et maladie globale contre les risques du travail. Les livreurs ne perçoivent pas non plus de salaire fixe : leur part est déterminée en fonction de chaque livraison effectuée. Les horaires de travail varient en outre entre huit et 12 heures par jour, sans pauses, ce qui signifie un épuisement physique intense. Les entreprises ou les agences de sous-traitance ne fournissent pas les outils et équipements essentiels permettant au travailleur d’accomplir son travail : c’est au travailleur de se les procurer lui-même. Il est également contraint d’acheter l’uniforme promotionnel de l’entreprise pour laquelle il travaille, ainsi que le caisson de livraison, un téléphone récent et des forfaits internet supplémentaires, nécessaires au fonctionnement de l’application par laquelle il travaille, ce qui représente des coûts supplémentaires à sa charge. Enfin, les entreprises exigent du travailleur qu’il signe des « reçus de garantie », ce qui l’expose à la prison ou à des poursuites s’il perd sa marchandise.

 

La loi permet la création d’un syndicat

Au sujet de l’idée de créer un syndicat qui leur soit propre, le député Adel Abdel Fadil, président de la commission de la main-d’œuvre de la Chambre des représentants, affirme que la loi égyptienne permet désormais, de manière souple, la constitution d’entités syndicales par simple notification : les membres d’une profession comptant 50 travailleurs ont le droit de suivre les procédures de constitution d’une entité syndicale, ce qui met la balle dans le camp des livreurs eux-mêmes, qui sont les mieux placés pour définir leurs besoins et constituer des entités syndicales visant à y répondre et à résoudre leurs crises.

Concernant la possibilité d’une intervention législative pour résoudre les crises de cette catégorie, Abdel Fadil explique que les livreurs font face à de grands risques, mais que, s’agissant de la loi, le principe est qu’il existe un contrat de travail entre le travailleur et son lieu de travail, et que des mécanismes de contrôle des organismes d’assurance supervisent la formalisation de cette relation ; c’est pourquoi « on ne peut pas adopter une loi pour chaque profession ».

Il ajoute : « Cela n’empêche pas le rôle du gouvernement dans l’observation des phénomènes sociaux et l’étude des mécanismes les plus appropriés pour les traiter, car c’est lui qui a la capacité d’observer et d’analyser un phénomène de cette ampleur ; il décide alors de la manière la plus appropriée d’intervenir, et si les mécanismes doivent être sécuritaires ou législatifs. Nous aurons bien sûr un rôle de contrôle à cet égard, et c’est ce sur quoi nous travaillerons dans la période à venir. »

 

De son côté, le chercheur en économie Elhamy El-Merghany, vice-président du Parti de l’alliance populaire socialiste, affirme que parler de la facilité de créer des syndicats par simple notification n’est une réalité que sur le papier : des dizaines de tentatives de créer des syndicats indépendants sont bloquées, et tout le monde en connaît les risques, avec les obstacles dressés par les organismes gouvernementaux concernés.

El-Merghany explique que l’on ne peut pas « imaginer trouver des solutions à une crise sans une réelle volonté de recenser les personnes concernées et de leur trouver des représentants, d’autant que ce métier est en croissance constante avec les progrès technologiques, et que la crise du coronavirus a révélé son importance : il n’existe pas en Égypte de domaine économique dont ce métier n’ait pas fait partie de l’activité ».


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L’exploitation sexuelle

La nature de ce métier expose effectivement ceux qui l’exercent à de nombreuses crises, dont la plus récente est la tentative d’exploitation sexuelle sous ses différentes formes de la part de certains clients, en particulier avec l’arrivée des femmes comme livreuses ces dernières années. « Shallata », comme le surnomment ses collègues, raconte : « Une fois, lors d’une livraison, je suis monté chez le client au septième étage ; il m’a demandé d’entrer dans l’appartement pour boire un jus, mais j’ai été surpris de le voir tenir un tube de crème et me demander de lui masser le bas du dos, sous prétexte qu’il ne pouvait pas l’atteindre seul. J’ai alors senti que le client me harcelait, et je suis parti immédiatement. »

La situation était différente pour Sameh, à qui une femme a demandé de la contacter par téléphone après la première fois qu’il lui a livré un repas, en expliquant qu’elle lui passerait directement ses commandes et qu’il les apporterait lui-même. Sameh, 19 ans, raconte : « Le soir même, elle m’a appelé, m’a raconté des détails de sa vie et m’a assuré qu’elle était divorcée et se sentait seule. Le lendemain, elle m’a appelé et m’a demandé de livrer moi-même ses commandes ; dès mon arrivée, elle a ouvert la porte dans une tenue indécente, mais j’ai catégoriquement refusé d’entrer dans l’appartement, je suis parti et j’ai refusé de traiter de nouveau avec elle. »

 

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La responsabilité pénale

La dimension sécuritaire figure parmi les problèmes préoccupants pour les livreurs. Évaluant la situation actuelle de cette catégorie de travailleurs, le général Refaat Abdel Hamid, expert en sciences criminelles, déclare : « Tout d’abord, nous saluons la volonté des jeunes de travailler dans des métiers légaux, mais cela doit être fondé sur une loi, et non sur des réglementations provisoires. Cette loi doit définir les rôles et les conditions de l’engin utilisé, de la personne qui le conduit et de sa responsabilité pénale, ainsi que de la personne responsable de l’activité, et il doit y avoir une définition claire de la responsabilité pénale de celui qui commande la livraison, d’autant que cette catégorie frappe aux portes des domiciles à toute heure de la journée, ce qui accroît les risques qu’ils courent et ceux que représentent certains d’entre eux. »

Concernant la réalité actuelle et le traitement sécuritaire de cette catégorie, Refaat indique que les agents de la circulation se montrent tolérants envers elle dans les rues en raison des conditions de vie que traversent les citoyens en Égypte, mais qu’ils ne laisseront certainement pas passer un engin non immatriculé ou dont le conducteur n’a pas de permis. Quant au fait de placer les livreurs dans le cercle des suspects, c’est inacceptable, explique-t-il : « En réalité, il est interrogé par les forces de sécurité pour apporter des informations aux services de police, et non en tant qu’accusé ; il est le plus proche de l’événement et celui qui connaît le mieux le quartier, et il est en cela comme le gardien d’immeuble ou l’employé d’une société de sécurité du quartier. »

Commentant ces propos, le général Fouad Allam, expert en sécurité, déclare que l’idée selon laquelle les membres de ce métier seraient exposés à de graves risques sécuritaires est exagérée, malgré les incidents répétés ; cela s’explique par le très grand nombre de personnes qui exercent ce métier, car la question se mesure au volume des crimes rapporté au nombre de travailleurs.

Au sujet de l’encadrement juridique des motos, Allam explique que la loi existe, mais qu’il y a une forme de tolérance dans son application, afin de ne pas faire pression sur ces jeunes ; les services de sécurité doivent toutefois réévaluer cette catégorie et appliquer la loi avec fermeté, de manière à encadrer l’usage commercial de la moto, avec les assurances qui en découlent pour assurer à cette catégorie protection et indemnisation face aux dangers de la route.

 

De nouvelles catégories dans le métier

Lors de la tournée de Zawia3 auprès des livreurs, on remarquait l’arrivée de nouvelles catégories dans ce métier : devant un magasin spécialisé dans la vente de produits de beauté, rue Faisal, Yasmine attendait à l’extérieur, assise sur sa moto, pendant les quelques minutes d’attente de la commande à livrer.

Elle nous dit : « La livraison est pour moi un bon travail ; je subviens désormais aux besoins de mes deux enfants après que mon mari a divorcé et est parti, et en même temps, je peux travailler aux heures qui me conviennent. »

Bilal Abdel Aal, professeur d’anglais qui travaille sur les applications Uber et inDrive, dit avoir eu recours à ce métier pour trouver une source de revenus pendant les vacances ; malgré la chaleur, il ne peut pas laisser passer une journée sans travailler, car il a quatre enfants, et la livraison est désormais sa principale source de revenus. Sayed Hashem, employé d’une banque du centre-ville du Caire, âgé d’une vingtaine d’années, nous dit : « On me demande des sommes énormes pour fonder un foyer, et j’ai trouvé que travailler une heure avant l’ouverture de la banque et deux heures après me rapporte un bon revenu qui m’aide à faire face aux conditions de vie. »

Il explique : « J’ai besoin d’un appartement en pleine propriété, car je ne pourrai pas payer un loyer mensuel qui a dépassé les huit mille livres, et même les appartements du gouvernement sont désormais réservés aux riches. Je dis ici au président de prêter attention aux gens de notre métier : si moi je travaille dans une banque, mon frère aîné exerce ce métier depuis cinq ans et n’a pas d’autre revenu ; il ne se passe pas une année sans qu’il ait un accident dont il paie le prix de son corps et de sa santé, sans trouver d’alternative, de soutien ni d’indemnisation. »

Les livreurs restent l’une des catégories marginalisées de travailleurs en Égypte, qui ne trouvent aucun moyen d’obtenir leurs droits et ne parviennent pas à bénéficier de garanties sociales et d’assurances qui les protégeraient des risques du travail et de la vie ; reste la question : quand le pouvoir prêtera-t-il attention à ces catégories marginalisées ?

 

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