Le patrimoine égyptien aux enchères : un héritage civilisationnel menacé de vol

L’inscription de la « simsimiyya » conjointement avec l’Arabie saoudite a suscité une vive controverse : de nombreux intellectuels égyptiens et passionnés de patrimoine culturel y ont vu une tentative de s’approprier une partie du patrimoine et de l’histoire de l’Égypte.
Image de Alaa Osman

Alaa Osman

Le patrimoine égyptien, matériel comme immatériel, n’a pas échappé, tout au long de sa longue histoire, à des tentatives d’effacement ou de déformation, allant de la manipulation des faits historiques à la revendication de la propriété de certains de ses aspects. Ces tentatives ne se limitent pas au niveau populaire : elles s’étendent parfois à la scène internationale et se poursuivent encore, notamment en ce qui concerne le patrimoine immatériel. Parmi les plus marquantes figure la revendication, par certains pays, de la propriété d’éléments culturels égyptiens, comme des plats et des costumes célèbres.

Récemment, la controverse s’est intensifiée à la suite de l’inscription de la « simsimiyya », un instrument à cordes de la famille des lyres, en tant que patrimoine commun à l’Égypte et à l’Arabie saoudite sur la liste de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel. Cette inscription conjointe a suscité la désapprobation des passionnés du patrimoine égyptien, qui la considèrent comme un instrument purement égyptien aux racines historiques. La tension s’est accrue du fait que l’événement a coïncidé avec la poursuite, par l’Arabie saoudite, de sa politique d’attraction des artistes égyptiens, auxquels elle accorde sa nationalité, ce qui a suscité des inquiétudes quant à l’identité de la production artistique égyptienne et des craintes de motivations visant à l’exploiter.

L’inquiétude a redoublé d’autant que cette démarche est intervenue deux ans seulement après l’inscription par les Émirats arabes unis de l’art du « talli » en tant que patrimoine émirien sur les listes de l’UNESCO, ce que certains ont considéré comme une appropriation du patrimoine égyptien. Ces événements successifs ont suscité des inquiétudes croissantes quant à l’identité culturelle égyptienne, car on craint que le patrimoine et la création égyptiens ne soient exploités pour renforcer la position de certains pays au détriment du Caire.

 

L’importance du patrimoine

L’importance du patrimoine immatériel, qui comprend les pratiques, les traditions, les connaissances et les savoir-faire, ainsi que les instruments, les objets et les espaces culturels, selon la définition de l’UNESCO, tient au fait qu’il est un outil qui renforce l’identité nationale et soutient la diversité culturelle. S’y ajoutent son importance politique sur le plan stratégique et son importance économique en tant que partie intégrante des industries culturelles. L’article 50 de la Constitution égyptienne prévoit l’obligation pour l’État de préserver le patrimoine matériel et immatériel, et considère toute atteinte à ce patrimoine comme un crime puni par la loi.

L’inscription de la « simsimiyya » conjointement avec l’Arabie saoudite a suscité une vive controverse : de nombreux intellectuels égyptiens et passionnés de patrimoine culturel y ont vu une tentative de s’approprier une partie du patrimoine et de l’histoire de l’Égypte, compte tenu des racines profondes de cet instrument de musique dans l’histoire de l’Égypte ancienne. En décembre dernier, le ministère égyptien de la Culture avait annoncé avoir réussi à inscrire la « simsimiyya » en tant que patrimoine immatériel sur les listes de sauvegarde de l’UNESCO, sans mentionner aucun rôle saoudien dans cette inscription, ce qui a soulevé des questions sur la transparence dans le traitement de ce dossier.

En réaction à cette inscription conjointe, la députée Amira Saber a adressé une demande d’information au Premier ministre Mostafa Madbouly et au ministre de la Culture Ahmed Hanno, demandant des éclaircissements sur les détails de l’inscription de la « simsimiyya » en partenariat avec l’Arabie saoudite et sur la manière dont l’Égypte protège son patrimoine contre une attribution partagée ou son transfert à d’autres pays.

Dans une brève déclaration à Zawia3, la députée Amira Saber explique les raisons de son opposition : « La simsimiyya est un instrument purement égyptien, de l’Égypte ancienne jusqu’à nos jours, étroitement lié à la lutte du peuple de Suez contre le colonialisme. J’ai donc demandé que l’on explique pourquoi elle a été inscrite conjointement avec l’Arabie saoudite, mais aucune date n’a encore été fixée pour en débattre. »

De son côté, l’ancien président de l’Organisation générale égyptienne du livre, Haitham El-Hag Ali, estime que l’inscription d’éléments du patrimoine conjointement avec d’autres pays ne devrait intervenir qu’en cas d’absolue nécessité. Il nous explique : « Le système de l’UNESCO permet d’inscrire des éléments similaires tout en préservant les différences entre eux, mais c’est une échappatoire à laquelle il ne faut recourir qu’en cas d’absolue nécessité, et il est préférable que les dossiers soient multinationaux plutôt que partagés entre deux pays seulement. » Il met en garde contre les tentatives d’appropriation du patrimoine égyptien, et cite les efforts de l’artiste Shams El-Atrebi pour préserver la robe sinaïte en tant qu’élément du patrimoine purement égyptien, ainsi que ceux du regretté Ahmed Morsi, professeur de littérature populaire et de folklore à l’université du Caire, pour s’opposer à des tentatives similaires.

El-Hag Ali souligne l’importance des éléments du patrimoine, en tant que « base pour des industries culturelles et patrimoniales, et preuves historiques pouvant être exploitées politiquement après leur inscription ». Il indique que l’inscription de ces éléments à l’UNESCO nécessite des budgets importants, ce qui impose de définir des priorités, d’autant que l’Égypte est riche d’un patrimoine varié. Il estime que l’abondance du patrimoine égyptien ne justifie pas de renoncer à son inscription, « au contraire, y renoncer est un crime comparable au trafic d’antiquités », selon ses termes.

Le site de l’Organisation générale des palais de la culture, qui relève du ministère de la Culture, indique que les origines de la simsimiyya remontent à la lyre (kinnara) de l’Égypte ancienne. La chercheuse en ethnomusicologie à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire, Kawkab Tawfik, affirme, dans un article de recherche qu’elle a présenté lors du Festival de musique arabe en 2021 et qui a été publié sur le site de l’Opéra égyptien, « l’existence d’une preuve archéologique faisant remonter la simsimiyya à l’époque des anciens Égyptiens, où elle prenait la forme d’une caisse en bois trapézoïdale, avec une autre version, modifiée, en forme de récipient circulaire ». Elle indique que la simsimiyya est arrivée au canal de Suez par différentes routes et vagues de migration : une route intérieure le long du Nil, et une route maritime extérieure le long de la côte de la mer Rouge. La chercheuse réfute l’idée selon laquelle des ouvriers nubiens et soudanais auraient introduit la simsimiyya sur la côte nord de l’Égypte au XIXe siècle, en s’appuyant sur l’absence de toute mention de l’instrument dans les rapports des expéditions d’exploration napoléoniennes qui ont suivi le creusement du canal de Suez.

Le musicien et chercheur spécialiste du patrimoine de la simsimiyya Amr Rawi partage l’avis de Kawkab Tawfik et écarte l’hypothèse selon laquelle la simsimiyya aurait été introduite par des Soudanais pendant le creusement du canal de Suez, faisant valoir que « les ouvriers qui ont creusé le canal étaient des Égyptiens soumis à la corvée, et que leurs dures conditions de travail ne leur ont pas laissé l’occasion de pratiquer la musique ; par ailleurs, aucun héritage culturel chanté reflétant les souffrances des ouvriers ne nous est parvenu », selon ses termes.

Sur l’origine de la simsimiyya, il explique à Zawia3 qu’elle a « des racines remontant à la civilisation de l’Égypte ancienne, qui a fortement influencé les cultures environnantes, car les anciens Égyptiens possédaient des instruments de musique avancés, dont les techniques et les idées ont été transmises aux sociétés voisines, dont l’Afrique australe ». Il estime néanmoins que la forme actuelle de la simsimiyya a été influencée par les cultures africaines, en particulier par les tribus Bichari et Beja, qui se déplaçaient le long de la mer Rouge, y compris à travers les frontières égyptiennes, et vivaient principalement de la pêche et des déplacements entre les ports ; ces marins ont apporté leurs instruments de musique et leurs traditions dans la région.

Rawi souligne que la simsimiyya a peut-être gagné le Hedjaz à l’époque où celui-ci était sous domination égyptienne, grâce aux marins et aux commerçants qui circulaient entre les ports de la mer Rouge, qu’ils soient égyptiens ou africains.

Il explique que la simsimiyya a évolué en plusieurs étapes, influencée par les besoins des marins et des communautés côtières de la mer Rouge. Au début, elle était fabriquée à partir de matériaux naturels, comme des troncs évidés, avec des cordes en boyaux de chèvre ; elle était de grande taille et produisait un son adapté à l’atmosphère sèche de l’intérieur des terres. Mais en gagnant les régions côtières, elle s’est heurtée à des difficultés en raison de la faiblesse de son son face au bruit de la mer. Les marins l’ont donc modifiée : ils ont remplacé les troncs lourds par une base en bois léger et résistant, comme le teck, et ont réduit sa taille pour la transporter plus facilement à bord des bateaux. Ils ont aussi remplacé les cordes en boyaux par des fils de pêche, puis par des fils métalliques, ce qui a accru la puissance et l’intensité de son son.

Amr Rawi, auteur du livre « Nagham al-Bahr » (La mélodie de la mer), souligne le rôle central qu’ont joué les villes du canal dans le développement de la simsimiyya et l’amélioration de ses performances musicales. Au départ, la simsimiyya ne comptait que cinq cordes, ce qui limitait son registre. Mais lorsqu’elle est arrivée dans les villes du canal, les musiciens locaux ont porté le nombre de cordes à sept, puis à neuf, élargissant la gamme des notes que l’instrument pouvait produire. Cette évolution a permis de proposer des mélodies plus complexes et plus variées, adaptées aux fêtes populaires et aux chants de résistance nationale qui ont fait la renommée de la région, en particulier pendant l’occupation.

Rawi ajoute qu’au milieu du XXe siècle, la simsimiyya a connu dans les villes du canal une évolution supplémentaire, le nombre de ses cordes atteignant parfois 12 ou plus. Cette évolution a permis aux musiciens de jouer sur une gamme musicale complète. En revanche, cette évolution n’a pas atteint l’Arabie saoudite, où la simsimiyya est encore utilisée aujourd’hui sous sa forme traditionnelle d’origine, selon lui.

 

 

Le talli : une autre expérience

La simsimiyya n’est pas le seul élément du patrimoine culturel égyptien à avoir suscité la controverse : ces dernières années ont connu de nombreux cas similaires. Le plus marquant est l’inscription par les Émirats arabes unis, en 2022, de l’art du talli en tant qu’artisanat émirien sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO. Cela a suscité un large mécontentement en Égypte, d’autant que de nombreux organismes et institutions chargés du patrimoine, ainsi que des artistes et artisans égyptiens, avaient demandé à plusieurs reprises l’inscription du talli comme partie intégrante du patrimoine égyptien, afin de le protéger et de préserver l’identité culturelle égyptienne. Mais l’initiative émirienne a pris tout le monde de court et a devancé l’Égypte dans l’inscription de cet art, ce que les passionnés du patrimoine égyptien ont considéré comme une atteinte à une partie de leur patrimoine et comme une défaillance de la diplomatie égyptienne, qui a tardé à l’inscrire.

Le talli est un type de broderie égyptienne traditionnelle dans lequel on utilise des fils métalliques argentés ou dorés pour orner les tissus et la soie. Ses origines remontent aux gouvernorats d’Assiout et de Sohag, et il est célèbre chez les femmes de Haute-Égypte, qui l’utilisaient pour orner leurs galabiyas et les voiles de mariée.

Il existe de nombreux cas d’appropriation du patrimoine culturel égyptien par différents pays, dont les plus marquants sont les tentatives persistantes de l’occupation israélienne de commercialiser le patrimoine égyptien comme partie intégrante de son histoire. Elle diffuse ainsi sur ses chaînes médiatiques d’anciens films égyptiens, obtenus par des moyens illégaux et dans lesquels jouent des acteurs juifs, et les présente comme une partie de son patrimoine cinématographique. Elle a également cherché à promouvoir certaines chansons interprétées par des artistes égyptiennes, comme Leila Mourad, en tant que patrimoine israélien, et à diffuser et vendre ses chansons sur la plateforme « Israel Music » sans mentionner sa nationalité égyptienne ni préciser la manière dont elles ont été obtenues. En outre, elle a cherché à s’approprier la cuisine égyptienne en revendiquant la propriété de certains plats égyptiens célèbres, comme les « falafels ». De même, la Turquie a inscrit les récits de « Nasreddin Hodja » (connu sous le nom de Joha l’Égyptien) sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO en tant que patrimoine turc. Par ailleurs, la Syrie a coopéré avec l’Iran pour inscrire l’oud comme patrimoine commun aux deux pays, en ignorant les racines de cet instrument en Égypte. Les tentatives d’appropriation du patrimoine égyptien s’étendent au monde de la mode, où de nombreuses maisons de couture internationales ont tenté d’utiliser des éléments égyptiens dans la création de vêtements, comme les costumes traditionnels égyptiens et les motifs pharaoniques, notamment les fleurs de lotus, le scarabée et l’écriture hiéroglyphique, dans des défilés de mode internationaux, sans mentionner leur véritable origine.

Selon des experts du patrimoine culturel égyptien interrogés par Zawia3, ces tentatives dépassent les simples querelles autour d’éléments du patrimoine : elles reflètent des conflits culturels plus larges, aux dimensions politiques et économiques. Les États utilisent ces conflits comme un outil de pression diplomatique, pour réécrire les références historiques au service de leurs intérêts, ou pour renforcer leur hégémonie culturelle dans le cadre de ce qu’on appelle la guerre douce (soft power). En outre, la détermination de l’origine d’un produit culturel revêt une grande valeur économique, car elle peut stimuler le tourisme et les industries culturelles qui y sont liées, ce qui confère à l’État qui en revendique la propriété un avantage concurrentiel.

De son côté, Abdel Hamid Salah El-Sherif, président du conseil d’administration de l’Association égyptienne pour la sauvegarde du patrimoine, estime que l’atteinte au patrimoine n’est pas un acte anodin, mais une grave menace pour la sécurité nationale. Il ajoute : « Il existe des tentatives systématiques qui visent le patrimoine culturel pour des motifs politiques et économiques, et l’Égypte n’est pas à l’abri de ces risques. » Il insiste sur la nécessité de comprendre les objectifs de ceux qui se cachent derrière ces atteintes et de connaître leurs mécanismes afin d’y faire face de manière proactive, « au lieu de nous contenter de réagir », et souligne aussi la nécessité d’identifier des partenaires locaux pour coopérer en la matière.

Il affirme que l’inscription du patrimoine en partenariat avec d’autres pays est une bonne chose, à condition que ce patrimoine soit réellement commun, « et qu’il ne s’agisse pas d’une tentative de nous dépouiller de nos droits historiques, et que les droits de propriété intellectuelle de chaque pays soient respectés ». Il insiste sur l’importance de préserver le patrimoine immatériel comme composante essentielle de l’identité culturelle, en soulignant sa valeur économique potentielle.

Zawia3 a contacté Mohamed Shabana, qui a supervisé la présentation du dossier de la simsimiyya à l’UNESCO et rapporteur de la commission des arts populaires du Conseil suprême de la culture, pour connaître la raison de l’inscription de la simsimiyya en partenariat avec l’Arabie saoudite. Il explique : « Les règles d’inscription des éléments du patrimoine immatériel à l’UNESCO permettent à chaque pays de présenter des dossiers une fois tous les deux ans. Mais les pays peuvent coopérer et présenter des dossiers conjoints chaque année ; c’est pourquoi la simsimiyya a été inscrite dans le cadre d’un dossier conjoint avec l’Arabie saoudite, pour profiter de la périodicité des sessions, chaque pays obtenant un certificat distinct attestant la présence de la simsimiyya dans son patrimoine. » Il précise que le même mécanisme avait déjà été appliqué pour l’inscription des dossiers du henné et de la calligraphie arabe, avec la participation de différents pays arabes.

Répondant aux critiques visant l’inscription de la simsimiyya comme patrimoine commun, Shabana affirme que la simsimiyya a une longue histoire dans la civilisation égyptienne : on en a trouvé des traces sur les murs des temples, et elle s’est répandue dans de nombreuses régions d’Égypte. Il ajoute que cela n’exclut pas sa diffusion dans d’autres pays, comme la Jordanie et l’Arabie saoudite ; des références historiques indiquent même l’existence d’instruments similaires au Soudan, en Éthiopie et dans certains pays du Golfe, connus sous le nom de tanbour. Il explique que les légères différences entre ces instruments ne contredisent pas la théorie de la diffusion culturelle, qui explique le passage des éléments culturels d’un peuple à l’autre par le commerce, les guerres et les routes maritimes, soulignant que c’est bien ce qui s’est passé avec la simsimiyya.

Interrogé sur les raisons pour lesquelles l’UNESCO qualifie, sur son site officiel, les joueurs de simsimiyya en Égypte de « courtiers maritimes », Shabana s’en étonne, affirmant que cette description ne figure pas dans le dossier présenté : le dossier qu’il a rédigé en arabe, et que Nahla Emam a rédigé en anglais, relie la simsimiyya aux chants de la mer à Port-Saïd, Ismaïlia et Suez, et indique que certains travailleurs de la mer l’utilisent, sans mentionner le terme de « courtiers maritimes ». Il estime que cette erreur résulte probablement d’un malentendu de l’UNESCO, et regrette qu’il ne soit pas possible de la corriger pour le moment.

 

La valeur du patrimoine et les moyens de le protéger

Le professeur d’anthropologie culturelle à l’université du Caire Saïd El-Masry souligne la faible conscience qu’a la société égyptienne de son patrimoine culturel, et estime que la mauvaise compréhension de la notion de « patrimoine culturel immatériel » aggrave ce problème, ce terme restant cantonné aux milieux spécialisés.

El-Masry avertit que ce manque de conscience pourrait conduire à la perte du patrimoine. Selon lui, la protection du patrimoine passe avant tout par le renforcement de la conscience qu’ont les individus de la valeur de leur patrimoine culturel et par l’enracinement d’un sentiment de fierté à son égard. Il insiste sur le fait que la participation de la société est la pierre angulaire de la protection du patrimoine, et que tout effort mené à l’écart de la société n’atteindra pas les résultats escomptés.

Abdel Hamid Salah El-Sherif partage cet avis et appelle au lancement d’un projet national global de documentation du patrimoine, avec l’élaboration de normes claires en coopération avec les spécialistes et les membres de la société. Haitham El-Hag Ali appelle pour sa part à la constitution d’une équipe d’experts spécialisés, dont la première mission serait de défendre l’inscription des éléments égyptiens sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO.

L’Égypte a réussi jusqu’à présent à inscrire 10 éléments du patrimoine immatériel sur la liste de l’UNESCO : certains à titre individuel, à savoir l’épopée « Al-Sira al-Hilaliyya », l’art du « tahtib » (jeu de bâton), le théâtre de marionnettes « Aragoz », le « tissage manuel » et le « voyage de la Sainte Famille » ; d’autres en partenariat avec des pays arabes, notamment les « arts de la gravure sur métal », les « pratiques liées au palmier dattier », les « arts de la calligraphie arabe », le « henné » et la « simsimiyya ».

Rectificatif : dans la première version de ce reportage, le nom du président du conseil d’administration de l’Association égyptienne pour la sauvegarde du patrimoine apparaissait à un endroit sous la forme « Salah Abdel Hamid » ; le nom correct est « Abdel Hamid Salah El-Sherif », comme indiqué plus haut dans le reportage.

Ajoutez Zawia3 à vos sources préférées sur Google

Alaa Osman
Journaliste égyptienne spécialisée dans les questions culturelles.

Search