Dans les villes d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah, dans le nord de la péninsule égyptienne du Sinaï, la crise de l’eau n’est plus une simple question de service public ou un problème saisonnier. Depuis plus de quatre mois, près d’un demi-million d’habitants du Nord-Sinaï vivent sous le poids des coupures d’eau douce, après l’arrêt de la conduite « 1000 », qui alimente la région, et les défaillances des usines de dessalement censées la remplacer.
Entre témoignages de malades, déclarations de responsables et camions-citernes sans aucun contrôle, cette enquête révèle comment la crise de l’eau s’est transformée en un danger sanitaire et économique qui menace la vie quotidienne, en l’absence de solutions durables.
Tout commence dans le quartier d’El-Sabil
Depuis le début du mois de février dernier (février 2025), Zahraa, 23 ans, et sa mère, qui habitent le quartier d’El-Sabil, dans le sud de la ville d’El-Arich, n’ont pas trouvé d’autre solution que l’eau des citernes (des réservoirs mobiles qui transportent l’eau sur des camions ou de petites charrettes), dont dépendent la plupart des habitants de la ville depuis la coupure de l’eau potable dans les villes d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah. Mais au bout de trois semaines de consommation de cette eau, elles ont été prises de violentes douleurs à l’estomac et d’une diarrhée sévère, qui ont nécessité leur transfert à l’hôpital général d’El-Arich, où on leur a diagnostiqué une gastro-entérite ; elles y ont été soignées pendant trois semaines.
Zahraa confie à Zawia3 : « J’ai échappé à la mort par miracle. Le médecin m’a mise en garde contre l’eau des citernes et m’a confirmé qu’elle était la cause de ma maladie. J’ai encore des douleurs à l’estomac et j’ai peur de tomber à nouveau malade. »
L’épreuve vécue par Zahraa et sa mère n’a rien d’exceptionnel : les habitants du Nord-Sinaï, dans les villes d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah, vivent des conditions similaires depuis l’arrêt de l’approvisionnement en eau du Nil, qui leur parvenait par la conduite « 1000 » en provenance de la ville d’El-Qantara Est, sur la rive orientale du canal de Suez. Selon les données de la société holding de l’eau potable et de l’assainissement dans le Nord-Sinaï, la conduite, qui alimentait environ un demi-million de personnes, a été fermée et remplacée par des usines de dessalement de l’eau de mer. Mais ces usines ont cessé de fonctionner faute de matériaux essentiels à la purification de l’eau, selon des sources qui se sont confiées à Zawia3.
Conséquence de cet arrêt, les habitants ont été contraints de recourir à d’autres sources, comme l’eau de puits non traitée et des citernes d’eau d’origine inconnue, qui ne sont soumises à aucun contrôle sanitaire de la direction de la Santé ou de la société holding, ce qui a entraîné la propagation de maladies intestinales et vaginales, en particulier chez les femmes.
Au quatrième mois de la crise, les habitants achètent aux vendeurs le bidon de 10 litres d’eau filtrée à 10 livres égyptiennes, ou se tournent vers des citernes qui puisent l’eau dans les nappes souterraines, bien qu’elles ne soient soumises à aucun contrôle sanitaire. Et bien que les usines de dessalement soient de construction récente, elles restent hors service, pour des raisons que les habitants ignorent, alors que les cas de maladie se multiplient à cause de la consommation d’une eau impropre à l’usage humain.

Témoignages d’habitants et demandes de comptes
Dans le quartier d’El-Masaid, à El-Arich, le militant associatif Ibrahim El-Kashef décrit à Zawia3 les difficultés des habitants pour obtenir de l’eau potable propre, s’interrogeant sur le sort des millions de livres qui ont été, selon lui, consacrés à la rénovation des stations et des canalisations d’eau, et accusant les responsables de la compagnie d’eau potable d’indifférence envers les citoyens.
El-Kashef raconte : « Les voitures chargent des bidons et des barils et partent remplir de l’eau aux puits souterrains. Cette scène est une honte pour les responsables. Tout ce que nous demandons, c’est une véritable solution à la crise de l’eau, qui a dépassé toutes les limites et provoqué de nombreuses maladies, en particulier chez les personnes âgées, les enfants et les femmes. »
De son côté, l’ingénieur Soliman El-Amari, ancien directeur de l’Agence de développement des moyennes et petites entreprises dans le Nord-Sinaï, affirme que le président de la compagnie des eaux et de l’assainissement, responsable de l’usine de dessalement de l’eau de mer, refuse de se rendre dans le gouvernorat « par crainte de la colère des habitants », en raison des coupures d’eau persistantes, et assure que des défauts de conception et d’exploitation de l’usine ont provoqué, selon ses termes, son arrêt.
El-Amari ajoute : « L’eau n’est propre ni à la boisson ni à la cuisine, et pourtant elle n’est même pas disponible. Les responsables sont absents, et aucun d’eux ne se présente pour expliquer pourquoi les usines sont à l’arrêt. C’est de l’irresponsabilité et de l’arrogance, et les responsables doivent rendre des comptes. »
Hassan Salama El-Sawarka, un habitant, s’interroge : « Comment un responsable peut-il dormir tranquille alors qu’un gouvernorat entier a soif ? Où sont les parlementaires, à la Chambre des représentants comme au Sénat, quand les habitants des villages et des villes, d’ouest en est, boivent l’eau de puits pollués et croupis ? Y a-t-il une crise plus grave que de priver d’eau des dizaines de milliers de familles, dans une situation économique étouffante et avec des prix qui flambent ? Attendent-ils que les gens meurent de soif ? »
Salama poursuit : « Quel est le rôle des responsables ? Et pourquoi une compagnie des eaux qui dispose d’un capital de plusieurs millions manque-t-elle à son devoir d’assurer l’eau aux citoyens, que ce soit pour boire ou pour les usages domestiques ? Nous approchons de la fin du deuxième mois de coupure, et les conduites ne transportent rien d’autre que de l’air, en l’absence totale d’eau. »
Les souffrances multiples que vivent les habitants de la ville d’El-Arich sont liées, selon le militant Mohamed Haggag, secrétaire du parti du Rassemblement (Tagammu) dans le Nord-Sinaï, à la station du Kilomètre 17, située à l’entrée ouest de la ville, qui constitue la principale source d’eau des villes d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah. Selon Haggag, la coupure totale a commencé à la mi-septembre dernier (septembre 2024) et a obligé les habitants à acheter des gallons d’eau potable à des pick-up qui sillonnent les rues, ou à recourir à des citernes qui transportent de l’eau provenant de puits souterrains stagnants, dans des zones désertiques à l’extérieur des villes, sans contrôle sanitaire.

L’eau des citernes, entre pénurie et danger
Dans ses propos à Zawia3, Mohamed Haggag explique que le prix du mètre cube d’eau transportée par les camions-citernes est monté à environ 200 livres égyptiennes, en raison de la coupure persistante de l’eau potable dessalée depuis la mise hors service des usines de dessalement. Il précise qu’une citerne contient environ 12 mètres cubes et que les habitants des immeubles se partagent son coût selon leurs besoins et la capacité des réservoirs installés sur les toits, ce qui fait peser une lourde charge financière sur les citoyens, qui continuent de payer des factures d’eau élevées malgré les coupures, sans que les compagnies tiennent aucun compte des périodes d’interruption.
À Cheikh Zouweid, Salam El-Maani, un habitant, explique que les citernes sont remplies à partir de puits souterrains appartenant à des particuliers dans les zones désertiques environnantes, en particulier dans l’arrière-pays désertique qui s’étend entre El-Arich, Cheikh Zouweid et Rafah. L’eau est ensuite distribuée aux habitants contre un prix qui varie d’une citerne à l’autre, et les chauffeurs s’entendent souvent sur un tarif unique qui augmente à mesure que la crise s’aggrave, en l’absence totale de tout contrôle des prix.
El-Maani ajoute que certaines citernes ne sont pas adaptées au transport d’eau potable : certains utilisent des réservoirs sujets à la rouille, ou des réservoirs qui servaient au carburant et qui ont été nettoyés par la suite pour distribuer de l’eau. En outre, de nombreux propriétaires de citernes et de puits ne prennent pas la peine de stériliser l’eau ou d’y ajouter des désinfectants, de peur d’abîmer la citerne ou de changer le goût de l’eau, ce qui expose les habitants à de graves risques sanitaires.
Ahmed Sami, marchand de légumes au marché El-Refaï à El-Arich, indique que des centaines de citernes entrent chaque jour dans les villes du Nord-Sinaï pour couvrir les besoins des habitants. Et bien que le prix d’un réservoir de 1 000 litres atteigne parfois 200 livres, les habitants sont contraints d’y recourir, car c’est la seule solution depuis l’arrêt des usines.
Pour tenter d’atténuer la crise, des associations et des organisations civiles des villes de Cheikh Zouweid et de Rafah-Sud distribuent dans chaque quartier ou village des réservoirs d’eau potable d’une capacité de 10 à 25 barils. Mais ces initiatives restent insuffisantes pour couvrir l’ensemble des habitants, et l’eau achetée aux citernes demeure la source la plus utilisée.
Pour sa part, le militant Mohamed El-Khalili, de la ville d’El-Arich, affirme que la crise de la pénurie d’eau a en réalité commencé en 2020, avec la fermeture de la conduite d’eau douce qui venait de la rive ouest du canal de Suez jusqu’à la station d’El-Qantara Est et qui alimentait les villes du Nord-Sinaï. Il souligne que le gouvernement a construit plusieurs usines de dessalement de l’eau de mer, qui pompent l’eau vers les villes par d’énormes canalisations, mais que l’eau qu’elles produisent a une odeur et un goût différents et tire sur le jaune par rapport à l’eau du Nil.

Les hôpitaux face aux conséquences de la crise sanitaire
Le docteur Ahmed Hassan, médecin interniste à El-Arich, affirme que l’eau contaminée des citernes représente un danger direct pour la santé des citoyens, en particulier en été, en raison des infections intestinales qu’elle provoque, allant parfois jusqu’au choléra. Selon Hassan, cette eau, ainsi que l’eau dessalée, comptent parmi les principaux facteurs de propagation des maladies intestinales, et certains cas peuvent se dégrader jusqu’au décès s’ils ne sont pas traités à temps.
Un autre médecin qui travaille à l’hôpital général d’El-Arich, qui a préféré ne pas révéler son identité pour des raisons de sécurité et que nous désignons sous le pseudonyme d’« Ahmed Ibrahim », révèle que le service des urgences a accueilli depuis le début du mois (mai 2025) plus de 45 cas venus d’El-Arich et de Cheikh Zouweid, chez qui une gastro-entérite aiguë a été confirmée, et que deux d’entre eux sont décédés en raison du retard de prise en charge. Il précise que les certificats de décès n’ont pas mentionné la véritable cause et ont enregistré ces décès comme dus à un « microbe dans l’estomac ».
Le médecin ajoute que les autres patients se sont rétablis et ont quitté l’hôpital, tandis que d’autres cas présentant des symptômes similaires ont continué d’affluer aux urgences ; ils n’ont pas été hospitalisés faute d’analyses établissant un lien direct entre leur état et la contamination de l’eau, bien que la plupart d’entre eux dépendent des citernes depuis l’arrêt des usines de dessalement.
Lors d’une visite du correspondant de Zawia3 à l’hôpital général d’El-Arich, des dizaines d’enfants souffrant de diarrhée aiguë ont été observés, selon les déclarations de leurs proches, ainsi qu’un nombre moins important d’adultes malades. Mais le directeur de l’hôpital, le docteur Ahmed Mansour, a refusé de communiquer la moindre information officielle au correspondant, invoquant des « raisons de sécurité ».
De même, le docteur Ahmed Samir, directeur de la direction de la Santé du Nord-Sinaï, s’est abstenu de fournir des explications, se contentant de dire que les cas accueillis par les hôpitaux « ont été diagnostiqués par la suite comme des inflammations aiguës de l’intestin », et niant l’existence de cas de gastro-entérite. Une infirmière qui travaille à l’hôpital, et qui a préféré ne pas être nommée, a cependant déclaré à Zawia3 avoir suivi elle-même des dizaines de cas, pour la plupart des femmes et des enfants, souffrant de gastro-entérites causées par la consommation d’eau contaminée provenant de citernes non contrôlées.
Dans le même registre, « Oum Hossam », 42 ans, qui vit à Cheikh Zouweid, continue de souffrir de crises rénales aiguës, appelées localement « crises de sable » (coliques néphrétiques dues aux calculs), et consulte régulièrement des médecins. Elle affirme que sa médecin lui a confirmé que l’eau contaminée était directement liée à sa maladie, d’autant que les infections gynécologiques se propagent.
Cet avis est partagé par la docteure Hasnaa Ramzy, gynécologue-obstétricienne à El-Arich, qui indique recevoir chaque jour des femmes souffrant d’infections vaginales et urinaires, ainsi que quelques cas de calculs rénaux, causés par la consommation d’eau des citernes non stérilisée. Elle explique que les bactéries et les germes qui s’accumulent dans cette eau, conséquence de l’arrêt des usines de dessalement, sont la cause directe de ces affections.

Faire bouillir l’eau, l’eau minérale et les alternatives impossibles
Les bouteilles d’eau minérale sont largement disponibles dans les villes d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah, et les médecins recommandent d’en faire la principale source d’eau de boisson, en particulier pour les personnes atteintes de maladies chroniques comme les inflammations intestinales ou les problèmes rénaux. Mais le prix élevé de cette eau la rend inaccessible pour de nombreuses familles.
Une bouteille de 1,5 litre coûte entre 10 et 12 livres égyptiennes, ce qui signifie qu’une famille qui a besoin de 10 bouteilles par jour dépense entre 100 et 120 livres par jour, soit la moitié ou plus du revenu journalier d’un ouvrier, dont le salaire quotidien ne dépasse pas 200 livres dans le meilleur des cas.
Des habitants qui ont parlé à Zawia3 affirment que la crise ne touche pas seulement les classes pauvres ou moyennes, mais s’étend aussi à certaines personnes aisées, qui préfèrent ne pas dépendre en permanence de l’eau minérale en raison de la durée de la crise et de l’absence de date claire pour sa fin.
Dans le même temps, les malades, en particulier les malades des reins, les personnes atteintes de maladies chroniques ou celles qui souffrent d’infections récurrentes, sont contraints d’acheter plus d’une bouteille par jour et par personne, de peur d’une rechute s’ils recommencent à boire de l’eau contaminée.
Zahraa, qui vient de terminer un traitement contre une gastro-entérite causée par l’eau contaminée des citernes, raconte : « Mon père ne peut pas acheter régulièrement de l’eau minérale, même si les médecins la recommandent. Il est obligé de réduire les dépenses de nourriture pour assurer 5 à 8 bouteilles par jour à mes frères et sœurs et à moi. Le pain ne nous rendra pas malades, mais l’eau pourrait nous tuer. »
Face à ces souffrances, la plupart des habitants font bouillir l’eau des citernes avant de la boire, pour tenter de la stériliser et d’éviter les maladies. Des femmes qui ont parlé à Zawia3 disent que certaines d’entre elles ont contracté des infections chroniques qui les poussent à éviter même de se laver avec l’eau des citernes, qu’elles font bouillir avant tout usage, pour éviter l’aggravation de leur état de santé ou la transmission de nouvelles maladies.
Avec la persistance de la crise et l’absence de solutions durables, les souffrances des habitants s’aggravent : ils se retrouvent pris entre un coût financier épuisant et des risques sanitaires pressants, en l’absence de solutions gouvernementales efficaces.

La version officielle, les pannes et les promesses de solutions
Face à l’aggravation de la crise, l’avocat et militant des droits humains Soliman Zayed a appelé les autorités locales, à commencer par le général de division et docteur Khaled Megawer, gouverneur du Nord-Sinaï, à décider d’urgence la remise en service complète et immédiate de la conduite d’eau douce connue sous le nom de « conduite 1000 », et à faire pression sur la société holding de l’eau potable et de l’assainissement pour qu’elle assume ses responsabilités, les usines de dessalement de l’eau de mer devant être considérées comme des solutions d’urgence en cas de panne des conduites d’eau du Nil.
Dans ses propos à Zawia3, Zayed a insisté sur l’importance d’imposer un contrôle strict des citernes qui transportent l’eau aux habitants, alors que les usines de dessalement sont hors service, et de les approvisionner en produits de désinfection, afin de garantir l’arrivée d’une eau propre et sûre aux habitants d’El-Arich, de Cheikh Zouweid et de Rafah jusqu’à la sortie de crise.
De son côté, l’ingénieur Yasser El-Amari, directeur du suivi à la société holding de l’eau potable et de l’assainissement dans le Nord-Sinaï, a expliqué que la conduite « 1000 » n’a pas été supprimée, mais qu’elle fonctionne partiellement et achemine chaque jour environ 15 000 mètres cubes vers la ville d’El-Arich. Il a précisé que l’usine de dessalement du Kilomètre 17 a été raccordée à cette conduite, de sorte que l’eau qui arrive dans la ville est de l’eau douce, qu’elle provienne de la mer ou du Nil.
El-Amari a indiqué que la coupure actuelle est due à une panne soudaine de la station du Kilomètre 17, principale station qui pompe l’eau vers El-Arich, Cheikh Zouweid et Rafah-Sud. Il a précisé que l’est d’El-Arich compte cinq usines de dessalement de l’eau de mer, ainsi que 18 stations de dessalement des eaux souterraines. L’usine d’El-Sakadra 1, à Cheikh Zouweid, mise en service en 2014 avec une capacité de 5 000 mètres cubes par jour, est la première de ces usines ; plusieurs autres ont suivi, à Rafah, El-Masaid et El-Rissa.
Il a ajouté que la plupart des usines de dessalement sont actuellement à l’arrêt pour des opérations de lavage chimique, et qu’il existe en outre une grave pénurie de « calcite », un matériau importé et coûteux, ce qui a obligé la compagnie à utiliser des produits de substitution locaux qui n’éliminent pas la couleur jaune résultant de la réaction de l’eau avec les produits chimiques.
Il a expliqué que la station du Kilomètre 17, considérée comme la plus grande du Moyen-Orient, n’a pas encore achevé ses trois phases, et que la baisse de sa production s’explique par plusieurs facteurs, dont la forte turbidité de l’eau de mer, l’instabilité de l’alimentation électrique et la hausse des coûts d’exploitation et de maintenance.
Dans le même contexte, Fahim Tadros, directeur de projet au sein du consortium « Orascom-Metito », qui a construit la station du Kilomètre 17, a affirmé que celle-ci utilise les technologies de traitement les plus récentes au monde : la production commence par le pompage de l’eau de mer, qui passe ensuite par des filtres à sable, puis des filtres fins, avant les unités de dessalement qui en retirent les sels, et enfin le traitement final et le stockage.
Tadros a souligné que la station a été conçue pour couvrir les besoins de plus d’un million et demi de citoyens, et qu’elle représente un bond en avant dans l’exploitation des ressources et la fourniture d’eau 24 heures sur 24, à condition que la maintenance se poursuive et que les conduites de pompage ne tombent pas en panne.
Pour sa part, le général de division Khaled Megawer, gouverneur du Nord-Sinaï, a affirmé dans une déclaration à Zawia3 s’être rendu à la station du Kilomètre 17 pour s’informer des raisons de l’arrêt du pompage, expliquant que celui-ci est dû à une panne importante de l’une des pompes, qui a contraint les équipes d’exploitation à l’arrêter pour éviter l’éclatement de la conduite principale. Il a précisé que des efforts sont en cours, en coordination avec le président de la société holding, l’ingénieur Mamdouh Raslan, pour réparer la panne et reprendre le pompage.
Le gouverneur a indiqué que la station du Kilomètre 17 se trouve à 20 km de la ville d’El-Arich et à 45 km de Cheikh Zouweid et de Rafah-Sud, et que l’eau est actuellement distribuée aux quartiers et aux zones d’habitation par des citernes mobiles, de manière provisoire, jusqu’à ce que la station fonctionne de nouveau à pleine capacité.
