Code médical sportif : un objectif juste, une application qui exclut les plus pauvres des terrains

En Égypte, le code médical vise à protéger les sportifs, mais ses coûts et son application inégale excluent des familles de la pratique sportive.
Une chaussure de sport et un stéthoscope sur des documents, illustrant les examens médicaux imposés aux sportifs
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Aya Yasser

Le 24 novembre 2024 a été pris l’arrêté no 1642 de 2024 du ministre de la Jeunesse et des Sports, approuvant le règlement relatif aux règles et procédures de prise en charge sanitaire et médicale dans les organismes et installations de jeunesse et de sport. Il impose un protocole médical unifié pour les examens et la mise à disposition d’équipements médicaux et de secours dans les installations et lors des activités, afin de protéger la santé des sportifs et de limiter les risques de mort subite.

Mais l’application de cette décision, entrée en vigueur le 3 janvier 2025, a suscité de nombreux problèmes au cours de l’année écoulée. Les consignes contradictoires des clubs et fédérations concernant les démarches et les lieux de délivrance du « code médical sportif », selon l’âge et la catégorie des athlètes, ont imposé à ces derniers et à leurs familles des contraintes et des coûts supplémentaires.

Après la décision, les clubs exigeaient que les examens nécessaires au « code médical » soient réalisés uniquement dans les hôpitaux des forces armées et de la police, au motif qu’il fallait obtenir le « cachet à l’aigle ». Leur coût atteignait 2 000 livres égyptiennes, voire davantage dans certains établissements. Les parents ont donc cherché pendant des semaines des solutions moins chères, raconte Samah Sayed, mère d’un nageur inscrit dans un club du Caire.

Au cours de ses recherches, elle s’est rendue au Centre islamique de cardiologie de la faculté de médecine pour garçons de l’université Al-Azhar. Son fils y a passé un électrocardiogramme, une échocardiographie, une exploration fonctionnelle respiratoire et une numération formule sanguine, pour obtenir son code médical sportif et être inscrit à la Fédération de natation, moyennant 800 livres.

Elle critique l’obligation imposée à tous les sportifs, y compris aux enfants qui commencent tout juste leur apprentissage. Elle dit avoir vu des enfants de cinq à sept ans soumis à la même procédure. Selon elle, la décision représente une lourde charge financière pour les familles, surtout celles dont plusieurs enfants pratiquent un sport. La hausse des coûts a conduit certaines à retirer leurs enfants de la natation ou d’autres activités sportives, affirme-t-elle.

« Le code médical est souvent devenu une simple formalité. Les documents ne sont ni examinés ni réellement utilisés. La persistance de cas d’étouffement, d’évanouissement et de crises de santé chez les sportifs pendant les compétitions et les entraînements en témoigne. On dirait que le seul objectif est de dégager la responsabilité de la fédération ou du club », dit-elle à Zawia3.

Elle ajoute que la Fédération de natation a ensuite modifié les tarifs selon les catégories, après les protestations des parents. Mais leur application est restée inégale : certains clubs ont respecté les nouvelles classifications, tandis que d’autres ont continué à imposer les mêmes démarches à tous les sportifs.

Certains clubs ont tenté d’organiser des consultations médicales itinérantes dans leurs locaux, précise-t-elle. Beaucoup de parents ont toutefois cherché des hôpitaux moins chers. Selon elle, certains effectuent rigoureusement tous les examens requis, tandis que d’autres se contentent de délivrer les documents sans achever l’ensemble du bilan.

La recherche d’une solution moins coûteuse a conduit l’an dernier Rabab Hassan, mère d’un jeune karatéka d’Alexandrie, à lui faire passer les examens à l’hôpital général d’Abou Qir pour 280 livres, l’option la moins chère pour elle. Mais elle y a constaté un manque d’hygiène et explique que certains employés demandaient de l’argent aux personnes venues se faire examiner pour les faire passer avant leur tour.

Après toutes les difficultés rencontrées pour conduire son fils jusqu’à la salle d’examen, elle a trouvé le bilan lui-même superficiel et en deçà du niveau requis. « L’autre option était de passer les examens dans les hôpitaux des forces armées ou de la police, mais leur coût avoisinait 1 400 livres, ce qui représentait une charge financière pour la plupart des parents », ajoute-t-elle à Zawia3.

Face aux plaintes des parents concernant les charges financières et les difficultés d’organisation, Rabab indique que, pour la saison sportive 2026-2027, le ministère de la Jeunesse et des Sports a proposé des examens aux sportifs dans la Cité de la jeunesse d’Abou Qir pour 500 livres. Il a désigné un responsable dans le gouvernorat d’Alexandrie pour coordonner les clubs, centres de jeunesse et académies et réunir les sportifs afin qu’ils soient examinés en présence des médecins. Ce dispositif n’existait pas auparavant.

Au début de 2026, l’Administration centrale de la médecine du sport a annoncé que le jeudi de chaque semaine serait réservé aux personnes souhaitant obtenir le code médical. Les examens devaient avoir lieu à l’unité de médecine du sport du Centre olympique de Maadi. Chaque sportif ou sportive devait apporter une photographie récente et une copie de son acte de naissance, les frais devant être réglés par carte bancaire Visa.

À ce sujet, Heba Mohamed, entraîneuse de boxe féminine dans le gouvernorat d’Assiout, explique que les exigences du code médical imposent de lourdes contraintes financières et logistiques aux sportifs et aux entraîneurs des gouvernorats. Elle doit accompagner plus de vingt boxeuses au Caire pour les examens, ce qui ajoute un coût de déplacement élevé aux frais médicaux, d’environ 1 500 livres par athlète.

Les dépenses ne s’arrêtent pas à l’obtention du code, souligne-t-elle. L’équipe doit revenir à Assiout, puis réunir de nouvelles sommes pour financer le voyage, l’hébergement et la participation au championnat au Caire, ainsi que la nourriture et les boissons pendant toute la compétition et les frais d’inscription. Ces coûts dépassent les moyens de nombreuses familles, estime-t-elle.

« Le gouvernorat d’Assiout dispose d’une unité de médecine du sport, mais elle ne propose pas tous les examens demandés. Elle se limite à l’examen de médecine interne et à l’électrocardiogramme, ce qui oblige les sportifs à aller au Caire pour compléter les démarches », dit-elle.

Selon elle, achever l’équipement des unités de médecine du sport dans les gouvernorats et y proposer tous les examens serait plus efficace pour alléger les charges pesant sur les sportifs et les entraîneurs que de les obliger à se rendre dans la capitale. La situation actuelle rend la pratique sportive plus difficile pour les habitants des gouvernorats et limite la capacité de nombreux athlètes à poursuivre les compétitions en raison des coûts, considère-t-elle.

Des charges financières et administratives

Après une vague de plaintes sur les réseaux sociaux tout au long de 2025, le ministre de la Jeunesse et des Sports de l’époque, le Dr Achraf Sobhi, a annoncé, le 17 janvier 2026, une réduction des frais liés aux examens et au code médical dans les unités de médecine du sport relevant du ministère dans les différents gouvernorats, ainsi que lors des consultations itinérantes. Il a quitté ses fonctions quelques semaines plus tard lors d’un remaniement, remplacé par Gohar Nabil.

Le lendemain, le 18 janvier 2026, le ministère a pris l’arrêté no 109 de 2026, modifiant le règlement des exigences médicales et sanitaires. Son article premier oblige l’ensemble des organismes et installations de jeunesse et de sport, les entreprises de services et d’investissement sportifs, les clubs des entreprises industrielles, ceux des ministères et les fédérations spécialisées à protéger la santé des sportifs et à limiter les risques de mort subite pendant l’entraînement, les compétitions ou la pratique générale. Il exige des mesures de précaution et de prévention, un bilan médical complet et périodique, l’évaluation des cas et des plans d’anticipation efficaces des urgences de santé. L’article 2 impose à ces institutions et organismes le protocole médical unifié pour les examens des activités et sports de compétition, selon quatre niveaux déterminés par le degré de participation sportive.

Le premier de ces quatre niveaux concerne la pratique générale : les activités au sein des organismes qui ne relèvent pas de la compétition de haut niveau, sans examens préalables obligatoires. Les règles générales de sécurité doivent néanmoins être respectées et les structures doivent disposer d’équipements médicaux, dont un cabinet doté de tout le matériel nécessaire, notamment de dispositifs de réanimation cardiaque et d’autres moyens de premiers secours. Le deuxième niveau concerne les académies et centres d’entraînement, pour un coût de 200 à 250 livres. Il comprend les antécédents médicaux du sportif et de sa famille, l’examen clinique, l’examen de médecine interne, l’électrocardiogramme et une numération formule sanguine.

Le troisième niveau concerne les championnats nationaux et fédéraux, pour 400 à 500 livres. Il comprend tous les examens du deuxième niveau, auxquels s’ajoute une échocardiographie. Le quatrième s’applique aux membres des équipes nationales : aux examens du troisième niveau s’ajoute un électrocardiogramme d’effort, afin de garantir leur aptitude sanitaire complète pendant les entraînements et les compétitions. Les analyses et le bilan médical sont valables un an. Selon les règles approuvées, un même bilan est également valable pour un sportif pratiquant plusieurs disciplines.

Pourtant, plusieurs mois après la décision, les sportifs professionnels et amateurs ainsi que les parents d’enfants inscrits dans les académies et clubs continuent de se plaindre, sur les réseaux sociaux et dans les installations sportives. Ils dénoncent les pratiques arbitraires de certains clubs, qui leur imposent des hôpitaux, entreprises ou équipes médicales itinérantes précis, à des tarifs plus élevés. Cela leur ajoute des charges financières et administratives, d’autant que ces structures ne respectent pas les tarifs des quatre niveaux définis par la décision.

Mohamed Mansour, père de trois enfants pratiquant la natation et le karaté dans un club appartenant à une entreprise privée au Caire, déplore que les examens coûtent parfois près de 2 000 livres. Les clubs obligent les parents à les faire réaliser dans des établissements déterminés, tels que les hôpitaux de la police et des forces armées, à des prix plus élevés, bien qu’ils soient disponibles à moindre coût dans les hôpitaux publics.

À partir de son expérience de juin dernier, il explique que l’inscription d’un enfant à une activité sportive exige désormais de nombreuses démarches : plusieurs examens, dont un électrocardiogramme, des analyses et un examen clinique, ainsi que des documents supplémentaires, notamment un acte de naissance informatisé et une déclaration du parent assumant la responsabilité de la pratique sportive de l’enfant. Il y voit une charge administrative et financière pour les familles. Il critique aussi ce qu’il décrit comme la tendance de certains établissements à se contenter des documents et de quelques examens sans réaliser l’ensemble du bilan, privant ainsi le code médical de son véritable objectif.

Il s’interroge sur les raisons pour lesquelles les examens doivent être refaits lorsqu’un sportif change de club, des documents déjà fournis sont réclamés à nouveau et certains examens sont réservés à des organismes précis. Selon lui, ces démarches compliquent la pratique sportive et imposent aux athlètes et à leurs familles des charges injustifiées, au lieu de remédier à la négligence et à l’insuffisance des mesures de sécurité.

Ahmed Ayoub, entraîneur de football des plus jeunes dans une académie privée du Caire, estime pour sa part que les modalités actuelles d’application du code doivent être revues. Les tarifs des examens varient entre les organismes agréés, d’environ 850 à 1 500 livres selon lui, imposant des charges différentes aux parents sans critères unifiés et clairs.

« Les parents reçoivent des consignes contradictoires selon les établissements : certains hôpitaux demandent que l’enfant soit à jeun avant certaines analyses, d’autres non. Cela pose la question de l’unification des procédures d’application du code médical », dit-il. Il a fait passer les examens à son fils, mais n’a pas constaté d’application uniforme ou complète des procédures, outre les différences de prix et de mise en œuvre entre hôpitaux.

Il affirme que la priorité devrait être d’améliorer la prise en charge médicale sur les terrains et dans les installations sportives, et de proposer des équipes médicales itinérantes agréées dans les clubs pendant des périodes déterminées. Les sportifs pourraient ainsi être examinés sur leurs lieux d’entraînement, allégeant la charge des familles. Il avertit que le coût élevé du code pousse certains parents à retirer leurs enfants du sport, ce qui nuit à la détection des talents et à la poursuite de leur pratique.

Il propose une initiative commune des ministères de la Jeunesse et des Sports et de la Santé, pour réaliser les examens à un prix symbolique ou gratuitement, à l’image des initiatives nationales de santé. Elle pourrait s’appuyer sur les unités de médecine du sport, les clubs d’entreprise, les contributions d’hommes d’affaires et les services de soins gratuits des hôpitaux privés, tout en établissant des règles uniformes pour les bilans afin de garantir l’équité et l’égalité des chances entre tous les sportifs.

Des charges accrues pour les athlètes paralympiques

L’Égypte compte dix-huit unités de médecine du sport réparties dans plusieurs gouvernorats, dont le ministère a annoncé la liste en janvier 2026. Elles comprennent le Centre olympique de Maadi au Caire ; l’unité de Kafr El-Cheikh, dans un bâtiment indépendant à l’intérieur du stade ; celle de Daqahliya, sous les tribunes du stade sportif de Mansoura ; celle de Menoufiya, dans un bâtiment indépendant au stade de Chebin ; celle de Charqiya, sous la piscine du stade de Zagazig ; celle d’Ismaïlia, à la piscine internationale du quartier Cheikh Zayed ; celle du Nord-Sinaï, dans le stade d’Al-Arich, quartier Al-Dahiya ; et celle de Qalyoubiya, sous la direction de la Jeunesse et des Sports.

L’unité d’Assouan se trouve rue de la Corniche du Nil, dans la piscine de la direction de la Jeunesse et des Sports ; celle du Fayoum, dans son stade ; celle d’Alexandrie, dans la Cité de la jeunesse d’Abou Qir ; celle de Beheira, à côté de la direction de la Jeunesse et des Sports ; celle de Port-Saïd, dans la Cité sportive ; celle d’Assiout, au stade Al-Arbaïn ; celle de Qena, dans la salle couverte ; celle de la Nouvelle-Vallée, face à la Cité de la jeunesse de Kharga ; celle de Suez, à côté de la direction de la Jeunesse et des Sports ; et celle de Beni Souef, dans le stade sportif.

Les athlètes paralympiques supportent toutefois la plus lourde part des difficultés d’obtention du code. Abdel-Rahman Mohamed, nageur paralympique présentant un handicap moteur et résidant dans le gouvernorat d’Alexandrie, explique que l’obligation de passer les examens dans des lieux précis, souvent au Centre olympique du Caire, impose des charges supplémentaires aux sportifs et à leurs familles, particulièrement lorsqu’ils viennent des gouvernorats. Il demande que le service soit proposé dans chaque gouvernorat par les directions de la Jeunesse et des Sports, l’assurance maladie ou des équipes médicales itinérantes agréées, afin de leur épargner les difficultés et les frais de déplacement.

Alors que les sportifs en situation de handicap ont besoin de davantage de soutien et de facilités, il déplore qu’ils doivent payer le voyage et l’hébergement en plus des examens. Une charge difficile à assumer pour de nombreuses familles, d’autant que les examens sont renouvelés à chaque saison et peuvent concerner plusieurs sportifs au sein d’un même foyer.

Pour remédier aux causes des accidents pendant les championnats, il faudrait selon lui améliorer l’organisation et prévoir des ambulances équipées ainsi que des équipes médicales complètes lors des compétitions, plutôt que d’imposer aux parents des dépenses supplémentaires qui ne traitent pas, à ses yeux, les causes de ces accidents.

Il avertit que le coût élevé des procédures risque d’empêcher de nombreux sportifs sans moyens financiers de poursuivre leur parcours malgré leur talent, menaçant l’égalité des chances. Il appelle à revoir les modalités d’application du code et à tenir compte de la situation économique des familles. Il propose des journées d’examens dans chaque gouvernorat, au lieu d’obliger les sportifs à aller au Caire, afin de réduire leurs charges et de leur permettre de continuer leur discipline.

Le joueur de tennis paralympique Sameh Eid affirme à Zawia3 que le code médical et les examens nécessaires ont alourdi les charges des sportifs en général et des paralympiques en particulier. Ceux qui présentent un handicap moteur rencontrent de grandes difficultés pour se déplacer d’une zone à l’autre et des gouvernorats jusqu’au Centre olympique de Maadi au Caire, d’autant que les unités annoncées par le ministère ne sont présentes que dans seize gouvernorats, selon lui.

Il explique que le coût du code est démultiplié pour les athlètes paralympiques, qui ne perçoivent pas de rémunération avant d’avoir remporté une médaille olympique et financent eux-mêmes leurs déplacements, leurs entraînements et leur participation aux championnats. Le voyage et l’hébergement d’une équipe coûtent entre 30 000 et 40 000 livres, précise-t-il, alors que le budget du club paralympique peut ne pas dépasser 100 000 livres.

Les hôpitaux ne sont pas tenus de respecter ce barème

Le code médical sportif constitue un système unifié d’examens réalisés avant la participation aux compétitions. Il vise à évaluer la santé des athlètes, particulièrement leur santé cardiaque, et à créer une base de données médicales documentée pour favoriser le dépistage précoce et réduire les risques liés au sport. C’est ce qu’explique le professeur Ahmed Achraf Issa, consultant en cardiologie, cardiologie interventionnelle et cardiologie du sport à l’Académie de chirurgie cardiaque de l’université Aïn Chams, et président de la Société égypto-africaine de recherche et de cardiologie.

Les examens de base comprennent les antécédents du sportif, l’examen clinique, l’électrocardiogramme, l’échocardiographie et certaines analyses. D’autres examens s’y ajoutent selon la discipline et les exigences des fédérations continentales et internationales : électrocardiogramme d’effort, mesure de l’effort respiratoire, radiographie du thorax, notamment. Il souligne que tous les sportifs passent un minimum d’examens de base, les examens complémentaires variant selon le sport et le niveau de compétition.

« Le code médical sportif répond à deux raisons principales : d’abord, suivre les normes internationales, qui exigent désormais un système intégré d’examen des athlètes ; ensuite, réduire les accidents de santé survenus sur les terrains égyptiens ces dernières années. Le bilan cardiaque du sportif n’est plus facultatif : il est devenu essentiel au développement du système sportif et à la protection des athlètes », explique-t-il à Zawia3.

Il souligne néanmoins que les examens ne préviennent pas tous les décès sur les terrains, mais augmentent les chances de détecter les maladies graves avant les compétitions. Le dépistage précoce permet de suspendre un sportif présentant un problème de santé jusqu’à son traitement, ou de lui interdire définitivement le sport si son état met sa vie en danger. Si les examens peuvent théoriquement détecter la grande majorité des pathologies, ils ne peuvent prévoir tous les facteurs imprévus auxquels un athlète peut être confronté pendant une compétition, comme les pressions psychologiques, un effort extrême ou de nouveaux problèmes de santé.

Il indique que, chez les sportifs de moins de 35 ans, les causes les plus fréquentes de mort subite sont liées à des troubles de l’activité électrique du cœur ou à certaines maladies congénitales. Après cet âge, les maladies coronariennes deviennent une cause majeure. Certaines pathologies, comme l’existence d’une voie électrique supplémentaire dans le cœur, peuvent être traitées avant d’autoriser le retour en compétition, précise-t-il. D’autres, comme la cardiomyopathie hypertrophique obstructive, nécessitent selon lui un arrêt définitif du sport pour protéger la vie du sportif, ainsi qu’un dépistage génétique de sa famille, la maladie étant héréditaire. La décision d’arrêt intervient après examen par la commission médicale compétente, puis un rapport est transmis au club et à la fédération pour prendre les mesures nécessaires.

Il estime qu’il est encore trop tôt pour tirer des indicateurs précis sur la fréquence des maladies cardiaques chez les sportifs en Égypte. L’application du code est récente et l’évaluation de ses résultats nécessite plusieurs années d’accumulation de données et de statistiques, explique-t-il. Il a personnellement examiné plus de cinq mille sportifs professionnels : la très grande majorité ne présentait pas de maladie imposant l’arrêt du sport, et seule une proportion limitée de cas a nécessité une interdiction ou un traitement.

Interrogé sur le coût du code médical, il indique que le ministère a établi un barème indicatif pour les examens dans les organismes et entreprises agréés afin d’alléger les charges des athlètes. Les hôpitaux ne sont toutefois pas tenus de le respecter et peuvent facturer davantage en fonction de leurs coûts de fonctionnement, le ministère ne pouvant imposer un tarif unique à tous les hôpitaux privés.

Issa rejette les affirmations selon lesquelles il serait possible d’obtenir des certificats d’aptitude médicale sans passer les examens, les qualifiant de « totalement infondées ». Il précise que l’examen des plaintes des parents sur les tarifs, les modalités d’application du code et le choix des organismes agréés relève de la Commission médicale supérieure du ministère de la Jeunesse et des Sports.

Des arrangements propres aux clubs

Dans le même contexte, le Dr Hazem Khamis, président de la Commission médicale supérieure du ministère de la Jeunesse et des Sports, affirme que celle-ci est chargée de fixer les règles du code, les examens requis et leurs tarifs dans les centres de médecine du sport du ministère et les entreprises sous contrat avec lui. Selon lui, le fait que certains clubs imposent aux parents des équipes médicales itinérantes ou des établissements précis ne relève pas du ministère, mais d’arrangements propres à ces clubs.

Il précise que les centres du ministère dans les gouvernorats sont tenus d’appliquer le règlement et les tarifs approuvés. Les frais des organismes sous contrat avec le ministère vont de 500 à 750 livres selon la catégorie, indique-t-il. En revanche, les hôpitaux et organismes qui ne relèvent pas de sa tutelle fixent leurs prix selon leurs propres politiques, sans que le ministère puisse leur imposer un tarif.

« Selon les règlements, les clubs ne peuvent pas obliger les sportifs à passer les examens dans un hôpital ou auprès d’une équipe médicale itinérante précise, dès lors qu’ils présentent un certificat complet délivré par un organisme public agréé et portant les cachets officiels requis. Le refus de tels certificats peut exposer le club à devoir rendre des comptes », dit-il à Zawia3.

Il explique que les organismes publics autorisés à réaliser ces bilans comprennent les hôpitaux publics, universitaires, des forces armées et de la police, ainsi que les hôpitaux des organismes publics proposant ce service. S’y ajoutent les entreprises privées sous contrat avec le ministère pour obtenir l’agrément nécessaire. Certains clubs concluent cependant, selon lui, des accords directs avec ces entreprises afin d’organiser des consultations itinérantes dans leurs locaux à des tarifs plus élevés, indépendamment des règles établies par le ministère.

Concernant la demande de prise en charge des examens par l’assurance maladie, il précise que tous les enfants en Égypte bénéficient d’une couverture financée par l’État jusqu’à 18 ans. L’intégration des examens du code médical dans l’assurance maladie universelle nécessite toutefois d’étudier la capacité du système de santé à absorber ce volume de prestations, notamment dans le contexte du déploiement progressif de l’assurance universelle dans les gouvernorats.

Il indique que la Commission médicale supérieure continue de développer le dispositif et d’en organiser les procédures. Son objectif premier est de préserver la santé des sportifs et d’unifier les critères d’examen avant la participation aux activités. Certaines pratiques dénoncées par les parents restent, selon lui, liées aux modalités d’exécution des clubs ou d’organismes ne relevant pas directement de la tutelle du ministère.

Si le code médical sportif représente une étape nécessaire pour protéger les athlètes et limiter les morts subites sur les terrains, sa réussite dépend d’une application uniforme et équitable, conciliant les exigences de sécurité et la capacité des sportifs à en assumer le coût.

Alors que les responsables affirment que les règles du ministère n’imposent aucun organisme précis aux sportifs, les témoignages des athlètes et des parents montrent la persistance d’une application inégale et de charges financières et administratives susceptibles d’empêcher la pratique sportive. Il est donc nécessaire d’achever l’équipement des unités de médecine du sport dans les gouvernorats, de renforcer le contrôle des clubs et de garantir des examens à des tarifs uniformes et accessibles à tous les sportifs.

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Aya Yasser
Journaliste, écrivaine et romancière égyptienne, titulaire d’une licence en information et communication de l’université du Caire.

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