Des affrontements ont repris ces derniers jours sur l’île de Warraq entre les forces de sécurité et des habitants, à la suite de nouvelles campagnes de démolition dans différents secteurs de l’île. Les tensions s’intensifient sur fond de différend ancien concernant la propriété des terres et les projets d’aménagement. Certaines rues ont été le théâtre de mouvements d’avancée et de repli après que les forces de sécurité ont tenté d’entrer sur des sites où elles affirmaient que se trouvaient des bâtiments « illégaux ». Les habitants y voient « une nouvelle tentative d’imposer l’évacuation » au profit du projet gouvernemental annoncé depuis plusieurs années. Selon leurs témoignages, les confrontations ont fait des blessés légers parmi les résidents.
Plusieurs habitants de Warraq affirment que le regain de tension de ces dernières semaines résulte de ce qu’ils considèrent comme des tentatives officielles de rouvrir le dossier de l’aménagement et de réorganiser les propriétés de l’île. Des déploiements de sécurité, des mesures et des relevés topographiques ont lieu, selon eux, avant qu’un projet d’ensemble garantissant leurs droits ait été arrêté. Ils précisent que les rencontres avec leurs représentants n’ont pas encore abouti à des accords définitifs, alors que les commissions gouvernementales continuent de venir quotidiennement.
Plusieurs résidents nous expliquent que l’arrivée soudaine des commissions, accompagnées de véhicules de police et d’une chargeuse, crée une tension quotidienne. Ils craignent que les relevés ne soient la première étape d’une évacuation forcée de leurs maisons, avant tout accord clair sur une solution de remplacement. Tous insistent sur le fait qu’ils « ne refusent pas l’aménagement », mais tiennent à leur droit de rester sur l’île, dans des maisons qu’ils ont construites il y a des décennies. Partir avant de recevoir une solution convenable « reviendrait à laisser des dizaines de familles sans logement », d’autant que la plupart vivent de métiers liés à la vie insulaire, comme le commerce, l’agriculture et la pêche. D’autres soulignent que les postes de sécurité aux embarcadères et aux entrées compliquent leurs déplacements quotidiens et leur imposent une pression psychologique permanente. À cela s’ajoute la peur provoquée par les affrontements répétés, qui font des victimes et des blessés et installent la terreur dans les foyers.
Pourquoi les affrontements ont-ils repris ?
Dans un entretien exclusif avec Zawia3, l’avocat à la Cour de cassation Sayed Mohamed, l’un des représentants des familles de l’île, détaille les réunions récentes, les inquiétudes et les conditions des habitants, les origines des derniers affrontements et les solutions qu’ils jugent équitables pour préserver les droits des résidents.
Mohamed explique que le dossier est actuellement géré par les services de sécurité, en particulier la Sécurité nationale, en coordination avec le gouvernorat de Gizeh. « Les responsables de la sécurité rencontrent les habitants de Warraq et essaient de contenir les crises. Depuis 2017, nous constatons que l’État cherche à acquérir la plus grande partie possible des terres de l’île, pas la totalité, tandis que les habitants demandent simplement la stabilité, le maintien sur place et la possibilité de bénéficier de tout aménagement de leur île », dit-il à Zawia3. Il souligne que « l’État a récemment créé l’Autorité de l’île de Warraq, qui y mène des acquisitions censées être “consenties”. Mais, parallèlement, des forces de sécurité stationnent aux entrées, aux sorties et près des ferries. Cela exerce une pression psychologique sur certains, surtout les personnes âgées et les femmes. Malgré cela, les habitants restent attachés à leurs maisons et à leurs terres ».
Il poursuit : « Nous avons toujours proposé des solutions claires : nous voulons conserver 300 feddans sur l’île, selon le modèle du programme “Construis ta maison”, afin de nous installer dans des logements stables sans jamais quitter l’île. L’État pourrait ensuite prendre le reste du terrain sans conflit. Mais chaque proposition reçoit une réponse différente : tantôt ils augmentent les prix, tantôt ils proposent un relogement, puis ils parlent de logements de remplacement sur l’île. Aucune de ces solutions ne répond réellement à l’intérêt des habitants. »
Il continue : « Il y a quelques semaines, les forces de sécurité ont commencé à se tenir un peu en retrait pour permettre des rencontres avec les habitants, d’abord un groupe de jeunes, de commerçants et de personnes travaillant dans l’immobilier. Puis nous avons été invités, en tant que représentants des familles, à une réunion avec un représentant de la Sécurité nationale et le président de l’Autorité de Warraq. Ils ont dit que, pour la première fois, l’État proposait une solution positive. »
Selon Mohamed, le président de l’Autorité a montré lors de cette réunion des images satellites de la zone résidentielle et tracé une ligne jaune délimitant un secteur de 250 à 300 feddans qui, a-t-il dit, resterait en place et ne serait pas touché. Les achats et ventes y seraient suspendus. Il a précisé que l’État avait acquis environ 100 feddans au sein de cette zone, qui resteraient disponibles pour des services publics et la construction des logements de remplacement.
L’avocat et représentant des familles ajoute : « Nous leur avons demandé ce qu’il adviendrait des habitants en dehors de cette zone. Ils ont répondu qu’ils bénéficieraient de logements de remplacement sur l’île. Mais comment ? Le citoyen vendrait sa maison, puis on lui attribuerait autant de logements que ceux qu’elle comprenait. Des contrats d’attribution indiqueraient la date de remise, à condition qu’il vende d’abord sa maison. L’Autorité de Warraq fixerait le prix de ces logements le moment venu, sans lien avec le montant payé aux habitants pour leurs biens. Nous leur avons dit que le propriétaire d’une maison de quatre ou cinq étages ne pouvait pas recevoir seulement quelques appartements en échange, ni quitter son domicile pour louer pendant deux ans avant de recevoir son logement. Nous avons donc proposé une formule claire : celui qui veut un appartement le reçoit immédiatement en échange du sien, avec la même superficie et au même prix, et s’y installe directement sans quitter l’île, même une heure. »
Il ajoute : « Pour ceux qui veulent rester dans une maison plutôt que dans un appartement, nous avons demandé que 70 des 100 feddans libres à l’intérieur de la zone résidentielle soient lotis selon le modèle “Construis ta maison”, avec les réseaux nécessaires. Puisque les estimations vont de 250 à 300 feddans, leur avons-nous dit, qu’est-ce que cela changerait d’en retenir 320 ou 350, d’autant que la superficie réelle de l’île est de 1 840 feddans, même s’ils utilisent une estimation inférieure de 1 540 ? »
Il poursuit : « Nous leur avons demandé de soumettre cette proposition à la présidence et au Conseil des ministres, et d’équiper les terrains avant tout déplacement. Nous avons aussi demandé ce qu’il en serait de l’amélioration des services dans la zone résidentielle. Nous avons l’électricité et l’eau, mais elles sont insuffisantes. Ils ont répondu qu’ils les amélioreraient sur le modèle de “Vie décente”. Nous leur avons dit : vous ne développez pas l’île, vous prenez possession d’un terrain dégagé pour l’investir et récupérer les sommes dépensées. Nous ne refusons pas que l’État en tire profit, à condition de ne pas perdre nous-mêmes notre terre et notre chez-nous. Les logements de remplacement ne conviennent pas à des familles installées depuis des décennies dans des maisons dont elles sont propriétaires, pas locataires. »
« Nous avons construit des maisons de plusieurs étages selon les besoins de chaque famille. Il n’est pas juste de transformer une maison entière en deux ou trois appartements : cela laisse les familles sans logement. Ceux qui veulent partir en ont le droit, mais dans des conditions garantissant leurs droits juridiquement. Nous avons demandé que les habitants puissent construire dans la zone résidentielle, mais ils ont refusé : nous ne délivrerons pas de permis, ont-ils dit, et si nous l’avions voulu, nous l’aurions fait depuis des années. »
Il poursuit : « Après la réunion, je suis sorti expliquer aux habitants ce qui s’était passé. Dès le lendemain, des commissions gouvernementales sont venues avec des policiers, des chargeuses et des instruments de mesure. Chaque fois qu’elles se dirigent vers une parcelle, ses occupants craignent que leur propriété soit relevée par satellite et s’y opposent en attendant une solution. C’est ainsi que la crise actuelle a commencé. »
Il ajoute : « Les commissions viennent tous les jours, les habitants les empêchent d’agir et elles insistent pour venir. Nous ne savons pas quel est le véritable objectif. Elles arrivent malgré tout avec des véhicules remplis de policiers pour les protéger. Sur le lieu des affrontements, près du poste de police, ils ont tenté d’arrêter plusieurs jeunes. Un seul a été interpellé, puis relâché après la médiation des habitants. »
Concernant les blessures, il précise : « Oui, des habitants sont blessés. Les blessures ne sont pas graves, mais vont de légères à modérées. Certains reçoivent des briques, une légère blessure au couteau, des tirs de chevrotine ou subissent les effets des grenades lacrymogènes. Cela dure depuis huit ans. Une personne peut avoir une fracture au pied ou à la main, ou une blessure superficielle. »
En concluant notre entretien, Mohamed insiste : « Nous ne sommes contre aucun projet d’aménagement. Nous voulons au contraire en faire partie, participer aux décisions avec les responsables et donner notre avis. » Il souligne que les habitants souffrent de cette situation depuis huit ans, ainsi que leurs parents âgés, leurs enfants et leurs jeunes.
« Nous cherchons à sortir de cette crise par des solutions rationnelles, logiques et justes, conformes à la loi et à la Constitution. Nous rejetons toute autre approche promue par certains auteurs ou certaines personnes qui ne connaissent pas la réalité de Warraq et de ses habitants. Nous vivons sur nos propriétés privées, protégées par la Constitution et la loi, et nous ne renoncerons pas à nos droits légitimes », affirme-t-il. Il demande aux responsables de répondre aux revendications des habitants et que « tout accord soit consigné dans une décision officielle du président de la République ou du Premier ministre, accompagnée d’un plan détaillé des engagements, afin que cette crise prenne fin et que toutes les parties disposent de leurs droits et de garanties rassurantes ».
Les racines de la crise
L’île de Warraq s’étend sur une superficie d’environ 1 400 feddans, entre Imbaba et Choubra al-Kheima. Elle compte près de 90 000 habitants selon des estimations non officielles, répartis en familles élargies qui se transmettent les terres depuis des décennies. La plupart travaillent dans l’agriculture, le transport fluvial ou le petit commerce. L’île n’a guère retenu l’attention du gouvernement avant ces deux dernières décennies, lorsque des projets ont commencé à envisager de transformer les îles du Nil en pôles d’investissement.
La crise remonte à 1998, lorsqu’une décision a classé Warraq comme réserve naturelle, éveillant chez les habitants le soupçon que le gouvernement voulait l’évacuer. Une autre décision du Premier ministre, prise en 2001, a ensuite soumis l’île à la législation sur les biens de l’État. Les contentieux entre résidents et autorités ont commencé à partir de là. En 2017, la crise s’est aggravée lorsque les forces de sécurité ont tenté d’exécuter des décisions de démolition fondées sur l’idée que les terres appartenaient à l’État. La tentative s’est heurtée à une large résistance populaire et un habitant a succombé à ses blessures.
Depuis, Warraq est placée sous étroite surveillance sécuritaire et les tentatives d’évacuation progressive se sont multipliées : des ordres de démolition ont été délivrés, des services publics interrompus et l’entrée de matériaux de construction limitée. Dans le même temps, des plans d’aménagement ont présenté l’île comme le site d’une ville d’investissement baptisée « Horus », confortant les soupçons des habitants selon lesquels l’objectif final était d’en faire un projet immobilier de luxe.
En 2002, les habitants ont obtenu un jugement reconnaissant leur propriété des terres de l’île. En 2010, le gouvernement a annoncé la délimitation administrative de cinq gouvernorats, dont Gizeh, comprenant Warraq, et a établi un plan d’aménagement de l’île. La situation s’y est ensuite apaisée pendant quelques années après la chute du régime de l’ancien président Hosni Moubarak, au pouvoir de 1981 à 2011.
Le gouvernement fonde sa position sur le fait que la plupart des terres de l’île appartiendraient à l’État et que les habitants ne disposeraient pas de titres légaux suffisants. Pourtant, de nombreux résidents possèdent des actes d’achat et de vente authentifiés datant des années 1940 ; certains détiennent des actes sous seing privé et des contrats enregistrés, ce qui crée une question juridique complexe quant à la nature de la propriété.
Les autorités s’appuient, de leur côté, sur la loi n° 7 de 1991 relative au domaine privé de l’État et sur la loi n° 144 de 2017 concernant la régularisation de l’occupation des terres. Selon des observateurs, ces textes servent de fondement à l’expulsion forcée lorsque les habitants ne régularisent pas leur situation selon les procédures de l’État. Mais les résidents estiment qu’ils ne tiennent pas compte de la particularité de l’île, lieu de résidence permanent de familles qui y sont profondément enracinées.
Talaat Khalil, coordinateur général du Mouvement civil et membre du conseil présidentiel du Parti des conservateurs, affirme que le recours à des méthodes brutales pour pousser les habitants de Warraq à quitter de force leurs maisons est « totalement inacceptable ». Il souligne que le gouvernement exerce de fortes pressions par différents moyens, tout en négligeant des questions juridiques concernant leurs droits à construire, à posséder leurs logements et d’autres problèmes non résolus.
Dans ses déclarations à Zawia3, Khalil ajoute que le gouvernement « suit cette approche depuis des années ». Selon lui, elle « ne conduira à aucune solution réelle » et ne fera que compliquer la crise. Il insiste sur le refus, par le Mouvement civil, de « toute forme de violence contre les citoyens » et sur la nécessité pour le gouvernement de revoir sa gestion du dossier et de rechercher des « solutions de fond » préservant les droits des habitants.
Khalil souligne que la logique de force adoptée par le gouvernement face aux citoyens ouvre la voie à de nouveaux heurts et à de nouvelles blessures, et met en garde contre la poursuite de ces pratiques. Il affirme que les pressions continues, exercées par des moyens illégaux et inhumains, ne peuvent qu’entraîner de graves conséquences. Un règlement juste de la crise de Warraq est devenu, selon lui, une urgence qui ne peut plus attendre.
Pourquoi les solutions ont-elles échoué ?
Malek Adly, directeur du Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux, affirme à Zawia3 que le gouvernement ne devrait pas être partie prenante au conflit de Warraq. Son intervention comme partie au litige complique la situation et accentue les heurts avec les habitants. « La crise nécessite aujourd’hui l’intervention d’un tiers pour trouver une solution, peut-être la justice ou le Parlement », dit-il. Il ajoute : « La justice devrait suivre une procédure juridique claire pour trancher. À ce stade, toutefois, une intervention du Parlement serait souhaitable : il devrait aller directement à la rencontre des habitants, leur demander leurs besoins et leurs attentes, au lieu de s’appuyer uniquement sur des solutions sécuritaires. »
Adly insiste : « Les seules solutions sécuritaires ne donneront aucun résultat réel. Toute décision de sécurité doit s’appuyer sur des jugements, pas sur des décisions administratives du gouvernement, devenu partie prenante avec ses propres intérêts. Les décisions qu’il prendra iront dans ce sens et ne viseront pas nécessairement à garantir les droits des citoyens. »
L’avocat et défenseur des droits humains explique que « l’expropriation doit suivre des règles claires : de véritables négociations avec les habitants, le recours à des experts pour évaluer les biens et fixer des prix justes, et le dépôt des indemnités à la banque avant l’exécution de toute décision. Or, actuellement, les accords sont souvent verbaux et informels, ce qui rend toutes les mesures ultérieures contestables et sources de confrontation ».
Adly observe que les décisions administratives du gouvernement, du gouvernorat ou des ministres négligent souvent les conditions de vie des habitants. « Celui qui quitte sa maison ou sa terre agricole n’obtient pas toujours une solution juridique appropriée. C’est un problème majeur, car les habitants ne connaissent pas leurs droits ni ne savent si le gouvernement respectera les indemnisations prévues », souligne-t-il.
Il distingue plusieurs types de décisions d’expropriation : « Certaines répondent à des objectifs d’intérêt général ou à des nécessités, comme la protection de la santé, de la sécurité ou de la tranquillité publique ; d’autres visent l’aménagement. Dans ce dernier cas, il devrait y avoir une participation des habitants et un accord écrit garantissant leurs droits. Malheureusement, de nombreuses décisions actuelles ne respectent pas ces critères et sont exécutées par la force ou par des actes administratifs, sans respecter les lois. »
Il relève également que certaines terres visées seront affectées à des investissements privés, tels que des tours touristiques ou des projets d’entreprises d’investissement. Il insiste sur la participation des habitants et sur de véritables négociations, pour garantir que leurs droits ne soient pas lésés et qu’ils ne soient pas contraints de quitter leurs logements sans solutions de remplacement juridiquement appropriées.
Les projets proposés par le gouvernement
D’après des plans publiés par l’Autorité du génie des forces armées, le projet d’aménagement de Warraq prévoit une vaste zone d’investissement baptisée « Ville d’Horus », comprenant des tours résidentielles, des hôtels et un quartier d’affaires. Le gouvernement a annoncé que ces projets créeraient des emplois et des revenus d’investissement pour l’État, mais n’a pas détaillé les plans de relogement des habitants d’origine. Selon les informations publiées par le Service d’information de l’État égyptien, le projet vise à transformer l’île en centre commercial mondial sur 1 516 feddans, pour un coût total de 17,5 milliards de livres. Le plan comprend huit zones d’investissement, une zone commerciale, un secteur résidentiel haut de gamme, un parc central, des espaces verts, des marinas touristiques, une façade fluviale touristique, une zone culturelle et une corniche touristique.
En 2021, la gestion du dossier de l’île a été transférée à l’Autorité des nouvelles communautés urbaines, qui a commencé à acheter les terres aux habitants à des prix allant de 6 000 à 12 000 livres le mètre carré. Auparavant, l’Autorité du génie avait achevé une corniche sur la rive ouest de l’île. Ces mesures montrent que l’État s’oriente vers un aménagement global, sans plan clair associant les habitants.
Depuis juillet 2017, les habitants ont organisé des manifestations ponctuelles pour réclamer le droit de rester et de vivre en sécurité. Des comités populaires de défense de l’île se sont constitués, et le mot-dièse #الوراق_مش_للبيع a été lancé sur les réseaux sociaux. Les résidents ont refusé de quitter leurs maisons ou d’accepter les indemnisations proposées, qu’ils jugent inférieures à la valeur réelle du terrain et de son emplacement.
En septembre 2024, les forces de sécurité ont interdit l’entrée de matériaux de construction par les ferries, provoquant une forte accumulation et un mécontentement populaire. Des organisations de défense des droits humains, dont la Commission égyptienne des droits et des libertés, ont documenté plusieurs violations à l’encontre des habitants, notamment des arrestations arbitraires et un usage excessif de la force.
Du côté officiel, le gouverneur de Gizeh et des responsables du ministère du Logement ont affirmé que l’aménagement de Warraq s’inscrivait dans un plan national de développement des îles du Nil. Le gouvernement a déclaré s’engager à fournir des logements de remplacement et des indemnisations équitables, et ne pas chercher à déplacer les habitants de force. Mais le manque de transparence sur les indemnisations et l’absence de participation des résidents aux décisions accentuent les tensions.
Le Conseil des ministres a également publié un communiqué en novembre 2024 affirmant que « l’État ne confisque les biens de personne, mais applique la loi aux contrevenants ». Des organisations locales et internationales de défense des droits humains, comme le Centre du Caire pour les études des droits humains, ont toutefois mis en doute le respect, par l’État, des normes internationales en matière de déplacement volontaire.
