À quelques semaines du lancement des élections législatives en Égypte, qui commencent par l’élection du Sénat (la deuxième chambre du Parlement) prévue en août 2025, des discussions acharnées se déroulent en coulisses : hommes d’affaires et personnes influentes se disputent une place en tête de la « Liste nationale pour l’Égypte », dont la victoire est garantie selon les termes de responsables politiques, et qui regroupe 13 partis, pour la plupart des partis progouvernementaux menés par Mostaqbal Watan (« Avenir de la patrie »), ainsi qu’un nombre restreint de partis d’opposition comme Al-Wafd, le Parti social-démocrate égyptien, Al-Adl (« Justice ») et Al-Tagammu (« Rassemblement »).
L’argent politique n’a jamais été absent de la plupart des scrutins organisés en Égypte au cours des quatre dernières décennies. Mais la nouveauté, depuis 2015, c’est l’apparition d’une autre forme d’utilisation de l’argent en échange d’un siège au Parlement : un paiement anticipé à l’État en contrepartie d’une candidature sur une liste fermée, assurée de gagner, qui regroupe tous les partis progouvernementaux ainsi qu’un nombre limité d’opposants « familiers », selon la description qu’en font des responsables politiques. Cette liste bénéficie d’un soutien sécuritaire, politique et médiatique sans équivalent, et les candidats s’y présentent souvent comme les candidats de l’État.
Il y a dix ans, en 2015, de nombreux rapports faisaient état du versement de sommes importantes, allant jusqu’à 10 millions de livres égyptiennes, en échange d’un siège dans une circonscription donnée, ou même pour obtenir un soutien ou un « feu vert » afin de se présenter aux sièges individuels (scrutin uninominal). Aujourd’hui, alors que les préparatifs vont bon train en vue des élections au Sénat, puis à la Chambre des représentants, Zawia3 a contacté des dizaines de candidats, anciens et actuels, ainsi que des responsables politiques et des personnes impliquées dans la préparation des élections : tous s’accordent sur l’explosion récente du phénomène de l’argent politique, qu’il s’agisse des sommes versées aux autorités en échange de la présentation de candidats ou de ce qui est dépensé ensuite en propagande ou en pots-de-vin électoraux.
Des organisations égyptiennes de défense des droits humains comme l’Association pour la liberté de pensée et d’expression et le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux ont documenté ce phénomène dans plusieurs rapports, dont le plus marquant, publié en 2020, signalait « un dépassement à grande échelle du plafond des dépenses électorales par des candidats, qui ont dépensé des sommes énormes en publicités télévisées et radiophoniques, organisé des fêtes populaires et distribué des denrées alimentaires et de l’argent dans les circonscriptions pauvres ». Les missions d’observation électorale, comme la Coalition égyptienne pour l’observation des élections et l’Observatoire de l’intégrité des élections, ont également relevé la répétition de ces abus lors des élections de 2015 et de 2020, avec des mécanismes de reddition des comptes défaillants, malgré l’existence de dispositions légales criminalisant l’achat de voix. Il convient de noter que la loi sur l’exercice des droits politiques fixe des plafonds aux dépenses électorales, mais l’absence de contrôle effectif a contribué à faire de l’argent politique un outil décisif pour gagner, en particulier dans le scrutin individuel, qui repose sur des circonscriptions restreintes où l’influence financière et sociale s’exerce facilement.
Des observateurs estiment que l’argent politique est lié à une histoire longue et complexe des élections législatives égyptiennes, où il a été utilisé comme un moyen essentiel d’influencer le vote des électeurs, notamment dans un contexte de recul du rôle des partis et de faiblesse de la culture politique au sein de larges catégories de citoyens. Depuis les élections à l’Assemblée du peuple (l’ancien nom de la chambre basse) sous l’ancien président Hosni Moubarak, des candidats ont été accusés à maintes reprises d’utiliser l’argent pour mobiliser des voix, en achetant les consciences ou en fournissant des services directs.
Que se passe-t-il en coulisses ?
Selon des déclarations concordantes obtenues par Zawia3 auprès de sources partisanes bien informées, ayant participé aux concertations sur la formation des listes électorales et la coordination des circonscriptions individuelles, « la participation aux listes parlementaires exige désormais d’énormes contributions financières, versées au fonds Tahya Misr » (« Vive l’Égypte », un fonds créé en 2014 à l’initiative du président Abdel Fattah al-Sissi). Ces sources indiquent que le candidat sur la liste du Sénat verse près de 30 millions de livres égyptiennes (environ 600 000 dollars), tandis que la somme grimpe à 70 millions de livres (environ 1,4 million de dollars) pour un candidat sur la liste de la Chambre des représentants, et que les membres nommés par le président de la République paient environ 50 millions de livres (environ 1 million de dollars).
Les sources affirment que la répartition au sein des listes ne se fait pas uniquement selon des critères de compétence : on s’accorde sur les noms en fonction de leurs contributions financières et du nombre de sièges à faire passer. Elles expliquent : « S’il faut six députés, par exemple, on ne les place pas tous sur une seule liste : on les répartit sur trois listes pour garantir le succès de tous. » Elles précisent que cela se fait selon une coordination minutieuse, afin que chaque liste comprenne 2 ou 3 candidats soutenant le pouvoir, pour donner l’impression d’une diversité entre opposants et partisans.
Concernant le scrutin individuel, les sources révèlent que la première phase connaît un grand chaos, faute d’entente entre les candidats. Elles indiquent que chaque candidat agit séparément et s’appuie sur ses délégués, qui se tiennent à l’extérieur des bureaux de vote et distribuent de l’argent en échange des voix. Dans le détail, l’une des sources, qui a déjà participé à la supervision de certains bureaux de vote lors d’élections précédentes, explique : « Le citoyen se rend au bureau de vote, donne sa voix contre 100 livres, puis revient voir le délégué du candidat pour lui confirmer qu’il a voté ; ce dernier lui remet alors un “coupon” qui lui permet de retirer un carton de denrées alimentaires et une somme d’argent supplémentaire. »
Une autre source explique que certains candidats s’entendent ensuite, au second tour, pour partager les coûts, par exemple : « Dans certains villages, deux députés s’entendent et distribuent l’argent à parts égales ; chaque délégué se tient devant le bureau de vote et vérifie qui a voté pour qui, et les cadeaux sont distribués sur cette base », selon les mots de l’un d’eux. Le coût d’une seule voix atteint dans certains cas 250 livres, somme en espèces et carton compris, et « ces opérations sont coordonnées par des personnes précises, chacune responsable de 4 bureaux de vote ».
Les sources s’accordent à dire que ces pratiques ne sont pas nouvelles et se sont répétées lors des législatures précédentes, indiquant que « les dernières élections ont connu l’achat de voix de la même manière, même si les prix étaient moins élevés ». Elles précisent que « lors de la législature précédente, le coût de la liste n’était que de 22 millions de livres, et celui d’une nomination de 15 millions », mais que ces montants ont considérablement augmenté pour la législature actuelle. Elles citent le cas d’un ancien député, aujourd’hui décédé, qui « distribuait d’énormes quantités de denrées alimentaires et d’argent, mais a à peine obtenu 200 voix dans les meilleures circonscriptions, parce qu’il n’était pas soutenu par certaines instances ».
Nos sources affirment : « Ces pratiques se déroulent au vu et au su de toutes les parties et sont largement répandues dans tout le pays ; elles reposent sur l’exploitation des pauvres au moyen des cartons de denrées et des 100 livres. » Elles indiquent qu’« un grand nombre de candidats consacrent des millions à des distributions sous forme d’aides dans les villages et les districts, dans le cadre d’alliances davantage financières que politiques ».
Les prochaines élections législatives en Égypte sont le premier scrutin législatif depuis des décennies à ne pas être soumis à une supervision judiciaire complète, en raison de l’expiration du délai constitutionnel qui imposait la supervision judiciaire des élections pendant dix ans seulement à compter de l’entrée en vigueur de la Constitution de 2014. En vertu de l’article 210 de la Constitution, il était exigé qu’un membre des instances judiciaires supervise chaque urne afin de garantir l’intégrité du processus, mais cet article a fixé à cette supervision une limite dans le temps, qui a expiré en 2024. Cela signifie que toute élection organisée après cette date ne sera pas soumise à ce type de contrôle judiciaire direct, ce qui renforce, selon des observateurs, les possibilités de recours à l’argent politique et à d’autres abus.
Depuis 2015, l’Égypte organise ses élections législatives selon le système controversé de la « liste fermée absolue », que les partis d’opposition rejettent fermement et auquel tiennent le gouvernement et les partis progouvernementaux. Selon cette loi, le pays est divisé en circonscriptions électorales, chacune dotée d’un nombre déterminé de sièges pourvus par des listes fermées de partis ou de coalitions : l’électeur vote pour la liste dans son ensemble et non pour des individus en particulier. La liste est dite fermée « absolue » parce que l’électeur ne peut ni modifier l’ordre des noms au sein de la liste ni y choisir des candidats ; en outre, la victoire revient à la liste qui obtient la majorité absolue des voix (50 % + 1), et celle-ci remporte tous les sièges de la circonscription, sans répartition proportionnelle entre les autres listes concurrentes.
Ce système est appliqué depuis l’adoption de la loi n° 46 de 2014 relative à la Chambre des représentants, qui a réservé une partie des sièges (120 sièges) au système des listes fermées absolues, à côté d’autres sièges disputés au scrutin individuel. Les partis progouvernementaux justifient le recours à ce système par la nécessité de garantir la représentation de certaines catégories définies par la Constitution, comme les femmes, les jeunes, les chrétiens, les personnes handicapées et les Égyptiens de l’étranger, en les inscrivant obligatoirement sur les listes, ce qui assure leur présence au Parlement. Ce système a également été maintenu lors des élections de 2020 selon le même mécanisme, sur fond de débat quant à sa capacité à garantir une représentation équitable, d’autant qu’il donne un avantage absolu à la liste gagnante et prive les listes concurrentes de tout siège, même si elles obtiennent des pourcentages de voix élevés.

Élections au Sénat : une liste unique et un désintérêt politique
Lors des élections au Sénat prévues le mois prochain (août 2025), la « Liste nationale pour l’Égypte » concourt seule, sans aucune liste concurrente dans les quatre circonscriptions réservées au système des listes fermées, selon ce qu’a annoncé l’Autorité nationale des élections en Égypte jeudi dernier (10 juillet 2025), parallèlement à la clôture des candidatures aux élections au Sénat, après six jours de réception des dossiers des candidats aux scrutins de liste et individuel.
S’agissant des sièges individuels, au nombre de 100, les partis Mostaqbal Watan, Homat Al-Watan (« Protecteurs de la patrie ») et Al-Gabha Al-Wataniya (« Front national ») ont présenté ensemble plus de 40 candidats, tandis que le Parti républicain du peuple en a présenté 21 et que le Parti social-démocrate égyptien a marqué une présence notable avec 35 candidats. Le parti Eradet Geel (« Volonté d’une génération ») est entré en compétition avec 33 candidats, le parti Al-Ittihad (« Union ») avec 30 candidats, Al-Ahrar (« Libéraux ») avec 28 candidats et Al-Tagammu avec 27 candidats. Ont également participé le parti Al-Geel (« Génération ») avec 25 candidats, Al-Horreya (« Liberté ») avec 24, Al-Adl avec 19, le Parti arabe démocratique nassérien avec 18, Al-Moatamar (« Congrès ») avec 17, les Nouveaux Indépendants avec 15, le parti salafiste Al-Nour avec 12 candidats et le parti Al-Waay (« Conscience ») avec 11, tandis que le parti Al-Wafd s’est contenté de présenter seulement 10 candidats.
En revanche, le Mouvement civil démocratique, une coalition regroupant plusieurs partis libéraux et de gauche, a annoncé son boycott total des élections au Sénat, pour protester contre ce qu’il a qualifié d’absence de garanties d’intégrité, en particulier après la suppression de la supervision judiciaire complète du déroulement du vote, ainsi que contre l’adoption du système de la liste fermée absolue, qui conduit à gaspiller près de 49 % des voix des électeurs et permet à une seule entité de rafler tous les sièges si elle obtient (50 % + 1) des voix, ce que le Mouvement considère comme une consécration de l’exclusion politique et une fermeture de l’espace public.
Les articles de la Constitution prévoient que les élections au Sénat et à la Chambre des représentants doivent se tenir dans les soixante jours précédant l’expiration du mandat de chacune des deux chambres. Dans ce cadre, les élections au Sénat sont prévues en août 2025, suivies des élections à la Chambre des représentants en novembre 2025. Le Sénat compte 300 membres, dont un tiers est élu au scrutin de listes fermées, un autre tiers au scrutin individuel, tandis que le président de la République nomme le tiers restant. La loi impose de réserver au moins 10 % des sièges aux femmes.
Des lois qui barrent la route à l’opposition
Pour sa part, Talaat Khalil, coordinateur du Mouvement civil démocratique et membre du conseil présidentiel du Parti des conservateurs, affirme que le spectacle de l’argent politique lors des prochaines élections législatives est devenu récurrent et croissant, en l’absence manifeste de tout contrôle effectif. Il souligne que les dépenses électorales ont dépassé les limites acceptables, que ce soit par des paiements pour figurer sur les listes fermées, par une propagande excessive, voire par l’achat de voix.
Talaat Khalil explique, dans des déclarations à Zawia3, que l’argent politique est devenu fortement présent sur la scène électorale, en particulier lors des derniers scrutins, où l’argent est distribué massivement, sur fond de net recul de la supervision et de la transparence. Il précise que la candidature sur ce qu’on appelle les « listes fermées absolues », adoptées par ce que l’on nomme l’Alliance des partis nationaux, s’apparente désormais à une procédure de nomination dans laquelle certains paient des sommes considérables pour s’assurer un siège au Parlement.
Le coordinateur du Mouvement civil démocratique souligne que les élections aux sièges individuels connaissent elles aussi des pratiques similaires, expliquant que les circonscriptions sont devenues vastes et extrêmement coûteuses, ce qui a poussé certains candidats à miser sur l’achat de voix, notamment face au désintérêt populaire pour la participation politique. Il poursuit : « Le citoyen a totalement perdu confiance dans le processus électoral et dans les institutions législatives, si bien que mobiliser les pauvres en les appâtant avec un carton de denrées ou une somme d’argent est devenu le comportement dominant. »
Talaat Khalil insiste sur le fait que ces pratiques sont gérées par des réseaux organisés comprenant des courtiers et des « fournisseurs » de personnes, qui exploitent la pauvreté des citoyens, y compris des bénéficiaires du programme d’allocations « Takaful et Karama » (« Solidarité et Dignité »), regrettant que cette allocation gouvernementale soit utilisée comme moyen de pression sur les pauvres pour les forcer à voter. Il indique également que certains fonctionnaires subissent des pressions directes de leurs institutions pour participer aux élections, ce qui traduit une rupture totale avec les cadres parlementaires que l’Égypte a connus pendant plus de 160 ans, affirmant que ce à quoi nous assistons actuellement n’est pas digne de l’histoire parlementaire de l’Égypte et ne reflète aucune forme de vie politique saine.
Sur la position du Mouvement civil démocratique à l’égard des prochaines élections, Talaat Khalil indique que le Mouvement n’a pas participé aux élections au Sénat en raison de leur coût exorbitant et de l’opacité de la situation, affirmant que celui qui a véritablement boycotté, c’est le peuple égyptien, qui a refusé de s’engager dans un processus électoral « fondé sur des lois impossibles à satisfaire », selon ses termes.
Il a ajouté : « Ces lois n’empêchent pas seulement de voter, elles empêchent aussi de se porter candidat, et ferment totalement la porte à toute possibilité de compétition sérieuse. Le découpage actuel des circonscriptions, qui a réduit le pays à seulement quatre circonscriptions pour les listes fermées absolues, est un découpage biaisé qui fait fuir tout candidat sérieux. » Interrogé sur la position du Mouvement civil démocratique quant aux prochaines élections, Talaat Khalil indique que la position du Mouvement concernant les élections à la Chambre des représentants n’a pas encore été arrêtée et qu’elle est à l’étude, affirmant que toutes les données indiquent la persistance des mêmes problèmes qui avaient conduit au boycott de scrutins précédents.

Une volonté citoyenne délibérément écartée
Akram Ismail, dirigeant du parti Pain et Liberté (Al-Eish wal-Horreya), affirme que les prochaines élections législatives se déroulent dans un cadre fermé et verrouillé qui exclut totalement la volonté des électeurs, tandis que la volonté des gens et leur conscience sont délibérément écartées et qu’une scène politique taillée d’avance est reproduite. Il ajoute, dans des déclarations exclusives à Zawia3, que « l’ensemble du processus électoral est désormais soumis à des arrangements sécuritaires précis, qui déterminent qui entre au Parlement et qui en est exclu, de sorte qu’aucun candidat ne passe sans franchir une porte contrôlée par les appareils de l’État ».
Akram Ismail affirme en outre que « l’argent politique n’est plus un simple outil d’influence parmi d’autres, mais qu’il est devenu l’un des piliers essentiels du processus électoral », expliquant que « plus la présence populaire réelle se réduit, plus le coût de l’achat d’une voix augmente et plus le recours à la corruption électorale et à la distribution d’aides en échange de la participation s’étend ». Il souligne que « l’absence de participation populaire ouvre la voie à la consolidation d’un modèle fondé sur la mobilisation contre de l’argent, et non sur la conviction ou les programmes politiques ».
Au sujet des listes, Akram Ismail explique que « les sièges du Parlement sont proposés sur le marché politique, et celui qui a de l’argent peut réserver sa place », ajoutant : « Les partis progouvernementaux eux-mêmes fonctionnent désormais selon une logique de financement : celui qui dispose de la plus grande capacité financière peut s’assurer une place sur la liste, qu’il vienne de l’intérieur ou de l’extérieur du parti. » Il indique que « les appareils chargés de gérer la scène redistribuent les sièges conformément à des rapports de force déterminés à l’avance, des rapports de force que contrôlent le capital et la loyauté sécuritaire, et non la volonté des électeurs ».
Quant aux sièges individuels, Akram Ismail estime que « la scène y est encore plus claire » : face au désintérêt d’une large partie des citoyens pour le vote, un nombre restreint d’électeurs est mobilisé au moyen d’un système fondé sur le paiement direct, sous forme de sommes en espèces ou d’aides alimentaires, en échange de leur déplacement aux bureaux de vote et de leur vote en faveur d’un candidat déterminé. Il souligne qu’« il y a des citoyens qui ne savent même pas qu’il y a des élections, et qui sont mobilisés uniquement parce qu’une instance a décidé de payer en échange de leur voix », ajoutant que « le vote ici n’exprime pas une volonté politique, mais une équation fondée sur des arrangements préalables et une contrepartie matérielle ».
Le dirigeant du parti Pain et Liberté indique également que « la hausse du coût de la candidature reflète l’ampleur de la collusion entre l’argent et la politique », révélant que le siège sur une liste parlementaire atteint près de 70 millions de livres égyptiennes. Il déclare : « J’ai essayé de réunir cette somme grâce à des contributions personnelles, mais je n’ai pas pu rassembler plus de deux mille livres, une scène qui reflète l’exclusion totale de ceux qui n’ont pas d’argent de la candidature et de la compétition. »
Il affirme que le prochain Parlement « ne sera pas le reflet de véritables équilibres sociaux ou politiques, mais le produit d’une décision politique explicite visant à écarter la volonté des citoyens dans la formation des institutions du pouvoir », ajoutant que « cette orientation fait l’objet d’une acceptation et d’un consensus au sein de l’élite dirigeante, et repose sur la conviction bien ancrée que l’Égypte ne doit pas connaître d’élections où la majorité s’exprime ; et chaque fois que le contraire se produit, comme dans certains syndicats professionnels, le régime le considère comme une exception indésirable ».
