Égypte : comment le commerce des médicaments périmés est-il devenu un marché lucratif ?

Des médicaments périmés sont revendus dans les pharmacies, sur Internet et sur les marchés populaires en Égypte.
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Aya Yasser

Rania, 24 ans, ne s’attendait pas à ce que les préparatifs de son mariage lui réservent une expérience aussi amère. Alors qu’elle cherchait sur Internet des cosmétiques et des médicaments pour prendre soin de sa peau et de ses cheveux, une publicité alléchante est apparue sur Facebook : les produits dont elle avait besoin à moitié prix. Elle n’a guère hésité. Elle a contacté le vendeur inconnu, qui l’a rassurée sur leur qualité et leur efficacité. Elle a payé 1 200 livres par portefeuille électronique et attendu impatiemment son colis.

Au bout d’une semaine d’utilisation, l’inquiétude a commencé à s’installer. Elle avait régulièrement des nausées et une éruption cutanée est apparue. En vérifiant les dates imprimées sur les emballages, elle a découvert que tous les produits étaient périmés depuis plus d’un an. Elle s’est empressée de contacter la page commerciale. On l’a d’abord fait attendre, puis ignorée, avant de la bloquer. Comprenant qu’elle avait été victime d’une escroquerie en ligne, elle n’a trouvé d’autre recours que de publier un avertissement dans un groupe de femmes, pour éviter à d’autres de tomber dans le même piège.

Shaimaa ne pensait pas non plus que l’Arcalion, prescrit par son médecin pour soulager sa fatigue, la confronterait brutalement aux pratiques de certaines pharmacies égyptiennes. Un an auparavant, elle l’avait acheté dans une pharmacie du district d’Al-Maragha, dans le gouvernorat de Sohag. Son prix était légèrement inférieur à l’ordinaire, mais elle ne s’en était pas méfiée. Après une semaine de traitement, alors qu’elle prenait la boîte, elle a remarqué sa date de péremption : le médicament était périmé depuis plus d’un an. Affolée, elle est retournée à la pharmacie demander des explications. Elle a alors découvert que le vendeur n’était pas pharmacien, mais simplement un assistant sans autorisation d’exercer. Il a tenté de se dérober, puis a dû appeler le pharmacien lorsqu’elle a menacé de révéler l’affaire. Celui-ci est arrivé en hâte, s’est excusé et lui a assuré que le médicament n’avait perdu que 10 % de son efficacité, mais qu’il était « sans danger », avant de la rembourser. Shaimaa en a tiré une leçon : elle ne ferait plus confiance à un médicament sans avoir elle-même vérifié sa date de péremption.

Mais cette expérience n’était pas un simple incident isolé. Quelques mois plus tard, lorsque son fils de sept ans a souffert d’un mal de gorge, le médecin lui a prescrit un antibiotique. Son mari s’est rendu dans une autre pharmacie et l’a rapporté à la maison. Désormais plus prudente, Shaimaa a immédiatement examiné la boîte. Nouvelle surprise : le médicament était périmé depuis six mois. Que se serait-il passé si elle n’avait pas vérifié ? Si son enfant l’avait pris ? Elle a compris que le problème ne concernait pas une seule pharmacie, mais un système plus vaste dépourvu de contrôle, où les médicaments périmés se vendent sans être inquiétés et où les patients en paient le prix.

Dans de précédentes déclarations, Ali Auf, président de la division des médicaments, expliquait que des usines non autorisées, répandues en Égypte, achètent des médicaments périmés aux pharmacies, les reconditionnent avec de fausses dates et les remettent sur le marché, faisant courir un grave danger aux consommateurs. Il ajoutait que l’Agence de protection des consommateurs avait récemment découvert des usines illégales qui recyclaient certains traitements contre le cancer en effaçant la date de péremption et en en imprimant une nouvelle, avant de les distribuer par l’intermédiaire d’entrepôts et de pharmacies. Il estimait ce commerce illicite à quelque trois milliards de livres.

Malgré la gravité du phénomène, Auf a révélé que les entreprises pharmaceutiques n’avaient pas retiré du marché leurs médicaments périmés depuis sept ans, aggravant la crise et laissant davantage de place au marché informel. Pour tenter d’endiguer ces pratiques, Khaled Abdel Ghaffar, vice-Premier ministre et ministre de la Santé et de la Population, a pris en février dernier une décision obligeant les établissements médicaux à restituer les médicaments et fournitures médicales périmés à leurs fournisseurs, et interdisant leur destruction avant l’accomplissement des procédures légales nécessaires et l’accord des autorités compétentes. La capacité de cette décision à encadrer le marché et à combattre un commerce qui ne cesse de s’étendre reste toutefois en question.

Des médicaments sur les marchés populaires

Ces derniers mois, Zeinab s’est retrouvée prise dans une quête sans fin, et sans résultat, de médicaments contre l’hypertension et le diabète pour sa mère âgée. Chaque fois qu’elle se rend au service d’assurance maladie, elle reçoit la même réponse : « Le traitement n’est pas disponible. » Dans les pharmacies, son prix a doublé, et il arrive aussi qu’il soit introuvable. Elle n’avait pas les moyens de l’acheter au marché noir : la pension de son défunt mari suffit à peine à payer la nourriture, l’électricité et l’eau.

Un jour, cependant, alors qu’elle parcourait le marché de Wekalet Al-Balah, à Boulak Abou Al-Ela, un spectacle inhabituel a attiré son attention. Une femme était assise sur le trottoir, devant des boîtes et des plaquettes de médicaments de toutes sortes, et interpellait les passants : « Toute plaquette à cinq livres, toute boîte à dix ! » Zeinab s’est arrêtée, a hésité, puis s’est souvenue que les mêmes médicaments se vendaient au marché du vendredi. Elle n’a posé aucune question sur leur provenance et n’a pas pensé à leur date de péremption. Elle ne songeait qu’à sa mère, qui en avait grand besoin. Elle a payé, emporté les boîtes dans un sac en plastique noir et quitté le marché, rassurée d’avoir trouvé une solution, sans savoir qu’elle avait peut-être acheté un nouveau danger.

Zeinab ne s’est pas souciée de la date de péremption de ces médicaments d’origine inconnue achetés au marché. Comme de nombreuses familles pauvres en Égypte, elle a vu son pouvoir d’achat reculer sous l’effet de la crise économique, de la dévaluation de la monnaie locale à environ 50,60 livres pour un dollar et d’une inflation qui atteignait 23,3 % en décembre 2024, selon les données de la Banque centrale. Ces familles ont été contraintes de réduire leurs dépenses de santé de 43 % et de recourir à des marques de qualité inférieure à hauteur de 70 %. Au même moment, un jeune homme a photographié des médicaments vendus dans la rue, sans contrôle, au marché du dimanche de Wekalet Al-Balah. Il a publié la photo le 19 janvier dernier sur Threads, indiquant avoir remarqué des emballages de médicaments périmés.

Sa publication et la photographie se sont rapidement propagées sur les réseaux sociaux. Quelques jours plus tard, le 27 janvier, l’Autorité égyptienne du médicament a annoncé avoir interpellé, avec les services de sécurité compétents, plusieurs personnes en possession de vitamines et de cosmétiques périmés sur un marché du gouvernorat du Caire. L’intervention faisait suite à de multiples plaintes et à des informations et photographies diffusées sur les réseaux sociaux ainsi que sur des sites et plateformes d’information, montrant des personnes qui n’étaient pas pharmaciens vendre des médicaments en dehors des pharmacies agréées dans un marché public du Caire. L’Autorité avait également reçu des plaintes faisant état de la circulation de médicaments et de cosmétiques hors des établissements pharmaceutiques autorisés.

L’Autorité a précisé que des opérations conjointes avaient visé ce marché, qui se tient une fois par semaine. Plusieurs vendeurs non habilités à exercer la pharmacie ont été interpellés dans le gouvernorat du Caire, sur les lieux signalés. Des produits cosmétiques, des soins pour la peau et d’autres produits soumis au contrôle ont été saisis, ainsi que diverses vitamines, de petites quantités de médicaments, des produits non enregistrés et des compléments alimentaires périmés. Les saisies représentaient près de 700 emballages, dont la plupart ne portaient pas de date de péremption visible. Les produits ont été placés sous scellés et six procès-verbaux établis pour être transmis au parquet compétent.

Le commerce des médicaments périmés

Zawia3 a observé un commerce actif de médicaments périmés dans des groupes Facebook consacrés à leur échange, ainsi que sur des pages et comptes appartenant à des entités inconnues qui prétendent travailler dans le secteur pharmaceutique, comme Life Pharm, Al-Hamd Pharma, Al-Mostafa et Overseas pour l’échange de produits périmés. Les représentants de ces entités, ainsi que des comptes anonymes, publient dans des groupes consacrés à la pharmacie et au commerce des médicaments en Égypte. Ils proposent d’acheter des boîtes de lait infantile, des compléments alimentaires, des cosmétiques et des médicaments détériorés que les distributeurs refusent de reprendre. Ils les échangent contre d’autres produits : stimulants sexuels (Viagra, Erec, Virecta, Napi Fit), fournitures pharmaceutiques (seringues, brosses à dents), ou encore médicaments courants (Panadol, Cataflam, Bi-Alcofan, Dexa, Zurcal, Oplex, préparations effervescentes aux fruits, pastilles à sucer, Vitacid C).

Si certains pharmaciens refusent ces offres et supportent les pertes financières entraînées par la destruction des médicaments périmés, d’autres répondent aux représentants et concluent des ventes avec des remises pouvant atteindre 75 %, ou des échanges contre d’autres produits. Certains cherchent eux-mêmes des acheteurs dans les groupes de pharmaciens, soit pour obtenir de l’argent après une forte réduction, soit pour recevoir en échange des produits rentables pour l’officine.

La pharmacienne Hanaa Mohamed explique à Zawia3 que les distributeurs ne reprennent que l’équivalent de 1 % des achats mensuels des pharmacies, à condition que les boîtes soient complètes. Cette restriction pousse les pharmaciens à réduire leurs commandes pour éviter les pertes. Certains essaient aussi de vendre les médicaments proches de leur date de péremption comme substituts à des produits très demandés. Ceux qu’ils ne parviennent pas à écouler sont jetés à la poubelle ou vendus à des représentants qui proposent de les acheter avec de fortes remises ou de les échanger contre d’autres produits.

Hanaa avertit qu’une fois sortis des pharmacies, ces médicaments circulent souvent illégalement : des intermédiaires les vendent directement aux patients, loin des circuits officiels. Les pharmacies sont censées s’approvisionner auprès de sources agréées, comme les distributeurs. Mais certains pharmaciens peu scrupuleux peuvent acheter leurs médicaments à des entrepôts illégaux, connus sous le nom d’« usines clandestines ».

Le marché égyptien compte environ 17 000 préparations pharmaceutiques produites par quelque 170 usines. Malgré la hausse des prix de près de 400 médicaments, de 20 à 30 % pour les traitements des maladies chroniques et de 30 à 50 % pour les médicaments non essentiels et saisonniers, les ventes en Égypte sont estimées à environ 215 milliards de livres en 2024, contre 154,7 milliards en 2023, soit une augmentation d’environ 40 %. Ces estimations sont celles d’Ali Auf, président de la division des médicaments de la Fédération des chambres de commerce égyptiennes, qui avait prévu, dans de précédentes déclarations à la presse, que l’Autorité égyptienne du médicament augmenterait les prix d’environ 1 000 préparations seulement sur l’ensemble de l’année 2025.

L’Égypte compterait 213 000 pharmaciens travaillant dans 80 000 pharmacies. Selon l’OMS, le pays compte un pharmacien pour 438 habitants, contre une moyenne mondiale d’un pharmacien pour 1 100 à 1 600 personnes. Cela représente 23 pharmaciens pour 10 000 habitants en Égypte, contre une moyenne mondiale de six à neuf pour 10 000. Quant aux pharmacies, l’Égypte en compte une pour 1 261 habitants, contre une moyenne mondiale d’une pour 3 500 à 5 000 personnes.

Les mesures de l’Autorité du médicament

Mahmoud Fouad, directeur exécutif du Centre égyptien pour la protection du droit au médicament, affirme à Zawia3 que le problème des médicaments périmés n’est pas nouveau : les pays du monde y sont confrontés depuis les années 1970. Mais alors que la plupart ont adopté des règles strictes pour les éliminer sans danger, le problème persiste en Égypte en raison de l’influence des entreprises pharmaceutiques. Celles-ci refusent de reprendre les produits périmés des pharmacies, invoquant l’absence de certaines plaquettes dans les boîtes ou de factures officielles.

Le problème est aggravé par le fait que de nombreuses petites pharmacies achètent leurs médicaments à des entrepôts informels, sans facture, ce qui les prive de relations directes avec les grands distributeurs. Certaines sociétés commerciales de médicaments, qui n’appartiennent ni à la Chambre de l’industrie pharmaceutique ni à la Fédération des industries, ferment par ailleurs leur registre de commerce et suspendent leurs activités pour échapper à l’impôt. Les pharmaciens ne peuvent alors plus les joindre pour leur retourner les produits détériorés. À l’inverse, les entreprises étrangères et multinationales reprennent leurs médicaments périmés. En 2019, le Centre estimait la valeur des médicaments périmés sur le marché égyptien à environ 500 millions de livres.

Fouad indique que l’Égypte compte environ 80 000 pharmacies, dont 15 000 appartiennent à des personnes étrangères à la profession ou qui se font passer pour des pharmaciens. Ces personnes cherchent à réaliser des bénéfices par tous les moyens, ce qui les conduit à traiter avec des réseaux spécialisés dans le rachat à bas prix de médicaments périmés. Ceux-ci sont transportés dans des ateliers illégaux, où ils sont reconditionnés avec de nouvelles dates de fabrication imprimées, puis revendus aux pharmacies, trompant à la fois les pharmaciens et les consommateurs.

Les rapports des services de sécurité confirment que le ministère de l’Intérieur mène régulièrement des opérations pour perquisitionner ces ateliers et arrêter les personnes impliquées. Fouad attribue la mort de 13 personnes en 2022 à l’utilisation de médicaments périmés ou falsifiés. Il précise que le Centre a reçu la plainte d’une femme qui lui avait envoyé des photographies de médicaments vendus sur un marché populaire. Une enquête conjointe de l’Autorité du médicament et des services de sécurité a mis au jour un réseau organisé de commerce de médicaments périmés, géré par plusieurs vendeurs du marché, qui constituait une menace directe pour la santé de la population.

Dans ce contexte, l’Autorité égyptienne du médicament a annoncé une nouvelle initiative de retrait des médicaments périmés des pharmacies, dont l’application est prévue prochainement pour limiter ce phénomène dangereux.

L’Autorité égyptienne du médicament avait lancé, le 25 septembre 2024, une initiative visant à éliminer les médicaments périmés et à organiser le retrait des produits pharmaceutiques du marché de manière sûre et efficace. Elle mettait l’accent sur la protection des consommateurs contre les risques sanitaires liés à leur utilisation et les mettait en garde contre l’achat de médicaments auprès de sources peu fiables ou à un prix différent du tarif réglementé. Les produits périmés ne perdent pas seulement leur efficacité : ils peuvent aussi provoquer des intoxications ou des interactions médicamenteuses graves mettant en danger la vie des consommateurs.

Le 28 février 2025, l’Autorité égyptienne du médicament a dévoilé les modalités de la décision n° 47 de 2025 relative au retrait des préparations périmées du marché égyptien. Son article 2 oblige les entreprises à accepter le retour des produits périmés qu’elles ont fabriqués ou importés, jusque dans leurs plus petites unités de production, en provenance des pharmacies, des magasins ou des dépôts, en remontant toute la chaîne d’approvisionnement jusqu’à son origine. Ces retours doivent intervenir dans les 90 jours suivant l’entrée en vigueur de la décision, et les produits être triés dans les 30 jours suivant leur réception. L’indemnisation des produits retournés doit être réglée au plus tard 180 jours après l’entrée en vigueur de la décision. L’article 4 oblige les usines à détruire les produits retournés dans les 40 jours suivant leur réception. Les importateurs et les entreprises faisant fabriquer leurs produits par des tiers doivent également les détruire dans les 40 jours suivant la notification, par le magasin ou le dépôt, de la réception des préparations périmées.

L’article 5 prévoit que l’indemnisation des produits retournés et acceptés est calculée selon les dispositions convenues dans le document commun relatif au retrait des préparations à leur péremption. L’article 6 impose de saisir en urgence le chef de l’Administration centrale des opérations du cas des entreprises qui refusent d’appliquer la décision, sur la base d’un rapport motivé des distributeurs précisant les raisons du refus et les justifications éventuelles de l’entreprise, afin que les mesures légales appropriées puissent être prises. L’article 7 oblige les établissements pharmaceutiques à détruire les préparations périmées qu’ils détiennent, conformément à la loi, à son règlement d’application et aux règles et procédures de destruction en vigueur, sous la supervision des inspecteurs de l’Autorité égyptienne du médicament et aux frais de l’établissement. Selon l’article 8, dès l’expiration du délai prévu à l’article 2, les entreprises sont tenues d’accepter les retours périmés de l’établissement pharmaceutique, sous réserve de la présentation de la facture des produits concernés et d’une durée de validité restante de six mois à compter de la demande de retour.

L’élimination sûre des médicaments

Pour le Dr Islam Annan, directeur général de la société Accsight de recherche pharmaceutique et sanitaire, et professeur d’économie du médicament et d’épidémiologie aux facultés de pharmacie des universités Ain Shams et Misr, les conditions de conservation comptent davantage que la date de péremption : un médicament peut se détériorer avant cette date en raison de la température ou d’un mauvais stockage. Il met en garde contre l’utilisation des médicaments périmés. Dans certains, comme les antibiotiques, la substance active se transforme en une autre substance, qui peut devenir toxique ; d’autres perdent une partie de leur efficacité thérapeutique. Il conseille aux consommateurs de les jeter à la poubelle après les avoir rendus inutilisables, dès leur péremption, ou une à deux semaines après l’ouverture si la notice le précise. Cela concerne notamment les gouttes et les antibiotiques, que la plupart des gens gardent au réfrigérateur pendant des mois, voire des années. Pour éliminer les seringues préremplies, il recommande de s’adresser au pharmacien.

Dans son entretien avec Zawia3, Annan souligne que les stocks de médicaments se sont taris en 2024 en raison des pénuries, ce qui ne signifie pas pour autant qu’il n’existe plus de produits périmés. Si certaines entreprises reprennent leurs médicaments arrivés à expiration, des associations caritatives ont récemment commencé à collecter ceux des consommateurs pour les rendre aux fabricants, afin qu’ils soient éliminés. Il s’agit d’éviter qu’ils ne tombent entre les mains de représentants travaillant illégalement, puis aboutissent dans des ateliers de falsification. Il insiste sur la nécessité de n’acheter aucun médicament sur Internet ou dans un point de vente non officiel.

Alors que l’Autorité égyptienne du médicament a annoncé son initiative de retrait des produits périmés des pharmacies, parallèlement aux campagnes d’inspection des officines et aux opérations visant les entrepôts et usines non autorisés qui recyclent ces médicaments pour les revendre au public, les experts estiment qu’il faut traiter le problème à la racine. Ils appellent à des lois et règlements contraignant les entreprises pharmaceutiques à reprendre ces produits et à les éliminer sans danger, ainsi qu’à une meilleure sensibilisation aux risques des médicaments périmés et des achats de fournitures pharmaceutiques sur Internet ou sur les marchés populaires, vers lesquels certains se tournent face à la crise économique et à la hausse des prix des médicaments.

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Aya Yasser
Journaliste, écrivaine et romancière égyptienne, titulaire d’une licence en information et communication de l’université du Caire.

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