Alors que le gouvernement égyptien accélère le raccordement de millions de logements au gaz naturel, présenté comme l’un des projets d’infrastructures les plus essentiels de la dernière décennie, le nombre de victimes des fuites de gaz dans les habitations augmente parallèlement. Ce paradoxe soulève des questions pressantes sur le coût d’une expansion qui ne s’accompagne pas d’un système efficace de contrôle et d’entretien. Si le service est présenté comme une avancée majeure réduisant la dépendance aux bouteilles de butane, la répétition des accidents révèle l’absence de mesures de sécurité pour les prévenir.
Depuis 2014, le gouvernement égyptien a engagé un plan de raccordement des logements au gaz naturel dans les différents gouvernorats afin de réduire la dépendance aux bouteilles de gaz. Selon des données officielles, environ 572 000 logements ont été raccordés en 2025, portant le total depuis le lancement de l’activité en 2014 à quelque 15,5 millions. Malgré son importance, cette avancée pose la question de la protection des habitants contre les risques d’émissions et de fuites de gaz naturel, surnommé dans les médias le « tueur silencieux », car il a emporté de nombreuses vies sans avertissement.
Zawia3 a recensé 113 fuites de gaz naturel ayant fait 349 victimes, mortes ou blessées, entre janvier 2024 et janvier 2026. Il convient de préciser qu’il s’agit uniquement des incidents rendus publics parce qu’ils avaient entraîné des pertes humaines ou matérielles. D’autres accidents ont donc pu ne pas être recensés ou publiés faute de dégâts tangibles.
Les données ont été recueillies dans les archives de presse et les communiqués officiels du parquet, qui a enquêté sur ces accidents. Nous avons également effectué des recherches sur trois sites de presse avec les expressions arabes « tasarrub ghaz » et « tasrib ghaz », qui signifient « fuite de gaz ». Toutes les informations concernant des accidents liés aux bouteilles de gaz ont été exclues, pour ne retenir que les fuites de gaz naturel dans les logements. Ont aussi été écartées les fuites dans les locaux commerciaux ou dans les rues, dues à des travaux de terrassement ou à d’autres causes.
En l’absence de statistiques officielles sur le nombre d’incidents, cette enquête retrace les fuites de gaz naturel survenues dans les logements en Égypte entre janvier 2024 et janvier 2026. Elle analyse les causes de leur répétition, relève les insuffisances du dispositif de contrôle et d’entretien et examine la responsabilité des organismes publics et des compagnies de gaz dans la protection des habitants contre des risques graves, en l’absence de plan global assurant leur sécurité.
Les incidents comprennent des asphyxies ayant entraîné des blessures, des décès ou les deux, des incendies et des dommages partiels ou totaux à certains immeubles après l’explosion d’une conduite de gaz. S’y ajoutent les pratiques illégales de certains salariés des compagnies de gaz : raccordement de certains appareils, démontage et installation de conduites dans les logements à l’insu de leurs employeurs, après avoir fait croire aux habitants qu’ils en aviseraient officiellement la compagnie à leur place.
L’enquête s’appuie sur les témoignages d’habitants touchés et sur des enregistrements sonores de certains de ces employés. Elle repose aussi sur les déclarations d’agents du service clientèle qui ont confirmé que cette procédure était irrégulière et contraire aux règles appliquées par les compagnies, selon des enregistrements obtenus par Zawia3.
Le tueur silencieux dans les foyers
Entre janvier 2024 et janvier 2026, nous avons recensé 113 fuites de gaz naturel dans des logements de différents gouvernorats. Le seul mois de janvier 2026 en compte 17, contre 11 en janvier 2024 et 11 en janvier 2025. Les mois hivernaux de janvier et de décembre concentrent la plus grande part des accidents survenus au cours des deux dernières années.
Par année, 55 incidents sont survenus en 2025, contre 41 en 2024. Cela indique une augmentation des incidents parallèlement à l’extension du gaz à différentes zones, sans indices d’un entretien périodique effectué par les compagnies pour limiter ces accidents.
À l’échelle des gouvernorats, Gizeh arrive en tête avec 31 incidents au cours des deux dernières années, suivi du Caire avec 20, puis de Beni Souef avec 14. À l’inverse, Assouan, Assiout, Damiette et Qena présentent les nombres d’incidents les plus faibles. Ce sont des gouvernorats où des travaux et des projets d’extension du gaz naturel et des services associés sont en cours.
Certaines zones ont connu une répétition notable des fuites de gaz à différentes périodes, dont la ville de Nouvelle Beni Souef, où le raccordement des logements au gaz naturel est en expansion depuis 2016. À elle seule, la ville compte 13 des 14 accidents recensés dans le gouvernorat de Beni Souef, sans qu’ait été annoncée d’intervention officielle pour étudier les causes de leur répétition ou les moyens de les maîtriser et de les prévenir.
Concernant la nature des dommages causés par les fuites de gaz, l’asphyxie arrive en tête avec 98 incidents ayant fait des morts, des blessés ou les deux. Les incendies, explosions et dommages aux bâtiments arrivent en deuxième position, avec 13 incidents. Seules deux fuites sans pertes matérielles ni humaines ont été documentées.
Les asphyxies et incendies dus aux fuites de gaz durant la période couverte par l’enquête ont entraîné 116 décès, dont 37 enfants, ainsi que 233 blessés, dont 52 enfants, selon les données documentées pour la période observée et analysée.
Face à la répétition des fuites, la docteure Sara El Nahas, membre de la commission de la santé de la Chambre des représentants, a déposé en janvier dernier une demande d’information auprès du président de la Chambre, destinée au Premier ministre et au ministre du Pétrole, sur la répétition des accidents dans les logements. Elle a expliqué qu’ils résultaient de fuites de monoxyde de carbone provenant d’appareils et de moteurs insuffisamment ventilés, surtout dans les espaces clos. Ce gaz incolore et inodore peut provoquer de graves dommages sanitaires allant jusqu’à la mort en quelques minutes.
La députée a souligné que la répétition de ces accidents tenait à l’absence de contrôle et d’entretien périodique par les compagnies de gaz, qu’il s’agisse de l’entretien des réseaux domestiques ou de dispositifs d’alerte permettant de détecter précocement fuites et pannes. Ces mesures sont indispensables pour assurer la sécurité des habitants et prévenir de nouveaux accidents tragiques, a-t-elle affirmé.
Le député Amr Darwich, membre de la Coordination des jeunes des partis et des personnalités politiques, a lui aussi adressé au Parlement une demande d’information sur la répétition des fuites. Dans une publication sur sa page Facebook, il a salué les efforts de l’État pour raccorder les habitants au gaz naturel, tout en insistant sur la nécessité de prendre en compte les risques lorsque ce service devient une menace pour la vie. Il a ajouté que l’installation de dispositifs de fermeture automatique détectant le danger était devenue une nécessité que les compagnies devaient prendre en considération pour assurer la sécurité des consommateurs.
L’entretien périodique
Alors que l’analyse des incidents recensés dans les archives de presse et les données officielles a révélé la répétition des fuites de gaz, un questionnaire réalisé par Zawia3 a permis de mieux cerner leurs causes possibles. Les participants ont confirmé l’absence de tout entretien périodique par les compagnies, renforçant les soupçons d’un lien direct entre ces accidents et une « négligence de l’entretien et du contrôle », alors que le gouvernement égyptien privilégie l’extension du gaz naturel aux logements.
Les données du questionnaire ont été recueillies auprès de 110 habitants, recrutés en diffusant le sondage sur plusieurs réseaux sociaux. L’échantillon comprend des hommes et des femmes de différents âges, milieux, professions et zones résidentielles et géographiques, afin d’assurer une diversité géographique.
Les participants viennent de 15 gouvernorats : Ismaïlia, Assouan, Alexandrie, Gizeh, Daqahliya, Suez, Charqiya, Gharbiya, Fayoum, Le Caire, Qalioubiya, Menoufiya, Minya, Port-Saïd et Damiette. Parmi eux, 94 sont abonnés depuis plus de trois ans, 12 depuis un à trois ans et quatre seulement depuis moins d’un an. Par ailleurs, 98 participants ont affirmé n’avoir bénéficié d’aucun entretien périodique de la part de leur compagnie de gaz pendant toute la durée de leur contrat.
Les résultats du questionnaire contredisent les affirmations de la présidence du Conseil des ministres dans sa publication du 10 février 2022 sur sa page officielle. Elle y assurait appliquer toutes les mesures de sécurité dans le cadre du plan national d’extension du gaz naturel aux logements des différents gouvernorats.
Ces normes comprennent la transmission aux clients des consignes d’utilisation et d’urgence, leur affichage permanent sur le compteur, l’établissement de calendriers d’entretien périodique pour tous les composants du réseau sous la supervision de la holding gazière EGAS, ainsi qu’un service d’urgence disponible 24 heures sur 24, sept jours sur sept, dans le plein respect des règles de sécurité et de santé au travail. Pourtant, les résultats du questionnaire ont révélé l’absence d’entretien périodique et l’inapplication effective de ces normes par les compagnies, reflétant un écart entre les politiques officielles et la réalité sur le terrain, selon la publication de la présidence du Conseil.
Face à la répétition des incidents, 100 participants au questionnaire ont souligné l’importance de faire installer des détecteurs de fuite par les compagnies de gaz, en plus d’assurer l’entretien périodique et le contrôle technique régulier des réseaux et des appareils. L’objectif est de détecter rapidement toute fuite ou panne et d’éviter de nouveaux incidents, des blessures ou des décès.
Commentant les résultats, la docteure Sara El Nahas, députée du parti Mostaqbal Watan, estime auprès de Zawia3 que la responsabilité des compagnies de gaz est manifeste. L’augmentation des fuites révèle une défaillance du système d’entretien et de suivi, plutôt qu’une simple succession d’incidents isolés.
Selon El Nahas, les réponses des 98 habitants affirmant qu’aucun entretien n’a eu lieu depuis l’installation constituent un élément solide mettant directement en cause les compagnies pour leurs manquements. Elle ajoute :
Dans le même contexte, Ibrahim Ezzeddine, chercheur sur le droit au logement, souligne que les normes et pratiques internationales établies considèrent la sécurité des installations de gaz dans les habitations comme une obligation juridique et relative aux droits, incombant aux sociétés de logement et de construction et aux organismes chargés de gérer les immeubles, et non comme une question technique secondaire.
Il ajoute à Zawia3 que le droit à un logement convenable, consacré par l’article 11 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels et interprété par le Comité des droits économiques, sociaux et culturels dans son observation générale n° 4, exige que le logement protège contre les risques structurels et environnementaux menaçant la santé et la vie des occupants, dont les fuites de gaz, les explosions et les asphyxies au monoxyde de carbone.
Ezzeddine cite des exemples au Royaume-Uni, au Canada et dans plusieurs pays de l’Union européenne, où les entreprises doivent procéder à des contrôles périodiques obligatoires, souvent annuels, des réseaux de gaz et des appareils raccordés. Ces contrôles doivent être effectués par des techniciens agréés selon des normes claires, leurs résultats consignés, et les responsables tenus de corriger toute anomalie détectée avant d’autoriser la poursuite de l’occupation.
Il poursuit en indiquant que les normes techniques reconnues, comme le code du gaz de la National Fire Protection Association (NFPA) et les normes de l’Organisation internationale de normalisation (ISO), imposent des conceptions techniques sûres des réseaux. Elles comprennent l’utilisation de matériaux résistant à la corrosion et à la pression, une ventilation suffisante et la séparation des réseaux de gaz des autres équipements essentiels du bâtiment.
L’entretien préventif régulier, le remplacement des pièces usées avant leur défaillance et l’installation de détecteurs de fuite de gaz et de monoxyde de carbone dans les logements figurent également parmi les exigences fondamentales reconnues internationalement pour limiter les accidents potentiels, explique Ezzeddine.
Le chercheur sur le droit au logement précise que ces obligations dépassent les seuls aspects techniques. Elles imposent aussi la transparence, l’information des habitants sur les résultats des contrôles et les risques d’une utilisation dangereuse, ainsi que des consignes claires face aux urgences, afin de renforcer leur capacité à se protéger.
Ezzeddine conclut que tout manquement à ces obligations, par l’absence de contrôles périodiques, la faiblesse de la surveillance ou une intervention limitée aux suites des accidents, ne constitue pas seulement une insuffisance administrative. Il porte fondamentalement atteinte au droit à un logement convenable et traduit un manquement aux devoirs des entreprises et de l’État de protéger le droit à la santé et à la vie dans le logement.
Pour sa part, l’ingénieur Ahmed Yahya, consultant en gestion de la sécurité, de la santé au travail et de l’environnement, explique que les législations internationales de sécurité définissent les risques possibles et les moyens de les prévenir en les analysant et en les évaluant. La responsabilité juridique de ces risques incombe aux entreprises productrices et à celles qui réalisent les travaux, précise-t-il.
Il ajoute que les entreprises et entrepreneurs chargés de raccorder les logements au gaz doivent donc respecter ces législations, par des documents de sensibilisation ou un suivi périodique des habitations sur place, même un certain temps après le raccordement. Il s’agit de vérifier le respect des consignes et la compréhension des procédures de sécurité par les habitants pour limiter les risques potentiels. Les entreprises y sont tenues juridiquement et moralement, insiste-t-il.
Une autre facette de l’absence de contrôle
Les problèmes liés aux fuites de gaz ne se limitent pas à l’absence d’entretien périodique par les compagnies. Ils se manifestent aussi parfois par une lenteur de réaction qui pousse certains habitants à chercher des alternatives. Des circuits parallèles de signalement des pannes se sont ainsi créés, passant des voies officielles à des contacts personnels sans contrôle.
Selon le questionnaire, 60 participants n’avaient jamais eu à éprouver la réactivité des compagnies de gaz. Pour 25 autres, l’intervention se fait en quelques heures, tandis que 21 évoquent un délai d’un à deux jours. Quatre estiment qu’elle prend davantage de temps.
Fatma Abdelrazek, nom d’emprunt d’une habitante égyptienne du gouvernorat de Qalioubiya, raconte qu’en cas de problème de gaz naturel, elle fait appel à un employé de la compagnie qu’elle a connu par ses voisins, car il intervient rapidement.
Elle explique à Zawia3 qu’il travaille pour une compagnie de gaz et se présente aux habitants comme leur intermédiaire avec celle-ci. Il reçoit directement leurs signalements et est censé avertir ensuite la compagnie, sans que les habitants aient à contacter le service clientèle.
« L’employé rend visite au client une première fois après son appel à la compagnie, puis lui donne son numéro de téléphone pour être contacté directement les fois suivantes, sans passer par elle », poursuit-elle.
Pour vérifier cette affirmation dans le cadre de son travail journalistique, l’autrice de l’enquête a contacté l’employé en se présentant comme une habitante d’un quartier de Qalioubiya souhaitant faire démonter des conduites de gaz en raison de travaux de démolition et de réparation dans les murs de sa salle de bains et de sa cuisine. L’employé a confirmé qu’il pouvait venir directement, sans qu’elle contacte la compagnie : un appel à lui suffisait et il se chargerait de la prévenir.
De notre côté, nous avons contacté les services clientèle de trois compagnies différentes pour vérifier ses affirmations. Tous ont confirmé que les demandes de démontage et d’installation de conduites de gaz, notamment pour des travaux de décoration, ou le signalement de toute panne technique devaient exclusivement passer par un contact direct avec la compagnie. Ils ont souligné que l’affirmation de certains employés selon laquelle ils seraient des intermédiaires entre l’habitant et la compagnie était « fausse » et relevait de tentatives d’escroquerie.
En réaction, la députée Sara El Nahas estime que les travaux d’installation ou de démontage effectués par certains salariés des compagnies de gaz hors du cadre officiel constituent une pratique illégale et dangereuse. Elle appelle à renforcer le contrôle et la responsabilité des compagnies et à criminaliser toute intervention technique hors des circuits agréés pour protéger les habitants. Elle insiste sur la nécessité, pour les familles, de vérifier l’identité du technicien et la nature de son travail et d’obtenir une autorisation officielle de sa compagnie avant de le laisser entrer.
Concernant la responsabilité juridique des compagnies en cas de fuite, Hamdi Khalaf, avocat à l’Initiative égyptienne pour les droits personnels, explique qu’elle ne peut être établie à partir d’une cause unique ou de circonstances uniformes. Chaque incident doit être étudié séparément pour déterminer s’il résulte d’une mauvaise utilisation de l’abonné ou d’une négligence de la compagnie.
Khalaf estime que les déclarations de plus de 90 participants n’ayant bénéficié d’aucun entretien périodique constituent une violation manifeste des clauses contractuelles, susceptible d’engager la responsabilité civile des compagnies si l’abonné subit un préjudice.
Il distingue deux grands volets de responsabilité juridique : la responsabilité civile, qui oblige l’auteur du dommage à indemniser la victime des pertes matérielles lorsqu’aucune perte humaine n’est survenue, et la responsabilité pénale, engagée en cas de décès ou de blessures.
Sur les procédures d’enquête, il précise que tout accident mortel fait l’objet d’une investigation du parquet, comprenant une expertise médico-légale et la désignation d’organismes techniques spécialisés chargés d’établir un rapport déterminant s’il existe des soupçons d’infraction ou de négligence. La mise en cause de la compagnie dépend des conclusions de ce rapport technique et du fait que la victime ou ses proches l’aient expressément accusée au cours de l’enquête.
Il affirme que les indemnités au titre de la « responsabilité civile » ne sont pas versées automatiquement : la personne lésée doit engager une action en justice pour les réclamer. Concernant la responsabilité pénale également, les familles doivent, au cours de l’enquête, mettre en cause les compagnies en l’absence de négligence. Cela n’a pas eu lieu, faute de connaissance des droits et parce que ces accidents sont considérés comme une « fatalité », privant de nombreuses victimes de leurs droits, alors qu’une responsabilité juridique et parfois pénale de leur compagnie peut être engagée.
Les incidents recensés et compilés, les témoignages des habitants, le questionnaire et les spécialistes montrent que l’expansion rapide du raccordement au gaz naturel ne s’est pas accompagnée d’un contrôle suffisant ni d’un entretien périodique. Les habitants sont ainsi exposés à des risques réels pour leur vie et leur santé. Les pratiques informelles de certains employés révèlent la lenteur de certaines compagnies à intervenir rapidement et la faiblesse du système de protection des consommateurs. Pourtant, les législations et normes internationales font de la sécurité des installations gazières une obligation juridique et morale des entreprises et de l’État. L’État prendra-t-il la mesure de l’augmentation des fuites et de l’absence d’entretien périodique pour qu’elles cessent de menacer des vies ? Ou le « tueur silencieux » restera-t-il dans les foyers, sans priorité accordée à la sécurité et au contrôle ?
