Les projets de l’Autorité saoudienne du divertissement : vont-ils ranimer le cinéma égyptien ou le noyer ?

Malgré l’accueil de plus en plus favorable du pouvoir en Égypte, l’adhésion de nouveaux artistes égyptiens aux œuvres saoudiennes et les saisons successives de Riyad, le public égyptien continue de rejeter ces pratiques, et les associe sérieusement à l’entrée de Riyad, en concurrente des Émirats arabes unis, dans l’achat et l’acquisition d’un certain nombre d’actifs égyptiens importants pour l’économie égyptienne.
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Shimaa Elyoussef

Turki Al-Sheikh, président de l’Autorité du divertissement d’Arabie saoudite, a dévoilé le fonds d’investissement « Big Time » lancé par l’Autorité saoudienne du divertissement dans le but de réaliser et de produire des films égyptiens et saoudiens arabes, précisant qu’il existe un projet de production de 12 films de cinéma avec des acteurs égyptiens en tête d’affiche, dont certains sont de nouveaux volets de films égyptiens antérieurs, comme le troisième opus du film « Welad Rizk », le film « El Fil El Azraq », le film « Shams El-Zanaty » et le film « El-Bahth An Fadiha », en plus de six films saoudiens. Selon les informations disponibles, l’Autorité du divertissement est le principal sponsor du fonds, aux côtés du ministère saoudien de la Culture, de Sela Studio, d’Al-Wasael SMC, de Rotana Audio et Visuel, de Benchmark et de B Square pour la production artistique.

Des estimations indiquent que le budget du fonds dépasse 100 millions de dollars américains, mais cela n’a pas été annoncé officiellement. Les investissements du fonds se concentrent sur la production de films arabes susceptibles de servir les intérêts et les politiques du royaume dans la région, afin qu’il devienne un centre de l’industrie cinématographique arabe ; les bénéfices du fonds ont atteint en 18 mois 20 % du coût des projets artistiques.

Cela s’est accompagné d’un retour du débat sur la coopération artistique égypto-saoudienne, qui s’est intensifié après un épisode télévisé diffusé sur la chaîne « MBC Masr », propriété d’hommes d’affaires saoudiens, au cours duquel le présentateur Amr Adib a reçu dans son émission « El-Hekaya » Turki Al-Sheikh et plusieurs professionnels du secteur artistique égyptien, dont l’acteur Karim Abdel Aziz, le réalisateur Marwan Hamed, l’administrateur délégué de la société United pour la production cinématographique, Ahmed Badawy, et le compositeur Hesham Nazih.

Récemment, Al-Sheikh a suscité une vaste controverse et un rejet parmi les utilisateurs des réseaux sociaux en Égypte, ce qui a amené à se demander si Riyad cherche, à travers ses productions, à conforter une image offensante des Égyptiens, après l’annonce de la production d’un film avec en tête d’affiche l’acteur égyptien Ahmed Helmy, qui raconte l’histoire d’un escroc pratiquant des arnaques aux dépens des Égyptiens pendant les saisons du hajj et de la omra.

 

Annonce du lancement du fonds d’investissement saoudien Big Time. Source : page de l’Autorité générale du divertissement sur le réseau social Facebook.

 

Les projets cinématographiques de l’Autorité du divertissement

Al-Sheikh a exprimé l’objectif qu’il poursuit en produisant ces films, dont il a désigné les acteurs égyptiens qui y participeront : il a évoqué l’investissement dans le secteur de la production cinématographique, la promotion de son pays et la libération de l’industrie cinématographique de l’emprise du piratage.

Les avis divergent sur les projets cinématographiques de l’Autorité du divertissement en Égypte, et de nombreuses questions ont été soulevées sur l’avenir de cette coopération et son impact sur la production cinématographique égyptienne, dans ses aspects négatifs et positifs, ainsi que sur les défis auxquels seront confrontées la créativité et l’innovation des cinéastes égyptiens si l’Autorité du divertissement monopolisait cette industrie, d’autant que celle-ci fait face à des défis et à un recul depuis que le spectre du monopole s’est abattu sur elle du fait du groupe United, propriété d’organismes souverains égyptiens.

Selon une enquête publiée par le réseau ARIJ en octobre 2023, « l’industrie du cinéma en Égypte a reculé de manière notable depuis 2018 : le nombre de films produits a diminué depuis 2019, s’établissant à 36, 26, 28, 33 et 22 films respectivement jusqu’en 2023, contre environ 44 films pour la seule année 2017. L’année 2020 a enregistré les recettes les plus faibles des salles de cinéma en Égypte depuis 2011, soit 7,2 millions de dollars américains. Par ailleurs, United a monopolisé, à travers la société “Synergy”, le domaine de la production dramatique, contrôlant la production de séries en Égypte après avoir rejoint en 2016 le groupe Egyptian Media, alors détenu par la société Eagle Capital (un fonds d’investissement direct appartenant à un organisme souverain), pour produire à elle seule le quart du marché égyptien des séries, soit environ 100 séries entre 2016 et 2023, tandis qu’elle a produit environ 20 films depuis 2018 ».

La même enquête ajoute que « le nombre de salles de cinéma en Égypte a diminué, alors que le pays était pionnier : il atteignait environ 86 salles en 1926, et est passé à 359 en 1958, en raison des orientations du régime de l’ancien président Gamal Abdel Nasser, qui utilisait l’art égyptien comme élément du soft power pour servir ses objectifs nationaux et régionaux ; mais ce nombre a fortement diminué pour atteindre en 2020 environ 53 salles de cinéma dans tout le pays, selon les statistiques de l’Agence centrale des statistiques, la plupart concentrées dans les centres commerciaux et les villes nouvelles, tandis que de nombreuses salles ont disparu dans les quartiers de la classe moyenne et les quartiers populaires ».

Mais malgré la controverse, ce ne sont pas les premières tentatives du Golfe arabe pour pénétrer le marché artistique égyptien : le financement du Golfe pour l’industrie dramatique égyptienne a prospéré au cours des années 1980, parallèlement à la hausse des prix du pétrole du Golfe, et les investissements se sont manifestés par l’achat de films et de séries égyptiens pour les diffuser sur les chaînes de télévision du Golfe. Les estimations indiquent que la part du financement du Golfe dans la production artistique arabe en général se situe entre 20 % et 30 %.

L’Arabie saoudite est le pays du Golfe qui contribue le plus au financement des projets artistiques en Égypte, conformément à la mise en œuvre de la stratégie 2030 du royaume, qui a poussé à la diversification des sources culturelles et de divertissement. Selon les données, le financement saoudien de la production artistique en 2023 a dépassé quatre milliards de livres égyptiennes.

 

Les projets de Turki Al-Sheikh servent-ils le cinéma ?

Le réalisateur Amir Ramses estime que l’industrie du cinéma en Égypte a un besoin urgent d’alliances de production artistique arabes, grâce auxquelles le cinéma égyptien pourrait renouer avec les industries florissantes de Tunisie, du Maroc et du Liban, tout en créant une occasion pour l’émergence de nouvelles générations de stars et de professionnels, ce qui renforcerait la pérennité de l’industrie égyptienne pionnière.

Ramses ajoute, dans sa déclaration à Zawia3 : « Les projets de Riyad créent un défi pour les professionnels égyptiens : trouver un moyen de continuer à produire des films et diversifier les films projetés, afin qu’ils ne se limitent pas aux seules grosses productions. »

L’avis de Ramses rejoint celui du réalisateur Marwan Hamed, qui, commentant les propos d’Al-Sheikh, a estimé que le partenariat égypto-saoudien de production cinématographique est au service du cinéma arabe en général, à l’image de l’industrie cinématographique des pays de l’Union européenne.

Ramses évoque cependant les obstacles que pourrait engendrer cette coopération, à savoir l’inflation des budgets des œuvres cinématographiques : la hausse des cachets des acteurs travaillant dans des films de production saoudienne pourrait poser problème lorsqu’ils participent à des œuvres de production égyptienne, car ils s’attendront à des cachets similaires, ce qui pèsera sur le producteur égyptien. Il ajoute : « C’est ce qui est arrivé à la société Good News, qui a produit deux ou trois films puis a disparu. »

Good News n’est pas la seule société à avoir disparu du marché égyptien après avoir produit un petit nombre d’œuvres : des données indiquent qu’environ 218 sociétés ont produit ou coproduit un seul film depuis 2008, que 39 sociétés n’ont produit que deux films, que 122 sociétés ont produit une seule série avant de s’arrêter, et que 29 sociétés se sont arrêtées après avoir produit deux séries.

 

 

L’Arabie saoudite et la censure du cinéma égyptien

Une inquiétude domine à l’égard des projets artistiques saoudiens, sur fond de crainte de voir les œuvres égyptiennes soumises à la censure saoudienne et les grandes sociétés dominer le marché, la plus grande crainte étant que les sociétés de production égyptiennes se transfèrent en Arabie saoudite, ce qui pèserait aussi négativement sur l’économie égyptienne.

La critique de cinéma Magda Khairallah souligne cet effet négatif, alertant sur l’ingérence de Riyad dans la création et l’innovation, l’orientation des idées et l’exclusion d’acteurs des projets qu’elle finance.

Elle ajoute, lors de son entretien avec nous : « Les cinéastes doivent préserver l’identité de la production artistique égyptienne et ne pas permettre au financeur d’imposer ses conditions, qui peuvent affecter l’innovation et la diversité au sein de l’œuvre artistique, ce qui entraîne la perte de l’identité de l’œuvre. »

Les pages égyptiennes des réseaux sociaux avaient apporté un large soutien à l’acteur Mohamed Salam, violemment attaqué par le public de Riyad après avoir renoncé à présenter la pièce « Mariage artificiel », jouée à Riyad en octobre dernier, au moment où commençait la guerre de Gaza.

Dans une vidéo diffusée sur son compte personnel du réseau social « Facebook », il a exprimé son mécontentement face à la poursuite des événements de la saison de Riyad, alors que la guerre faisait rage à Gaza, ajoutant qu’il « ne peut pas présenter une œuvre artistique comique pendant que les habitants de Gaza sont tués ».

De nombreux blogueurs égyptiens ont relayé sur les réseaux sociaux l’interdiction faite à Salam d’apparaître dans toute œuvre artistique financée par l’Arabie saoudite, indiquant qu’on lui avait demandé de présenter des excuses officielles au président de l’Autorité du divertissement pour être autorisé à participer à des œuvres artistiques ; aucune réponse officielle n’a cependant été publiée à ce sujet, ce qui a provoqué le mécontentement des citoyens, qui ont estimé que le pouvoir ne protège pas ses artistes.

L’affaire Salam n’est pas le premier indice de l’emprise de Riyad sur des artistes égyptiens : la chanteuse égyptienne Amal Maher avait déjà été en conflit avec Al-Sheikh lui-même, auquel elle avait été liée par un mariage, qui s’est terminé par de fortes pressions sur elle et une interdiction d’apparaître, au point qu’elle avait annoncé à l’époque sa retraite dans une publication sur Facebook, à la mi-2021, où elle indiquait que la décision de prendre sa retraite était indépendante de sa volonté ; les internautes et les usagers des réseaux sociaux ont toutefois unanimement estimé que Turki Al-Sheikh était à l’origine de cette décision, surtout après qu’il eut fait irruption à son domicile en Égypte.

Le public de Maher avait alors lancé une campagne contre Turki Al-Sheikh, en particulier après la disparition de toutes ses œuvres de la plateforme YouTube et la suppression de ses chansons du site Anghami ; mais United est intervenue et a organisé un concert à New Alamein en 2022, en présence d’un large public et de personnalités officielles, ce que des journaux internationaux ont considéré comme une protection de la chanteuse par les autorités égyptiennes contre les agissements de son ex-mari.

Le réalisateur Amir Ramses commente cet épisode : « Ce sont des différends familiaux, en fin de compte, et nous ne devons pas adopter de positions sur ce qui s’est passé tant qu’Amal Maher n’en parle pas elle-même. »

L’emprise de Riyad sur les orientations du marché artistique arabe, la restriction de la liberté des artistes égyptiens et leur instrumentalisation sont apparues avec force en 1980, lorsque le poète Salah Jahin a proposé l’actrice Sawsan Badr pour le film « Death of a Princess », produit la même année par les sociétés « Associated Television » et « WGBH TV », qui raconte les détails de la mise à mort de la princesse saoudienne Mishaal bint Fahd. Le film a provoqué la colère du gouvernement saoudien, qui l’a retiré des marchés et a empêché sa diffusion dans le monde en faisant pression au moyen de l’arme pétrolière saoudienne ; il a aussi retiré son ambassadeur de Londres, les participants au film ont été interdits d’entrée dans le royaume, et toutes les œuvres artistiques auxquelles participait Sawsan Badr ont été interdites, non seulement dans le royaume mais dans l’ensemble des pays du Golfe. Riyad a en outre fait pression pour empêcher la télévision égyptienne de collaborer avec Badr, ce qui l’a contrainte à changer son nom de Suzanne en Sawsan pour obtenir des opportunités de travail ; ce qui confirme que l’emprise de Riyad sur le marché artistique du Golfe en particulier se développe depuis environ quatre décennies.

 

 

La créativité égyptienne en danger

Magda Khairallah estime que le danger de la coopération artistique égypto-saoudienne réside dans l’achat de la volonté et de la liberté de création et dans le rétrécissement des horizons de la diversité ; elle souligne la nécessité de signer des contrats empêchant l’ingérence du financeur étranger et limitant ses prérogatives et son pouvoir sur les créateurs de l’œuvre. Elle ajoute : « Le producteur peut faire appel à un acteur donné parce qu’il est connu dans le pays du financeur, mais il n’a pas le droit de priver un acteur de participation ni d’empêcher son apparition. »

Le critique de cinéma Ahmed Saad El-Din ouvre son entretien avec Zawia3 en déclarant : « Le coût de production du troisième volet du film Welad Rizk a atteint environ 600 millions de livres égyptiennes, y compris les cachets des acteurs, qui ont dépassé le double de leurs cachets en Égypte. Cela représente un défi pour les sociétés de production artistique égyptiennes : alors que le budget des films égyptiens variait entre 30 et 40 millions de livres, il faut désormais au minimum environ 100 millions de livres pour que le producteur puisse attirer les stars de premier plan ; cela signifie que les petites et moyennes sociétés sont désormais en danger. » Il indique que cela pourrait finalement conduire à la fermeture de ces sociétés, incapables de suivre le rythme des grandes sociétés.

Il ajoute : « Les stars de premier plan aspirent à participer aux projets artistiques saoudiens dotés de financements colossaux et de cachets élevés, ce qui signifie que la production cinématographique va basculer au profit de l’Arabie saoudite, tandis que la production égyptienne de films va diminuer. »

Un état de confusion et de peur domine l’opinion publique égyptienne au sujet de la coopération artistique entre l’Égypte et l’Arabie saoudite sous sa forme actuelle, comme en témoignent les réseaux sociaux, avec des craintes de voir l’Égypte perdre sa primauté dans le cinéma arabe, d’autant que les Égyptiens considèrent l’art égyptien avec une certaine fierté en raison de son rôle pionnier, et le voient comme l’un des instruments du soft power qui attirent de nombreux touristes en Égypte et diffusent sa culture.

Auparavant, les sociétés du Golfe se ruaient sur le financement de la fiction égyptienne au cinéma et à la télévision, pour diversifier leurs investissements et s’engager économiquement sur de nouveaux marchés, poussées par la volonté du financeur du Golfe de tirer parti de l’expertise du Caire, qui domine le marché de la production artistique depuis des décennies ; mais le public égyptien a des réserves sur cette coopération, que résume le critique de cinéma Emad Yousry dans son entretien avec nous : « La nouveauté, c’est l’ouverture culturelle saoudienne : il existe désormais un espace différent pour accepter l’art en tant qu’industrie et présence effective, alors qu’auparavant l’art se heurtait au rejet en Arabie saoudite. »

Il poursuit : autrefois, les Saoudiens venaient en Égypte pour voir les arts égyptiens dans les théâtres et les salles de cinéma ; aujourd’hui, un certain nombre de théâtres et de salles ont ouvert en Arabie saoudite, mais ce qui y est présenté, ce sont des œuvres égyptiennes, car elles sont le fondement de l’art arabe.

Selon Abjad Al-Nafel, présentateur saoudien, les projets artistiques de l’Autorité du divertissement avec l’Égypte sont bien accueillis par le public saoudien, qui vit un âge d’or d’ouverture que le royaume n’avait jamais connu auparavant.

Al-Nafel estime que la dynamique entre l’Égypte et l’Arabie saoudite autour des projets artistiques sert l’art égyptien en particulier et arabe en général, et le présente de manière convenable, ajoutant dans son entretien avec nous : « Le cinéma égyptien est profondément enraciné dans l’excellence et la créativité depuis plus d’un siècle, et il mérite de se relever pour suivre l’évolution technique et créative du cinéma mondial. »

De son côté, Amir Ramses estime que le pouvoir égyptien doit soutenir la production artistique et cesser de la poursuivre sur les plans intellectuel et financier, afin de laisser place à une production diversifiée capable de concurrence, s’interrogeant : « Pourquoi êtes-vous dérangés par la multiplication du personnage de l’escroc et l’apparition des boîtes de nuit et des chanteurs de mahraganat dans les œuvres artistiques, tant que l’institution chargée de la culture exige le quart du budget de l’œuvre rien que pour autoriser le tournage ? Le pouvoir égyptien doit soutenir l’industrie du cinéma, ou au moins cesser de l’entraver. »

Malgré l’accueil de plus en plus favorable du pouvoir en Égypte, l’adhésion de nouveaux artistes égyptiens aux œuvres saoudiennes et les saisons successives de Riyad, le public égyptien continue de rejeter ces pratiques, et les associe sérieusement à l’entrée de Riyad, en concurrente des Émirats arabes unis, dans l’achat et l’acquisition d’un certain nombre d’actifs égyptiens importants pour l’économie égyptienne ; ce qui confirme, selon des citoyens sur les réseaux sociaux, que Le Caire, avec son histoire et son soft power, est devenu la cible des détenteurs de capitaux du Golfe, d’autant que leur emprise s’est étendue à l’octroi de la nationalité saoudienne à un certain nombre de célébrités en Égypte, comme le présentateur Amr Adib, l’acteur Mohamed Henedy et le compositeur Hany Farahat, ce que les Égyptiens ont qualifié de « saoudisation » de l’art égyptien.

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Shimaa Elyoussef
Journaliste égyptienne

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