Pourquoi les habitants de Gemima subissent-ils des pressions de l’armée au profit de projets touristiques ?

Le président de la République, Abdel Fattah al-Sissi, avait promulgué le 29 février 2017 le décret présidentiel n° 101 de 2017, publié au Journal officiel, réaffectant au profit des forces armées une superficie de 14 596,35 feddans de terres appartenant au domaine privé de l’État, à l’ouest de la bretelle d’El-Dabaa, sur l’axe d’El-Dabaa, dans le gouvernorat de Matrouh

Zawia3

Les habitants du village de Gemima, situé à 11 kilomètres de la ville d’El-Dabaa, dans le gouvernorat de Marsa Matrouh, ont été surpris de voir arriver sur leurs terres, lundi dernier à midi, des camions et des bulldozers accompagnés d’une force de sécurité de l’armée. Alors que les habitants se rassemblaient pour empêcher l’avancée des engins, l’un des officiers a tiré à balles réelles, blessant le jeune Abdel Qader Safi Gaballah, connu sous le nom de « Qaddoura Boussafi El-Abkam », âgé de 23 ans. Abdel Qader a été transporté à l’hôpital Al-Hidaya d’Alexandrie, où il a subi des interventions chirurgicales avant d’être transféré en soins intensifs. Selon Omar El-Abkam, un proche du blessé, un autre jeune homme a été légèrement blessé à la jambe pendant les affrontements.

Omar indique que la crise a commencé il y a environ un an, lorsque les autorités locales ont demandé aux habitants d’évacuer les terres héritées de leurs ancêtres, en proposant des indemnisations pour les propriétés résidentielles allant de 100 000 livres pour une maison de 100 mètres à 50 000 livres pour un appartement, sans indemnisation pour les terres agricoles où ils cultivent figues, olives, orge et blé. Il ajoute que de nombreux habitants dépendent de ces terres pour subvenir à leurs besoins alimentaires et élever des moutons. Il a également indiqué que des forces de sécurité appuyées par des unités de l’armée avaient déjà mené des opérations dans la région, dont une pendant le dernier ramadan, au cours de laquelle des tirs de sommation ont été effectués et certains habitants détenus jusqu’à l’Aïd al-Adha ; selon lui, leur libération était conditionnée à l’abandon de leurs terres par certains, ce que les habitants ont refusé.

Le président de la République, Abdel Fattah al-Sissi, avait promulgué le 29 février 2017 le décret présidentiel n° 101 de 2017, publié au Journal officiel, réaffectant au profit des forces armées une superficie de 14 596,35 feddans de terres appartenant au domaine privé de l’État, à l’ouest de la bretelle d’El-Dabaa, sur l’axe d’El-Dabaa, dans le gouvernorat de Matrouh. Trois ans plus tard, al-Sissi a promulgué le décret présidentiel n° 361 de 2020, réaffectant les parcelles situées vers la côte nord-ouest, d’une superficie totale de 707 234,50 feddans, au profit de l’Autorité des nouvelles communautés urbaines, pour y établir de nouvelles communautés urbaines. Assem El-Gazzar, alors ministre du Logement, des Services publics et des Communautés urbaines, a annoncé en septembre 2020 qu’il recevait les demandes de régularisation des infractions de construction sur ces terres, ainsi que les documents relatifs à la propriété des terres, au siège provisoire de l’Agence de développement de la côte nord-ouest.

En janvier 2021, le comité de recensement et de négociation a été formé en vertu de l’arrêté ministériel n° 537, dans le cadre du projet de développement de la côte nord-ouest ; il a entrepris de replanifier les zones situées dans le périmètre du décret présidentiel n° 361 de 2020, relatif à l’affectation de 707 000 feddans sur la côte nord-ouest. Ce comité comprend des représentants du ministère du Logement, des Services publics et des Communautés urbaines, des forces armées, de l’Autorité de contrôle administratif, du gouvernorat de Matrouh, de l’Autorité des nouvelles communautés urbaines, de l’Agence de développement de la côte nord-ouest, du Centre national de planification de l’utilisation des terres de l’État, de l’Organisme central d’audit et des Archives publiques et du microfilm de l’Administration de l’enregistrement foncier et notarial.

 

 

Marchandage

Hassan Farrag (nom d’emprunt), un habitant du village de Gemima, raconte qu’il possédait 300 feddans de terres agricoles hérités de ses ancêtres, qui cultivent la figue et l’olive depuis des centaines d’années ; sur ces terres, 70 feddans disposaient d’un titre de propriété remontant aux années 1970, tandis que le reste était des terres occupées de fait (wad’ al-yad), et ses terres comprenaient dix maisons. Il y a quelques mois, il a eu la surprise de voir une force accompagnée d’unités de l’armée prendre possession des 300 feddans et l’informer qu’il s’agissait de terres appartenant aux forces armées, et qu’un comité viendrait inspecter les 70 feddans dont il est propriétaire pour fixer le montant des indemnisations. Il précise que les autorités ne leur accordent pas d’indemnisations équitables pour les cultures et les constructions : ils ne reçoivent que mille livres pour chaque olivier ou figuier productif, généralement âgé de plusieurs dizaines d’années et dont chacun donne une production estimée à environ 20 000 livres par an, et 300 pour l’arrachage d’un jeune arbre, tandis que le mètre de construction en béton est estimé à sept mille livres et celui des maisons en bois à cinq mille livres.

Il dit à Zawia3 : « En 2022, nous, habitants du village de Gemima, qui relève du district et de la ville d’El-Dabaa, dans le gouvernorat de Marsa Matrouh, avons été surpris par l’arrivée sur nos terres d’un groupe d’ingénieurs et de techniciens géomètres, qui nous ont dit qu’ils dépendaient du gouvernorat et voulaient effectuer un relevé topographique en vue d’une nouvelle planification de la zone, pour créer des routes, l’électricité et des services au profit du village. Au bout d’une période ne dépassant pas trois mois, nous avons découvert que ces géomètres dépendaient de l’Autorité d’ingénierie des forces armées et que les terres avaient été relevées et remises à un investisseur du Golfe en partenariat avec l’Autorité d’ingénierie des forces armées et l’homme d’affaires Hisham Talaat Moustafa, pour réaliser un immense projet touristique connu sous le nom de “South Med Egypt”. Nous avons alors commencé à nous mobiliser et nous avons rencontré le gouverneur, qui nous a dit que la tutelle des terres avait été transférée aux forces armées et qu’un investisseur du Golfe allait y réaliser un projet touristique en partenariat avec les forces armées et Hisham Talaat Moustafa ; nous leur avons donc réclamé nos droits et une indemnisation équitable ».

L’habitant ajoute : « Les terres de Gemima s’étendent sur 5 540 feddans et comptent au moins 700 maisons ; environ cinq mille personnes y vivent, qui ont hérité de la terre de leurs ancêtres depuis des centaines d’années. Seuls 5 % des habitants ont remis leurs terres et leurs maisons et ont obtenu des indemnisations injustes, sous la pression de députés, de cheikhs et d’omdas loyaux au pouvoir, qui les ont menacés d’arrestation en cas de refus. Pour ma part, je n’ai pas pu tenir tête à l’armée et mes terres m’ont été prises contre mon gré ; je n’ai à ce jour reçu aucune indemnisation, et je ne veux pas être arrêté comme l’ont été plusieurs habitants de notre village lundi, ou comme ce qui s’est passé pendant le dernier ramadan, lorsque quatre jeunes ont été détenus dans des camps à l’intérieur de la base militaire Mohamed Naguib jusqu’au deuxième jour de l’Aïd al-Adha ».

 

 

Un déplacement pour la deuxième fois

En 2003, la famille d’Abdallah Mohamed était l’une des familles déplacées de leurs terres après la relance de l’idée de construire la centrale nucléaire d’El-Dabaa, dont le projet remonte à 1981, en vertu de la décision n° 309, qui prévoyait l’affectation d’environ 11 000 feddans à la construction de la centrale. La famille avait alors reçu de maigres indemnisations et s’était installée dans le village de Gemima.

Entre 2010 et 2011, la famille a obtenu des contrats de propriété des terres sur lesquelles elle cultive figues et olives et sur lesquelles elle a construit ses maisons ; mais ses membres ont été surpris, en 2017, par leur affectation aux forces armées, puis choqués, en juin 2023, par la saisie de la totalité des terres du village, qui compte environ six à sept mille habitants et comprend des ensembles résidentiels, un hôpital, trois écoles, plusieurs mosquées, des terres agricoles et des élevages de volailles et de moutons dont vivent les habitants du village.

« En 2013, ma famille a reçu du gouvernement des indemnisations équitables pour nos terres d’El-Dabaa, estimées à 30 000 livres le feddan ; aujourd’hui, les autorités nous proposent des indemnisations de cinq mille à sept mille livres le mètre de construction, des sommes dérisoires qui ne nous permettent pas d’acheter des maisons ailleurs. Ils nous ont aussi promis 350 mètres carrés par famille dans l’un des villages d’El-Dabaa, à condition de ne construire que la moitié de la surface ; nous perdrons nos terres agricoles et nos figuiers et oliviers, notre source de revenus, pour lesquels les autorités veulent ne payer que mille livres chacun », se plaint Abdallah.

L’habitant affirme que les habitants du village de Gemima sont des gens sans armes qui mènent une vie simple fondée sur l’agriculture et l’élevage, et que tout ce qu’ils veulent, ce sont des indemnisations équitables ; mais ils ont été surpris par la violence avec laquelle ils ont été traités lundi, lorsqu’un officier de l’armée a tiré à balles réelles sur les habitants, qui jetaient des pierres sur les forces pour les empêcher d’avancer sur leurs terres. Un jeune homme a été blessé par balle aux tendons de l’épaule et a été transporté dans un hôpital d’Alexandrie, où il a subi une opération chirurgicale de plusieurs heures avant d’être placé en soins intensifs. Il indique que certains responsables ont rencontré les habitants pour les calmer et leur ont dit que ce qui s’était passé était un acte individuel de l’officier, qui serait traduit devant la justice militaire, selon ses dires.

En juillet dernier, le groupe Talaat Moustafa Holding a annoncé avoir réalisé des ventes estimées à environ 200 milliards de livres dans le projet « South Med », sur la côte nord, en seulement six jours ouvrables, et l’homme d’affaires Hisham Talaat Moustafa, administrateur délégué et directeur général du groupe, a annoncé que le projet est développé sur une superficie de 23 millions de mètres carrés, avec des investissements estimés à mille milliards de livres égyptiennes, prévoyant des ventes estimées à 35 milliards de dollars et affirmant que le projet créera 1,6 million d’emplois directs.

Selon le site officiel du groupe Talaat Moustafa, le projet South Med est situé sur la côte méditerranéenne, dans la région de Sidi Abdel Rahman, au kilomètre 165 de la route Alexandrie-Matrouh, à seulement 18 minutes de l’aéroport international d’El-Alamein, et s’étend sur 23 millions de mètres carrés ; il est censé comprendre des plages de sable, des piscines, une marina pour yachts et des Crystal Lagoons, des hôtels et des restaurants de luxe, des centres commerciaux et de loisirs, des terrains de golf et des activités sportives, ainsi que d’autres services. Les prix des unités du projet commencent à 13 200 000 livres égyptiennes ; le prix moyen d’un appartement de 156 mètres carrés est estimé à environ 28 850 130 livres égyptiennes, celui des villas individuelles du projet, d’une superficie de 731 mètres carrés, atteint environ 195 845 330 livres égyptiennes, et celui d’un chalet de 142 mètres carrés est estimé à 17 541 220 livres égyptiennes.

 

 

La protection de la propriété dans la Constitution

L’avocat près la Cour de cassation et la Haute Cour constitutionnelle et ancien bâtonnier de Marsa Matrouh, Ragheb El-Darbali, explique à Zawia3 que les habitants de la côte nord et de Marsa Matrouh, dont ceux du village de Gemima, vivent sur ces terres depuis environ mille ans, l’élevage étant leur activité principale ; depuis cent ans, ils ont joué le rôle de la souveraineté de l’État en son absence, et au cours des 20 dernières années, la côte nord est devenue une cible de l’investissement touristique. Ces terres et leurs habitants auraient dû être traités conformément à la Constitution et à la loi, qui disposent que la propriété est inviolable ; elle se divise en trois types : les possessions importantes et stables de terres depuis plus de 15 ans, connues sous le nom de longue possession de fait acquisitive de propriété, qui exige l’existence de signes comme des plantations et des puits ; les propriétés établies par des certificats de reconnaissance de propriété ; et la propriété par contrats bleus enregistrés conformément à la loi égyptienne.

Il dit : « Le pouvoir a tenté de s’emparer de ces terres en vertu du décret présidentiel 177 de 2004, de sinistre réputation et contraire à la Constitution, qui prévoyait d’évacuer 455 kilomètres de toute la côte nord et de transférer les citoyens qui y résident vers l’arrière-pays désertique, au sud de la route internationale, pour l’ouvrir à l’investissement arabe et étranger. Nous nous sommes tous soulevés, avocats et intellectuels, contre cette loi qui porte atteinte à la sécurité nationale égyptienne, parce qu’elle vide la côte nord de l’Égypte, qui s’étend sur environ mille kilomètres, de ses habitants égyptiens, qui sont son bouclier, et qui ont une histoire de défense de cette côte depuis l’occupation britannique ».

La côte nord-ouest de l’Égypte s’étend d’El-Alamein à Salloum sur environ 500 kilomètres, avec un arrière-pays désertique qui s’étend en profondeur sur plus de 280 kilomètres, occupant une superficie d’environ 160 000 kilomètres carrés, selon le site de la présidence de la République.

Au sujet de la crise du village de Gemima, El-Darbali dit qu’il se murmure que ces terres ont été achetées par une société émiratie en partenariat avec l’Égypte, alors que les habitants y vivent, que leur avis n’a pas été sollicité et qu’ils n’ont pas été traités conformément à la loi, à la Constitution égyptienne et aux lois internationales ; ils ne doivent pas être contraints de quitter leurs terres en échange d’indemnisations, car les indemnisations sont versées en cas d’expropriation pour cause d’utilité publique, dans le cas de projets nationaux ou du transfert de la propriété aux forces armées, et non pour l’investissement touristique.

Il estime que, dans ce cas, les propriétaires des terres doivent être payés au prix réel de celles-ci, et non que le propriétaire initial reçoive 300 000 livres égyptiennes le feddan tandis que le feddan est vendu à l’investisseur arabe pour des millions de dollars ; faute de quoi, les signatures des habitants renonçant à leurs terres seraient illégales et illégitimes, et le pouvoir serait accusé d’atteinte aux droits constitutionnels des citoyens et de commettre le crime de déplacement forcé par l’usage d’une force brutale, un crime international selon la Cour pénale internationale et le Statut de Rome, qui le qualifie de crime pouvant constituer un crime de guerre, en plus de son implication dans la discrimination raciale et dans des exécutions extrajudiciaires ayant fait plus de deux mille victimes dans le désert occidental ces dernières années. Il s’étonne de l’implication d’unités de l’armée dans le conflit sur les terres de Gemima, ce qui pourrait créer une hostilité avec les habitants, et indique que lui-même et d’autres avocats préparent une action en justice contre le gouvernement au sujet du déplacement des habitants de Ras El-Hekma et de Gemima, à Marsa Matrouh.

L’article 33 de la Constitution égyptienne de 2014 dispose que l’État protège la propriété sous ses trois formes : la propriété publique, la propriété privée et la propriété coopérative, tandis que les amendements de l’article 35 de la Constitution disposent que la propriété privée est protégée ; elle remplit sa fonction sociale au service de l’économie nationale, sans déviation ni exploitation ; le droit de succession y est garanti ; elle ne peut être placée sous séquestre que dans les cas prévus par la loi et en vertu d’une décision de justice ; la propriété ne peut être expropriée que pour cause d’utilité publique et moyennant une juste indemnisation ; la nationalisation n’est permise que pour des considérations d’intérêt général, par une loi et moyennant une juste indemnisation. L’article 49 de la Convention de Genève de 1949 interdit les transferts forcés, en masse ou individuels, de personnes, ou leur déportation hors de leurs lieux de résidence vers d’autres territoires, sauf lorsque cela est dans leur intérêt, afin de leur éviter les dangers des conflits armés.

 

 

Gemima n’est pas la seule

Saïd El-Hefyan, secrétaire du Conseil des affaires des tribus arabes et ancien membre du conseil local de Matrouh, raconte à Zawia3 que les habitants du village de Gemima ont été surpris lundi par l’arrivée dans leur village d’une force des garde-frontières accompagnée de bulldozers et d’engins, et qu’un officier de l’armée a ordonné à un soldat de tirer à balles réelles sur les habitants rassemblés pour les effrayer ; celui-ci ayant refusé d’exécuter l’ordre, l’officier lui a arraché son arme et a tiré une balle vers la poitrine du jeune Abdel Qader Safi Gaballah, qui a traversé le côté droit de son corps en passant par le foie et a sectionné une artère de l’épaule droite. Après sa blessure, il a été transporté dans un hôpital d’Alexandrie, où il a subi trois opérations chirurgicales et a été placé en soins intensifs, avant que son état ne se stabilise et que les visites dans sa chambre ne soient autorisées mardi. Les camions et engins des sociétés travaillant sur le projet se sont quant à eux retirés des terres du village, et deux habitants du village sont toujours détenus et n’ont pas été libérés à ce jour.

Il explique que certains transmettent aux dirigeants politiques une image erronée de la situation à Gemima et sur les terres proposées à l’investissement sur la côte nord, à Marsa Matrouh, en prétendant que les habitants acceptent de quitter leurs maisons et leurs terres en échange des faibles indemnisations qui leur sont proposées, alors que les habitants veulent être payés au prix actuel du marché, qui ne dépasse pas au total 10 % de la valeur de l’opération du projet touristique « South Med », qui a réussi à lever 60 milliards de livres en 12 heures. Il indique que certains habitants se sont résignés au fait accompli et ont accepté des indemnisations dérisoires pour les constructions, sans être autorisés à ce jour à obtenir des terres de remplacement et à y construire, citant le cas d’un habitant du village mort de chagrin après avoir laissé sa maison et sa terre aux autorités en échange d’un million de livres seulement, en indemnisation de sa maison, dont la valeur réelle est de 10 millions de livres, les autorités ayant refusé de l’indemniser pour la terre au motif qu’il s’agit d’une terre de l’État. Il propose de n’affecter que cinq mille feddans au projet South Med au lieu de 5 555, de reloger les habitants du village de Gemima sur les 555 feddans restants et de les employer comme agents de sécurité du village touristique et dans d’autres postes au sein du projet, pour les dédommager de la perte de leur source de revenus que constituent l’agriculture saisonnière et l’élevage.

Le secrétaire du Conseil des affaires des tribus arabes estime qu’il y a une défaillance et une absence évidentes du gouverneur de Marsa Matrouh et des députés des circonscriptions du gouvernorat, et s’attend à une crise similaire avec les habitants de la zone d’El-Guenena, que les autorités prévoient de déplacer de leurs terres ; de même, les habitants de la zone de l’aéroport d’El-Dabaa, qui ont quitté leurs terres pour la construction de l’aéroport, appellent toujours à l’aide pour obtenir des indemnisations équitables. Il s’étonne de l’implication des forces armées, puisque les terres appartiennent aux habitants, relèvent de l’Autorité des nouvelles communautés urbaines et ont été affectées à l’investissement touristique au profit d’un investisseur du Golfe et de l’homme d’affaires Hisham Talaat Moustafa, et n’appartiennent pas aux forces armées, et se dit inquiet de la possibilité d’une tension chez les habitants en conséquence.

Alors que nos sources ont confirmé que l’état du blessé Abdel Qader Safi s’est stabilisé, les habitants du village de Gemima se sentent toujours menacés par le projet touristique « South Med », qui risque de leur faire perdre leurs maisons et les terres agricoles dont ils vivent. Les mêmes craintes habitent de nombreux habitants autochtones de la côte nord et du littoral de Marsa Matrouh face aux projets d’investissement touristique ; ils espèrent que les autorités compétentes en Égypte leur accorderont des indemnisations équitables, adaptées aux prix du marché immobilier et foncier, et leur garantiront par ailleurs une vie digne.

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