36 décès en détention en six mois, Mohamed Adel menace de se suicider

En Égypte, 36 décès en détention en six mois ; Mohamed Adel menace de mettre fin à ses jours.

Zawia3

Six mois de décès en détention et de poursuites pour des opinions

Lignes supprimées | Numéro 21 | Juillet 2026

Ouverture du numéro

Six mois de décès en détention et de poursuites pour des opinions

En juillet, un écrivain a été condamné à trois ans de prison pour une publication sur les inspections des prisons, un responsable syndical a été emprisonné pour avoir invité des enseignants à une réunion, et un bibliothécaire est mort au commissariat de Rod El-Farag après 24 jours de détention sans avocat ni consultation médicale. Tandis que le militant Mohamed Adel menaçait de mettre fin à ses jours après douze ans derrière les barreaux, le photojournaliste Haidar Kandil a comparu devant le parquet après 23 jours de disparition, dans une affaire où les premières questions de l’interrogatoire portaient sur son appartenance religieuse.

Dans le numéro 21 de « Lignes supprimées », nous revenons sur le rapport du centre El-Nadeem qui a documenté, en six mois seulement, 320 cas de « brimades », 90 cas de négligence médicale délibérée et 36 décès dans les lieux de détention. Nous suivons le rapport conjoint d’organisations de défense des droits humains sur la mainmise de l’Agence Mostaqbal Misr sur le lac Bardawil et le renvoi de ses pêcheurs devant des tribunaux militaires, un dossier que Zawia3 a couvert sur le terrain dans deux reportages précédents. Nous rendons compte de la demande d’Amnesty International de libérer des dizaines de détenus du groupe « Génération Z », de la confirmation de la peine d’un an de prison du poète Ahmed Douma et de la condamnation de la médecin Omnia Sweidan après son témoignage sur les violences obstétricales. S’y ajoutent les grèves ouvrières à Suez et à Gharbiya, l’exclusion de 850 000 bénéficiaires des cartes de rationnement, la mort d’un travailleur à Assouan sous une chaleur proche de 49 degrés et la hausse du loyer moyen au Caire à 10 000 livres, au-delà même du salaire minimum.

1

1. Le droit à la vie et les conditions de détention

320 cas de « brimades » et 90 cas de négligence médicale en six mois

Le centre El-Nadeem de lutte contre la violence et la torture a publié son rapport semestriel, intitulé « Dans les médias : archives de l’oppression au premier semestre 2026 ». Il recense les principales violations liées aux lieux de détention à partir des informations publiées dans les médias de janvier à juin 2026.

Le rapport documente douze cas de meurtre, 36 décès dans les lieux de détention, 38 actes de torture, 320 cas de « brimades », 140 disparitions forcées, 85 réapparitions après une disparition, 90 cas de négligence médicale délibérée et 87 cas de remise en détention dans de nouvelles affaires, ainsi que 188 cas de violence d’État et 71 procès collectifs.

Le rapport indique que la plupart des décès ont été enregistrés dans plusieurs prisons, notamment Badr 1, la prison de haute sécurité de Minya, Borg El-Arab et Gamassa, ainsi que dans différents commissariats. Les causes des décès allaient de la négligence médicale aux soupçons de torture, en passant par les mauvaises conditions de détention, les arrêts cardiaques et le suicide.

Il documente également des dizaines d’actes de torture dans les locaux de la Sûreté nationale, les commissariats et les prisons, notamment, selon ses constatations, des décharges électriques, des coups, des personnes traînées au sol, des humiliations, la privation de nourriture, d’eau et de soins médicaux.

Il précise que les cas de « brimades » comprennent, selon son travail de documentation, les disparitions forcées, la remise en détention dans de nouvelles affaires, l’isolement, la privation de visites, de soins et de promenade, ainsi que le renouvellement de détentions malgré des décisions de remise en liberté ou en l’absence des personnes accusées. Il estime que ces indicateurs reflètent la persistance de pratiques abusives dans les lieux de détention au premier semestre.

116 condamnations à mort en deux mois

L’Initiative égyptienne pour les droits personnels a indiqué qu’en mai et juin 2026, les tribunaux égyptiens avaient condamné à mort 116 accusés dans 63 affaires et transmis les dossiers de 94 accusés au grand mufti dans 61 affaires afin de recueillir son avis religieux. Ce bilan repose sur les informations publiées auxquelles l’organisation a pu accéder et sur celles fournies par les proches des condamnés.

L’Initiative ajoute que les autorités ont exécuté cinq personnes pendant la même période : quatre dans une même affaire en mai, et une dans une affaire en juin. Elle souligne que ces chiffres représentent le minimum de cas que ses chercheurs ont pu documenter, compte tenu du peu d’informations disponibles sur l’exécution des condamnations à mort en Égypte.

2

2. Les droits des pêcheurs et les ressources publiques

Pêcher sur ordre militaire

Trois organisations de défense des droits humains, la Fondation du Sinaï pour les droits humains, EgyptWide et le Front égyptien pour les droits humains, ont documenté dans un rapport conjoint la manière dont l’Agence Mostaqbal Misr pour le développement durable a transformé la vie des pêcheurs du lac Bardawil depuis qu’elle en a pris la gestion en 2024.

En octobre 2024, la présidence du Conseil des ministres a annoncé que l’agence gérait les grands lacs d’Égypte, dont le Bardawil, l’un des plus grands lacs naturels du pays, sans toutefois publier la décision officielle sur laquelle reposait cette compétence. L’activité de l’agence dépasse largement la gestion des lacs : elle englobe la production agricole, le développement urbain, l’activité industrielle et la gestion de chaînes de magasins de consommation.

Le rapport s’appuie sur 28 entretiens de terrain menés entre décembre 2025 et mars 2026 auprès de pêcheurs, de commerçants, de représentants et d’employés du lac. Il analyse également les pièces des affaires engagées contre certains d’entre eux, les lois et instruments internationaux relatifs aux droits des peuples autochtones, les dispositions constitutionnelles et légales et les décisions administratives pertinentes, ainsi que les études et recherches antérieures concernant le lac.

Sur le plan économique, les entretiens révèlent que le rôle de l’agence ne se limite pas à la réglementation et à la supervision. Il s’étend au contrôle intégral de l’achat des poissons auprès des pêcheurs et de leur revente aux commerçants, avec des marges bénéficiaires supérieures à 100 %, tandis que les prix d’achat imposés sont inéquitables et bien inférieurs aux prix du marché. Le monopole touche aussi les intrants, notamment le carburant, les huiles et l’eau potable. Il est interdit aux pêcheurs de s’approvisionner à l’extérieur, même en cas d’urgence, ce qui a entraîné une forte dégradation de leurs revenus et une accumulation de dettes.

Sur les plans sécuritaire et administratif, le coût des autorisations imposées aux pêcheurs a été multiplié par plusieurs dizaines et les procédures se sont complexifiées. Ceux qui enfreignent les règles administratives de l’agence sont renvoyés devant des tribunaux militaires sur le fondement du décret présidentiel no 294 de 2019, qui a classé le lac et ses environs parmi les zones attenantes aux frontières. Le rapport documente la détention arbitraire de plusieurs pêcheurs et les amendes infligées à d’autres, ainsi que de fréquentes atteintes aux droits de la défense au cours de ces procès. Lorsque les pêcheurs ont fait collectivement grève pour protester, beaucoup se sont vu interdire l’accès au lac et certains ont perdu leur licence.

Reprenant les revendications des pêcheurs, les trois organisations appellent à rétablir une gestion civile spécialisée du lac, à libérer le marché du monopole, à mettre fin aux renvois devant la justice militaire et à libérer les détenus. Elles demandent aussi des études indépendantes d’impact environnemental et social avant toute intervention d’aménagement, une participation réelle des pêcheurs aux décisions concernant l’avenir du lac et un soutien à leurs coopératives pour leur permettre de retrouver leur rôle de représentation et de prestation de services.

Zawia3 avait couvert ce dossier sur le terrain dans deux reportages précédents. Le premier, Après le transfert du lac Bardawil à « Mostaqbal Misr » : un avenir incertain pour les pêcheurs et les ressources halieutiques, publié en novembre 2024 pendant la première semaine du transfert de tutelle, documentait à travers les témoignages des pêcheurs les nouvelles exigences concernant la taille des poissons, le remplacement des filets et son coût pouvant atteindre 100 000 livres, la destruction de la production de 1 200 bateaux le premier jour d’application de la décision et l’arrêt des trois débarcadères en signe de protestation. Le second, Les pêcheurs du lac Nasser refusent de céder gratuitement 40 % de leur production à Mostaqbal Misr, publié en mai 2026, documentait, pièces à l’appui, le prélèvement de 40 % de la production des pêcheurs et la suspension de 2 800 licences de pêche comme moyen de pression. C’est ce même schéma que le rapport des organisations de défense des droits humains constate à travers les lacs d’Égypte.

3

3. Les droits politiques et civils et la liberté d’expression

Les droits politiques et civils

Un appel à l’aide après les menaces de suicide de Mohamed Adel en prison

Rofaida Hamdy, épouse du militant politique Mohamed Adel, a lancé un appel à l’aide après que son mari a annoncé une grève de la faim illimitée et menacé de se suicider. Elle décrit une dégradation de son état psychologique et de sa santé après plus de douze ans de détention.

Dans un message publié sur sa page Facebook, elle explique avoir été surprise, lors de sa visite du 6 juillet, par la dégradation de son état psychologique et par sa décision de poursuivre sa grève de la faim jusqu’à la mort. Elle ajoute qu’il lui a dit à plusieurs reprises envisager de mettre fin à ses jours, ce qui ne s’était jamais produit pendant toutes ses années de détention.

Elle précise que son mari reste privé de plusieurs droits prévus par la loi, notamment celui de sortir de sa cellule en dehors des visites, de consulter des médecins spécialistes pour être soigné et de poursuivre ses examens de troisième cycle.

La Commission égyptienne pour les droits et les libertés a, de son côté, annoncé son soutien aux demandes de la famille. Elle a appelé à la libération immédiate et sans condition de Mohamed Adel et à son accès aux soins médicaux nécessaires, tenant l’administration pénitentiaire et les autorités compétentes responsables de sa sécurité.

L’arrestation du responsable syndical Mohamed Zahran

Dans la continuité des poursuites sécuritaires visant les militants, les responsables politiques et les syndicalistes, les forces de sécurité ont arrêté Mohamed Zahran, responsable syndical et fondateur du Courant pour l’indépendance des enseignants, à son domicile dans la soirée du 15 juillet. Il a comparu le lendemain devant le parquet suprême de la sûreté de l’État, qui l’a placé en détention pendant quinze jours dans l’affaire no 5773 de 2026, inscrite au registre de la Sûreté de l’État, pour « diffusion de fausses informations » et « utilisation d’un compte sur le réseau informatique afin de promouvoir des idées appelant à commettre des actes terroristes ».

L’Initiative égyptienne pour les droits personnels a indiqué que l’interrogatoire portait sur deux publications de Zahran sur Facebook. Dans la première, il invitait des enseignants à une réunion pour discuter de l’exécution de décisions de justice concernant les élections du Syndicat des enseignants. Dans la seconde, il commentait l’attention accordée par certains aux matchs de football plutôt qu’à sa cause.

Elle a demandé sa libération immédiate, estimant que l’affaire était liée à son activité syndicale et à l’exercice de son droit à la liberté d’expression. Elle souligne qu’il s’agit de la quatrième fois qu’il fait l’objet d’une enquête dans des affaires similaires. Zahran est l’une des figures syndicales les plus connues du secteur de l’éducation et s’est présenté aux dernières élections législatives comme candidat indépendant dans la circonscription de Matariya.

Le procès de Sayed Moshagheb reporté

Dans le cadre des procès en cours, la première chambre antiterroriste de la cour criminelle a décidé de reporter au 22 septembre prochain la première audience du procès d’El-Sayed Ali Fahim, connu sous le nom de « Sayed Moshagheb », et de cinq autres accusés, afin d’entendre les témoins. Ils sont poursuivis pour « attroupement » et « possession de feux d’artifice ».

Le parquet avait renvoyé les accusés devant le tribunal en juin dernier, après l’arrestation de Sayed Moshagheb quelques heures après sa remise en liberté, à l’issue d’environ onze ans de prison dans différentes affaires.

Le ministère de l’Intérieur a justifié son arrestation par le rassemblement de plusieurs personnes à Boulaq El-Dakrour pour célébrer sa sortie de prison, accompagné de feux d’artifice et de slogans. Selon le ministère, cela avait entravé la circulation et porté atteinte à la sécurité publique.

À l’inverse, l’avocat spécialisé dans les droits humains Halim Hanish estime, dans un entretien avec Zawia3, que cette nouvelle arrestation est dépourvue de fondement juridique. Il explique que Moshagheb n’avait pas appelé au rassemblement : il se rendait chez lui, tandis que les citoyens s’étaient réunis spontanément pour l’accueillir, ce qui n’engage pas, selon lui, sa responsabilité pénale. Il considère également que l’affaire s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions visant les personnes exprimant des opinions ou participant à la vie publique.

سيد مشاغب يُعاد احتجازه بعد 6 ساعات من الإفراج

Amnesty International réclame la libération des membres du groupe « Génération Z »

Amnesty International a demandé aux autorités égyptiennes de libérer des dizaines de personnes détenues en raison de leur appartenance au groupe « Génération Z 002 » sur Discord, estimant qu’elles étaient détenues pour avoir exercé leur droit à la liberté d’expression.

L’organisation indique qu’au moins cinquante personnes, dont neuf femmes, ont été arrêtées depuis la fin mai et font l’objet d’enquêtes devant le parquet suprême de la sûreté de l’État dans deux affaires comportant des accusations liées au terrorisme et à la diffusion de fausses informations. Elle ajoute avoir documenté la disparition forcée de six détenus pendant des périodes allant de six à quarante jours, tandis que l’un d’entre eux a déclaré avoir été torturé en détention. Elle demande une enquête indépendante sur ces allégations et la fin de ce qu’elle qualifie de détention arbitraire.

Les alertes se multiplient sur les conditions de détention dans les prisons

Parallèlement aux affaires liées à la liberté d’expression, les organisations de défense des droits humains ont multiplié en juillet les alertes sur la situation de plusieurs détenus. Elles ont réitéré leurs demandes de soins médicaux, de libération des détenus dont la détention dépasse les durées légales et d’enquêtes sur les décès et les violations commises dans les lieux de détention.

Des appels à enquêter sur la mort d’Ayman Ramzy au commissariat de Rod El-Farag

Le mois a également été marqué par de nouveaux appels à enquêter sur les conditions de détention après la mort du bibliothécaire Ayman Ramzy Boutros au commissariat de Rod El-Farag, au bout de 24 jours de détention.

L’Initiative égyptienne pour les droits personnels a demandé au procureur général d’ouvrir une enquête indépendante et transparente sur les circonstances du décès et de demander des comptes aux responsables de tout abus ou manquement. Elle dénonce une détention qu’elle qualifie d’illégale, l’absence d’avocat lors des premiers interrogatoires et le refus de donner suite aux demandes répétées d’examen médico-légal et de soins, malgré les signes d’épuisement et les blessures physiques visibles pendant les audiences de renouvellement de sa détention.

Ramzy avait été arrêté le 1er juin, avant de comparaître devant le parquet six jours plus tard. Il a notamment été accusé d’« exploiter la religion pour promouvoir des idées extrémistes dans le but de dénigrer les religions révélées » et de « diriger un groupe constitué en violation de la loi ». L’Initiative souligne que cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de poursuites liées à la liberté de religion et de conviction.

Tamer Sherine Shawki condamné à trois ans de prison

Le tribunal correctionnel économique d’Alexandrie a condamné l’écrivain et ingénieur Tamer Sherine Shawki à trois ans de prison pour des publications sur les réseaux sociaux.

Le parquet chargé des affaires économiques l’avait renvoyé devant le tribunal après une publication de décembre 2025 sur les inspections des prisons. Il l’a accusé de « diffuser de fausses informations de mauvaise foi afin de nuire à l’intérêt public », d’« outrager un fonctionnaire public », en référence au procureur général et au Premier ministre, et d’« importuner délibérément autrui par un usage abusif des réseaux sociaux ». S’y ajoutent des accusations de création et de gestion d’un compte Facebook dans le but de troubler l’ordre public, de mettre en danger la sécurité de la société, de porter atteinte à la sécurité nationale et aux valeurs et principes familiaux.

L’avocat de la défense, Ahmed Sabry Abou Alam, a annoncé son intention de faire appel, estimant que l’action était entachée de « vices de procédure et de doutes juridiques touchant au fondement même de sa légalité ». Il considère également que l’application de l’article 34 de la loi sur la lutte contre les infractions liées aux technologies de l’information a aggravé la qualification juridique de l’accusation et la peine. Il affirme que la défense maintiendra tous ses moyens juridiques en appel et qu’elle considère les publications de son client comme relevant de l’expression pacifique d’une opinion.

Omar Salah Marei reste détenu, une agression en prison signalée

Dans le même contexte, le parquet suprême de la sûreté de l’État a renouvelé pour la sixième fois consécutive la détention du réalisateur et scénariste Omar Salah Marei pour quinze jours, dans l’affaire no 3835 de 2026, inscrite au registre de la Sûreté de l’État, où il est accusé de « diffusion de fausses informations ».

Avant l’audience de renouvellement, le Comité de défense et de solidarité avec Omar Marei a publié une déclaration ouverte invitant les artistes, écrivains, journalistes, universitaires, syndicats professionnels et organisations de la société civile, en Égypte et à l’étranger, à demander sa libération immédiate et à refuser le maintien de sa détention provisoire pour avoir exprimé pacifiquement son opinion.

Le comité a également révélé, en citant sa famille, qu’il avait été agressé en détention par un autre détenu qu’il décrit comme porteur d’idées extrémistes et hostiles à l’art et aux artistes. Il demande à l’administration pénitentiaire de prendre des mesures urgentes pour garantir sa sécurité.

Il ajoute que Marei reste privé des soins nécessaires malgré une maladie chronique de la thyroïde et une ancienne fracture du poignet ayant nécessité une opération avec pose de plaques et de vis. Il n’a pas non plus été examiné par un psychiatre, malgré les demandes répétées de ses avocats.

La poursuite des procédures judiciaires visant des opinions

En juillet, les tribunaux ont également continué d’examiner plusieurs affaires liées à la publication et à l’expression d’opinions, alors que les organisations de défense des droits humains réclamaient la fin de l’emprisonnement dans les affaires de publication et des modifications législatives garantissant la liberté d’expression.

La peine d’un an de prison d’Ahmed Douma confirmée

Le tribunal correctionnel d’appel du Cinquième District a confirmé la peine d’un an de prison prononcée contre le poète et écrivain Ahmed Douma dans l’affaire no 4894 de 2026 du tribunal correctionnel du Cinquième District. Il est accusé d’avoir « publié et diffusé, dans le pays et à l’étranger, de fausses informations susceptibles de troubler la sécurité publique, de semer la terreur parmi la population et de nuire à l’intérêt public ».

L’affaire porte sur un article de presse et une publication sur son compte de réseau social, dans lesquels Douma évoquait son expérience à la prison Badr 1 et ce qu’il décrivait comme l’utilisation d’un éclairage permanent privant les détenus de sommeil.

Le journaliste Haidar Kandil réapparaît après 23 jours de disparition

Vingt-trois jours après son arrestation, le photojournaliste Mohamed Haidar Emad Youssef Kandil, connu sous le nom de Haidar Kandil, a comparu devant le parquet suprême de la sûreté de l’État. Celui-ci a ordonné sa détention pendant quinze jours dans l’affaire no 5635 de 2026, inscrite au registre de la Sûreté de l’État.

Selon des organisations de défense des droits humains, l’affaire a suivi une campagne sécuritaire visant plusieurs citoyens, dont des personnes arrêtées dans une assemblée religieuse chiite du quartier de Sayeda Zeinab au moment des commémorations de l’Achoura. Le parquet a retenu des accusations comprenant l’appartenance à un groupe terroriste, sa direction et son financement. Le Front égyptien pour les droits humains indique toutefois que les interrogatoires comportaient des questions sur la confession chiite et la pratique des rites religieux, estimant que l’affaire vise des personnes en raison de leurs convictions religieuses.

La détention du militant ouvrier Shady Mohamed renouvelée malgré les demandes de libération

La deuxième chambre antiterroriste de la cour criminelle du Caire a renouvelé pour 45 jours la détention du militant ouvrier Shady Mohamed et de cinq autres accusés dans l’affaire connue dans les médias sous le nom de « banderole de soutien à la Palestine ».

Cette décision intervient alors qu’une campagne de solidarité réunissant 21 organisations politiques, de défense des droits humains et du mouvement ouvrier, ainsi que 149 personnalités publiques, demandait sa libération et son accès aux soins nécessaires. Les signataires du communiqué soulignent que Shady Mohamed a dépassé la durée maximale légale de détention provisoire et souffre d’une grave blessure à l’épaule nécessitant une IRM et des soins urgents. Les demandes présentées à ce sujet sont restées sans réponse jusqu’à présent.

L’Initiative égyptienne pour les droits personnels a, de son côté, tenu le procureur général et le ministre de l’Intérieur pleinement responsables de sa santé et de sa sécurité, soulignant que ses demandes d’examens médicaux et de mise en place d’un traitement approprié continuaient d’être ignorées.

عزة سليمان: التعامل الأمني مع حالات اليأس حل قاصر.. والدولة تراجعت عن الحماية الاجتماعية

La cour d’appel d’Assouan ordonne le réexamen d’une action en indemnisation contre le ministre de l’Intérieur

Le mois a également connu une évolution judiciaire dans l’affaire de la mort d’un conducteur de tuk-tuk dans le gouvernorat d’Assouan. La cour supérieure d’appel d’Assouan a annulé le jugement de première instance dans l’action civile engagée par sa famille contre le ministre de l’Intérieur et plusieurs responsables de la sécurité, et renvoyé l’affaire devant le tribunal de première instance de Kom Ombo pour qu’il statue sur le fond.

La famille de la victime avait demandé réparation au ministre de l’Intérieur, au directeur de la sécurité d’Assouan, au chef des enquêtes de Nasr El-Nouba, en sa qualité officielle et à titre personnel, à son adjoint et à plusieurs sous-officiers de police. Elle les accuse d’avoir contraint son fils à les accompagner lors d’une opération visant à arrêter des trafiquants de drogue, au cours de laquelle il a été tué. La famille explique s’être tournée vers la justice civile parce qu’aucune action pénale n’avait été engagée contre les personnes mises en cause.

Treize ans après sa disparition, de nouveaux appels à faire la lumière sur le sort d’Amr Metwally

À l’occasion du treizième anniversaire de la disparition de l’étudiant Amr Ibrahim Abdel Moneim Metwally, la campagne « Stop aux disparitions forcées » a renouvelé sa demande aux autorités égyptiennes de faire la lumière sur son sort. Elle souligne qu’aucune information n’est disponible sur l’endroit où il se trouve depuis sa disparition, le 8 juillet 2013.

La campagne a demandé la libération de son père, l’avocat et défenseur des droits humains Ibrahim Metwally, détenu depuis septembre 2017 après des années consacrées à rechercher son fils et à défendre les familles de personnes disparues de force. Elle précise que les signalements, plaintes et actions judiciaires déposés par la famille au fil des ans n’ont pas permis de connaître le sort d’Amr, malgré les recherches dans les hôpitaux, les morgues et différents lieux de détention.

Elle ajoute qu’Ibrahim Metwally a été arrêté à l’aéroport du Caire alors qu’il se rendait à Genève pour participer à une réunion des Nations unies sur les disparitions forcées. Depuis, selon la campagne, il a été remis en détention dans des affaires successives, ce qui a prolongé son emprisonnement pendant près de huit ans, dans des conditions qu’elle qualifie de sévères.

La condamnation de la médecin Omnia Sweidan

Dans une affaire liée à la liberté d’expression, le tribunal correctionnel économique de Bab Sharq, à Alexandrie, a condamné la médecin Omnia Sweidan à six mois de prison avec sursis pendant trois ans et à une amende de 20 000 livres, après l’avoir reconnue coupable de « diffusion de fausses informations à l’intérieur du pays » et de « création d’un compte dans le but de commettre une infraction ». Il l’a toutefois acquittée de l’accusation d’« atteinte aux valeurs de la famille égyptienne ».

L’affaire est liée à des publications sur son compte Facebook, dans lesquelles elle évoquait des faits qu’elle décrivait comme des violations subies par des femmes à l’hôpital universitaire El-Shatby pendant son stage de fin d’études médicales.

Des dizaines de défenseurs des droits humains, de médecins, d’avocats et d’artistes, ainsi que des organisations et initiatives de défense des droits humains et féministes, ont annoncé leur solidarité avec Omnia. Ils expriment leur inquiétude face aux mesures prises contre elle en raison de ses témoignages sur les violences obstétricales et les atteintes que les femmes peuvent subir pendant la grossesse et l’accouchement.

La campagne « Sauvez la liberté d’opinion » de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés a condamné le jugement. Elle estime que la condamnation, même assortie d’un sursis, constitue un message d’intimidation pour toute personne qui s’exprime sur les affaires publiques. Elle appelle à réviser les dispositions légales prévoyant des peines privatives de liberté dans les affaires de publication et d’expression.

Liberté de conviction et lutte contre les discriminations

Concernant la liberté de religion et la citoyenneté, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels a critiqué la manière dont les services de l’État ont traité les violences confessionnelles survenues dans le village d’El-Tell El-Qibliya, dans le gouvernorat de Minya. Elle demande que les responsables rendent des comptes, que la liberté de pratiquer les rites religieux soit garantie et que les obstacles à la régularisation des églises soient levés.

Dans le même contexte, le Conseil national des droits de l’homme a salué les mesures prises par le ministère de la Jeunesse et des Sports après qu’un enfant a été exclu des tests de sélection du club Al-Ittihad d’Alexandrie pour des motifs religieux. Il réaffirme son rejet de toutes les formes de discrimination et appelle à garantir l’égalité des chances.

4

4. Les droits des réfugiés et des demandeurs d’asile

La situation des réfugiés et des demandeurs d’asile

En juillet, les organisations de défense des droits humains ont continué de mettre en garde contre les conséquences de l’application de la loi sur l’asile des étrangers et de son règlement d’application, alors que les campagnes sécuritaires visant les réfugiés et les demandeurs d’asile se poursuivaient.

L’Initiative égyptienne pour les droits personnels estime que le règlement d’application n’organise pas la phase de transition entre le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés et le nouveau système national. Elle avertit que les demandeurs d’asile risquent d’être détenus ou expulsés.

La plateforme Réfugiés en Égypte a, de son côté, estimé que le règlement renforçait la logique sécuritaire et administrative au détriment des garanties de protection. Human Rights Watch a documenté la poursuite de campagnes d’arrestation, de détention et d’expulsion de réfugiés, majoritairement originaires du Soudan et du Soudan du Sud, et mis en garde contre la multiplication des tentatives d’escroquerie téléphonique visant les familles des détenus. Elle demande de ne pas donner suite aux demandes d’argent et de vérifier les informations auprès des canaux officiels.

Par ailleurs, Human Rights Watch a rapporté que les autorités égyptiennes avaient mené ces derniers mois une campagne d’arrestations, de détentions et d’expulsions visant des réfugiés et des demandeurs d’asile, pour la plupart soudanais et sud-soudanais, dont des personnes titulaires de cartes valides délivrées par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

5

5. Travail, salaires et sécurité professionnelle

Les droits économiques et sociaux

En juillet, les protestations de travailleurs se sont nettement intensifiées dans les usines, les entreprises et les administrations, sous l’effet des retards de paiement des salaires, de leur faiblesse, de l’interruption des services d’assurance maladie et de la dégradation des normes de sécurité professionnelle. Certaines mobilisations ont été confrontées à des mesures punitives : enquêtes visant des travailleurs, suspensions, menaces de licenciement et interventions sécuritaires.

Dans le gouvernorat de Suez, la direction de la société de fabrication de papier Emak a mis fin à un sit-in de dix jours en empêchant les grévistes de revenir dans l’usine après qu’ils en étaient sortis pour signer les registres de présence installés à l’extérieur des portes. Onze travailleurs ont fait l’objet d’une enquête et d’autres ont été placés en congé forcé. Les travailleurs réclamaient une hausse des salaires et des indemnités et le versement des participations aux bénéfices interrompu depuis 2020. Ils demandaient également une augmentation de leurs rémunérations et dénonçaient les mauvaises conditions de santé et de sécurité au travail, l’absence d’eau potable sûre et d’équipements de protection, tout en craignant des représailles contre les participants au sit-in.

À Gharbiya, les ouvrières et ouvriers de Samannoud pour les tissus-éponge ont poursuivi leur grève pour obtenir le rétablissement des services d’assurance maladie interrompus depuis plusieurs mois, privant de soins environ 600 travailleurs, majoritairement des femmes. La crise a connu une escalade administrative et sécuritaire : six ouvrières ont été suspendues et la présence des forces de sécurité devant l’usine s’est renforcée. Les travailleurs redoutaient la préparation de nouvelles listes de licenciements, malgré l’annonce par la direction d’un règlement du problème d’assurance maladie, sans décision officielle le confirmant.

Les protestations ont également touché le secteur public. Les services de sécurité ont libéré les six derniers employés du ministère de l’Agriculture qui avaient été convoqués après avoir participé à un rassemblement réclamant le paiement de salaires en retard depuis cinq ans. La Commission égyptienne pour les droits et les libertés souligne que cette libération ne met pas fin à la crise : environ 35 000 employés restent privés de leurs salaires malgré des décisions de justice favorables à nombre d’entre eux. Elle demande la fin de toute poursuite contre les travailleurs et l’ouverture de négociations sérieuses pour régler leur situation financière et administrative.

Dans le secteur agricole, les producteurs de betterave sucrière ont fait face à une situation incertaine après que les sociétés sucrières publiques ont refusé de conclure les contrats de la nouvelle campagne, à la suite de leur accord pour acheter la production de 100 000 feddans à l’Agence « Mostaqbal Misr ». Le retard des contrats a suscité l’inquiétude des agriculteurs à quelques semaines des semis, sur fond de baisse des prix du sucre sur le marché intérieur, de hausse des coûts de production et d’absence de visibilité sur les superficies à cultiver pendant la prochaine campagne.

Du pain à la terre : Mostaqbal Misr étend ses racines à tout ce qui se cultive et se mange

Après la mort d’un travailleur à Assouan, des appels à généraliser l’interdiction de travailler pendant les vagues de chaleur

Le Centre égyptien pour les droits économiques et sociaux a salué la décision du gouverneur de Louxor d’interdire le travail des agents de propreté sur le terrain entre 11 heures et 17 heures jusqu’au 15 septembre, afin de les protéger des vagues de chaleur. Il demande de généraliser cette mesure à l’ensemble du pays et à toutes les catégories exposées au stress thermique, et de prévoir des protections supplémentaires. Il précise que le gouvernorat a établi une organisation alternative en deux équipes pour assurer la continuité du nettoyage sans travailler aux heures de chaleur maximale.

Ces demandes coïncident avec la mort d’un travailleur et les évanouissements et cas de stress thermique subis par d’autres sur le chantier solaire de Benban, à Assouan, où les températures ont approché 49 °C. Les travailleurs ont alors protesté pour réclamer des mesures de santé et de sécurité au travail. Le centre appelle à obliger les employeurs à appliquer les normes de prévention, à renforcer le contrôle des établissements contrevenants, à réduire les horaires pendant les vagues de chaleur et à augmenter les pauses. Il demande également des espaces ombragés, de l’eau fraîche et des équipements limitant l’effort physique, ainsi que la formation des responsables à la prise en charge des atteintes liées à la chaleur. Il recommande d’envisager l’indemnisation des travailleurs pour toute perte découlant de ces mesures et d’accélérer la numérisation des services publics, notamment ceux destinés aux malades et aux personnes âgées, pour réduire leur exposition aux risques thermiques.

Le centre souligne que le stress thermique constitue un danger croissant à chaque vague de chaleur, alors que des millions de travailleurs ne bénéficient pas des normes de sécurité professionnelle. Il rappelle les avertissements de l’Organisation internationale du travail : lorsque la température dépasse les capacités de résistance de l’organisme, elle menace directement la santé et la productivité et peut entraîner la mort.

Les risques s’accentuent dans les gouvernorats du sud de la Haute-Égypte, qui comptent plus de trois millions de travailleurs et où Assouan a enregistré environ 49,6 °C. Ils concernent aussi quelque 21,8 millions de travailleurs de secteurs exigeant une exposition directe à la chaleur, tels que l’agriculture, la construction, les mines, les transports, la livraison et diverses industries.

Le centre rappelle que l’arrêté ministériel no 211 de 2003 fixe les limites d’exposition thermique et les périodes de repos pour des températures comprises entre 25 et 32 °C, et classe les travaux en activités légères, modérées ou pénibles. Il n’a pourtant pas été actualisé depuis plus de vingt ans malgré la forte hausse des températures. Le centre demande de réviser la législation et les politiques de santé et de sécurité au travail pour tenir compte des changements climatiques, et d’adopter les recommandations de l’Organisation internationale du travail concernant l’amélioration des infrastructures, le renforcement des systèmes d’alerte précoce aux vagues de chaleur et l’application de normes efficaces de protection contre le stress thermique.

6

6. La protection sociale et le droit à l’alimentation

850 000 bénéficiaires exclus des cartes de rationnement

Le gouvernement égyptien poursuit la révision des listes de bénéficiaires des subventions alimentaires dans le cadre d’un plan qui vise, selon le ministère de l’Approvisionnement, à orienter l’aide vers ceux qui en ont le plus besoin et à améliorer l’efficacité du système. Il étudie parallèlement une transition progressive vers les aides monétaires. Le ministère a annoncé l’exclusion d’environ 850 000 bénéficiaires en juin dernier, suscitant un débat à la Chambre des représentants. Plusieurs députés ont déposé des demandes d’information pour exiger une révision des critères d’exclusion et la garantie que des personnes éligibles ne soient pas retirées du système d’aide.

Le porte-parole du ministère de l’Approvisionnement, Ahmed Kamal, affirme que la vérification des cartes est un processus continu qui ne vise pas à réduire le nombre de bénéficiaires, mais à exclure les personnes non éligibles selon les critères définis par le comité ministériel pour la justice sociale. Ces critères comprennent des indicateurs de revenus, de dépenses et de patrimoine, comme la possession de véhicules de grande valeur ou de plusieurs véhicules, de grandes exploitations agricoles ou de sociétés au capital supérieur à 1,75 million de livres. Il précise que les décisions d’exclusion reposent sur plusieurs indicateurs combinés et qu’il est possible de déposer un recours auprès des bureaux de l’approvisionnement et sur la plateforme « Égypte numérique ». Les personnes dont l’éligibilité est établie sont réintégrées sous une à deux semaines.

Plusieurs députés estiment au contraire que certains critères doivent être réévalués dans la conjoncture économique actuelle. Le député Mohamed El-Shweikh affirme que le Parlement ne s’oppose pas à la vérification du système d’aide, mais demande de garantir l’équité des critères et de ne pas priver les citoyens de soutien pour des infractions administratives, telles que celles relatives à l’électricité ou à la construction. Il appelle à simplifier les recours et à réexaminer des indicateurs qui ne reflètent pas nécessairement la capacité réelle à se passer d’aide, comme la possession d’une voiture ou de petites superficies de terrain.

Le ministère de l’Approvisionnement ne gère pas les cartes d’aide alimentaire : celui de la Production militaire s’en charge

7

7. Le droit au logement et le coût des loyers

10 000 livres : le loyer immobilier moyen en Égypte

L’Observatoire de l’urbanisme a annoncé la première édition de son indice des loyers au Caire, révélant que le loyer mensuel moyen avait atteint environ 10 000 livres au deuxième trimestre 2026, dépassant le salaire minimum de 8 000 livres. L’indice, produit par un projet de recherche et de défense des droits consacré à un développement urbain équitable, vise à suivre l’évolution des loyers dans la capitale.

L’indice repose sur l’analyse de plus de 18 000 annonces de biens à louer entre janvier et juin 2026, ainsi que sur la base de données de l’Observatoire pour 2024 et 2025, couvrant 26 quartiers du Caire. Il montre une hausse annuelle du loyer moyen de 15 % au premier semestre de l’année en cours, contre seulement 6 % entre 2024 et 2025.

Le directeur de l’Observatoire, Yahia Shawkat, explique dans un communiqué que les loyers varient fortement d’un quartier du Caire à l’autre. Ils commencent à environ 3 500 livres par mois à El-Marg, tandis qu’à Zamalek ils atteignent environ 31 fois ce montant. De fortes hausses ont également été enregistrées dans certaines zones, notamment à Zamalek et à Rod El-Farag, de 55 % et 60 % respectivement. Les prix sont restés stables dans sept quartiers, dont Matariya, Zeitoun et Ain Shams, et ont diminué dans huit autres, notamment El-Salam, le Nouveau Caire et Amiriya.

Il ajoute que les écarts apparaissent aussi dans le prix au mètre carré, qui varie de 32 livres dans le quartier d’El-Salam à 500 livres à Zamalek, soit un rapport allant jusqu’à seize. Certains quartiers ont connu des hausses annuelles de 21 % à 22 % du prix au mètre carré, d’autres une relative stabilité, tandis que les loyers ont baissé jusqu’à 31 % au Nouveau Caire.

8

8. La santé et les droits des professionnels du secteur médical

Le Syndicat des médecins porte plainte contre le gouverneur de Qena après le limogeage et les remontrances publiques du directeur de l’hôpital général

Mercredi, le Syndicat général des médecins d’Égypte a déposé une plainte officielle auprès du Premier ministre et des ministres de la Santé et du Développement local contre le gouverneur de Qena, le général Moustafa El-Beblawi. Il proteste contre ce qu’il qualifie de « remontrances publiques » adressées au directeur de l’hôpital général de Qena et contre son limogeage pendant une visite d’inspection.

La plainte fait suite à la publication, sur la page officielle du gouvernorat de Qena, d’une vidéo montrant la visite du gouverneur à l’hôpital. Il y critiquait le manque de médecins et la mauvaise propreté de certaines consultations, ainsi que les plaintes de patients contraints d’acheter des médicaments et des fournitures médicales à l’extérieur et confrontés au report de certaines opérations. À l’issue de la visite, le gouverneur a décidé de limoger le directeur, de nommer un intérimaire, de muter le responsable des affaires administratives à Abou Tesht et de soumettre le responsable des registres administratifs à une enquête.

Dans un communiqué, le Syndicat des médecins refuse de faire porter au directeur la responsabilité des crises du système de santé. Il souligne que le réprimander et le limoger ne résoudra pas les pénuries de fournitures ou de médicaments, et qu’il n’a pas le pouvoir de dégager les financements ni de fixer le budget du secteur de la santé. Le tenir seul responsable constitue, selon le syndicat, une réduction injuste d’une crise structurelle durable.

9

9. Les droits des femmes et des enfants et la protection contre la violence

Les femmes et les enfants

Concernant les droits de l’enfant, la fondation « Malaz pour le soutien aux femmes » a publié son rapport trimestriel de suivi et d’analyse de la violence envers les enfants en Égypte. Il documente 124 faits au deuxième trimestre 2026, comprenant le harcèlement, les agressions, l’exploitation économique, la négligence, les enlèvements et les meurtres, au domicile, à l’école, au travail et dans la rue. Il appelle à améliorer les mécanismes de protection, de détection précoce et de collecte des données.

La douzième édition de l’Observatoire de la violence en milieu scolaire, publiée par la Fondation Égyptiens sans frontières pour le développement et l’Union égyptienne des politiques et recherches éducatives, documente également 80 crimes violents entre avril et juin : 61 visaient des élèves, filles et garçons, et dix-neuf des membres du personnel éducatif. Elle indique que les coups constituent la première forme d’atteinte aux élèves et recense dix crimes de violence sexuelle, dont sept impliquent des enseignants ou des employés d’écoles.

Dans un contexte lié, le Conseil national des droits de l’homme a condamné l’agression d’une personne présentant un handicap intellectuel dans un établissement de soins du Moqattam, demandant que les responsables rendent des comptes et que le dispositif de contrôle des établissements soit amélioré.

Juillet a également vu la publication de plusieurs rapports et initiatives consacrés aux violences fondées sur le genre. La fondation Malaz pour le soutien aux femmes a documenté 128 faits de violence contre des femmes au deuxième trimestre 2026, dont soixante cas de harcèlement, 41 agressions et 27 meurtres. Elle estime que ces violences constituent un phénomène récurrent et non des incidents isolés, et appelle à adopter des politiques de prévention et à renforcer les mécanismes de protection et d’alerte précoce.

La Fondation Edraak pour le développement et l’égalité a achevé sa campagne « Exclusion ou désaccord », consacrée aux risques de violences numériques contre les femmes, notamment avec l’utilisation de l’intelligence artificielle pour produire des contenus fabriqués et abusifs. Elle demande une amélioration de la législation, des mécanismes de signalement et de la protection des victimes.

La Fondation pour les affaires des femmes égyptiennes a, de son côté, salué le renvoi du fondateur de « Beit Fatem » devant la cour criminelle dans l’affaire concernant des accusations de harcèlement, d’agression sexuelle et de traite des êtres humains. Elle considère cette décision comme une étape importante pour garantir le droit des victimes à la justice.

Dans le même contexte, 22 organisations de défense des droits humains et formations partisanes, ainsi que des dizaines de personnalités publiques, ont annoncé leur solidarité avec l’avocate Loaa Khalaf et leur rejet de la décision de la suspendre de l’exercice de sa profession. Elles y voient une discrimination à l’égard des femmes et un usage illégitime du pouvoir disciplinaire.

Commentant cette affaire, l’avocate spécialisée dans les droits humains Entessar El-Saeed estime qu’elle dépasse un différend individuel et ouvre un débat plus large sur les limites du pouvoir des syndicats professionnels de réglementer le comportement de leurs membres. Leur rôle se limite-t-il à garantir le respect des règles et de la déontologie de la profession, ou s’étend-il à l’imposition de choix personnels sans rapport avec le fond du travail juridique ? Elle précise que les critères d’évaluation professionnelle doivent reposer sur la compétence et le respect de la déontologie, non sur l’apparence personnelle ou les convictions religieuses.

Elle ajoute que les avocates ont le droit d’exercer conformément aux règles professionnelles, sans subir de discrimination ni de pression concernant leurs vêtements ou le voile, dès lors que leur apparence est compatible avec les exigences du travail dans les enceintes judiciaires.

Par ailleurs, l’Initiative égyptienne pour les droits personnels a salué le lancement d’une initiative présidentielle de prise en charge des enfants diabétiques. La Fondation Égyptiens sans frontières a également salué le lancement de la Charte nationale pour la promotion de soins sûrs et dignes pendant la grossesse et l’accouchement, tout en appelant à la développer et à mettre en place des mécanismes indépendants de réception des plaintes et de reddition de comptes.

العنف التوليدي في مصر: شهادات تكسر الصمت واحتجاز يُعيد السؤال عن حماية من يتكلمن

10

10. Environnement, patrimoine et droit à la ville

L’environnement et le droit à la ville

Sur le dossier environnemental, la Société des architectes égyptiens a exprimé son inquiétude face aux travaux d’aménagement en cours dans le jardin d’Orman et le zoo. Elle estime qu’ils menacent la valeur patrimoniale, urbaine et environnementale des deux espaces et demande la suspension temporaire des travaux et la réévaluation du projet.

Dans le même contexte, l’avocat spécialisé dans l’environnement Ahmed El-Saidi met en garde contre la réduction continue des espaces verts et la transformation des jardins publics en projets commerciaux. Il y voit une menace pour le droit à un environnement sain, particulièrement avec l’aggravation des effets du changement climatique, et appelle à revoir les politiques publiques afin de protéger les espaces verts et les droits des générations futures.

Il explique à Zawia3 que ce qui se produit dans des jardins tels qu’Al-Horreya, Al-Zohriya et Al-Masalla constitue une « catastrophe environnementale et urbaine ». Selon lui, certains projets d’aménagement ont transformé les jardins en « espaces commerciaux et cafés » au détriment de la végétation, en violation des prescriptions de l’Organisation nationale pour l’harmonie urbaine qui limitent les constructions dans les jardins patrimoniaux.

Il précise que la Fondation égyptienne pour les droits environnementaux a déposé des plaintes et proposé des solutions alternatives pour l’aménagement du jardin Al-Zohriya. Les réponses officielles se sont toutefois limitées à demander de « faire confiance aux plans d’aménagement », malgré l’absence d’études d’impact environnemental et de participation de la société civile ou des habitants des quartiers voisins.

Il critique ce qu’il décrit comme une « hostilité croissante envers les espaces verts », soulignant que l’abattage des arbres accroît la consommation d’énergie et les températures, alors que les pays du monde misent sur l’extension des jardins publics pour faire face aux effets du changement climatique.

Ajoutez Zawia3 à vos sources préférées sur Google

Search